Désastres naturels 2021, retour vers la réalité

par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles

L’année 2021 n’aura apporté aucun changement.

D’un côté, des données qui ne montrent aucune augmentation des désastres naturels, ni de leurs conséquences, depuis le début du XXIe siècle.

De l’autre côté, les mêmes discours délirants, déconnectés du réel, au sujet des catastrophes naturelles qui déferleraient, en nombre toujours plus grand, sur toute la planète :

« Tandis qu’une horloge numérique rouge sonne sans répit jusqu’à la détonation qui mettra fin à la vie humaine telle que nous la connaissons… l’appareil apocalyptique est réel et le temps presse… il enveloppe la terre dans une couverture de CO2 invisible et suffocante… et élève la température de la planète avec une vitesse et une brusquerie entièrement d’origine humaine comme nous le disent les savants… parce que l’humanité a depuis longtemps dépassé l’horloge du changement climatique. Il est minuit moins une sur l’horloge de l’apocalypse et nous devons agir maintenant [1]»,

déclare, dans une confuse envolée mélodramatique, le Premier sinistre anglais lors de la séance d’ouverture de la COP26 !

« Les tempêtes de feu qui font rage dans nos forêts. Les vagues de chaleur qui tuent nos cultures et vaporisent nos réserves d’eau potable. Les inondations dans nos villages. Les 41 personnes qui sont mortes dans ces inondations dans mon pays en juillet dernier, les premiers citoyens belges victimes du changement climatique [2]»,

surenchérit un politicien local avec, semble-t-il, une écœurante fierté morbide.

Finalement, avec son sens de la mesure et sa subtilité habituelle, le secrétaire général de l’ONU intervient pour nous rassurer :

« Nous sommes en train de creuser notre propre tombe…. les phénomènes météorologiques sont toujours plus extrêmes… la science ne laisse planer aucun doute… la planète nous envoie un message [3]».

Maintenant que nous voilà rassurés quant à la rationalité, au sang froid et aux capacités de prévision de nos dirigeants, nous sommes parés pour examiner le « message que nous envoie la planète ». Et sur lequel « la science ne laisse planer aucun doute ».

Le CRED (Centre for Research on the Epidemiology of Disasters [4]) vient de publier ses données pour l’an 2021 et, pour une nouvelle année consécutive, le nombre des catastrophes naturelles refuse obstinément d’augmenter !

En effet, depuis le début du siècle, et seules les données de cette période sont suffisamment représentatives [5] pour permettre d’effectuer des comparaisons, on constate que :

●   le nombre des désastres naturels diminue de manière régulière :

• le nombre de morts reste bas et stable, hormis les tremblements de terre (Geophysical) qui ne semblent pas liés au climat :

• le nombre de personnes affectées dont font partie les fameux « réfugiés climatiques » ne présente aucun accroissement, bien au contraire :

• le montant [6] des dommages économiques, proportionnels au nombre et à l’intensité des désastres, ne montre aucune hausse significative :

Enfin, comme il est utile de confirmer des résultats en se basant sur différentes sources, on consultera le rapport [7] de 2021 de l’assureur britannique AON, acteur multinational dans les domaines de la gestion des risques et de réassurance. Et, bien que ses critères de sélection des désastres diffèrent un peu de ceux du CRED, il révèle également l’absence de toute évolution significative depuis 22 ans :

Le commentaire suivant accompagne le graphique :

« Il y a eu au moins 401 catastrophes naturelles individuelles en 2021, ce qui est proche de la moyenne (393) et de la médiane (396) depuis 2000 ».

22 ans constitue certes une courte période, ce qui ne permet pas de préjuger de l’avenir. Mais elle est néanmoins suffisante pour montrer que l’on n’assiste pas, actuellement, et contrairement aux idées reçues, à une spectaculaire augmentation des désastres naturels qui balayeraient continuellement la Terre.

Ainsi, malgré les exhortations d’hommes politiques avides de pouvoir, de journalistes en mal de clics et de savants en quête de subsides, notre planète refuse de produire davantage de catastrophes naturelles et continue de prospérer tranquillement [8].

Sources

[1] « While a red digital clock ticks down remorselessly to a detonation that will end human life as we know it… the doomsday device is real and the clock is ticking… and quilting the earth in an invisible and suffocating blanket of CO2, raising the temperature of the planet with a speed and an abruptness that is entirely manmade and we know what the scientists tell us… because humanity has long since run down the clock on climate change. It’s one minute to midnight on that doomsday clock and we need to act now » : https://www.gov.uk/government/speeches/pm-address-at-cop26-world-leaders-summit-opening-ceremony

[2] « The fire storms that rage through our forests. The heat waves that kill our crops and vaporize our drinking water supplies. The floods in our villages. The 41 people who died in such floods in my country last July, the first Belgian citizens who fell victim to climate change » : https://www.premier.be/fr/world-leaders-summit-cop26

[3] https://www.un.org/sg/en/node/260423

[4] Toutes les données utilisées proviennent du CRED (https://www.cred.be/), un centre de recherche de l’Université Catholique de Louvain. Il fait partie de l’École de Santé Publique située à Bruxelles, en Belgique. Il collabore à des études internationales portant sur les conséquences humanitaires et sanitaires des catastrophes naturelles. A cet effet, il gère une base de données, EM-DAT, qui recense les désastres naturels survenant sur toute la planète. Les résultats du CRED sont repris par Our world in data (https://ourworldindata.org/natural-disasters), une publication en ligne de l’Université d’Oxford.

[5] Comme nous l’avons montré en détail dans notre article traitant du rapport de l’UNDRR : https://www.science-climat-energie.be/2021/11/05/fake-news-a-lonu/. On retrouve les mêmes conclusions dans le paragraphe consacré aux données du CRED de l’étude suivante :  https://link.springer.com/article/10.1140/epjp/s13360-021-02243-9.

[6] Les montants en US$ ne sont pas actualisés. Ils ne tiennent compte ni de la hausse de la population mondiale ni du développement économique survenu.

[7] https://www.aon.com/getmedia/1b516e4d-c5fa-4086-9393-5e6afb0eeded/20220125-2021-weather-climate-catastrophe-insight.pdf.aspx. Le CRED utilise différentes sources, dont des compagnies de réassurance, pour récolter ses données, mais AON n’en fait pas partie. D’où l’intérêt particulier à comparer ces deux sources indépendantes dont les résultats semblent converger.

[8] Nouvelle étude sur l’effet fertilisant du CO2 : https://www.nber.org/papers/w29320

3 réflexions sur « Désastres naturels 2021, retour vers la réalité »

  1. Merci M. Budyn pour ce rappel des graphiques CRED/UCL.
    Il est instructif d’analyser les composantes « colorées » sur l’horizon de ces deux décennies XXIe siècle. Ainsi, d’y déceler que les causes dominantes récentes :

    – en nombre de désastres : surtout hydrologiques (toutes causes confondues…)
    – en nombre de morts : massivement géophysiques (c-à-d naturelles) et de météo
    – en nombre de personnes affectées : ‘qualifiées climatologiques’ (mais curieusement des phénomènes d’occurrence aléatoire ET d’une fort courte durée = 2002 et 2015) ?
    – en nombre de dommages/intensité : causes de géophysique
    – et en géographie : surtout APAC (bien loin d’Occident)…

    Tandis que sur une « échelle de temps très longue et par types de causes », il me revient ces tableaux historiques (à lire dans wikipedia) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_catastrophes_naturelles_les_plus_meurtri%C3%A8res_depuis_l%27Antiquit%C3%A9

    Soit une relecture complémentaire, en nombre de morts ?

    – Causes sanitaires, hors le climat : la peste (N occurrences, surtout celle du XIVe siècle… née en Asie), mais aussi les grippes (dont 1918-20, née en Chine!), le sida (20e siècle, né en Afrique), ainsi qu’un covid19, et autres thèmes à venir…
    – Causes politiques ( l’horrible famine chinoise de 1958-61 = règne de Mao) et aussi bien d’autres (en Inde, et dans l’URSS sous Staline)…
    – Causes d’inondations « d’avant les Greenpeace – WWF – GIEC onusien » souvent couplées à des épidémies (ex.: Chine 1931)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Inondations_de_1931_en_Chine )
    – Causes naturelles : tremblements de terre – ouragans – tsunamis – volcanisme

    – Causes purement météorologiques enfin : [[ La canicule européenne de 2003 est un événement climatique d’ampleur exceptionnelle survenu de juin à août 2003 et marqué par de nombreux records de température au cours de la première quinzaine d’août.]]
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Canicule_europ%C3%A9enne_d%27ao%C3%BBt_2003

    Brève conclusion ? Il ne fallut pas devoir attendre l’ère des progrès industriels en Occident et l’apparition de nos nouveaux « marchands de gouvernance par la peur » pour dresser un funeste bilan de ce que nous réserve notre « belle nature » !
    Pour les lecteurs toujours en état de doute, qu’ils se livrent donc à une analyse géo/temporelle décrite avec moult d’détails sous wikipédia ?

  2. peu de rapport avec le sujet des désastres naturels , mais intéressant quand même

    https://webmail1n.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&IDMSG=28295&check=&SORTBY=1

    La géothermie des eaux des mines et son potentiel en Wallonie (sud de la Belgique) – Nicolas Dupont, Olivier Kaufmann, Virginie Harcouët-Menou et Johan Matthijs
    La géothermie des eaux des mines vise à utiliser spécifiquement les mines abandonnées en tant que réservoirs géothermiques, le réservoir étant représenté par les vides inondés de la mine. En Belgique, l’Administration wallonne a lancé en 2019 un projet pour déterminer le potentiel géothermique des anciennes mines, la région wallonne étant celle où l’activité extractive fut la plus intense ainsi que celle qui présente la meilleure correspondance entre les zones minières et celles à fortes densités de population. Ce potentiel, estimé à partirdu volume des vides miniers et des gammes de températures, serait de l’ordre de 1690 GWh, en considérant la récupération de l’énergie thermique sur une différence de température de 12°C.

    1. Effectivement un peu hors sujet. Néanmoins c’est vrai que la Belgique depuis longtemps a fait appel à la géothermie, dans le Bassin de Mons, par le forage historique de Saint-Ghislain, exploité dès 1985 (voir notamment https://www.geo-therm.be/wp-content/uploads/2017/02/Geothermie-SaintGhislain.pdf et abondante bibliograhie sur internet). Depuis lors de nombreux projets ont été mis à l’étude. Pour une vision globale du problème de la géothermie on peut consulter avec profit la conférence du Professeur Yves Quinif (Université de Mons) qui explique également le lien avec la géologie de la Belgique,
      https://www.youtube.com/watch?v=cyiCn0RuQtA

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