La négation du doute scientifique…

La négation du doute scientifique s’exerce
au profit de quasi-certitudes ésotériques…

Emmanuel SIMON, quelque part dans une UE qui tend à chavirer
7 avril 2020

1/ Préambule 
2/ La rectitude et ses contraires 
3/ Que retenir de faits d’histoire ?
4/ Nos médias et l’actualité 
5/ Un sujet chassant temporairement l’autre 
6/ Apologie du doute (et de l’esprit critique?)
7/ Conclusion et attentes 

1/ Préambule 

Par opposition à des degrés de croyances (populaires, religieuses, autres) [1], le doute scientifique s’applique aux phénomènes démontrables et à leur vérification formelle. C’est ainsi depuis les siècles écoulés. Cependant, fort sollicitée par une médiatisation à outrance, une partie du monde scientifique semble basculer vers l’absence de rigueur au profit d’un rayonnement à caractère arbitraire ! 
Acceptera-t-on p.ex. sans s’émouvoir le cas récent suivant : Wikipedia Deletes “List of Scientists who Disagree with the Scientific Consensus on Global Warming” in Astonishing Act of Censorship (ici). Bien d’autres interrogations connexes portent sur les ravages de l’autocensure et l’influence médiatique [1′].

Le risque conséquent est que l’autocensure y gagne du terrain !
Connait-on ici en UE l’existence aux USA de la ‘National Coalition Against Censorhip’? (NCAC’s mission is to promote freedom of thought, inquiry and expression and oppose censorship in all its forms) 

Jugera-t-on outrageant de contester ces pratiques insidieuses ? 
Tentons d’illustrer par divers exemples, grâce à l’interrogation… 

2/ La rectitude et ses contraires
« Démontrer et vérifier » est une pratique exigeante, en mathématique autant d’ailleurs qu’en philosophie (thèse-antithèse-synthèse) [2]. La démarche trouve également sa transposition en industrie (ex. : par les prototypages), plus largement dans toutes les sciences exactes (là où se rangent nos sciences de la nature et celles logico-formelles). 

Curieusement, en notre XXIe siècle du ‘changement’, certains courants de pensée engendrent des dérives appuyées sur l’intensité de la concurrence médiatique (tous médias confondus). Ainsi, la doctrine relativiste y cède la place à des intérêts idéologisés, ces derniers spéculant sur l’improbabilité de pouvoir immédiatement démontrer/vérifier leurs thèses ou leurs résultats projetés surtout vers le long terme ! L’attitude alors adoptée suscite une fuite en avant qui influence lourdement d’autres milieux dogmatiques et/ou peu compétents… tels ceux puissamment politisés ! Une boucle se ferme de la sorte, imposant des orientations proches de diktats  comportementaux dont les conséquences socio-économiques sont niées ou vite occultées ! L’obscurantisme des temps historiques reste donc bien actuel, sous des formes feutrées, néanmoins sournoises. Faut-il les illustrer davantage ?

3/ Que retenir de faits d’histoire ? 
La pratique des « procès à charge »
 contre diverses découvertes et des efforts scientifiques se croise partout où sévissent les nihilistes de tous temps  et ceux ‘adeptes modernes’ de la pseudo-science ! Des bobos de cette pseudo-science se souviennent-ils des motivations sous-jacentes aux procès en sorcellerie (13e-18e siècles) et des ravages humains causés par l’Inquisition (un spectre pas totalement disparu des cartes du monde actuel, là où règnent bien trop de dictatures) ? A combien de morts horribles conduisirent et perdurent encore ces « croyances-là » ? Parcourant de multiples épisodes ancestraux et l’incessant combat mené par des hygiénistes contre les comportements hasardeux, se souvient-on assez des épidémies de la peste bubonique, du choléra, du typhus, de la tuberculose, etc…. en ces temps où l’ignorance dominait l’absence d’une découverte rigoureuse ? Faut-il invoquer les taux de mortalité infantile (ceux d’antan, toujours bien actuels là où règne l’ignorance et la pauvreté) ? 

Source d’image ex-gallica.bnf.fr

Les épidémies les plus meurtrières de l’histoire (journal Le Matin, CH) se trouvent actuellement documentées, en chiffres que nous devrions relativiser avec ceux de population de chaque époque !   

Imagine-t-on alors à leur juste mérite les immenses progrès accomplis sur l’espérance de vie au travers du monde… grâce aux efforts R&D des milieux médicaux et pharmaceutiques – tant académiques que d’entreprises – au long de ces deux siècles écoulés ? 

L’histoire de la vaccination en est exemplative à plus d’un titre. Les idéologues se souviennent-ils des tragédies vécues avant la vaccination d’enfants contre la variole (small pox) et cette poliomyélite tellement handicapante (disparue de Belgique depuis fin ’70s) ? Doit-on accepter l’inconséquence de certains mouvements d’activistes « anti-vaccination », heureusement devenus minoritaires en 2020 ? 

Faut-il aussi nous rappeler l’éclipse de 40 années (1966-2006) relative à l’usage du DDT, cet insecticide efficace contre le paludisme, ce spectre ravageur des populations des tropiques ? Jusqu’à l’inversion tardive des postures de l’OMS onusienne acquise depuis 2006… où ces bureaucrates durent enfin accepter de dresser un bilan des « pro and cons » (points positifs et négatifs) en faveur d’un usage discerné pour l’épandage de la molécule ? Combien de dizaines de millions de décès humains furent entre-temps ignorés avant d’en relancer une lutte salvatrice… plutôt qu’un respect (tout relatif d’ailleurs) sur le seul motif de « protection environnementale »? 

Les mêmes activistes aveuglés nieraient-ils encore les ravages et les famines causés par les criquets pélérins d’Afrique ?

Devrais-je encore mentionner les thèses discutables menées à l’encontre de certains OGM dont l’ouvrage publié par Paul Driessen documente les tristes résultats ? Un ouvrage largement ignoré ici : «Eco-Imperialism: Green Power, Black Death » (ISBN 978-0939571239 –  Anglais, 2003), voir ci-dessous.





Arrêtons-nous ici pour les faits d’histoire lointaine et celle tout-à-fait contemporaine.

4/ Nos médias et l’actualité
En tous domaines de la vie terrestre, des chiffres anxiogènes pleuvent au travers de nos écrans et de la presse écrite, sans guère y exposer les faits avec du discernement et/ou de la rigueur… Batailles d’experts (.?.)  à la clé. Or nous savons tous que les titres captivent le public et se font vendre. Il en fut ainsi au temps de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) dite « vache folle » des années 1980-90s, des SRAS (severe acute respiratory syndrom) chinois de 2002 et d’Arabie (en 2013). 
L’actualité préoccupante de notre pré-printemps 2019-20 va quasi entièrement au virus covid-19 [3]. L’incertitude mondiale en est à son comble et les mesures décrétées resteront vagues en termes d’effets réels induits (hors des statistiques toujours partielles). Faut-il se rappeler ici que la grippe « ordinaire » tue annuellement près de 2.500 belges par an , sinon plus encore ? 

Opportunément, un des journaux belges emblématique (LLB 3 mars – p.10-11) consacrait son débat OUI-NON au thème « Médias et journalistes en font-ils trop ? ». Il faut y lire la très pertinente interview d’un Prof. Yves Collard, invité à l’IHECS… article non accessible via Internet (hors leurs abonnés). Question connexe : est-il bien utile d’en consacrer 20 pages d’un exemplaire du week-end pour complaire l’inquiétude qu’ont naguère engendrée les mêmes médias, jusqu’au niveau atteint d’une quasi hystérie collective ? Tous les autres médias de communication s’engouffrent exactement dans la même voie… où la rationalité peut faire défaut. Que prédire alors d’une exploitation hasardeuse des statistiques par desdites élites ou leurs gouvernants en cet état d’insécurité aggravée ? Réfléchir des lieux à risques ? Ceux partout où se massent les gens ? Que penser p.ex. d’un urbanisme forçant à la densification de l’habitat (dans nos villes) ? Du recours à l’usage des transports publics, dits ‘en commun ‘, ou de ceux qualifiés ‘partagés par tout le monde’ ? D’opportuns choix de société où l’idéologie prégnante s’entremêle intimement, choix encouragés partout dans nos gazettes et TV…

5/ Un sujet chassant temporairement l’autre 
En un premier temps, avec leurs titres/photos qui constituent de puissants attracteurs, nos médias ont temporairement largué leur précédent thème conducteur (celui du « spectre climatique 2050 ») pour se focaliser sur d’autres considérations du court-terme, celles-ci bien mieux réelles !  Las, quelques tenants du thème occulté tâchent impatiemment de relancer : qui leur gagne-pain, qui la hantise installée via une jeune prophétesse visiblement adulée par nos gouvernants mondialistes. Tandis que des gens peu avertis (de quelle qualification?) relancent à contre temps le débat sur le climat … Cas lu d’OPINIONS – en version papier – d’un grand-père… dont l’accessibilité Internet au journal a simplement disparu depuis sa publication première ? Une Opinion : dont le titre était « La crise climatique nécessite une réponse immédiate comme celle du coronavirus ! Ouche… 

Larry Bell, Scared Witless : Prophets and profits of climate doom, Stairway Press, 2015, 268 p., voir ci-dessous.


Tous ceux-ci (leurs milieux) se trouvent heureusement dénoncés grâce à la création d’un site informationnel USA (Heartland – home)  

Plus scientifiquement, dans ce même temps d’un covid-19 lui aussi omniprésent, il faut constater l’étourdissant mutisme qui règne parmi nos médias sur de fort intéressantes publications et des  découvertes, celles-ci pourtant relatives à une mise en cause des « dires climatiques à moyen-long termes » !
Si je me réfère au référencement de ces nombreux articles « contra » accessibles chaque jour qui passe sur le site personnel du Prof. A. Préat , il se publie des articles étrangers dont le contenu a de quoi ébranler les consciences de tout vrai penseur (même ceux bobo, adeptes du « conforme aux dires mainstream »)… Petit échantillonnage parmi des centaines d’autres ?  [5].

Tiens, à propos d’autres risques perspectifs liés à la démographie mondiale et de l’écologisme … qu’en disait déjà la presse 2012 ? 

6/ Apologie du doute
Voici certes deux notions souvent galvaudées, sinon incomprises. L’une, le doute, reflet d’incertitude (ou de soupçon)… L’autre, l’esprit critique, dont je me plais ici à pointer vers un CORTECS (Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences), né en 2010 dans un triangle entre Grenoble, Marseille et Montpellier. Pour ceux d’entre nous ayant du temps à consacrer pour en approfondir des nuances : Pensée critique ? Esprit critique ? Un peu de théorie:
13 novembre 2010 Denis Caroti  et ici.  

Puis, me référant mieux à deux autres sources incontestables quant à la nécessité du doute scientifique (science, philosophie), j’invite chaque curieux à lire attentivement :

a) Qui – en 2020 – se souviendra de « La fin des certitudes » du prix Nobel Ilya Prigogine 
 En cette fin de siècle, la question de l’avenir de la science est souvent posée. Je crois que nous sommes seulement au début de l’aventure. Nous assistons à l’émergence d’une science qui n’est plus limitée à des situations simplifiées, idéalisées, mais nous met en face de la complexité du monde réel, une science qui permet à la créativité humaine de se vivre comme l’expression singulière d’un trait fondamental de tous les niveaux de la nature. J’ai tenté de présenter cette transformation conceptuelle qui implique l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire féconde des relations entre physique et mathématique sous une forme lisible et accessible à tout lecteur intéressé par l’évolution de nos idées sur la nature. Nous ne sommes qu’au début de ce nouveau chapitre de l’histoire de notre dialogue avec la nature. 
Ilya Progogine, prix Nobel de chimie, est professeur à l’Université Libre de Bruxelles et à l’ Université du Texas à Austin et de la philosophe des sciences Isabelle Stengers (1996). [4]

b) Sinon à Nietzsche  (méthode – science – doute) ? 
 À tout prendre, les méthodes scientifiques sont un aboutissement de la recherche au moins aussi important que n’importe quel autre de ses résultats; car c’est sur l’intelligence de la méthode que repose l’esprit scientifique, et tous les résultats de la science ne pourraient empêcher, si lesdites méthodes venaient à se perdre, une recrudescence de la superstition et de l’absurdité qui reprendraient le dessus. Des gens intelligents peuvent bien apprendre tout ce qu’ils veulent des résultats de la science, on n’en remarque pas moins à leur conversation, et notamment aux hypothèses qui y paraissent, que l’esprit scientifique leur fait toujours défaut : ils n’ont pas cette méfiance instinctive pour les aberrations de la pensée qui a pris racine dans l’âme de tout homme de science à la suite d’un long exercice. Il leur suffit de trouver une hypothèse quelconque sur une matière donnée, et les voilà tout feu tout flamme pour elle, s’imaginant qu’ainsi tout est dit. Avoir une opinion, c’est bel et bien pour eux s’en faire les fanatiques et la prendre dorénavant à coeur en guise de conviction. Y a-t-il une chose inexpliquée, ils s’échauffent pour la première fantaisie qui leur passe par la tête et ressemble à une explication (…). C’est pourquoi tout le monde devrait aujourd’hui connaître à fond au moins une science ; on saurait alors ce que c’est que la méthode, et tout ce qu’il y faut d’extrême circonspection.

A l’examen, serait-ce sur ces deux textes que s’appuyèrent scrupuleusement des politiciens tels Al Gore & affidés du GIEC pour dicter au monde leur manière univoque de penser et aux gouvernants ONUsiens, sinon UE de vouloir les imiter ? Pire, avec les gesticulations mondialistes de la jeune Greta Thunberg et ses marionnettistes d’arrière-plan ?  

7/ Conclusion et attentes 
En dépit d’une indéniable difficulté à clarifier la complexité des phénomènes qui régissent la nature, doublée d’une rivalité potentielle entre des groupes de chercheurs mondialistes, peut-on cultiver l’espoir d’opérer en pleine loyauté de recherches vers les buts qui tant nous fascinent ou intriguent ? Ainsi d’éviter les biais et distorsions de la pensée (dont ceux de la communication) qui semblent imprégner des structures de R&D infiltrées par des desseins politiques et/ou les idéologies ? 

Source d’image : G. Méliès (1902)

Biais cognitifs – d’intérêts – statistiques – de préjugés – scientifiques – médiatiques – culturels… L’éventail de ces biais (potentiels ou réels) est largement documenté ici. Jouer sur l’angoisse suscitée parmi les foules ou sur des intérêts occultes engendre un risque de discrédit pour le travail de tous nos chercheurs consciencieux, partout au travers du monde. Une concurrence devenue exacerbée entre médias (TV – radios – papier – Internet) tend à rompre une probité théorique… conduisant à une forme de complicité, mêlées de crédulité et d’inconséquence, toutes deux seront dommageables pour notre futur ! 

Après l’exploitation à outrance des cas de « crises », un devoir de conscience s’impose assurément à ceux qui voudront vite faire resurgir leur thème calculé du RCA/AGW …. 

NOTES

[1] https://www.cairn.info/revue-rue-descartes-2010-2-page-50.htm#
      https://www.cnrtl.fr/definition/croyance

[1′] Self-censorship and science: a geographical review of media coverage of climate tipping points Liisa Antilla (Independent researcher, Seattle, WA 2008) https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0963662508094099

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_dialectique

[3] https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-infectieuses/maladies-virales/tout-savoir-sur-les-infections-respiratoires-a-coronavirus-431783

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fin_des_certitudes

[5] http://apreat.ovh/new-study-coral-reefs-thrive-near-acidic-waters-ph-6-0-where-seafloor-vents-emit-up-to-95000-ppm-co2/
https://electroverse.net/europes-big-spring-freeze-arctic-blast-to-grip-the-continent-delivering-sub-zero-temps-and-rare-april-snow/
https://explore.org/livecams/polar-bears/polar-bear-lodge-cam
http://apreat.ovh/absence-of-evidence-for-greenhouse-warming-over-the-arctic-ocean-mark-serreze-1990/ 
http://apreat.ovh/antarctica-just-set-its-coldest-march-temperature-on-record-a-global-warming-destroying-75-3c-103-5f/