Et si ce n’est pas le CO2?

Quelle est la cause du réchauffement global si ce n’est pas le taux de CO2 atmosphérique ? Il y a plusieurs possibilités, et il faudra encore plusieurs années de recherches pour connaître les véritables causes :

• Une récente publication (Lüdecke et al., 2020) montre que la température de nombreuses régions en Europe est corrélée à l’OAM. L’OAM ou Oscillation Atlantique Multidécennale est calculé avec la moyenne des anomalies de température de surface de l’eau de mer (SST) dans le bassin de l’Atlantique Nord entre 0 et 60°N. Nous avons d’ailleurs publié un article sur SCE à ce sujet (voir ici). Tout ceci nous montre que la circulation thermohaline joue un rôle très important dans le climat.

L’ONA ou Oscillation Nord Atlantique joue également un rôle important. L’ONA est basé sur une différence de pression atmosphérique, mesurée à la surface de l’eau de mer, entre l’anticyclone des Açores et la dépression d’Islande (ici). Il a été montré que les hivers de l’Europe du Nord pendant une phase négative de l’ONA sont plus froids et plus secs que d’habitude, tandis que l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord reçoivent plus de pluies et de tempêtes (voir ici).

L’influence du soleil sur le climat d’une région doit évidemment être ajoutée aux facteurs précédents. De nombreuses publications ont été écrites à ce sujet  (Lüdecke et al., 2020) (et ici). Il est connu que pendant les minima solaires les températures en Europe Centrale diminuent (Schwander et al., 2017). Les épisodes de froid importants pendant le Petit Age Glaciaire (PAG) en Europe coïncident avec les minima solaires, en combinaison avec de grandes éruptions volcaniques (voir ici).

• Les résultats obtenus par la récente étude de Delgado-Bonal et al. 2020 suggèrent que le léger réchauffement global observé depuis 40 ans (pour rappel, moins de 0,5°C) ne serait pas causé par une variation du taux de CO2 mais simplement par l’évolution de la couverture nuageuse. Plus de détails ici.

• La quantité de forêts joue également un rôle important et peut faire varier la température d’une région d’environ 1°C, et ce en Europe occidentale et centrale en été et au printemps, comme démontré dans la récente étude de Huang et al. 2020.

• La forte croissance des villes augmente l’effet de chaleur urbain. Nous vous en avions parlé récemment sur SCE (ici). Il est en effet bien connu que le béton joue un rôle sur les températures moyennes (Manoli et al. 2019). Il n’y a pas que la quantité de CO2 qui ait augmenté avec le temps, la quantité de béton aussi. A l’échelle régionale, l’effet de l’urbanisation sur la température moyenne est très important.

• Les éruptions volcaniques ne doivent pas être oubliées. On a par exemple déterminé qu’il y a eu des éruptions volcaniques catastrophiques en 536, 540 et 547 après JC. Les aérosols sulfatés ont par conséquent dispersé le rayonnement solaire, refroidissant considérablement la surface de la Terre pendant des décennies. Cette période de refroidissement mondial, appelée la petite période glaciaire de l’Antiquité tardive (Late Antique Little Ice Age, LALIA), a entraîné des mauvaises récoltes, des famines, des épidémies de maladies et des troubles sociaux (voir ici).

• Et enfin, citons également les nombreux paramètres astronomiques imparfaitement connus (position des planètes géantes par rapport au soleil, champ magnétique solaire, rayons cosmiques influençant les nuages, etc.). A ce sujet vous pouvez consulter la dernière publication de Nicolas Scafetta (2020) mais également celle de Stefani et al. (2019).