La catastrophe planétaire annoncée, pour quand exactement ?

par Ludwik Budyn, Licencié en Sciences Chimiques, ULB

Combien de temps nous reste-t-il, 12 ans [1]?, 8ans [2]? Beaucoup moins [3]?
On ne le sait pas car les experts ne sont pas unanimes.

Ce que l’on connaît parfaitement, par contre, c’est la cause de la catastrophe finale. La fin du monde résultera de la révolte de notre Mère, la Terre. Lassée de notre comportement irresponsable elle provoquera des catastrophes qui balayeront l’humanité de la surface de la planète.

Comment le savons-nous ?

C’est ce que nous annoncent les autorités compétentes !

Ainsi, en 2019, le secrétaire général de l’ONU affirme :
« Climate disruption is happening now… It is progressing even faster than the world’s top scientists have predicted… Every week brings new climate-related devastation. Floods. Drought. Heatwaves. Wildfires. Superstorms [4] ».
D’où proviennent ces constatations catastrophistes ? Pas des travaux des « meilleurs scientifiques du monde » puisque, comme il l’affirme lui-même, « ils ne l’ont pas prédit ». Mystère donc.

La même année, le Pape confirme sobrement :
« The increase in the intensity and frequency of extreme weather phenomena and the desertification of the soil are causing immense hardship [5] ».
Ce qui, comme on le verra plus loin, est, ironiquement, démenti par les données d’une université catholique qui semble être mieux connectée avec le « Big Boss » que son représentant sur terre.

Enfin, l’année dernière, un communiqué de l’ONU commentant un rapport [6] de l’UNDRR,[7] titre triomphalement :
« Le changement climatique, moteur du doublement des catastrophes naturelles au cours des 20 dernières années [8] ».
Ce même communiqué nous informe de :
« La progression des catastrophes naturelles… [en] forte hausse par rapport aux vingt dernières années… ces inondations – qui ont doublé… [et d’]une augmentation importante dans d’autres catégories de phénomènes, dont les sécheresses, les incendies de forêt et les températures extrêmes »,
et l’auteur du rapport conclut :
« Si ce niveau de croissance des phénomènes météorologiques extrêmes se poursuit au cours des vingt prochaines années, l’avenir de l’humanité s’annonce très sombre ».

« Doublement… progression… croissance… », cette fois cela semble sérieux car ces déclarations émanent de scientifiques. Qui, sans aucun doute, doivent se baser sur des données solides et vérifiables.

Or ces données proviennent du CRED (Center for Research on the Epidemiology of Disasters [9]), une unité de recherche de l’Université Catholique de Louvain. Il fait partie de l’École de Santé Publique située à Bruxelles, en Belgique.
Il collabore à des études internationales portant sur les conséquences humanitaires et sanitaires des catastrophes naturelles. A cet effet, il gère une base de données [10] qui recense les désastres naturels survenant sur toute la planète.
Ses résultats sont repris, entre autres, par une publication en ligne de l’Université d’Oxford [11].

Et ils indiquent que depuis 21 ans, et contrairement aux mantras répétés par les croyants :

  • le nombre de désastres naturels diminue de manière régulière :

 • le nombre de morts reste bas et stable, hormis les tremblements de terre (Geophysical) qui ne semblent pas liés au climat :

 • le nombre de personnes affectées dont font partie les fameux « réfugiés climatiques » ne présente aucun accroissement, bien au contraire :

 • le montant des dommages économiques, proportionnels au nombre et à l’intensité des désastres, ne montre aucune hausse significative :

Ces tendances sont d’ailleurs confirmées par le rapport lui-même. Le graphique ci-dessous, qui en est tiré, montre bien la lente décroissance du nombre de désastres naturels pour la période 2000-2019 [12]:

Enfin, comme il est toujours utile de confirmer des résultats en se basant sur différentes sources, on consultera le dernier rapport [13] de l’assureur britannique AON, acteur multinational dans les domaines de la gestion des risques et de réassurance. Et, bien que ses critères de sélection des désastres différent un peu de ceux du CRED, il révèle également l’absence de toute évolution significative depuis 21 ans :

Finalement, tenant compte qu’entre 2000 et 2020 :

  • la population mondiale est passée de 6,1 à 7,8 milliards d’individus, soit une hausse de 28% ;
  • le nombre et le coût des infrastructures réalisées ont progressé proportionnellement ;
  • le progrès a généré de nouvelles cibles potentielles, telles les fermes d’ordinateurs ;
  • l’urbanisation a induit une exposition croissante aux risques ;

On peut probablement affirmer sans peur de se tromper que le nombre de morts, de personnes affectées ainsi que le montant des dommages économiques résultant des désastres naturels ont tous, en valeur relative, diminué ou sont restés stables au cours de ces années.

Toutes ces données sont connues et faciles à trouver pour celui qui s’en donne la peine.

C’est là l’actualité des faits que l’on constate aujourd’hui.

Réalité que la plupart des décideurs et média « oublient » de rapporter pour se contenter de produire des prévisions catastrophistes qui, à nouveau, sont systématiquement démenties par la réalité des années écoulées.

Mais, outre les évidentes raisons d’intérêt et de pouvoir, comment expliquer cette discordance entre la réalité et le discours censé la décrire ?  

Est-ce, comme le croit le psychologue américain Steven Pinker, parce que :
« On juge sérieux et responsables ceux qui répandent la peur à travers de terrifiantes prophéties, tandis que ceux qui expriment des points de vue plus mesurés sont considérés comme complaisants et naïfs [14]» ?

Ou, plus prosaïquement, comme le résume de façon lapidaire le philosophe français Michel Onfray  :  
« Il y a des gens qui croient ce qu’ils voient, et puis d’autres, qui voient ce qu’ils croient [15] ».

NOTES


[1] « Le monde va se terminer dans 12 ans » déclare, en 2019, Alexandria Ocasio-Cortez, représentante démocrate de N.Y. https://www.washingtonpost.com/opinions/2019/01/24/ocasio-cortez-says-world-will-end-years-she-is-absolutely-right/

[2] « Seulement 96 mois pour sauver le monde » dit le prince Charles en 2011 : https://www.independent.co.uk/climate-change/news/just-96-months-to-save-world-says-prince-charles-1738049.html

[3]  « « Nous avons 500 jours pour éviter une catastrophe climatique », affirme, en 2014, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères :
https://www.youtube.com/watch?v=sLvMXtGkLAc

[4] https://www.un.org/sg/en/content/sg/statement/2019-06-30/secretary-generals-remarks-climate-summit-preparatory-meeting

[5] http://www.vatican.va/content/francesco/en/messages/pont-messages/2019/documents/papa-francesco_20190901_messaggio-giornata-cura-creato.html?fbclid=IwAR3ddHi6HC2hUn7uyYGujttsJgljmzACEeKSa06RiRJMdiR39mS-hFaMz1c

[6] https://www.undrr.org/sites/default/files/inline-files/Human%20Cost%20of%20Disasters%202000-2019%20FINAL.pdf

[7] United Nations Office for Disaster Risk Reduction : https://www.undrr.org/

[8] https://news.un.org/fr/story/2020/10/1079642    

[9] https://www.cred.be/  

[10] https://public.emdat.be/

[11]https://ourworldindata.org/natural-disasters

[12] Étrangement, nous n’avons pas droit à un graphique identique pour la décennie précédente alors qu’il montre un accroissement annuel du nombre des désastres naturels ! Mais, en réalité, cet accroissement coïncide avec une augmentation progressive du nombre de pays déclarants de tels désastres. Si on adopte le principe de parcimonie qui privilégie l’explication la plus économe et demande donc ne pas introduire de nouvelles hypothèses tant que celles déjà énoncées suffisent ; et si on postule que le nombre des désastres varie peu annuellement et est simplement proportionnel au territoire considéré ; alors, si davantage de pays en déclarent, davantage de désastres seront enregistrés. Et c’est exactement ce que l’on observe pendant la première période 1980-1999. Ensuite, dans la deuxième période, 2000-2019, la stabilisation du nombre de pays déclarants coïncide avec une stabilisation du nombre de désastres enregistrés, ce qui apparaît confirmer le postulat de départ.
Par contre, comparer les chiffres absolus de ces deux périodes, tels quels, alors qu’ils reposent sur des nombres de pays déclarants différents, et y déceler un « doublement » paraît beaucoup moins raisonnable.
Conscients du caractère peu convaincant d’une telle comparaison, les auteurs du rapport essayent de se préserver de tout reproche grâce à une petite phrase sibylline : « While better recording and reporting may partly explain some of the increase in events… ». « Partly » ? « Mostly » serait plus approprié !

[13] http://thoughtleadership.aon.com/Documents/20210125-if-annual-cat-report.pdf

[14]« Le triomphe des Lumières, pourquoi il faut défendre la raison, la science et l’humanisme », Les Arènes, 2018, Paris.

[15] https://www.youtube.com/watch?v=aEWOfWCIWno     

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