Jean-Pierre Schaeken-Willemaers
Cet article porte sur la pertinence de la tendance, au sein de l’UE, à accélérer les investissements dans les productions électriques éoliennes et photovoltaïques, alors que l’on constate qu’au-delà d’un certain niveau de génération renouvelable intermittente, l’approvisionnement électrique ne peut être assuré que par le recours aux centrales thermiques (p.e, l’Allemagne), voire nucléaires ou, pire, s’arrête, le réseau étant déstabilisé jusqu’à provoquer un blackout (p.e, l’Espagne).
La Belgique ne fait pas exception à ce mouvement.

Parallèlement à trois nouveaux parcs éoliens dans la zone belge de la mer du Nord, d’une capacité globale d’environ 5 800 MW, le gouvernement a décidé de construire une île artificielle énergétique (à 45 km des côtes belges) destinée à servir de hub électrique pour ces parcs, y compris les trois précités.
Comment la Belgique parviendra-t-elle à financer ces projets très onéreux, alors qu’elle peine à boucler son budget et que son endettement dépasse 100% de son PIB, dont 2% dans un premier temps et 5% à terme devront être consacrés aux dépenses militaires prioritaires ?
Afin de disposer du temps nécessaire à l’élaboration d’une approche financière plus solide et à l’adaptation du cadre réglementaire, l’appel d’offres relatif au premier des 3 parcs a été annulé en juin 2025. Même s’il est relancé en 2026, sa mise en service ne sera effectuée qu’au-delà de 2030. En revanche, les travaux de construction de l’île énergétique se poursuivent. Ne serait-il pas pertinent de les suspendre également ?
Outre ces incertitudes financières, l’approvisionnement en composants d’éoliennes pose problème, les dépôts de bilan de nombreux équipementiers européens rendant l’industrie dépendante des fabricants chinois.
D’autre part, l’installation des infrastructures susmentionnées nuit à l’environnement. Elle a, en effet, un impact sur la faune marine, par les nuisances sonores dues au battage des pieux, et sur les habitats, par la pose des câbles, qui dégrade les fonds marins. Elle affecte, en outre, les activités humaines et la sécurité : la réduction des zones de pêche accessibles (inquiétude majeure pour le secteur) ainsi qu’un risque accru de collisions pour les navires lors des tempêtes.
Entre 2025 et 2026, plusieurs grandes entreprises énergétiques ont réduit, voire renoncé, à investir dans l’éolien offshore en raison d’un manque de rentabilité, dû à la hausse des taux d’intérêt, à la désorganisation des chaînes d’approvisionnement, à l’inflation et aux incertitudes réglementaires. C’est le cas, entre autres, du japonais Mitsubishi qui a annoncé fin août 2025 son retrait de trois projets en mer trop coûteux dans un environnement économique difficile, du danois Oersted qui a abandonné le projet Hornsea 4 en GB, de Shell qui s’est retiré de projets notamment en mer du Nord pour se concentrer sur des projets à rendements plus élevés, du danois Vestas qui a suspendu la construction d’une usine en Pologne fin 2025, invoquant une faible demande en éolien offshore et de BP pour se recentrer sur ses activités fossiles.
Le développement vert tant vanté par les médias n’a pas atteint les résultats escomptés. Pour appâter les investisseurs réticents, l’État belge a été contraint de fixer un plafond très élevé de 95 euros/MWh dans les contrats pour différencerelatifs aux nouvelles concessions éoliennes en mer du Nord, dans la zone Princesse Elisabeth.
La Belgique ne devrait-elle pas mettre fin à la promotion de l’éolien en mer au profit des petits réacteurs nucléaires (SMR), qui sont en voie d’être commercialisés et offrent des conditions d’exploitation nettement plus avantageuses : une production continue d’énergie verte, à prix modéré au-delà d’un certain nombre d’unités fabriquées, une sûreté et une sécurité élevées, et une contribution à la stabilité du réseau.
L’analyse des données concernant la puissance injectée par les éoliennes (onshore et offshore) dans le réseau Allemand montre à quel point la « transformation énergétique » est une imposture technique.
Période analysée : 01.01.2026 au 31.08.2026
Puissance installée : 80.000 MW
Peak : 68% de la puissance installée le 25.03.2026
> 97% de la période : puissance injectée 72% de la période : puissance injectée 56% de la période : puissance injectée 37% de la période : puissance injectée < 12% de la puissance installée
La physique étant la même en Belgique, les chiffres sont semblables. Arrêté une centrale thermique en prônant de la remplacer par des éoliennes volatiles par nature, est un arnaque et va couter cher à la Belgique. ECOLO n’est pas un parti politique, ECOLO est une secte….
Selon une logique raisonnée : p.ex. celle d’un industriel et de ses économistes, il faut agir en vue d’une constante mise en équilibre entre une DEMANDE potentielle et l’OFFRE qui peut y répondre.
C’est un royaume des « chiffres » et des « idées ». Ceci, quel que soit le domaine de gestion. On y prend en considération la juste adéquation des objectifs, des moyens et des fonds attribués, ainsi que celles de résultats probants (par une comptabilité auditable). Tout projet est ainsi mené là sous la houlette d’un cornac financier : celui qui dit => SVP, pas de dilapidation des ressources, notre « pérennité » oblige, l’entreprise ne vit pas sur les flous et des dettes insurmontables !
Mais, DIVERSITÉ FAISANT LOI, il existe aussi une logique dé-raisonnée : celle de l’accouplement entre des groupes d’idéologues ET ceux politiciens !
A cet égard, l’histoire énergétique contemporaine nous démontre maintes aberrations d’Europe (UE). D’évidence ici, sous les pressions populistes de courants dogmatiques minoritaires, mais très influents, les précédents nommés virent dans la génétique totalitaire des bio-EnRI, une présumée rédemption environnementale appuyée sur des stratégies « jugées innovantes ». D’où des schémas mentaux et une foultitude de « directives UE » qui s’enchevêtrent à foison.
Ceux-ci et celles-ci devaient répondre aux leitmotive du « haro sur les énergies dites carbonées… mais aussi sur celles du nucléaire, jugé radiatif ! L’une et l’autre étaient pourtant « parfaitement maîtrisées par la science théorique et l’ingénieurie », et de surcroît raisonnées de bout en bout !
Un tel constat n’avait pas empêché un gouvernement belge en 2003 (V+D) de casser une trajectoire éprouvée en jouant les apprentis-industriels ! Au bilan desquels, sur l’horizon 2025-2040, c’est une vaste pataugeoire énergétique où se trouvent notre pays (PLUS le continent UE tout entier) !!!
Trouve-t-on là dedans autre chose que des gouffres à subsides publics et la logique d’une république d’Absurdie ? Car les « axes » de son orientation « transition énergétique » sont juste analysés en forme de culs-de sac : incohérence des orientations et disparité des efforts (le cas du voisin allemand est criant).
Faudra-t-il compter sur le règne de la Chine pour nous tirer du pétrin ?