Climat : le scepticisme est bien vivant !

par Guillermo GM, étudiant en physique à l’Université Catholique de Louvain

En août 2020, un climatologue belge affirma ceci : « Je crois que les climatosceptiques sont plutôt une espèce en voie de disparition, et heureusement » [1]. Que nenni ! Une étude parue en décembre 2021 par Ipsos et pour l’Électricité de France (EDF) permet précisément de démentir cette affirmation. En réalité, les sceptiques du changement climatique d’origine humaine, en plus de couvrir près d’un tiers de la population mondiale, sont une espèce qui soit stagne, soit s’étend, mais qui n’est certainement pas en voie de disparition. Cet article le démontre en détail.

  1. Méthodologie du sondage [2]

L’enquête intitulée Obs’COP 2021 (pour Observatoire International Climat et Opinions Publiques 2021) réalisée par Ipsos et commandée par EDF concerne 30 pays des 5 continents. Selon EDF, la sélection des pays est principalement fondée « sur la base de leurs émissions en CO2 en tonnes par an, mais aussi en tenant compte de leur localisation géographique ou de leur valeur d’exemplarité dans la lutte contre le réchauffement climatique ». Un échantillon total de 24 000 individus est ainsi formé. Ce dernier est composé de 30 échantillons représentatifs de la population âgée de 16 ans et plus dans chaque pays. En outre, la représentativité a été assurée selon la méthode des quotas. Les quotas utilisés sont le sexe, l’âge, la région, la profession ou la catégorie sociale ainsi que la taille d’agglomération. 500 ou 1 000 individus ont été interrogés dans chaque pays. Notons également que le sondage ne comporte malheureusement pas de marge d’erreur. Enfin, un point particulièrement intéressant est que le sondage a été réalisé par Internet (PC, tablette ou mobile) entre le 30 août et le 21 septembre 2021. Autrement dit, au moment où les sondés européens ont participé au sondage, ils étaient déjà informés des catastrophiques inondations de mi-juillet. Dans le cadre de notre analyse sur le scepticisme climatique, nous nous limiterons à la fois au cas de la Belgique et du monde entier.

2 . Résultats sur le monde entier

La figure 1 suivante vaut probablement plus qu’un long discours :

Figure 1 : dans le monde entier, proportion de sceptiques du changement climatique d’origine humaine VS proportion de convaincus du changement climatique d’origine humaine. Échantillon de 24 000 individus. [3]

Contrairement à l’assertion de notre précédent climatologue, il semble bien que la proportion de sceptiques du changement climatique d’origine humaine est non seulement considérable (plus d’un tiers en 2021!), mais surtout ne décroît absolument pas depuis 2019.

Mais que signifie précisément le terme sceptique du changement climatique d’origine humaine ? La figure 2 suivante permet de réaliser qu’il existe effectivement divers types de sceptiques :

Figure 2 : Classification et proportion des deux types de climatosceptiques (en rouge et en jaune) concernant le monde entier en 2021 [4]

Les 34 % de sceptiques du changement climatique d’origine humaine (c’est-à-dire de climatosceptiques selon la terminologie de Ipsos et de EDF) sont subdivisés en deux grandes classes :

  • d’une part les sceptiques, voire les négateurs du changement climatique lui-même (les 9 % de « sceptiques du changement climatique ») ;
  • d’autre part les personnes qui, bien qu’admettant la réalité du changement climatique, considèrent celui-ci comme naturel ou ignorent son origine (les 25 % de « sceptiques de l’origine humaine du changement climatique »).

La figure 3 suivante sera plus explicite :

Figure 3 : Q1 sur l’existence même du changement climatique (sans parler de son origine) concernant le monde entier en 2021 [5]

Il y a seulement 1 % de la population mondiale qui considère que nous ne sommes « certainement pas » en train de vivre un changement climatique, ce qui est rassurant puisque l’existence du changement climatique actuel est avérée. De plus, 5 % considèrent que nous ne sommes « probablement pas » en train de vivre un changement climatique et 2 % « ne savent pas » si ce changement climatique est actuellement en cours. Cela devrait faire au total 8 % de sceptiques du changement climatique. Mais en réalité, ils représentent 9 % (et non 8%) en raison de l’arrondissement des chiffres par le logiciel de traitement [6]. Ces 9 % sont directement classés comme des sceptiques du changement climatique, ce qui correspond parfaitement au contenu de la case rouge de la figure 2. Ils n’appartiennent donc pas à la case jaune de la même figure qui concerne uniquement les sceptiques de l’origine humaine du changement climatique.

La figure 4 suivante concerne l’origine du changement climatique à laquelle tous sont autorisés à répondre hormis le 1 % considérant qu’il n’y a « certainement pas » de changement climatique.

Figure 4 : Q2 sur l’attribution de l’origine du changement climatique (posée à tous, sauf à ceux soutenant qu’il n’y a « certainement pas » de changement climatique) dans le monde entier en 2021 [7]

Le 1 % de la population mondiale qui « ne croit pas au changement climatique » est exactement le même que le 1 % qui considère que nous ne sommes « certainement pas » en train de vivre un changement climatique. De plus, 4 % « ne savent pas » quelle est l’origine du changement climatique, 6 % précisent « qu’on ne peut pas savoir » cette origine, 21 % déterminent le changement climatique comme « principalement dû à un phénomène naturel » tandis que 68 % le considèrent comme « principalement dû à l’activité humaine ».

Attention : Ces derniers chiffres, bien qu’utiles à titre informatif, ne peuvent malheureusement pas à eux seuls nous permettre d’établir avec précision les pourcentages de 66 % de convaincus du changement climatique d’origine humaine( le contenu de la case verte de la figure 2) et de 25 % de sceptiques de l’origine humaine du changement climatique (le contenu de la case jaune de la figure 2). En effet, ces chiffres de 66 % et de 25 % dépendent entièrement de la combinaison des réponses sélectionnées aux Q1 et Q2 par un individu déterminé. Par exemple, quelqu’un qui à la Q1 « ne sait pas » si le changement climatique existe, restera quoi qu’il arrive un sceptique du changement climatique, même si à la Q2 il pense que le changement climatique est « principalement dû à l’activité humaine » ! Ainsi, dans la figure 4, parmi les 68 % qui pensent que le changement climatique est principalement dû à l’activité humaineil y a également des sceptiques du changement climatique. On ne peut donc obtenir précisément ces chiffres de 66 % et de 25 % que par logiciel de traitement, en analysant les réponses effectuées par chacun des 24 000 participants au sondage.

Nous pouvons par conséquent résumer cela par la figure 5 suivante :

Figure 5 : Résumé schématique de la classification des climatosceptiques (les proportions à droite concernent le monde entier en 2021)

3. Résultats sur la Belgique

En Belgique, la proportion de climatosceptiques était de 36 % en 2019, de 31 % en 2020 et de 32 % en 2021.

Autrement dit, l’année passée, malgré les catastrophiques inondations de mi-juillet et malgré la médiatisation de l’apparition du nouveau rapport du GIEC en début août, le climatoscepticisme n’a en rien diminué par rapport à 2020 (ceci est également valable pour l’Allemagne fortement touchée par les mêmes inondations de mi-juillet).

Figure 6 : Proportion de climatosceptiques en 2021 dans certains pays, dont la Belgique et l’Allemagne [8]

Plus précisément, voici la proportion des réponses des Belges sur l’existence du changement climatique :

Figure 7 : Q1 sur l’existence même du changement climatique (sans parler de son origine) en Belgique en 2021 [9]

On observe à nouveau qu’il n’y a que 1 % qui croient qu’ils ne sont « certainement pas » en train de vivre un changement climatique. 3 % « ne savent pas » si ce dernier existe et 7 % pensent qu’il n’a « probablement pas » lieu.

Concernant l’origine de ce changement climatique, les Belges sont presque aussi sceptiques que la moyenne mondiale :

Figure 8 : Q2 sur l’attribution de l’origine du changement climatique (posée à tous, sauf à ceux soutenant qu’il n’y a « certainement pas » de changement climatique) en Belgique en 2021 [10]

Le 1 % de la population mondiale qui « ne croit pas au changement climatique » est exactement le même que le 1 % qui considère que nous ne sommes « certainement pas » en train de vivre un changement climatique. De plus, 6 % « ne savent pas » quelle est l’origine du changement climatique, 5 % précisent « qu’on ne peut pas savoir » cette origine, 19 % déterminent le changement climatique comme « principalement dû à un phénomène naturel » tandis que 69 % le considèrent comme « principalement dû à l’activité humaine ».

Pour finir, reprenons une citation mots pour mots de Brice Teinturier, Directeur Général délégué Ipsos France qui confirme pleinement notre analyse : « Pour la 3e année consécutive, l’Observatoire reste un formidable outil de compréhension et d’action dans la lutte contre le changement climatique. Il révèle cette année quelques surprises : d’abord, et malgré la progression des événements climatiques extrêmes  [note de l’auteur : en réalité, le nombre de catastrophes naturelles mondiales diminue depuis plus de 20 ans, voir ici https://www.science-climat-energie.be/y-a-til-plus-de-catastrophes-naturelles/ et ici https://www.science-climat-energie.be/2022/01/21/sce-info-global-weather-and-climate-disasters-2000-to-2021/], la part de climatosceptiques augmente au niveau mondial, ce qui montre qu’il n’existe pas de lien systématique entre la survenue de ces événements et la prise de conscience de l’origine humaine du changement climatique ou de sa réalité même. Ensuite, et contrairement aux idées reçues, les jeunes de moins de 25 ans n’accordent pas plus la priorité à l’environnement que leurs aînés à l’échelle mondiale et il serait abusif de les décrire comme une génération plus en colère » [11].

4. Conclusions

De cette analyse, nous pouvons conclure que :

  • Le climatoscepticisme, tel que défini par Ipsos et par EDF, a touché en 2021 34 % de la population mondiale.
  • Malgré la médiatisation du nouveau rapport du GIEC et malgré les désastreuses inondations de mi-juillet, le climatoscepticisme a touché en 2021 32 % de la population belge.
  • Il est difficile d’affirmer si depuis 2019 la proportion de climatosceptiques est restée stable ou a légèrement augmenté en raison de l’absence de marge d’erreur du sondage. Mais quoi qu’il en soit, il est clair qu’elle n’a certainement pas diminué.
  • La médiatisation de ces catastrophes naturelles en 2021 (notamment par certains climatologues) n’a eu aucune influence perceptible sur l’opinion publique belge et allemande.
  • Il n’existe pas de lien systématique entre la survenue de ces événements extrêmes et l’opinion publique sur l’origine humaine du changement climatique.
  • Il est donc complètement faux d’affirmer que « les climatosceptiques sont une espèce en voie de disparition ». Bien au contraire : les sceptiques du changement climatique d’origine humaine sont en nombre considérable et, compte tenu des remarques précédentes, absolument rien ne prouve qu’ils disparaîtront de sitôt.

Références et remarques éventuelles

[1] Entretien avec Jean-Pascal VAN YPERSELE, Professeur de climatologie à l’Université Catholique de Louvain, Jean-Pascal Van Ypersele : « C’est l’habitabilité même de la planète qui est en jeu », interview de Zorah Ben Miloud, France 24, lundi 24 août 2020, de 3’45 à 3’50, disponible sur https://www.france24.com/fr/video/20200824-jean-pascal-van-ypersele-c-est-l-habitabilit%C3%A9-m%C3%Aame-de-la-plan%C3%A8te-qui-est-en-jeu.

[2] « Obs’COP 2021 : Méthodologie »EDF, disponible sur https://www.edf.fr/observatoire-opinion-rechauffement-climatique-methodologie.

[3]  « Obs’COP 2021 : Presentation of the findings of the international climate and public opinion observatory », Ipsos & EDF, décembre 2021, p. 21, disponible sur https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2021-12/ObsCOP-2021-report.pdf.

[4] « Obs’COP 2021 : Presentation of the findings of the international climate and public opinion observatory », Ipsos & EDF, décembre 2021, p. 20, disponible sur https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2021-12/ObsCOP-2021-report.pdf.

[5] « Obs’COP 2021 », Question 1/7 concernant le monde entier, EDF, disponible sur https://www.edf.fr/observatoire-international-climat-resultats/fr/2021.

[6] Les pourcentages de 1 %5 % et 2 % sont effectivement tous arrondis. Les pourcentages non arrondis sont respectivement 1,5 %4,8 % et 2,3 %. Au total, cela donne 8,6 % qu’on arrondit donc à 9 %. Ces données non arrondies ne sont malheureusement pas disponibles sur le Net, mais le lecteur pourra s’il le souhaite demander confirmation à Arnaud Tagger, responsable du Pôle Études externes chez EDF, via son adresse arnaud.tagger@edf.fr. C’est par ailleurs cette même personne qui a communiqué les données non arrondies par courriel à l’auteur de l’article que vous êtes en train de lire.

[7] « Obs’COP 2021 », Question 2/7 concernant le monde entier, EDF, disponible sur https://www.edf.fr/observatoire-international-climat-resultats/fr/2021.

[8] « Obs’COP 2021 : Résultats complets par pays de l’Observatoire International Climat et Opinions Publiques »Ipsos & EDF, décembre 2021, p. 11, disponible sur https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/obs-climat/2021/obscop2021_resultatscomplets_fr.pdf.

[9] « Obs’COP 2021 », Question 1/7 concernant la Belgique, EDF, disponible sur https://www.edf.fr/observatoire-international-climat-resultats/fr/2021.

[10] « Obs’COP 2021 », Question 2/7 concernant la Belgique, EDF, disponible sur https://www.edf.fr/observatoire-international-climat-resultats/fr/2021.

[11] Dans « Obs’COP 2021 : Malgré l’augmentation des événements climatiques extrêmes, la mobilisation des citoyens pour le changement climatique ne progresse pas », citation de Brice TEINTURIER, Directeur Général délégué Ipsos France, 16 décembre 2021, disponible sur https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/journalistes/tous-les-communiques-de-presse/obs-cop-2021-malgre-l-augmentation-des-evenements-climatiques-extremes-la-mobilisation-des-citoyens-pour-le-changement-climatique-ne-progresse-pas.

9 réflexions sur « Climat : le scepticisme est bien vivant ! »

  1. Ce qui serait intéressant et sans doute beaucoup plus instructif serait de faire les mêmes statistiques dans les catégories suivantes
    – personnes avec responsabilité politiques : élus maires députés etc
    -personnes avec responsabilités médiatiques
    – scientifiques et pas seulement chercheurs dans le sujet climatique , l’honnêteté de ces derniers étant mise à mal avec la poursuite de leur carrière

  2. Il est remarquable que malgré la vague de mises en garde, les tentatives de persuasion, les menaces, la gravité des choses annoncées, la censure sur les publications contraires à la doxa, les intérêts financiers orientés par les politiques, il y ait encore une fraction importante des citoyens qui ne marchent pas dans la croyance qu’il y a un réchauffement dangereux, d’une part, et que l’homme peut l’arrêter d’autre part.
    C’est un réconfort pour l’avenir. Mais il ne faut pas que le retour à la raison arrive trop tard car beaucoup de mesures auront des effets irréversibles.

    1. J’adhère au fond de votre commentaire, mais notez que mon article est UNIQUEMENT relatif à la proportion de « climatosceptiques », c’est-à-dire de « sceptiques du changement climatique ou de son origine humaine ». Mon article n’est donc PAS relatif à la proportion de « sceptiques de l’ALARMISME climatique » à laquelle vous faites référence.

  3. Malheureusement, si on prend les publications scientifiques comme base du jugement (et qu’est-ce qu’on pourrait sérieusement prendre d’autre ?), il reste très difficile de trouver des scientifiques compétents dans le domaine du climat qui partagent des opinions climato-sceptiques. Voir par exemple Petersen et al., « Discrepancy in scientific authority and media visibility of climate change scientists and contrarians », Nature Communications, 2019.

    Il reste du boulot.

    1. Pour commencer, je ne suis pas sûr que « scientifiques compétents dans le domaine du climat » signifie quelque chose, étant donné la multidisciplinarité de la climatologie. Ensuite, contrairement à ce que vous dites, il est aisé de trouver des scientifiques climatosceptiques spécialisés en climatologie (parfois même réputés mondialement) : de mémoire, on peut notamment citer Richard Lindzen, John Christy, Judith Curry, Roy Spencer, Costas Varotsos, Tim ball… Des listes non exhaustives se trouvent sur https://belgotopia.com/2015/10/10/550-scientifiques-giecosceptiques/ et sur https://notrickszone.com/. En outre, il faut garder à l’esprit que tout scientifique s’opposant publiquement à la doxa climatique risque des menaces, voire une expulsion de son Université, comme ce fut le cas pour István Markó, Peter Ridd et Susan Crockford.

      Mais surtout, et j’imagine que vous le savez, le consensus, qu’il soit populaire ou scientifique, n’a absolument aucune valeur scientifique. L’important n’est pas le nombre, mais la qualité des arguments scientifique. Quant à mon article, il n’a pas pour but d’apporter une information scientifique, mais a pour but de détruire un mythe fort répandu selon lequel le consensus populaire sur le changement climatique anthropique est écrasant : en réalité, 1 personne sur 3 est sceptique, et ce nombre est au mieux en expansion.

  4. Justement, cher étudiant en physique et donc peut-être futur collègue. Le nombre ne compte pas, on est d’accord. La science n’est pas une entreprise démocratique. Ce qui compte, c’est le jugement des pairs. Et là, je le regrette, le climato-scepticisme est très très loin du compte. Lisez l’article vers lequel je vous ai pointé. En gros ils ont pris les 300 « pro » et « contre » les plus influents, et ils ont comparé leur « autorité » scientifique (mesuré au nombre de publications et citations). Malheureusement on ne peut pas sérieusement nier que les scientifiques sceptiques ont en moyenne bien moins de prestige et de compétence prouvée/apparente que les « orthodoxes ». Ceux que vous mentionnez, notamment Curry et Lindzen, sont de vraies exceptions.

    Tant que les listes de chercheurs climato-sceptiques comme celle que vous donnez contiennent des illustres inconnus comme (je cite) « BRECK BOB – BS Météorologie et Océanographie – Météorologue de médias », ou « BEST CLIVE – PhD – Physicien – Ex chercheur au CERN », c’est de la poudre aux yeux.

    Je répète: il reste beaucoup de boulot.

    1. Je vais essayer une dernière fois de vous répondre brièvement à ce sujet, puisque cela dépasse le cadre de mon article.

      Ce qui compte, c’est la valeur des arguments scientifiques, c’est tout. Si ce qui comptait vraiment était le jugement par des pairs, alors autant arrêter tout esprit critique et faire pleinement confiance aux articles peer-reviewed. La science n’est pas non plus une affaire « d’autorité scientifique ». Si les plus brillants climatologues du monde entier ayant publié dans les plus brillantes revues à comité de lecture ont des arguments scientifiques mauvais, ils ont tort, tout simplement.

      1. Oui, bien sûr Guillermo, ce sont les arguments scientifiques qui comptent pour la science, on est évidemment bien d’accord. Comme j’ai déjà écrit, la science n’est pas une entreprise démocratique et une seule personne inconnue peut avoir raison contre toutes les « autorités », à la façon de l’astronome turc dans le Petit Prince.

        Encore une fois, ce que je veux dire, c’est que le problème est que les chercheurs à qui la crédibilité scientifique est attribuée (notamment via la bibliométrie) ne sont clairement pas de notre côté. C’est à ça que je me réfère quand j’écris « ce qui compte » (dans le business scientifique, s’entend) : la crédibilité attribuée. Voir aussi le fameux « effet Mathieu » décrit par Merton.

        J’espère que c’est clair maintenant. Cordialement.

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