par J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique
La Banque Mondiale [1] envisage de consacrer jusqu’à 90 000 000 000 000 $ dans diverses mesures censées atténuer le « réchauffement climatique », désormais appelé « changement climatique ». La justification est fournie par le GIEC : sa modélisation du cycle du carbone oriente vers la responsabilité exclusive de l’homme dans la croissance du CO2 atmosphérique et cette croissance serait la principale cause du « réchauffement/changement climatique ».
L’importance des sommes en jeu et les conséquences d’un bouleversement énergétique obligent à s’interroger :
– Nos connaissances actuelles sont-elles vraiment suffisantes pour modéliser le carbone dans l’atmosphère ?
– Le modèle du GIEC est-il compatible avec les observations modernes ?
– D’autres modèles alternatifs peuvent-ils être compatibles avec ces observations ?
1. Les ordres de grandeurs.
1.1. Introduction.
– L’article concerne les évolutions pluriannuelles du CO2 atmosphérique et non pas les évolutions transitoires de court terme (journalières ou saisonnières). L’article se base sur les mesures directes modernes (concentration et rapport isotopique). On se limite à la période 1980-2020 afin de disposer d’une couverture de l’ensemble du globe avec des mesures calibrées et comparables.
– Les quantités (stocks) seront notées en gigatonne de carbone (Gt-C), c’est-à-dire en masse de carbone et non pas en masse de dioxyde de carbone. 1 Gt-C = 1012 kg de carbone, 1 Gt-C correspond à 3,67 Gt-CO2 ou 3,67 1012 kg de dioxyde de carbone.
Les échanges de carbone (flux ou débit) seront notés en Gt-C/an.
1.2. Désignation des compartiments et des flux.
Le CO2 dans l’atmosphère dépend des échanges avec 3 autres compartiments [2] qui ont été décrits dès le premier rapport du GIEC (fig. 1.1 page 8 Chap.1 AR1)[1].

Selon la figure 1a, la lithosphère constitue le compartiment principal de carbone, mais échange très lentement (< 0,4 Gt-C/an) avec les autres compartiments. A l’horizon de 4 décennies (1980-2020), l’influence de ce compartiment semble pouvoir être négligée.
On considérera donc seulement 3 compartiments et 5 flux, avec les désignations suivantes :

Le compartiment « Hydrosphère » concerne principalement le carbone inorganique dans l’océan (carbonates en milieu marin) à l’exclusion de la vie marine. Le compartiment « Biosphère » concerne non pas le biotope mais plutôt la biomasse terrestre et marine ainsi que la nécromasse (en partie supérieure du sol) qui échange avec l’atmosphère.
Le flux 1 correspond principalement au dégazage de l’océan dans la zone intertropicale.
Pour le flux 2 l’absorption de carbone par l’océan se produit surtout à l’extérieur de la zone intertropicale.
Le flux 3 correspond surtout à l’absorption du carbone par la végétation.
Le flux 4 est principalement causé par la décomposition de la matière organique.
Le flux 5 correspond surtout aux émissions combustibles fossiles, mais on doit ajouter d’autres sources (production de ciment, etc.)
1.3. Stocks (Gt-C) et flux (Gt-C/an) selon le GIEC.
Les figures suivantes illustrent (selon le GIEC) les proportions relatives, des stocks de carbone et des flux entrants dans l’atmosphère.

- L’atmosphère est le plus petit (2%) des 3 compartiments qui échangent du carbone : l’atmosphère est un simple canal d’échange de carbone entre Biosphère et Hydrosphère.
- Pour les flux entrants dans l’atmosphère, le flux 5 (anthropique) est très minoritaire (≈5%) devant les flux entrants naturels (≈95%).
La figure 6-1 de l’AR5 tient compte de la respiration journalière de la végétation (voir ici), ce qui explique en partie l’écart entre figures pour les flux entrants.
1.4. Incertitudes sur les stocks et les flux [2].
- Le compartiment Hydrosphère comporte du carbone (ici) désigné par DIC = Dissolved Inorganic Carbon, à 90 % sous forme HCO3 –.
Pour l’océan, les mesures indiquent entre 1900 et 2550 µMol/Kg → pour l’ensemble de l’hydrosphère (≈ 1,4 1021 kg), la masse correspondante serait alors comprise entre 32000 Gt-C et 43000 Gt-C (voir Millero 2007 [1]).
- Le compartiment Biosphère correspond au carbone stocké dans la biosphère (illustration), soit ≈ 600 Gt-C dont végétation ≈ 450 Gt-C (ici). Il faut ajouter le carbone organique/nécromasse dans les sols (total ≈ 3000 Gt-C ? dont ≈ 1900 Gt-C ? dans les couches superficielles).
- Les masses de carbone des compartiments sont incertaines pour le compartiment Hydrosphère et très incertaines (voir ici) pour le compartiment Biosphère.
Selon la fig. 6-1 de l’AR5, pour Biosphère, on aurait entre (1500+450) =1950 et (2400+650)=3050 Gt-C. L’écart est de 1100 Gt-C, supérieur aux 829 Gt-C dans l’atmosphère. - Pour le compartiment Biosphère, les flux sont en partie dépendants de l’activité des micro-organismes, ce qui rend les estimations hasardeuses.
Pour l’océan, les flux dépendent de la différence des pressions partielles eau /air [4] mais aussi du vent local. La pression partielle dans l’océan est dépendante de multiples facteurs (ici), dont certains (DIC) sont sensibles à l’activité des micro-organismes. Il en résulte que l’incertitude sur les flux océaniques demeure grande : « Uncertainty of CO2 flux… is approximately 20% » (ici §2.3) .
- Le GIEC reconnaît finalement une incertitude > 20 % sur les flux naturels : « Individual gross fluxes and their changes since the beginning of the Industrial Era have typical uncertainties of more than 20% » (légende fig. 6.1 AR5).
Dans la figure 6-1 AR5, le GIEC utilise des flux naturels entrants ou sortants de l’ordre de 200 Gt-C/an avec une incertitude supérieure à 20 %, soit au moins ± 40 Gt-C.
Le flux anthropique en 2020 est de l’ordre de 10 Gt-C, largement inférieur à cette incertitude minimale ± 40 Gt-C.
- Mais il est possible que l’incertitude soit plus grande encore : les estimations de la durée de séjour du carbone dans l’atmosphère = stock/flux sortant [2], obtenues par différentes méthodes (ici), sont généralement comprises entre 3 ans et 12 ans.
Pour 2020, ces durées de séjour correspondraient à des flux sortants entre 70 et 275 Gt-C/an, à comparer avec 203 Gt-C ± 40 Gt-C selon la fig. 6-1 de l’AR5.
- Notons enfin que le flux de carbone depuis la lithosphère vers l’océan (supposé négligeable) est assez largement inconnu.
Avec une connaissance aussi peu satisfaisante des stocks et surtout des flux naturels, toute modélisation du cycle du carbone dans l’atmosphère demeure hasardeuse.
Toute modélisation, même hasardeuse, doit à minima être conforme aux observations modernes qui sont rapportées au paragraphe suivant.
1.5. Les observations modernes (1980-2020).
Pour le CO2 atmosphérique, les mesures modernes de concentration et du rapport isotopique 13C/12C varient avec la latitude (voir ici). Les valeurs rapportées ci-dessous utilisent donc une moyenne calculée sur les observations dans les 2 hémisphères : 19,5 N (Hawaii) et 14,2 S (Américan Samoa). Afin de s’affranchir des effets journaliers et saisonniers, on rapporte seulement les moyennes annuelles pour l’ensemble du globe. Les données sont consultables dans le document annexe « Tableur MPO » onglet « Mesures modernes » [6].

Le carbone atmosphérique croît de 157 Gt-C soit + 22% en 40 ans.

2. Le modèle du GIEC.
Ce modèle interprète les évolutions du CO2 atmosphérique (fig.3a et 3b) comme étant quasi exclusivement d’origine anthropique [1] .
2.1. Description succincte.
Selon le BP statistical rewiew of world energie [3] le cumul des émissions combustibles fossiles entre 1980 et 2020 est ≈ 1060 Gt-CO2 ce qui correspond (en ajoutant les autres sources anthropiques et en convertissant en Gt-C) à un total d’environ 325 Gt-C [6].
Où se trouvent, en 2020, ces 325 Gt-C de carbone anthropique (fossile + autre) émis en 40 ans ? La figure ci-dessous donne une version simplifiée du modèle GIEC.

Dans le modèle GIEC, on affecte donc la totalité des variations du CO2 atmosphérique au seul CO2 d’origine anthropique : c’est le flux 5 (fig.1b) qui serait la cause unique des évolutions.
Les compartiments seraient quasi stables : 82/38000 = +0,22% pour Hydrosphère et 86/2500 = +3,4% pour Biosphère. Ces 2 compartiments seraient des « puits » = absorbeur net de carbone.
2.2. Nécessité de modèles alternatifs.
Toute modélisation du cycle du carbone reste hasardeuse du fait des incertitudes sur les flux naturels (voir § 1-4), toutefois, le modèle du GIEC est confronté au moins à 3 difficultés supplémentaires :
1) Existence non démontrée d’un tri des molécules CO2, suivant leur origine anthropique ou naturelle. Le flux anthropique est de l’ordre de 4 à 5% des flux entrants (fig.2). On devrait donc avoir environ 5 % de CO2 anthropique dans le compartiment atmosphère, soit pour 2020 environ 5 % * 875 ≈ 44 Gt-C alors que le modèle du GIEC (fig.4a) indique ≈ 157 Gt-C.
Cette difficulté ne peut être surmontée que si les flux sortants (flux 2 et 3) sélectionnent très nettement les molécules CO2 d’origine naturelle au détriment des molécules anthropiques, alors qu’elles sont indiscernables.
2) Croissance en 40 ans du compartiment Biosphère ≈ +86 Gt-C ou +3,4% bien faible si on compare aux observations (Haverd 2020).
3) Divergence avec les observations sur δ13C. L’article assume pour δ13C les valeurs suivantes (flux entrants/sortants): Hydrosphère ≈ -9,6 ‰, Biosphère ≈ -26 ‰, Anthropique ≈ -28 ‰ (valeurs selon NOAA ESRL ici ). Les observations montrent un apport net de (875 – 718) = 157 Gt-C supplémentaires dans l’atmosphère (fig. 3a) et un δ13C qui passe de -7,53 ‰ vers -8,55 ‰ (fig. 3b). Le modèle du GIEC est-il compatible avec ces observations modernes ?
Selon ce modèle (fig. 4a), l’apport net dans l’atmosphère est +325 -82 -86 = 157 Gt-C avec δ13C = [(325*-28) – (82*-9,6) – (86*-26)] /157 = – 38,7 ‰. L’atmosphère de 2020 devrait alors avoir δ13C = [(718*-7,53)+(157*-38,7)] / 875 = -13,1 ‰, en contradiction avec δ13C = -8,55 ‰ .
L’apport net de 157 Gt-C ne peut pas être uniquement anthropique : L’apport net de 157 Gt-C doit avoir un δ13C ≈ -13,2 ‰ car [(718*-7,53) +(157*-13,2)] / 875 = -8,55 ‰. Un tel apport net sera nécessairement un mélange mixte = apport anthropique + apports naturels.

Notons que le modèle du GIEC semble également en contradiction avec les observations sur le carbone 14 (voir ici ou bien là §11).
- Le modèle du GIEC donne une description fixiste et anthropomorphique du cycle du carbone : les flux naturels varieraient très peu et ce serait le flux anthropique seul qui causerait les évolutions des stocks et flux.
- Afin de montrer que le modèle du GIEC ne constitue pas la seule explication possible des observations modernes (fig. 3a et fig. 3b), le paragraphe suivant expose les résultats obtenus avec un modèle alternatif de type mixte (mixte = anthropique + naturel).
3. Un exemple de modèle alternatif.
Le modèle alternatif s’inspire des observations (ici ou là) selon lesquelles le CO2 atmosphérique est lié à la température. Selon ce modèle, l’augmentation de température favoriserait une circulation plus intense de carbone entre les 2 compartiments Hydrosphère et Biosphère. En conséquence, tous les flux augmenteraient et le canal d’échange (l’atmosphère) verrait son niveau de carbone croître.
Pour 1980-2020, la causalité proposée est la suivante : la croissance des flux 1 et 5 (dégazage intertropical et anthropique) [4] permet l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, ce qui entraîne alors la hausse des flux sortants (2+3), puis la croissance du compartiment Biosphère et donc, avec retard, celle du flux 4.
3.1 Éléments de modélisation.
Le modèle présenté est dit Mixte Proportionnel : les sorties (flux 2 et 3) seraient proportionnelles au carbone dans l’atmosphère : celui-ci passe de 718 Gt-C à 875 Gt-C en 40 ans (+22%) → les flux 2 et 3 augmenteraient de même. Le modèle assume que la proportion du carbone sortant chaque année de l’atmosphère (flux 2+3) serait ≈ 1/5 du stock (durée de séjour = 5 ans). Le sous-modèle présenté est dit MPO = Mixe Proportionnel Océan : l’apport net de 157 Gt-C serait un mélange de carbone anthropique et de carbone océanique. Certains détails de la modélisation sont consultables dans le document annexe « Modélisation MPO » [6].
3.2 Résultats du modèle MPO.
3.2.1. Stocks, flux, δ13C entre 1980 et 2020.
Les 5 figures ci-dessous indiquent tous les 10 ans :
– pour l’atmosphère → les valeurs observées (le flux 5 correspond à combustibles fossiles + autres sources anthropiques)
– pour Hydrosphère et Biosphère ainsi que les flux 1,2,3,4 → les valeurs calculées par le modèle MPO.
La précision sur les valeurs calculées ne traduit que la modélisation, mais permet ainsi de suivre les évolutions entre 1980 et 2020.





Selon le modèle MPO, la hausse du flux 1 (86,8 Gt-C/an → 106,7 Gt-C/an, conséquence de la hausse de température) est l’élément moteur dans la hausse générale des flux naturels.
L’augmentation du flux 4, conséquence de la croissance du compartiment Biosphère, comporte un retard de quelques décennies sur le flux 3.
3.2.2. Les flux (Gt-C/an) entre 1980 et 2020.
On rapporte ci-dessous le résultat du calcul des 4 flux naturels selon MPO, ainsi que les données du flux anthropique 5. La figure montre aussi la somme des flux naturels entrants (1+4) ou sortants (2+3), à comparer au flux 5 (anthropique).

Selon le modèle MPO, les flux naturels (1+4) ou (2+3) augmentent en 40 ans de ≈ +30 Gt-C/an (140 → 170) alors que le flux anthropique croît seulement de ≈ +5 Gt-C/an (6 → 11). Dans ces conditions, la croissance des flux entrants est naturelle à 30/(30+5) = 85 % et anthropique à 5/(30+5)= 15 %. La surface sous une des courbes représente les quantités de carbone échangées en 40 ans → la surface couleur marron correspond à 325 Gt-C, c’est à dire au cumul 1980-2020 des émissions anthropiques (combustibles fossiles + autres sources = flux 5).
3.2.3. Bilans 1980-2020.
La figure ci-dessous précise les surfaces sous les courbes = cumuls entre 1980 et 2020.
Ainsi, les 325 Gt-C de carbone anthropique correspondent à cumul 5, ou bien cumul 1 = 3870 Gt-C correspond au carbone injecté dans l’atmosphère par le flux 1 en 40 ans. On peut ainsi suivre les quantités totales (Gt-C) transportées par chaque flux en 40 ans.

On note l’importance des cumuls (≈ 6300 Gt-C ont traversé l’atmosphère en 40 ans) alors que la hausse reste modeste (157 Gt-C). Cette hausse correspond à 157/6300 = 2,5 % du carbone qui a transité dans l’atmosphère entre 1980 et 2020. Le cumul anthropique est 325 Gt-C, il correspond à 325/(325+3870+2267) = 5,0 % des cumuls entrants dans l’atmosphère en 40 ans.
- Le modèle MPO est-il compatible avec les observations modernes ?
Le tableau ci-dessous récapitule, pour l’atmosphère, les échanges de carbone et les apports nets.

Le bilan total montre un apport net de 157 Gt-C avec δ13C = -2075/157 = -13,2 ‰, en conformité avec fig. 4b et les observations modernes (fig. 3a et 3b). La conformité d’un modèle avec les observations n’est pas une preuve de sa validité.
- Où se trouve, en 2020, le carbone anthropique émis en 40 ans ?
La figure ci-dessous donne la version du modèle MPO.

- En 2020, selon le modèle MPO, le CO2 d’origine anthropique correspondrait à 47/875 = 5,4% du CO2 atmosphérique ou bien à 47/157 = 30% de la croissance en 40 ans. La croissance des flux entrants serait anthropique seulement à 15 % (voir § 3.21).
- En 40 ans, le compartiment Hydrosphère perdrait 162 Gt-C, soit seulement -0,4 % du stock, le compartiment Biosphère passerait de 2170 Gt-C à 2500 Gt-C, soit +330 Gt-C, une croissance 4 fois plus grande que celle du modèle GIEC qui donne +86 Gt-C.
3.3. Limites du modèle MPO.
Comme tout modèle sur le cycle du carbone, le modèle MPO reste hasardeux par le choix des valeurs des différents paramètres. Le modèle MPO est compatible avec les observations modernes (ce n’est pas une preuve de sa validité) sans avoir les inconvénients du modèle GIEC (faible croissance Biosphère ; tri des molécules CO2 suivant l’origine; contradiction avec δ13C).
Parmi les objections que l’on peut faire au modèle MPO, on peut citer :
– Le dégazage de l’océan intertropical (flux 1) peut-il croître de 23% en 40 ans ? (86,8 Gt-C/an vers 106,7 Gt-C/an)
– L’océan peut-il être un émetteur net de carbone alors que le pH océanique aurait baissé lors des dernières décennies ?
– Ne faut-il pas considérer un océan superficiel plutôt que la totalité de l’océan ?- En surface de l’océan, pour DIC, δ13C ≈ 1,5 ‰ : existe-il un fractionnement isotopique pour les flux 1 et 2 → δ13C ≈ – 9,6 ‰ ?
Le document annexe [6] « Modélisation MPO » examine ces 4 objections en pages 5 & 6.
4. Conclusions
- Le stock de carbone dans l’atmosphère, seul stock bien connu, représenterait de l’ordre de 1 à 3% du stock total des 3 compartiments Atmosphère / Biosphère / Hydrosphère.
- Le flux anthropique, seul flux de carbone bien connu, représenterait de l’ordre de 3 à 10% des flux entrants dans l’atmosphère.
- L’atmosphère, si elle se renouvelle en moins de 10 ans, est un simple canal d’échange de carbone entre Hydrosphère et Biosphère. Avec une connaissance limitée des stocks et surtout des flux naturels, toute modélisation du carbone atmosphérique semble bien hasardeuse.
- Le modèle hasardeux du GIEC implique un mécanisme inconnu de tri des molécules de CO2, selon l’origine naturelle/anthropique. Ce modèle aboutit à une croissance qui semble trop faible pour le compartiment Biosphère, il est surtout en contradiction avec les observations sur les isotopes 13C et 14C du CO2 atmosphérique.
- Le modèle du GIEC interprète les évolutions du CO2 atmosphérique comme étant exclusivement d’origine anthropique. Cette hypothèse, qui justifierait un bouleversement énergétique et les 90 000 000 000 000 $ de la Banque Mondiale, semble en contradiction avec les observations modernes.
- D’autres modèles hasardeux sont compatibles avec les observations modernes : le modèle MPO propose, chiffrage à l’appui, une autre interprétation des évolutions du carbone atmosphérique entre 1980 et 2020. Ces évolutions seraient surtout le résultat naturel d’une circulation de carbone plus intense entre les compartiments Hydrosphère et Biosphère.
- Si le léger réchauffement des dernières décennies favorise à la fois le dégazage océanique, l’augmentation de la biomasse et la décomposition de la nécromasse, alors la circulation du carbone entre compartiments devrait augmenter. La corrélation du carbone atmosphérique avec la température, à l’échelle du mois (ici) ou du millénaire (là), trouverait peut-être ainsi un début d’explication cohérente.
Références
1. Organisations internationales
Banque Mondiale et climat https://newclimateeconomy.report/2016/ World Bank Group Climate Change Action Plan
Chapitre 1 AR1 https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/03/ipcc_far_wg_I_chapter_01.pdf
Chapitre 1 AR2 (p.77 ou 91) https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/ipcc_sar_wg_I_full_report.pdf Chapitre 6 AR5 https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WG1AR5_Chapter06_FINAL.pdf
Chapitre 5 AR6 https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_Chapter_05.pdf
2. Flux et stock
Concentration du CO2 dans l’atmosphère https://gml.noaa.gov/ccgg/trends/graph.html
Rapport isotopique Carbon Dioxide https://cdiac.ess-dive.lbl.gov/ftp/trends/co2/iso-sio/
Cycle du carbone http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_du_carbone
Carbon cycle modelling and the residence time of CO2 https://www.co2web.info/ESEF3VO2.pdf
The biomass distribution on Earth https://www.pnas.org/content/115/25/6506
Harmonized World Soil Database https://iiasa.ac.at/web/home/research/researchPrograms/water/HWSD.html
Global distribution of soil organic carbon http://soil.copernicus.org/articles/1/351/2015/
Carbon sequestration in soil
The marine inorganic Carbon Cycle Millero 2007 https://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/cr0503557
Uncertainties of fluxes and13C/12C ratios of atmosphericreactive-gas emissions
3. Émissions anthropiques
Combustibles fossiles : BP Statistical Review of World Energy July 2021
Statistical Reviewof World Energy
https://ourworldindata.org/fossil-fuels
Delta 13C: « la combustion de matières fossiles … produit du CO2 qui présente une déviation isotopique de l’ordre de -30 ‰»
4. Dégazage océanique
Calculatice pCO2 https://biocycle.atmos.colostate.edu/shiny/carbonate/ https://archimer.ifremer.fr/doc/00651/76344/77334.pdf
https://hahana.soest.hawaii.edu/hot/trends/trends.html
https://hahana.soest.hawaii.edu/hot/products/HOT_surface_CO2.txt
https://www.pmel.noaa.gov/co2/story/TAO+0%C2%B0%2C+170%C2%B0W https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/2017GL073814 « Uncertainty of CO2 flux … is approximately 20% » (voir § 2.3)
Carbon isotope fractionation between dissolved carbonate (CO32−) and CO2(g) at 25° and 40°C
Stable Isotope Fractionation Zeebe Wolf Gladrow
Experimental determination of carbon isotope equilibrium fractionation between dissolved carbonate and carbon dioxide
5. Articles connexes
Humlum et al (2013) The phase relation between atmospheric carbon dioxide and global temperature.
Harde (2017) Scrutinizing the carbon cycle and CO2 residence time in the atmosphere
Berry (2019) Human CO2 Emissions Have Little Effect on Atmospheric CO2.
Harde (2019) What Humans Contribute to Atmospheric CO2: Comparison of Carbon Cycle Models with Observations.
Veyres (2021) Pour revisiter le cycle du carbone
6. Annexes
Modélisation MPO.pdf
Tableur MPO.xls
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