Les Feux en Australie : la réalité des faits et rien d’autre…

par Yannick Colleu

Les feux de brousse en Australie font la une des journaux écrits et audiovisuels. Ces annonces sont reprises par les réseaux sociaux.
La vérité médiatique est maintenant bien établie, ces feux sont l’œuvre du dérèglement climatique. Ces catastrophes humaine et écologique présagent, selon les réseaux dits sociaux, la fin du Monde annoncée par les « experts » du GIEC.

A ma connaissance pas un seul journaliste ne semble s’être penché sur le sujet. Du moins aucune autre conclusion, quant aux causes de cette catastrophe, n’a été, à ma connaissance, publiée sinon pour pointer le changement climatique comme seul et unique coupable.

Pourtant la réponse est moins évidente.

Il est de notoriété publique que l’Australie est un pays coutumier des sécheresses et des températures extrêmes. En outre c’est un pays quasi désertique de 7,7 millions de km² peuplé d’à peine 25 millions d’habitants principalement implantés dans les grandes villes de la côte Est et dans la principale métropole de l’Ouest.

Après les gigantesques feux de brousse de janvier à mars 1961 en Australie occidentale les réflexions sur les actions de prévention conduisaient à préconiser l’usage de feux déclenchés/contrôlés pour maîtriser la végétation à l’approche de la saison sèche. Cette technique permet en effet de créer des coupe-feux et de limiter la matière inflammable qui nourrit les brasiers.

Cette politique préventive a longtemps porté ses fruits, réduisant considérablement les incendies et surtout leur propagation. Néanmoins les chantres de la lutte contre le réchauffement et le CO2 ont poussé le gouvernement australien à changer de politique il y a une dizaine d’années (par exemple ici et ici).

La politique actuelle ne privilégie plus l’anticipation du risque d’incendie mais préconise de laisser les incendies se propager et de ne défendre autant faire se peut que les habitations et les vies humaines.
De fait la végétation n’est plus façonnée par l’homme pour limiter les risques de propagation et celle-ci offre dès lors un combustible abondant au moindre foyer qui se développe.

Le graphique ci-dessous fournit par l’association Bushfire Front Inc (BFF) de l’État d’Australie occidentale révèle l’impact que cet abandon d’une politique de prévention sur les feux de brousse sur la période 1950-2017.

En vert : surface de feux déclenchés.
En rouge : surface de feux de brousse.

Source : https://www.bushfirefront.org.au/prescribed-burning/why-prescribed-burning/
Légende : La zone d’incendie contrôlé (réduction de ‘carburant’) est indiquée en vert et la zone des feux de brousse (feux de forêt) en rouge. Les pics causés par désastreuse saison des incendies de 1961 et les grands feux de brousse de ces dernières années sont clairement visibles.

Encore une fois le changement climatique est montré du doigt alors que l’incurie des gouvernants est la véritable coupable des catastrophes actuelles.

C’est ce que confirme également Jennifer Marohasy (Environmental Manager) pour qui ‘Les preuves historiques montrent que les incendies furent plus étendus et qu’il a fait plus chaud. Une partie de la catastrophe est aggravée par notre refus de nous préparer convenablement, comme c’est le cas avec l’urgence actuelle des feux de brousse ici en Australie. L’experte Dr Christine Finlay explique dans un article du journal The Australian l’importance de gérer correctement les charges de feu  qui sont toujours croissantes. Ainsi, bien qu’il y ait eu une augmentation de la superficie du parc national avec les forêts d’eucalyptus, il y a eu une baisse de la superficie des feux préventifs à des fins de réduction des risques d’incendie (voir ici).

Quelques rares auteurs ont récemment (janvier 2020) montré l’importance de cette mauvaise gestion écologique, également reconnue comme telle par les pompiers volontaires australiens (ici). Même les aborigènes disent que le ‘bush’ doit brûler!

Cette mauvaise (souvent même absence de) gestion écologique et politique des forêts fut aussi celle des feux de Californie (2019, par exemple ici) qui furent à nouveau attribués au changement climatique. De nombreux exemples de même type sont rapportés ailleurs (Amazone/Brésil,  Europe….).

Dans un article récent (ici), les auteurs montrent qu’une teneur plus élevée en CO2 peut même réduire l’importance de départs de feux et des terres brûlées en climat tropical et tempéré.

En conclusion, la réalité des faits devrait primer sur les raccourcis médiatiques relayés sans cesse par les médias sans démonstration en bonne et due forme.

Notes

climatechangedispatch.com/greens-australia-bushfires-worse/

joannenova.com.au/2019/11/opportunists-and-the-backlash-are-megafires-due-to-megatons-of-fuel-or-not-enough-carbon-taxes/

bushfirefront.org.au/home/about-us/

science-climat-energie.be/from-outside/ (rubrique Canicules et Feux)

3 réflexions au sujet de « Les Feux en Australie : la réalité des faits et rien d’autre… »

    1. Bonsoir monsieur,
      En premier lieu, les feux de brousse en Australie affichent un long historique que vous pouvez découvrir ici : https://en.wikipedia.org/wiki/Bushfires_in_Australia

      Les feux de 2019-2020 sont en effet très impressionnant mais, fort heureusement, ne sont pas exceptionnels par leur ampleur. L’Australie est habitué à vivre avec ce péril. Ce qui fait la différence entre celui-ci et ses prédécesseurs tient à deux facteurs : d’abord l’extension de l’habitat vers les zones périphériques des villes traditionnelles et ensuite le contexte médiatique lié à tout ce qui tourne autour du climat. Dès lors les réactions sont émotives avant d’être réfléchies.

      Sur les feux contrôlés :
      Il ne faut pas confondre les feux déclenchés ,alors qu’un incendie est déjà actif, pour tenter de le priver de combustible avec les feux contrôlés réalisés de façon préventive.

      Il n’est pas très étonnant que les objectifs que vous citez aient été atteints voir dépassés sachant que la pratique a été très largement restreinte depuis une décennie. Il n’en demeure pas moins que les statistiques reprises dans mon billet montrent qu’il y a une étroite corrélation inverse entre ces feux « d’ entretien » et la superficie des incendies.

      Le site de l’association Bushfire Front Inc (BFF) est très documenté sur ce sujet et vaut que l’on s’y attarde. J’aurais tendance à accorder plus de crédit à ces professionnels australiens qu’à des journalistes, fussent-ils du journal Le Monde, sur ce sujet.

      Vous pourrez aussi lire ce billet bien documenté :
      Fight fire with fire: controlled burning could have protected Australia

      Sur la sécheresse et le lien avec le changement climatique :
      Le site de météo France explique fort clairement comment la situation de sécheresse s’est installée sur l’Australie : http://www.meteofrance.fr/actualites/78326305-australie-comment-expliquer-la-chaleur-extreme
      Cette situation n’est pas exceptionnelle. L’Australie a connu des situations beaucoup plus arides et chaudes dans son histoire météorologique.
      Enfin, quand bien même la sécheresse sévirait, celle-ci n’explique pas tous les départs de feux, en particulier en cette saison. Certes il existe des départs dus aux orages secs mais ceux-ci ne sont pas réellement la cause première cette fois-ci.
      Espérant avoir répondu à vos interrogations.
      Cordialement
      Yannick COLLEU

      PS: je lisais ce midi dans La Nouvelle République de Tours le commentaire d’une Tourangelle revenant d’un séjour en Australie. Celle-ci résumait ainsi la situation : les Australiens sont bien moins émus que nous autres qui sommes intoxiqués par les réseaux dit sociaux.
      Vous le trouverez ici : https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/les-australiens-moins-inquiets-que-la-communaute-internationale
      et, comme le ridicule ne tue plus, je vous livre aussi cette information cruciale : https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/tours-elles-tricotent-pour-sauver-les-marsupiaux-d-australie

  1. Salutations à Messieurs Elegehesse et Colleu.
    Les thèses et articles diffusés par d’innombrables médias (dont Le Monde… autant que toutes gazettes belges) ont le souci d’intoxiquer (…) l’opinion publique à coups « d’effets induits » ..si possible visuels.. plutôt qu’à rechercher scrupuleusement l’exacte CAUSALITÉ sur ces catastrophes.
    Jouer l’émotionnel fait vendre du papier et des heures d’écoute !

    Un ami néerlandophone (bien au courant de cette géographie) me contacta naguère sur ces sujets. Je réponds ici par TROIS articles anglophones décrivant clairement des causes et les effets historiques (2013 – 2015 – 2020).
    A chaque lecteur SCE de consulter l’avis motivé de ceux-là ?
    NB : auriez-vous remarqué que depuis les pluies et grêles s’abattant sur ces zones, les médias aux thèses réchauffistes se sont moins appesantis sur la situation ? L’accent est mis depuis lors « un milliard » d’animaux disparus !!!
    ……………………………………………….
    1) https://www.dailytelegraph.com.au/news/opinion/lets-tell-the-burning-truth/news-story/ae30e22c69a0a9a7fe4141bc4e9442a8

    Let’s tell the burning truth about bushfires and the ALP-Greens coalition
    Miranda Devine, The Sunday Telegraph January 13, 2013
    WHENEVER a major bushfire catastrophe occurs in Australia, the victims are essentially told to shut up. It happened after Victoria’s Black Saturday fires in 2009. It happened after the Canberra bushfires, 10 years ago on Friday. And it’s happening now in Tasmania. “Now is not the time for that conversation,” says the Tasmanian Minister for Emergency Management, David O’Byrne, avoiding questions about why adequate hazard reduction burns were not done in cooler months to remove fuel from the path of inevitable summer fires.
    It’s just too early, claims Premier Lara Giddings, presiding over Tasmania’s ALP-Greens coalition.
    But the residents of Dunalley, whose town was overrun, and the farmers whose properties and livestock have been wiped out, want that conversation right now. Now is the time for farmers to complain that they could never get a permit to burn off excessive ground fuel on their properties. Now, while public attention is focused, and before the truth can be buried for years. (cont’d…)
    ……………………………………………….
    2) https://www.theage.com.au/national/victoria/bushfire-scientist-david-packham-warns-of-huge-blaze-threat-urges-increase-in-fuel-reduction-burns-20150312-14259h.html

    Bushfire scientist David Packham warns of huge blaze threat, urges increase in fuel reduction burns
    By Darren Gray Updated March 12, 2015 —

    Forest fuel levels have worsened over the past 30 years because of “misguided green ideology”, vested interests, political failure and mismanagement, creating a massive bushfire threat, a former CSIRO bushfire scientist has warned.
    Victoria’s “failed fire management policy” is an increasing threat to human life, water supplies, property and the forest environment, David Packham said in a submission to the state’s Inspector-General for Emergency Management.
    (cont’d…)
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    3) https://notalotofpeopleknowthat.wordpress.com/2020/01/09/australian-bushfires-much-worse-in-1974-5/
    January 9, 2020 By Paul Homewood (see diverse GRAPHICS…)

    An important and, as usual, forensic contribution from Roy Spencer:
    = = Summary Points = =
    1) Global wildfire activity has decreased in recent decades, making any localized increase (or decrease) in wildfire activity difficult to attribute to ‘global climate change’.
    2) Like California, Australia is prone to bushfires every year during the dry season. Ample fuel and dry weather exists for devastating fires each year, even without excessive heat or drought, as illustrated by the record number of hectares burned (over 100 million) during 1974-75 when above-average precipitation and below-average temperatures existed.
    3) Australian average temperatures in 2019 were well above what global warming theory can explain, illustrating the importance of natural year-to-year variability in weather patterns (e.g. drought and excessively high temperatures).
    4) Australia precipitation was at a record low in 2019, but climate models predict no long-term trend in Australia precipitation, while the observed trend has been upward, not downward. This again highlights the importance of natural climate variability to fire weather conditions, as opposed to human-induced climate change.
    5) While reductions in prescribed burning have probably contributed to the irregular increase in the number of years with large bush fires, a five-fold increase in population in the last 100 years has greatly increased potential ignition sources, both accidental and purposeful.
    (cont’d…)
    ……………………………………………….

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