By Stefan Uhlig, Enrique Ortega Gironés & Jose Antonio Sáenz de Santa María Benedet [1]
It is very common to hear in the media that, as a result of climate change, the frequency and intensity of extreme weather events is increasing. One such event is tropical cyclones, which are given different names depending on their geographical distribution: hurricanes in the Atlantic and Eastern Pacific, typhoons in the Central and Western Pacific, and cyclones in the Indian Ocean. Figure 1 shows the trajectory followed by the enormous number of tropical cyclones that have occurred in the North Atlantic (since 1851) and the Eastern North Pacific (since 1949).
Figure 1: Trajectory followed by tropical cyclones in the North Atlantic (since 1851) and the Eastern North Pacific (since 1949).
The film industry has always a particular fondness for making films about disasters, so it comes as no surprise that Netflix has released a series called ‘After the Hurricane’, dedicated to the catastrophe caused by Hurricane Katrina. But is it true, as is often repeated, that the number and intensity of hurricanes on our planet is increasing? Historical climatology provides reliable information on the evolution of these meteorological phenomena, which, although extreme, are not extraordinary, as they are common in many parts of the world.
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
Natural Disasters in 2024 – A Quarter Century Without Change
English version below
Sur ce sujet précis des désastres naturels, les gestionnaires de la base de données que nous utiliserons ici estiment qu’elle est fiable depuis l’an 2000.
Nous approchons donc de la période de 30 ans que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) considère comme la durée minimale requise pour établir des « normales climatiques »[1], utilisées pour définir et analyser l’évolution du climat. Ces périodes de référence permettent de comparer les données actuelles aux moyennes passées et d’observer les tendances et les changements climatiques à long terme.
Le diagnostic semble dans ce cas inéluctable : si la stabilité – voire la diminution – de la fréquence des désastres naturels se confirme alors, l’éventuel lien entre réchauffement climatique et catastrophes naturelles deviendra une hypothèse purement académique. Intéressante d’un point de vue théorique mais sans incidence factuelle observable.
Or cela entre en totale contradiction avec ce que diverses agences internationales, ainsi que leurs porte-voix dans les médias, annoncent régulièrement depuis les 25 dernières années. Elles n’hésitent pas à parler de « doublement »[2] ou de « quintuplement »[3] du nombre des désastres naturels au cours de cette période. Le tout étant, bien sûr, attribué au réchauffement climatique d’origine anthropique !
Non, les inondations catastrophiques ne sont pas dues à la lente augmentation du taux de CO2 atmosphérique. C’est ce que suggère l’article ci-dessous consacré aux inondations de Valence des 28 et 29 octobre 2024, il y a un mois jour pour jour, provoquées par un phénomène bien connu appelé goutte froide ou « DANA » (pour « dépression isolée en haute altitude », en espagnol « depresión aislada en niveles altos »). Ce phénomène résulte de la rencontre entre de l’air chaud ascendant, chauffé par les océans grâce au soleil, et de l’air froid polaire plus en altitude.
Les inondations catastrophiques ont toujours existé sur la Terre, et ce avec des taux atmosphériques de CO2 beaucoup plus faibles. Nous vous en avions déjà parlé sur SCE en juillet 2021 lors des inondations ayant affecté la Belgique. Si vous pensez qu’il y avait moins de victimes dans le passé n’oubliez pas non plus que la population était plus faible, particulièrement à Valence, que les villes étaient beaucoup plus petites, que l’on ne construisait pas en zones inondables et que les sols étaient beaucoup plus perméables car moins recouverts d’asphalte qui empêche l’eau de pénétrer dans le sol. Oui l’urbanisation incontrôlée a sa grande part de responsabilité dans ce drame. Il faut aussi compter sur la malhonnêteté de certains médias pour attribuer de manière récurrente chaque catastrophe au CO2.
L’auteur de l’article s’est attelé à une analyse détaillée de tous les paramètres physiques ou non (sociaux, politiques) liés historiquement et aujourd’hui à ce drame. Sa conclusion (voir fin de son article) est sans appel : « Aujourd’hui, 42 ans plus tard, nous pouvons faire la même réflexion, avec le même pessimisme face à l’avenir, mais avec un facteur aggravant supplémentaire. En effet, les politiciens d’il y a quatre décennies n’avaient pas l’effronterie et le cynisme d’essayer de cacher leur incompétence derrière l’argument inexplicable du changement climatique ».
Nous allons maintenant vous présenter cet article qui identifie les causes réelles ayant provoqué le nombre de victimes observé à Valence. L’article a été écrit par Enrique Ortega Gironés, un géologue habitant Valence. La version originale en espagnol se trouve ici. La traduction avec autorisation de l’auteur a été réalisée par Samuel Furfari.
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
Pendant que l’Europe planifie avec méthode et obstination son autodestruction[1], le reste du monde prépare, tranquillement, son futur développement économique.
Ainsi l’Inde, après avoir doublé le nombre de ses aéroports – passant de 74 en 1994 à 148 en 2023[2] – projette d’en ouvrir encore 72 d’ici 2025[3]. Pour les desservir, les compagnies aériennes indiennes envisagent d’acquérir, dans les prochaines années, une flotte de 1700 avions[4] supplémentaires[5].
La Chine, quant à elle, prévoit la construction de centaines de centrales électriques au charbon[6] au rythme d’une centrale par semaine – 300 d’ici 2030[7] – pour assurer les besoins croissants d’énergie de son économie.
Tous ces pays émergents, devant assurer leur avenir, mettent en place des politiques où les obsessions climatiques occidentales ne tiennent guère de place.
par Jean N., Faculté des Sciences, Université Européenne.
Ce que nous allons vous conter dépasse l’entendement. Il semblerait que les éditeurs de certaines revues scientifiques puissent être manipulés afin de publier ou de rejeter n’importe quel article scientifique sur base de simples considérations politiques qui n’ont rien avoir avec la science. C’est ainsi qu’un article publié depuis plus de 9 mois, ayant suivi le processus du « peer review » et reprenant les conclusions du dernier rapport scientifique du GIEC (un comble!), fut retiré sur base du désaccord que certains scientifiques sans scrupules ont exprimé dans la presse.
L’article rétracté par les éditeurs avait été publié par 4 scientifiques italiens, essentiellement physiciens, et intitulé « A critical assessment of extreme events trends in times of global warming » (Gianluca Alimonti, Luigi Mariani, Franco Prodi, et Renato Angelo Ricci; les deux premiers auteurs avaient aussi publié un article sur SCE en 2020). Cet article rétracté utilise des données publiques et aucune fraude n’avait été détectée par les réviseurs. Il a été publié par des physiciens hautement qualifiés, dont un ancien éditeur de la revue en question, et tire les mêmes conclusions que le GIEC dans son rapport scientifique AR6 : il est difficile de trouver des tendances significatives dans les données concernant les évènements extrêmes. Et c’est probablement cette conclusion qui est à la base de toute cette affaire.
En effet, l’article n’a pas plu à certaines personnes car il ne faisait pas l’apologie de l’alarmisme climatique. Ces personnes se sont alors emparées des médias pour faire pression sur les éditeurs. Ceux-ci n’ont alors eu d’autre choix que de rétracter l’article. Aucunmotif valable concernant la qualité des analyses n’a été donné et le processus habituel (publication d’une réponse argumentée) n’a pas été suivi par les éditeurs. Les plaignants (des scientifiques sans scrupules, connus comme « alarmistes climatiques ») n’ont même pas pris la peine d’écrire une critique reprenant leurs objections.
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
Aucun signe, en 2022, du déferlement de désastres naturels annoncé régulièrement dans les discours publics et les colonnes des médias.
Il est vrai que la prévision est un art difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir.
Heureusement, faute de catastrophes, on peut toujours compter sur nos habituels envoyés spéciaux pour jouer les prophètes de malheur. Avec, cette fois, des rôles à contre-emploi.
Ainsi, le toujours désopilant secrétaire général de l’ONU, pourtant socialiste, qui nous menace d’un « enfer climatique » d’ici dix ans :
« Nous sommes sur une autoroute vers l’enfer climatique avec le pied toujours sur l’accélérateur… L’humanité a le choix : coopérer ou périr. C’est soit un pacte de solidarité climatique, soit un pacte de suicide collectif. Dans le même temps, nous devons reconnaître une dure vérité : il n’y a pas d’adaptation possible à un nombre croissant d’événements catastrophiques causant d’énormes souffrances dans le monde. Les effets mortels du changement climatique sont là et maintenant. La lutte mondiale contre le changement climatique sera gagnée ou perdue au cours de cette décennie cruciale [1]».
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
Le 5 mai 2021, l’IFRC (International Federation of Red Cross) a publié un long rapport intitulé :
« Rapport sur les catastrophes dans le monde 2020 –Contre Marées et Chaleurs [1]»
On y trouve le graphique et le commentaire suivants :
« Le nombre des phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes déclenchés par des aléas naturels augmente depuis les années 1960 et a progressé de presque 35 % depuis les années 1990 (voir figure 1.1)… Même quand le nombre total des catastrophes s’est stabilisé au cours des deux dernières décennies [2]…» !
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
Le CRED (Center for Research on the Epidemiology of Disasters[1]) a publié, en avril dernier, un rapport analysant les conséquences des désastres naturels[2] survenus au cours de la période 2001-2021 : « 2021 Disasters in numbers[3] ».
S’y trouvent la figure et les commentaires suivants :
« Alors que le nombre de décès et le nombre de personnes touchées étaient inférieurs à leur moyenne sur 20 ans, l’année 2021 a été marquée par une augmentation du nombre de catastrophes et des pertes économiques[4] importantes » ;
« En 2021, un total de 432 événements catastrophiques a été enregistré, ce qui est considérablement plus élevé que la moyenne de 357 événements catastrophiques annuels pour la période 2001-2020 » ;
« Avec 252 milliards de dollars de dommages économiques signalés, 2021 est la quatrième année la plus dommageable enregistrée dans EM-DAT au cours des deux dernières décennies ».
Aux lecteurs de SCE ce dernier rapport n’apprendra rien de neuf. En effet, nous avons déjà présenté les données du CRED dans nos publications[5] précédentes.
C’est plutôt ce qu’il omet de dire qui est significatif.
Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Institut Thomas More , Président du pôle Énergie, Climat, Environnement
Les événements météorologiques extrêmes et les variations de phénomènes naturels
Quelle est l’origine des évènements météorologiques extrêmes tels que les tempêtes, les ouragans, les cyclones, les pluies diluviennes et les sécheresses catastrophiques ?
Pour le GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat), la question ne se pose pas : ce sont les émissions des gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique qui en sont la principale cause. Il est inutile d’en débattre : « the science is settled », alors que la véritable approche scientifique favorise au contraire la remise en question de toute théorie.
Plutôt que de se contenter de la seule théorie du GIEC, il est bon d’en tester d’autres, par exemple, les variations des phénomènes naturels (entre autres, les activités solaires et les circulations atmosphériques et océaniques) comme facteurs de déclenchement de ces évènements extrêmes.
Voici une information que l’on trouvera difficilement dans nos médias avides de catastrophisme et d’alarmisme climatique : depuis 1900, il y a de moins en moins de cyclones tropicaux ! Cette information, tout à fait sérieuse, provient d’une récente étude publiée dans Nature Climate Change (Chand et al. 2022).
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, Université Libre de Bruxelles
L’année 2021 n’aura apporté aucun changement.
D’un côté, des données qui ne montrent aucune augmentation des désastres naturels, ni de leurs conséquences, depuis le début du XXIe siècle.
De l’autre côté, les mêmes discours délirants, déconnectés du réel, au sujet des catastrophes naturelles qui déferleraient, en nombre toujours plus grand, sur toute la planète :
Il y a quelques semaines nous avons publié un article [1] démontrant la supercherie du rapport de l’UNDRR [2] (United Nations Office for Disaster Risk Reduction) de 2020 intitulé :
« Coût humain des catastrophes — Un aperçu des 20 dernières années — 2000–2019[3] »
Nous présagions alors que c’était une des prémices d’un mouvement plus large.
Et, cette année, c’est l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) qui s’est dévouée pour nous donner raison [4].
Le 31 août 2021, l’OMM, en collaboration avec le CRED [5] (Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres) et l’UCL (Université catholique de Louvain), a publié un rapport intitulé :
« ATLAS DE LA MORTALITÉ ET DES PERTES ÉCONOMIQUES DUES À DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES, CLIMATIQUES ET HYDROLOGIQUES EXTRÊMES (1970-2019)[6]».
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, ULB
Un récent communiqué [1] publié ici s’est fait l’écho d’un « projet de rapport du GIEC, annonçant une accélération des dérèglements climatiques d’ici 2050 ».
Ainsi, prochainement, va débuter une vaste offensive du GIEC et de ses affidés [2] sur le thème : les catastrophes naturelles vont tous nous tuer bientôt [3] !
Une des premières salves de cet assaut est une communication d’une des agences de l’ONU.
Le 12 octobre 2020, l’UNDRR (United Nations Office for Disaster Risk Reduction [4] ), en collaboration avec le CRED (Center for Research on the Epidemiology of Disasters[5] ), a publié un rapport intitulé :
« Coût humain des catastrophes – Un aperçu des 20 dernières années – 2000-2019 ».
On y compare cette période à la précédente, 1980-1999.
par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, ULB
Combien de temps nous reste-t-il, 12 ans [1]?, 8ans [2]? Beaucoup moins [3]? On ne le sait pas car les experts ne sont pas unanimes.
Ce que l’on connaît parfaitement, par contre, c’est la cause de la catastrophe finale. La fin du monde résultera de la révolte de notre Mère, la Terre. Lassée de notre comportement irresponsable elle provoquera des catastrophes qui balayeront l’humanité de la surface de la planète.
Comment le savons-nous ?
C’est ce que nous annoncent les autorités compétentes !
Brigitte Van Vliet-Lanoë, Directeur de recherche CNRS, Emérite UMR 6538 CNRS, Brest, France
La façade océanique
Les inondations en zones côtières sont souvent très meurtrières parce que moins récurrentes que les inondations fluviales ou de nappes. Ces dernières se combinent très souvent avec les aléas submersifs côtiers. Ils sont actuellement attribués à tort au relèvement du niveau marin sous contrôle du changement climatique.
Nous ne traiterons pas de la génération des conditions climatiques favorables aux tempêtes et précipitations, ce qui a été présenté dans la partie 1/2 (voir SCE), la part continentale. Nous regarderons les différents phénomènes susceptibles d’accentuer les inondations par débordement / submersion et leur contrôle par la géologie et l’évolution du climat. L’évolution du trait de côte, de son aménagement et de son urbanisation sont également des facteurs très importants.
Titre original : Sur l’augmentation exponentielle des catastrophes naturelles au 20e Siècle. Quelques commentaires sur un rapport récent de l’ONU et du CRED. Voir également leur article en italien ici.
Le 13 octobre 2020, journée internationale pour la réduction du risque de catastrophe, un rapport de l’ONU a été publié (ONU2020) : « Le coût humain des catastrophes – Un aperçu des 20 dernières années 2000-2019 » (ci-après le rapport UNDRR). Ce rapport se base sur des données de l’ensemble EM-DAT CRED (Center for Research on the Epidemiology of Disasters) de l’Université catholique de Louvain en Belgique.
La conclusion du rapport est que ces événements ont presque doublé, passant de 4212 au cours des deux décennies 1980-1999 à 7348 au cours de la période 2000-2019. Le rapport parle d’une « augmentation fulgurante des catastrophes liées au climat au cours des vingt dernières années » et affirme que « nous transformons notre seule demeure en un enfer inhabitable pour des millions de personnes ».
Brigitte Van Vliet-Lanoë, Directeur de recherche CNRS, Emérite UMR 6538 CNRS, Brest, France
La part continentale
Ces dernières années, de nombreuses crues ont affecté le Sud de l’Europe mais également le Nord de la France, l’Ouest et nos voisins britanniques. C’est à l’échelle mondiale un des désastres naturels les plus fréquents (https://www.emdat.be/). Leur fréquence s’accroît depuis 1970 et bien entendu, le changement climatique dont l’homme devrait être le responsable est mis en accusation. Nous ne traiterons pas ici des inondations associées à la proximité de l’océan ( voir Déluge et Changement Climatique 2/2, sur SCE).
Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ou lise dans les médias que le climat est “déréglé” et qu’il y a de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes. Et de nombreux scientifiques semblent penser la même chose. Par exemple, une pétition publiée fin janvier 2019 et signée par 3400 scientifiques belges, déclare au point 3 : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations.” Aucune référence n’est malheureusement donnée par les signataires de la pétition… Ces phénomènes climatiques sont-ils exagérés? Consultons donc le dernier rapport du GIEC, l’AR5 publié en 2013, et particulièrement le chapitre 2 qui traite des évènements climatiques extrêmes (depuis 2013, le GIEC n’a plus rien publié d’aussi complet sur le sujet). Préparez-vous à être surpris!
1. Le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC
Les évènements climatiques extrêmes sont traités dans le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC[1]. Ce chapitre fait 94 pages et a été dirigé par Dennis Hartmann (USA), Albert M.G. Klein Tank (Pays-Bas), et Matilde Rusticucci (Argentine). Notons que le rapport AR5 comporte au total 1535 pages. Selon le GIEC, il y existe 9 phénomènes climatiques qui peuvent devenir extrêmes :
– 1. Les températures – 2. Les précipitations – 3. Les inondations – 4. Les sécheresses – 5. Les évènements météorologiques locaux sévères (grêle, orages) – 6. Les tempêtes tropicales – 7. Les tempêtes extratropicales – 8. Les vents – 9. Les marées
Chacun de ces 9 éléments est traité séparément par le GIEC dans le chapitre 2 (et le chapitre 3 pour les marées). Le chapitre 2 se termine par 18 pages de références citant plus d’un millier d’articles scientifiques, contrairement à la pétition belge susmentionnée qui ne cite aucune référence.
Analysons maintenant les phénomènes climatiques extrêmes point-par-point en relevant les phrases les plus importantes du chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC. Comme ce rapport n’existe pas en français, nous vous proposerons ci-dessous une “traduction maison” de ces phrases.
2. Les températures extrêmes (AR5, p 212)
Le rapport AR5 du GIEC nous dit : ” (…) depuis 1950 il est presque certain (very likely) que le nombre de jours et de nuits considérés comme froids a diminué et que le nombre de jours et de nuits considérés comme chauds a augmenté globalement, pour les régions terrestres qui présentent suffisamment de données. Il est probable (likely) que de tels changements se soient produits en Amérique du Nord, Europe, Asie et Australie. Mais ceci est moins certain (low to medium confidence) pour l’Afrique et l’Amérique du Sud car il n’y a pas assez de données. Il existe une confiance modérée que la longueur et la fréquence d’épisodes chauds, incluant les vagues de chaleur, ait augmenté depuis 1950 et il est probable (likely) que la fréquence des vagues de chaleur ait augmenté durant cette période dans de larges parties d’Europe, Asie et Australie.”
3. Les précipitations extrêmes (AR5, p 213)
“Il est probable (likely) que depuis 1951 il y ait eu une augmentation significative dans le nombre d’évènements de précipitations extrêmes pour plus de régions que l’inverse (diminution significative), mais il y a de fortes variations régionales et sous-régionales dans les tendances. En particulier, de nombreuses régions présentent des tendances non significatives ou négatives, et, lorsque les variations saisonnières ont été prises en compte, il y a aussi des variations entre saisons (c.à.d., plus de tendances affirmées en hiver qu’en été pour l’Europe). Les tendances les plus nettes vers des évènements de précipitation plus intenses concernent l’Amérique du Nord centrale (augmentation presque certaine, very likely). Pour l’Europe il est probable (likely) qu’il y ait plus d’augmentations que de diminutions pour de nombreuses régions.”
4. Les inondations (AR5, p 214)
“A l’échelle globale il n’y a pas plus ni moins d’inondations et la magnitude n’a pas varié significativement.”
5. Sécheresse (AR5, p 215)
“Il n’y a pas suffisamment d’évidences pour suggérer une tendance globale depuis 1950.Il est probable que la fréquence et l’intensité des sécheresses ait augmenté en région Méditerranéenne et Afrique de l’Ouest depuis 1950, et diminué en Amérique du Nord centrale et Australie du Nord-Ouest.”
6. Les évènements météorologiques locaux sévères (AR5, p 216)
Il s’agit par exemple de grêle et d’orages à petite échelle. “Les tendances observées ont un faible niveau de confiance, à cause d’inhomogénéités dans les données et de problèmes dans les systèmes de monitoring.”
7. Les tempêtes tropicales (AR5, p 216)
Concernant ce point, nous vous proposerons ici une traduction intégrale des 4 paragraphes traitant des tempêtes tropicales. Les références données dans le texte pourront être trouvées dans le rapport du GIEC.
“L’AR4 concluait qu’il était probable (likely) qu’il y ait eu une tendance à l’augmentation dans l’activité des cyclones tropicaux intenses depuis 1970 de certaines régions mais qu’il n’y avait pas de tendance claire dans le nombre annuel de cyclones tropicaux. Depuis, d’autres analyses et d’autres publications indiquent qu’il est difficile de tirer des conclusions définitives concernant le niveau de confiance associé avec les tendances observées avant l’ère satellitaire ainsi que dans les bassins océaniques en dehors de l’Atlantique Nord.”
“La Section 14.6.1 (du rapport AR5 du GIEC) discute en détail des changements dans les tempêtes tropicales. Les données actuelles n’indiquent aucune tendance significative pour la fréquence des cyclones tropicaux au niveau global pour le siècle passé et il reste incertain si les augmentations à long terme rapportées soient robustes, après avoir pris en compte les variations des méthodes d’observation (Knutson et al. 2010). Des tendances régionales de la fréquence des cyclones tropicaux et des cyclones tropicaux très intenses ont été identifiées dans l’Atlantique Nord. Ces tendances semblent robustes depuis 1970 (Kossin et al. 2007). Cependant, la cause de cette augmentation de fréquence est débattue et sur de plus grandes échelles de temps la fidélité de ces tendances est également débattue (Landsea et al., 2006; Holland and Webster, 2007; Landsea, 2007; Mann et al., 2007b) en raison de l’existence de différences de méthodologie pour les enregistrements anciens (Chang and Guo, 2007; Mann et al., 2007a; Kunkel et al., 2008; Vecchi and Knutson, 2008, 2011). Aucune tendance robuste dans les nombres annuels de tempêtes tropicales, ouragans et ouragans majeurs n’a été identifiée pour les 100 dernières années dans le bassin de l’Atlantique Nord. Les mesures concernant la fréquence des cyclones tropicaux arrivant sur terre sont généralement considérées comme plus fiables que les relevés de toutes les tempêtes qui tendent à être fortement influencées par celles qui sont les plus faibles ou qui ont une courte durée de vie. Callaghan et Power (2011) ont trouvé rapporté une diminution significative des cyclones tropicaux touchant l’Australie de l’Est depuis la fin du 19e siècle, mais en incluant les années 2010/2011 cette tendance devient non significative. Des tendances significatives ne sont pas observées dans d’autres océans sur de plus courtes échelles de temps (Chan and Xu, 2009; Kubota and Chan, 2009; Mohapatra et al., 2011; Weinkle et al., 2012), bien que Grinsted et al. (2012) ait noté une tendance positive pour l’Est des USA à partir des données de marégraphes (de 1923 à 2008) uilisées comme proxies pour évaluer les tempêtes associées aux ouragans arrivant sur les terres. Les différences entre les études concernant les cyclones tropicaux sont telles qu’il est très difficile d’établir des tendances à long terme.”
“Sans aucun doute, la fréquence des tempêtes est d’une utilité limitée si on ne l’associe pas avec l’intensité et la durée des mesures. Les mesures d’intensité dans les enregistrements historiques sont très sensibles aux changements d’instrumentation et de méthodologie. Cependant, depuis l’avènement des satellites, les augmentations de l’intensité des plus fortes tempêtes dans l’Atlantique semblent certaines (Kossin et al., 2007; Elsner et al., 2008) mais cette évidence est limitée pour les autres régions du globe. Les séries temporelles des indices cycloniques, comme la dissipation de la puissance, un composé agrégé de la fréquence des cyclones tropicaux, la durée et l’intensité qui mesurent l’énergie éolienne totale des cyclones tropicaux, montrent des tendances positives pour l’Atlantique Nord, et plus faibles pour le Pacifique Nord-Ouest depuis la fin des années 1970 (Emanuel 2007), mais l’interprétation de tendances à plus long terme est à nouveau contrainte par la faible qualité des données (Landsea et al. 2011).”
“En résumé, le présent rapport ne modifie pas les conclusions du rapport SREX : l’activité des cyclones tropicaux n’a pas augmenté sur le long terme, après avoir tenu compte des variations dans les méthodes d’observation. Les publications les plus récentes indiquent qu’il est peu probable que le nombre annuel de tempêtes tropicales, d’ouragans et d’ouragans majeurs ait augmenté au cours des derniers 100 ans dans le bassin Atlantique Nord. Cependant, il est virtuellement certain qu’il y ait une augmentation de la fréquence et de l’intensité des cyclones tropicaux les plus forts depuis les années 1970 pour cette région.”
8. Les tempêtes extratropicales (AR5, p 217)
“En résumé, les changements à large échelle d’intensité pour les cyclones extratropicaux depuis 1900 sont incertains (“confidence is low”). Il n’y a pas de tendance claire en ce qui concerne les proxies de tempêtes pour le siècle dernier à cause d’inconsistances entre études ou un manque de données à long terme dans certaines parties du monde. Les tendances concernant les vents extrêmes sont incertaines, car les données analysées sont inconsistantes ou de faible qualité.”
9. La vitesse du vent en surface (AR5, p 226)
“En résumé, la vitesse du vent de surface au-dessus des terres et des océans n’a pas changé de manière significative et il reste de nombreuses incertitudes dans les bases de données et les méthodes utilisées.”
10. Les marées extrêmes (AR5, p 290)
Ce point est traité au chapitre 3 du rapport AR5. Voici quelques phrases importantes : “Les analyses globales des changements concernant les niveaux marins extrêmes (les grandes marées) sont limitées, et la plupart des rapports sont basés sur l’analyse de données régionales (voir Lowe et al. 2010 pour une review). Les estimations de variations dans les extrêmes sont basées soit sur l’analyse de données issues de marégraphes locaux, soit sur des prévisions multidécadales “à postériori” en employant un modèle dynamique (WASA-Group, 1998). La plupart des analyses se sont focalisées sur des régions spécifiques et montrent que les valeurs extrêmes ont augmenté depuis 1950, en employant diverses mesures statistiques comme la hauteur maximale annuelle, la hauteur maximale annuelle à marée haute, le niveau moyen de marée haute mensuel, la variation du nombre de maximas obtenus lors de tempêtes, ou les changements dans les évènements dépassant le 99e percentile (e.g., Church et al., 2006; D’Onofrio et al., 2008; Marcos et al., 2009; Haigh et al., 2010; Letetrel et al., 2010; Tsimplis and Shaw, 2010; Vilibic and Sepic, 2010; Grinsted et al., 2012). Une analyse globale basée sur les marégraphes a été réalisée pour des données à partir de 1970 uniquement avec des données robustes, et a montré que la magnitude des marées extrêmes a augmenté dans toutes les régions étudiées (Woodworth and Blackman,2004; Menéndez and Woodworth, 2010; Woodworth et al., 2011).”
11.Analyse du résumé pour décideurs (SPM)
Le résumé pour décideurs ne fait que 30 pages et ce pour tout le rapport scientifique qui fait 1535 pages. Il doit donc être bref. Concernant les évènements climatiques extrêmes les conclusions sont essentiellement présentées dans une table, la Table SPM.1. La partie la plus importante de la table est reproduite ci-dessous (Figure 1).
Figure 1. Extrait de la Table SPM.1 concernant les évènements climatiques extrêmes dans le résumé pour décideurs du rapport AR5 du GIEC. Sur 9 phénomènes climatiques extrêmes seulement 5 sont présentés dans la table par le GIEC. Le texte noir sont des conclusions tirées par l’AR5. Les textes en rouge et en bleu sont des conclusions plus anciennes (AR4 et rapport SREX). A droite, “OK Ch.2” indique que le résumé est correct par rapport au texte; le triangle rouge “attention”, indique que des informations importantes sont manquantes et peuvent induire en erreur.
– Nous voyons tout de suite que la Table SPM.1 ne donne des informations que pour 5 des 9 évènements climatiques extrêmes… Le décideur qui lit la table ne sait pas que la fréquence des inondations (phénomène 3) n’a pas varié, tout comme les 3400 scientifiques belges signataires de la pétition. Le décideur ne sait pas non plus que les évènements météorologiques locaux sévères (phénomène 5 : grêle, orages) n’ont pas varié, ainsi que les tempêtes extratropicales (phénomène 7) ou les vents extrêmes (phénomène 8).
– La Table SPM.1 comporte trois lignes pour la température (phénomène 1). On donne donc plus d’importance à ce phénomène par rapport aux autres. Serait-ce parce que ce phénomène est le seul qui ait clairement varié significativement et ce au niveau global?
– La ligne n°3 de la Table SPM.1 concerne les vagues de chaleur. Le décideur peut y lire “Medium confidence on a global scale“, et ce pour l’Europe, l’Asie et l’Australie. La table ne dit pas que c’est à partir de 1950. Et on ne sait rien pour l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud, la Russie, l’Antarctique ou l’Arctique. Voilà peut-être pourquoi il est écrit “Medium confidence on a global scale“… Au niveau global, il n’y a peut-être pas d’augmentation des vagues de chaleur.
– La Table SPM.1 donne les conclusions de l’AR4 en rouge alors que celles de l’AR5 sont en noir… On est donc induit en erreur car la couleur rouge attire plus l’attention… par exemple pour le phénomènes n°4 c’est le rapport AR5 qui est moins alarmiste mais c’est écrit en noir.
– Les phénomènes n°1, 4 et 6 sont correctement résumés dans la Table SPM.1. Mais ce n’est pas le cas pour les phénomènes n°2 et 9 (un signe rouge “attention” a été placé dans la Figure 1). Par exemple, pour le phénomène n°2 (précipitations) la table n’indique pas qu’il y ait de fortes variations régionales ni que de nombreuses régions présentent des tendances non significatives ou négatives. Pour le phénomène n°9 (marées extrêmes) la table n’indique pas que cela ne concerne que le niveau régional et que les analyses sont basées sur des marégraphes et non sur des mesures satellitaires.
12. Conclusions
Sur les 9 types d’évènements climatiques extrêmes, seul trois ont probablement augmenté selon le GIEC : (1) depuis 1950, la longueur et la fréquence d’épisodes chauds, incluant les vagues de chaleur. Mais seulement au niveau local car on ne sait rien pour de très nombreuses régions… (2) la fréquence et l’intensité des cyclones tropicaux les plus forts depuis les années 1970 pour l’Atlantique Nord, mais l’évidence est limitée pour les autres régions du globe… Les augmentations ne sont donc que locales (Atlantique Nord), et non globales. Et finalement (3), les marées extrêmes, mais encore une fois, ceci n’est vrai qu’au niveau local…
Pour les 6 autres évènements climatiques extrêmes (précipitations, inondations, sécheresses, évènements météorologiques locaux sévères, tempêtes extratropicales, vents) le rapport du GIEC est beaucoup plus mitigé, et dit même clairement qu’il n’y a pas plus d’inondations ou de sécheresses. Les scientifiques belges qui pensent qu’il y a une “augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations” se trompent donc en grande partie : c’est vrai pour les canicules, mais c’est faux pour les sécheresses et les inondations. Et c’est également faux pour la grêle, les orages, les vents excessifs, les tempêtes tropicales au niveau global et les tempêtes extratropicales. Nous pouvons parier que ces 3400 scientifiques belges n’ont tout simplement pas lu le rapport scientifique du GIEC. Méfiez-vous des scientifiques qui signent des pétitions!
Comme d’habitude, le résumé pour décideurs (SPM) exagère et passe sous silence toute une série d’incertitudes.
Finalement, en dehors du GIEC, d’autres rapports analysent les évènements climatiques extrêmes. Par exemple la publication de Kelly (2016) qui nous montre que le climat était plus extrême dans la première moitié du 20e Siècle. Les rapports annuels des compagnies d’assurances qui doivent dédommager les sinistrés vous le démontrent également. Par exemple, la compagnie AON, dans son “Annual Global Climate and Catastrophe Report” nous suggère qu’il n’y a pas plus de cyclones tropicaux, toutes catégories confondues. Voir ici. Finalement, vous pouvez également consulter la “International Disaster Database” qui nous montre que le nombre de morts causés par le climat (inondations, sécheresses, tempêtes, feux, températures extrêmes) ne fait que chuter depuis 1920 (voir ici).
[1] Hartmann, D.L., A.M.G. Klein Tank, M. Rusticucci, L.V. Alexander, S. Brönnimann, Y. Charabi, F.J. Dentener, E.J. Dlugokencky, D.R. Easterling, A. Kaplan, B.J. Soden, P.W. Thorne, M. Wild and P.M. Zhai, 2013: Observations: Atmosphere and Surface. In: Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Stocker, T.F., D. Qin, G.-K. Plattner, M. Tignor, S.K. Allen, J. Boschung, A. Nauels, Y. Xia, V. Bex and P.M. Midgley (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ou lise dans les médias que le climat est « déréglé » et qu’il y a de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes. Et de nombreux scientifiques semblent penser la même chose. Par exemple, une pétition publiée fin janvier 2019 et signée par 3400 scientifiques belges, déclare au point 3 : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations. » Aucune référence n’est malheureusement donnée par les signataires de la pétition… Ces phénomènes climatiques sont-ils exagérés? Consultons donc le dernier rapport du GIEC, l’AR5 publié en 2013, et particulièrement le chapitre 2 qui traite des évènements climatiques extrêmes (depuis 2013, le GIEC n’a plus rien publié d’aussi complet sur le sujet). Préparez-vous à être surpris! Continuer la lecture de Exagérations climatiques extrêmes→