par Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles
SCE a plusieurs fois abordé la curieuse notion d’une « température moyenne globale annuelle ou mensuelle » pour la planète (voir notamment ici). Rappelons d’entrée de jeu que la température est une grandeur intensive (voir par exemple ici) qui est par essence définie localement. Moyenner ces valeurs locales n’a donc pas de sens (ici), comme le souligne le Professeur Richard Lindzen qui se demande par exemple comment estimer une température moyenne, entre l’Everest et la Mer Morte (cf. la double photo ci-dessous).

Récemment le professeur Richard Lindzen a donné une conférence dans le cadre de l’association Clintel, et à l’aide de quelques figures reproduites ici il a (dé)montré le non sens de la notion d’une ‘température moyenne globale’. Les figures ci-dessous (Figs. 1 et 2) donnent l’enregistrement de la température pour environ 3000 stations sur un minimum de 100 années par station. La dispersion des valeurs de la température étant importante, les moyennes annuelles (Fig. 1) ou saisonnières (Fig. 2 ) sont calculées sur 30 ans pour chaque station, et la moyenne des écarts par rapport à la moyenne est finalement tracée. Dans les deux figures mentionnées ci-dessus, les données des stations sont représentées en noir et couvrent une période de 120 ans, les moyennes globales annuelles sont tracées en jaune (Fig. 1) et saisonnières en orange (Fig. 2). L’écart des anomalies est beaucoup plus important que l’écart plutôt faible des changements observés dans la moyenne dans chacun des deux cas. Bien que la moyenne (dans les deux cas ) montre une tendance, la plupart du temps, il y a presque autant de stations qui se refroidissent que de stations qui se réchauffent, du moins jusqu’en 2000.
La Figure 1 donne l’enregistrement de la température annuelle d’environ 3000 stations sur un minimum de 100 années par station. L’écart maximum des températures à l’échelle annuelle est de l’ordre de 11°C (de -6°C à +5°C) ou plus communément de 6 à 7°C (d’environ -3,5 à presque +4°C). On peut cependant y déceler un très léger réchauffement (presque 1°C/120 ans, soit 0,008°/an, en bon accord avec les données UAH rapportées par Roy Spencer).

La Figure 2 donne l’enregistrement de la température saisonnière d’environ 3000 stations sur un minimum de 100 années par station. L’écart maximum des températures à l’échelle saisonnière est de l’ordre de 20 à 21°C (de -12°C à +8,5°C) ou plus communément de 15 à 16° C (d’environ -8 à presque +8°C). On peut cependant y déceler un très léger réchauffement (très légèrement inférieur à celui de la figure 1, soit légèrement <1°C/120 ans, ou < 0,008°/an).

Les Figures 1 et 2 montrent que la température moyenne au cours du temps a peu varié par rapport aux variations. Les courbes jaunes et oranges représentent l’état du climat au cours de chaque année. Nous verrons plus loin (Fig. 4) que les fluctuations à l’échelle d’une journée, d’une semaine ou d’une période plus longue s’écartent très fortement de la ‘moyenne annuelle globale’.
Hélas, ce ne sont pas ces figures qui sont présentées dans les médias et dans les cercles scientifiques, mais c’est par exemple la Figure 3. Ce genre de figure change complètement la donne car l’échelle de l’axe des Y (températures) est alors amplifiée d’un ordre de grandeur, à savoir un facteur 10. L’échelle des températures moyennes globales s’étend ainsi (Fig. 3) de -0,8°C à +1,2°C, avec des fluctuations de 0,1 à 0,2°C. L’amplitude totale (ici 2°C), de même que les fluctuations n’ont rien de ‘commun’ avec les écarts mis en évidence aux Figures 1 et 2, soit 11°C et 16°C respectivement. La courbe de la Figure 3 est beaucoup plus spectaculaire, alors que celles des Figures 1 et 2 représentent la situation réelle de notre ressenti quotidien, et se rapportent à des populations entières vivant au même moment avec des écarts ‘saisonniers’ de 16°C. Notons également que l’écart maximum de 2°C présenté à la Figure 3 est légèrement exagéré (mais c’est celui repris par Lindzen qui ne donne aucune référence), car le réchauffement que cet écart illustre est plutôt de 0,8°C en 150 ans (ici ou ici).

La dernière figure (Fig. 4) se veut une bonne confirmation de ce que les Figures 1 et 2 ont montré. Elle donne pour 14 villes américaines les fluctuations de température au cours de différentes échelles temporelles (horaire, lever du soleil jusqu’à l’après-midi, moyennes de janvier à moyennes d’août, matinées de janvier jusqu’aux après-midi de juillet, moyennes annelles les plus froides vis-à-vis des plus chaudes, des maxima les plus froids vis-à-vis des plus chauds). Ces écarts sont à comparer avec l’épaisseur du trait noir qui donne la variation totale de la ‘moyenne globale’ au cours des 120 dernières années. On voit immédiatement que cette ‘moyenne globale’ et sa variation (cf. également Figs. 1 et 2) sont insignifiantes par rapport aux autres fluctuations rapportées dans les 14 villes.

En conclusion, cette démonstration assez simple, faisant fi d’un éventuel rôle du CO2, est celle du bon sens tout court et de l’art de la présentation des données : pourquoi élargir l’échelle des températures d’un facteur 10 et placer ‘le débat’ en dixièmes de degrés, alors que nous vivons en permanence dans une fourchette de variations de température d’un autre ordre de grandeur. Le bon sens de tout un chacun doit ou devrait nous inciter à réfléchir et se demander comment quelques dixièmes de degrés peuvent engendrer une telle peur dans nos populations. Apprenons à réfléchir en terme local basé sur les observations et non sur base de modèles fondés sur des hypothèses, invérifiables. Nombre de situations actuelles n’ont elles pas déjà été rencontrées et bien documentées à l’échelle historique, voire au-delà?
Rappelons que SCE n’a jamais nié un réchauffement actuel, mais non seulement il est minime mais il ne date pas d’aujourd’hui, ayant débuté au sortir de Petit Age Glaciaire (ici).
ADDENDUM
L’enregistrement historique le plus continu (= sur la plus longue période) de moyennes de températures est celui de l’Angleterre, (cf. figures ci-dessous concernant le mois d’août et l’été, voir ici également le MET Office) qui couvre la période 1660 à aujourd’hui.

A titre d’exercice placez-vous même une droite horizontale épaisse de quelques dixièmes de degrés à l’échelle de la figure ci-dessus pour vous convaincre que selon cette méthode objective, dans une échelle de température qui fait sens pour les différents milieux occupés par l’espèce humaine, rien de dramatique n’est à craindre (ici).
… et ceci ne concerne qu’un pays ou un région à l’échelle de la planète …., autrement dit les écarts par rapport aux différentes moyennes temporelles seront en encore plus grands si l’on considère les différentes zones terrestres (et océaniques), rendant encore plus insignifiant l’importance du réchauffement de quelques dixièmes de degrés, voire de 1 degré, sans compter qu’à l’échelle géologique (Pléistocène) de nombreuses périodes de réchauffement extrême avec des hausses de plus de 8°C en 40-50 ans se sont déjà produites (ici).
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