Le non-sens d’une transition énergétique « bas carbone » en France

  par Prof. (emer.) Dr. Ir. Henri A. Masson (Université d’Anvers, Belgique)

Une petite démonstration par l’absurde, en se basant sur :

  • Les hypothèses retenues par le GIEC;
  • Les données les plus récentes de la littérature scientifique (« peer reviewed ») sur la sensibilité climatique (estimation de l’augmentation de température qui résulterait d’un doublement de la concentration en CO2 dans l’atmosphère);
  • Les données officielles sur les émissions de CO2 anthropiques de divers pays (Banque Mondiale via Wikipedia);
  • Les rapports sur la transition énergétique de la Cour des Comptes et de la Commission sénatoriale ad-hoc;
  • Les données les plus récentes sur les investissements en énergies alternatives (Forbes).

1. Si l’on adopte les hypothèses et données du GIEC, la contribution anthropique au soi-disant réchauffement climatique est telle que lorsque la concentration en CO2 de l’atmosphère aura doublé (et d’après le GIEC c’est uniquement la contribution anthropique qui cause cette accumulation supplémentaire de CO2 dans l’atmosphère), la température moyenne globale aura augmenté de l’ordre de 1°C (Figure 1), ce qui prendra quelques siècles. En fait, ce pourrait être n’importe quel chiffre entre 0.5 à 5°C, car les modèles divergent ; considérons donc les ordres de grandeur pour ne pas entrer dans un débat sans fin.

Figure 1 – Estimation de la sensibilité climatique en fonction du temps. La sensibilité climatique est l’augmentation de température résultant d’un doublement de la concentration atmosphérique en CO2. Une courbe correspond à la valeur atteinte deux ans après l’émission, l’autre à la valeur d’équilibre après un temp infini. La dispersion des résultats est énorme, mais la tendance est à la baisse au fil du temps. Retenons une valeur de l’ordre de 1°C pour la suite des calculs, sachant que certains objecteront que la valeur réelle est en fait 10 fois supérieure.  
 

2. Comme la France est responsable de 0.93% des émissions anthropiques de CO2, elle peut au mieux réduire cette augmentation de température de 1 centième de degré [~1% de 1°C), et cela, en appliquant dès aujourd’hui un plan de transition énergétique « zéro carbone », qui serait instantanément efficace à 100% (ce qui est parfaitement utopique, bien sûr, mais cela définit une borne supérieure d’impact possible sur le climat). 

3. Si par contre, on rejette cette hypothèse, et que l’on admet, comme justifié en appendice à cette note, que l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 résulte du déséquilibre entre les flux totaux de CO2 entrant et sortant dans l’atmosphère, dont la contribution anthropique représente 3%, le résultat obtenu par une politique zéro carbone serait alors de 0.93 % de 3% soit environ de trois dixième de millier de degré centigrade, et cela  au bout de quelques siècles d’efforts, de sacrifices et d’insécurité énergétique (risque de black-out), le photovoltaïque et l’éolien étant des sources d’énergie intermittentes et surtout imprévisibles.

4. Par ailleurs, le prix de l’électricité augmente énormément en fonction du pourcentage d’énergies intermittentes dans le mix énergétique (Figure 2), et les pays les plus avancés en ce domaine ont réduit drastiquement les subsides à ce type d’énergie, quand ils ne les ont pas tout simplement supprimés.

Figure 2- Evolution en fonction du temps du coût (au détail) de l’électricité dans
divers pays européens.

Il semblerait aussi que 20% d’énergie intermittente dans le mix énergétique soit une barrière technico-économique, au-delà de laquelle, les frais de stabilisation et de renforcement des réseaux de distribution électrique, la perte de compétitivité des (petites et moyennes) entreprises et l’explosion de la précarité énergétique rendent l’option « intermittente » ingérable (Ce serait la raison essentielle pour laquelle Merkel se serait opposée, en son temps, à un renforcement des objectifs concernant le taux de renouvelables dans le mix énergétique EU)

5. Par ailleurs, les investisseurs « verts » deviennent frileux en Europe et aux USA; on remarque que les investissements y ralentissent considérablement, et cela d’autant plus dans les pays où le taux de pénétration des énergies intermittentes augmente (ce qui quasi automatiquement réduit, voire supprime, les subsides octroyés par les pays concernés, car la situation devient intenable). En fait ces « escrolos », Al Gore en tête, font la chasse aux subsides et essayent de créer une bulle « cap & trade » sur les certificats verts ; et lorsque les subsides disparaissent, ils investissent ailleurs, et ceci d’autant plus que chez nous, en moyenne, un projet sur deux est refusé, et la durée d’instruction d’un dossier pour la création d’un « parc » (encore une étiquette trompeuse) éolien, multiples recours compris, prend une dizaine d’années.

Dans la foulée, il faut remarquer que les stratèges des énergies intermittentes orientent désormais leurs efforts de marketing vers les pays en voie de développement (et commencent même à y délocaliser leur production). Le niveau d’investissement en énergies intermittentes y stagne pour l’instant, mais ils espèrent récupérer l’argent de la coopération internationale et les retombées de l’accord de Paris, actualisé au fil des COPs qui se sont succédées annuellement depuis. En effet, les pays en voie de développement n’ayant pas encore par eux-mêmes atteint la capacité industrielle requise, leur transition énergétique ne peut se faire que sur base de technologies importées (mais pour cela il faudrait que les pays industrialisés tiennent leurs promesses de participation au « fonds vert »). Au niveau macro-économique, cette dépendance accrue à l’importation risque de créer indirectement une flambée d’inflation dans les pays « bénéficiaires ».

En filigrane, on peut constater que les chinois sont les plus malins : ils exportent (les composantes et matériaux) des installations d’énergie intermittente, font un peu de « window dressing » chez eux (pour des raisons de marketing), mais investissent massivement dans le charbon et le nucléaire. Ainsi, ils produisent de l’énergie électrique bon marché (indispensable pour leur croissance économique et alimenter leurs industries exportatrices) et pénalisent leurs concurrents des pays « développés », pour lesquels, le prix de l’électricité flambe, suite à leurs mesures parfaitement inefficaces de transition énergétique vers une politique zéro carbone (et cela partiellement grâce à des matériaux et des composantes « stratégiques» importés de Chine). Les chinois s’apprêtent même à vendre de l’électricité bon marché, mais carbonée et nucléarisée, à l’Europe, en installant un impressionnant réseau de transport d’électricité le long d’une des traditionnelles routes de la soie, en attendant que les réseaux de transport et distribution d’électricité deviennent complètement ingérables s’ils restent autonomes au niveau européen.

Plus de détails sur

https://www.dropbox.com/scl/fi/2jomeg6r4hskvetvmunpa/Une-France-zero-carbone_impact-sur-le-climat_rel-01.02.pptx?rlkey=e6qzdp19zw85agt5uxps1etau&dl=0

Annexe quantitative

Figure A1 –Bilans matières associés au cycle de carbone.

Ces chiffres sont de grossières approximations, et sont régulièrement remis en cause ; mais, pour les besoins d’une démonstration par l’absurde, dont les résultats sont interprétés en termes d’ordre de grandeur, conservons-les. Cela évite également de s’engager dans des querelles de « clochers scientifiques » dont les protagonistes contestent l’exactitude de l’un ou l’autre chiffre.

De la lecture de cette figure (tirée d’un rapport d’avancement du GIEC), exprimée en tonnes de carbone, pas de CO2 (les chiffres pour le CO2 s’obtiennent en multipliant ceux pour le carbone par le rapport des masses molaires :  44/12), on déduit :

  • L’atmosphère contient                                                750 GT de carbone
  • Le flux total de carbone entrant est de                         217 GT C/an
  • Dont Le flux anthropique qui est de                              6 à 9 GT C/an
  • Soit environ 7/217 =                                                                 3.2 %
  • Le flux total sortant absorbé par l’océan est de                92 GT C/an
  • Dont sont renvoyés dans l’atmosphère                            90 GT C/an
  • Soit une accumulation annuelle de                                    2 GT C/an
  • Le flux total sortant absorbé par la biosphère est de     123 GT C/an
  • Dont sont renvoyés dans l’atmosphère                         120 GT C/an
  • Soit une accumulation de                                                 3 GT C /an

Examinons ces chiffres de plus près.

Le flux total sortant de l’atmosphère (vers l’océan et la biosphère) est, dans les conditions climatiques actuelles, de                                                                            215 GT C /an

Le flux entrant total étant de 217 GT C/an, l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère correspond donc à                                                                                 2 GT C/an

Dans les conditions climatiques actuelles, la biosphère et les océans, sièges de réactions biochimiques équilibrées, accumulent donc respectivement 2 et 3 GT C/an, soit au total

  5 GT C/an

Remarquons au passage que ces chiffres sont comparables aux erreurs de mesure affectant les flux considérés, et le sont également à l’ordre de grandeur du flux des émissions anthropiques. Ce qui a fait fantasmer, à tort, le GIEC et ses suppôts. 

Le GIEC clame, à tort, que 40 % des émissions anthropiques s’accumulent dans l’atmosphère, le solde étant assimilé par les océans et la biosphère ; tandis que les flux naturels restent parfaitement constants et sont aussi parfaitement équilibrés (ce qui impliquerait, contrairement à ce qu’indiquent les nombreuses données paléoclimatiques disponibles, que la concentration atmosphérique en CO2 n’aurait jamais changé, un système à l’équilibre gardant ses variables constantes). Ces 40℅ ne sont donc en fait rien d’autre que le rapport de la différence entre flux globaux entrants et sortants de l’atmosphère sur le flux anthropique (2 à 4 sur 7 à 9, soit approximativement 3/8 = 0.375 = ~ 40%). Mais ce chiffre est basé sur l’hypothèse que l’augmentation du CO2 anthropique est la seule cause de l’augmentation de concentration atmosphérique en CO2, ce qui n’est en fait qu’une coïncidence d’ordre de grandeur, car cette hypothèse viole le Principe d’indiscernabilité comme indiqué plus haut. Cette hypothèse suppose également que les flux naturels de CO2 (dont la photosynthèse) restent figés, tandis que la température subit des fluctuations naturelles cycliques. Une « Chicken and Egg Situation, » ou, exprimé en termes plus choisis, l’existence d’une boucle de rétroaction rend le système non linéaire et donc non additif. Encore une raison purement mathématique de ne pas séparer le flux anthropique des flux naturels.

La figure suivante illustre la relation non linéaire entre la température (de surface des océans) et la concentration atmosphérique en CO2, traduisant les retours à l’équilibre au niveau de l’interface océan-atmosphère, équilibre obéissant aux lois (bien établies en chimie physique) de Henry et van t’Hoff, et l’effet de la température sur la cinétique de la réaction biochimique de photosynthèse du plancton. Comme toute loi d’équilibre, elle sous-entend une relation causale bidirectionnelle (la situation « chicken and egg ») entre les variables impliquées, à savoir dans le cas présent le CO2 et la température.

Figure A2 –Relation non linéaire existant localement entre le CO2 atmosphérique et la température des eaux de surface (SST). Cette figure illustre le caractère non linéaire de cette relation, caractère résultant de la combinaison des équilibres physico-chimiques de Henry et van t’Hoff et de la dépendance vis-à-vis de la température de la cinétique de photosynthèse du plancton Comme pour toute relation d’équilibre, le lien de causalité est bidirectionnel, créant une situation « chicken and egg ».

Par définition le temps de séjour moyen est égal à la masse des substances contenues dans l’enceinte considérée divisée par le flux massique total sortant   750 / 215 soit                           3.5 années

Ici les climatologues du GIEC se concentrent uniquement sur le CO2, voire le CO2 anthropique, alors qu’en toute logique, il faudrait considérer la masse totale de l’atmosphère et tous les flux entrants et sortant (non seulement le CO2 total, mais aussi l’oxygène, l’azote, la vapeur d’eau et d’autres substances à l’état de traces). 

La distribution des temps de séjour autour du temps de séjour moyen suit une exponentielle décroissante pour un mélangeur parfait. L’atmosphère présente une queue de distribution « plus épaisse » (a « fat tail ») qu’une exponentielle, traduisant des échanges de matière lents avec un ou plusieurs réservoirs de capacité importante (aussi appelées zones mortes). On peut se faire une idée des distributions de temps de séjour du CO2 dans l’atmosphère en examinant les retombées des essais nucléaires atmosphériques.

Figure A3 –Retombées de carbone radioactif résultant d’essais nucléaires atmosphériques.

 Source : https://www.ojp.gov/pdffiles1/nij/grants/227839.pdf

Il convient de remarquer que cette courbe empirique, illustrant clairement l’effet de « queue épaisse » représente en fait l’enveloppe de toute une salve d’essais, répartis au long de plusieurs années, avec des bombes de différentes puissances. Une déconvolution s’impose pour trouve le temps de séjour exact du carbone radioactif envoyé dans l’atmosphère par un essai donné. Ce qui explique que le temps de séjour apparent qu’on pourrait erronément déduire de cette courbe est plus long (environ 17 ans) que celui de 3.5 années obtenu par examen des bilans matières du cycle de carbone.
Figure A4 – Représentation semi-logarithmique de la courbe empirique de retombées radioactives résultant d’essais nucléaires atmosphériques. Cette figure permet d’apprécier la caractéristique « queue épaisse » de la distribution des temps de séjour dans l’atmosphère.

On peut aussi se demander en combien de temps la quantité de CO2 accumulée dans l’atmosphère doublerait, au rythme actuel d’une accumulation de 2 GT C /an , en sachant que l’atmosphère contient 750 GT de carbone       750/2 =                                                                            375 ans.

Ce petit calcul a son importance car il est lié au concept de sensibilité climatique abordé dans le cœur de cette note (figure 1). On en déduit trois conséquences dérangeantes pour les décideurs politiques embarqués dans une politique zéro carbone :

1. Au rythme actuel des émissions anthropiques, il faudra presque 4 siècles pour voir la température globale moyenne (un concept qui n’a pas de sens thermodynamique soit dit en passant, mais bon c’est l’indicateur utilisé par le GIEC et nous effectuons une démonstration par l’absurde) augmenter de 1°C, selon les modèles du GIEC

Il n’y a pas vraiment d’urgence climatique.

2. Les émissions anthropiques représentant environ 3.5 % du total des émissions, elles seraient responsables, dans environ 4 siècles d’une augmentation, de température moyenne globale de

+0.035 °C

Les résultats de toute politique zéro carbone (utopiquement considérée comme parfaitement efficace) sur le climat seront parfaitement dérisoires

Et, dans ces conditions, leur coût devient rédhibitoire (on parle en trillions d’euros à l’échelle de la Planète).

3. Mais il y a mieux (ou pire ?) : Certains pays européens comme la France se veulent les chantres de la transition énergétique, pour donner l’exemple vertueux au reste du Monde, qui a cependant cessé depuis longtemps de prendre le modèle européen comme exemple. Or l’Europe représente environ 10 % des émissions anthropiques globales, tandis que la France représente environ 10% de ces 10%, soit 1% des émissions anthropiques globales, et ceci grâce à sa production historique d’électricité essentiellement nucléaire et hydroélectrique, ce qui en fait un excellent élève en termes d’empreinte carbone :

Figure A5 –Empreinte carbone de la génération d’électricité en fonction de la quantité d’énergie électrique générée, pour divers pays européens. Le contraste entre l’Allemagne (en brun) et la France (en bleu) est frappant. IL résulte à la fois du pourcentage d’énergies intermittentes introduit dans le mix énergétique et de la façon dont les intermittences des énergies alternatives sont compensées ; à partir de centrales au charbon et au lignite pour l’Allemagne ; à partir de nucléaire et d’hydroélectricité pour la France.

Et pourtant, la France, après avoir rejeté et finalement réintégré massivement l’énergie nucléaire comme priorité de son mix énergétique, s’est engagée et persiste toujours dans une politique de neutralité carbone, basée essentiellement sur l’éolien terrestre et off-shore et sur le photovoltaïque, une politique chiffrée à près de 150 milliards d’euros selon une estimation de la Cout des Comptes. Par conséquent :

Une politique de neutralité carbone, adoptée par la France, produirait, dans environ 4 siècles, et pour un coût estimé à 150 milliards d’euros, une réduction de la température moyenne globale, qui entretemps aura elle augmenté de 1 degré environ, de l’ordre de 1 % de 3.5 %, soit

                                  +0.00035 °C        (un tiers de millième de degré)

Vous avez dit gabegie ?

Cherchez l’erreur si vous croyez que je me trompe, en sachant que même une sous-estimation d’un facteur 1000 ne changerait rien aux conclusions que l’on peut tirer de ce petit exercice de calcul élémentaire.

Conclusion :

Ce petit exercice montre qu’il est indispensable de mesurer l’impact d’une politique de transition énergétique non pas en termes de réduction de l’empreinte carbone (un indicateur de moyens mis en œuvre, pas très fameux d’ailleurs : il vaudrait mieux utiliser des indicateurs de développement durable listés dans l’Agenda 2030 de l’ONU) mais en termes de réduction espérée de la température moyenne globale (l’indicateur de résultat utilisé par le GIEC, qui lui aussi n’est pas très approprié car il n’a pas de sens physique, et permet uniquement de justifier une approche globale du problème, ce qui donne une légitimité, des subsides et in fine du pouvoir à des fonctionnaires d’une agence onusienne non élus), à quel coût et à quel horizon temporel.

C’est la « question qui dérange » et qu’il convient donc de poser aux politiciens qui s’aventurent dans un débat public contradictoire ou dans un jeu de questions – réponses sur le sujet.

13 réflexions sur « Le non-sens d’une transition énergétique « bas carbone » en France »

  1. «  » » » » » » » » » » » » » » mesurer l’impact d’une politique de transition énergétique …………. en termes de réduction espérée de la température moyenne globale » » » » » » » » » » » » »Que voulez vous mesurer sur une réduction espérée ?????

    1. Sans doute ma formulation était quelque peu elliptique et pouvait prêter à confusion quant à la signification du mot « espérer ». Voici donc exactement ce que j’ai voulu dire et que j’ai développé dans cette note. D’après les chiffres validés par le GIEC, au rythme actuel des émissions de CO2 (estimées de façon très approximative, qu’elles soient naturelles ou anthropiques) il faudrait quelques siècles pour doubler la concentration atmosphérique en CO2. Ce qui selon le concept de ‘sensibilité climatique » inventé par le GIEC, se traduirait par une augmentation de température comprise entre 0.5 et 5°C, le chiffre le plus bas correspondant aux estimations les plus récentes ; prenons 1° C, et raisonnons en termes d’ordre de grandeur. La contribution anthropique au flux de CO2 total et de 5% et les émissions de la France représentent 1% de ces 5%, soit 0.5 pour mille, ou encore 0.05%. Par conséquent si, par un coup de baguette magique, on supprimait instantanément et totalement les émissions anthropiques de la France, et au bout de quelques siècles, on n’aurait plus une augmentation de température de 1°C, mais on n’aurait plus que (100%- 0.05 %) = 99.95 % de cette augmentation de température, soit un gain d’environ un demi millième de degré, pour un coût de 160 milliards d’euros, selon la Cour des Comptes. Mais la France a décidé de suivre cette voie « quoi qu’il en coûte » pour des raisons purement idéologiques. Voilà ce que l’on peut en fait réellement ESPERER, après quelques siècles d’efforts, de sacrifices et de privation, d’une politique zéro carbone, comme diminution (de l’augmentation) de température projetée à partir des modèles du GIEC. Il n’y a donc ni urgence ni moyen effectif de réduire cette augmentation de température que fait craindre l’approche du GIEC. Il s’agit en fait d’une démonstration par l’absurde, basée très simplement sur des opérations arithmétiques élémentaires appliquées aux chiffres que le GIEC utilise. Pour la Belgique les chiffres sont à diviser par 3 environ. Pour l’ensemble de l’Europe, il faut multiplier ces chiffres par 8 environ. Et le reste du Monde ne veut pas suivre..

  2. Bien qu’étant d’accord avec la plupart des calculs présentés, je ne comprends toujours pas comment une émission de CO2 d’origine anthropique, qui augmente à peu près régulièrement depuis 40 ans environ, est toujours absorbée par les compartiments océan + biosphère, pour une part restant de l’ordre de 40%. Ce phénomène montre en fait que tous les flux sont modifiés au cours du temps, comme l’a calculé et montré JC Maurin sur SCE. Il faut donc expliquer cette proportion de 40% est ou non sous le pilotage des rentrées anthropiques réelles de CO2. Tant que l’on n’expliquera pas que l’augmentation globale de CO2 atmosphérique ne résulte pas du CO2 anthropique, mais d’autres facteurs comme la température des océans par exemple, la théorie GIEC ne pourra pas être invalidée totalement. Si la température des océans augmente, surtout dans les zones intertropicales, cela est dû exclusivement à l’irradiation solaire. Il y a donc dégagement de CO2 depuis les surfaces océaniques. On ne peut donc expliquer le réchauffement climatique par le CO2, émis dans l’air atmosphérique puisque l’atmosphère ne peut pas chauffer l’océan à cause de sa faible capacité thermique. Nous sommes donc, en effet, dans une double erreur : la théorie de l’effet de serre du CO2, qui est fausse (voir les articles de Geuskens sur ce sujet), et la non-attention accordée à la loi de Henry, concernant les échanges de CO2 à l’interface air-eau. En réalité, le carbone de l’air ne gène personne et toutes les mesures politiques pour le réduire sont inutiles.

  3. Merci Prof. Masson pour ce ‘petit exercice de démonstration’ vraiment pas si absurde !

    Il m’interpelle sur quelques fondamentaux, dont ce « principe d’INDISCERNABILITÉ des identiques » entre molécules (nC , Cn)… au sens de leurs mêmes propriétés chimiques… allant bien au-delà de leurs différences isotopiques. Un fait déjà invoqué, me semble-t-il, durant d’autres débats SCE.

    Ici, j’avoue ma perplexité quant à la précision des mesures qui auraient permis à ( X et al ) de discerner finement les proportions isotopiques du (C) en CO2 de l’air… lorsque des prélèvements sur N échantillons furent effectués… en haute/basse atmosphère : combien et où ça ? A moins que des détections satellitaires… qui ne sont pas uniformément instantanées sur toute la surface du globe aient pu leur suffire ?
    Dirait-on alors que ceci échappe à toute influence d’intenses mouvements de circulations et de turbulences atmosphériques ? La Fig. A5 porte elle heureusement sur une superficie géographique (nationale) bien plus réduite.

    D’où ces affirmations péremptoires à propos de la durée de SÉJOUR du CO2 dans l’atmosphère (estimée à 100 ans?). Quel est vraiment le fondement de ces affirmations, me paraissant personnellement fort spéculatives ?

    D’où aussi l’intérêt d’user ici de simples ‘règles de trois’ afin de cerner (avec une bonne approximation) les ordres de grandeurs quantitatifs nets d’échanges CO2 de/vers l’atmosphère…

    Quant aux « énergies domestiques » : l’examen de v/figure 2 révèle bien la corrélation en DK (effets politiques des Groupes Vestas/ Siemens & Co, depuis des décennies) et leur prix final prohibitif de l’électricité !
    On peut tout autant s’interroger sur la hauteur des prix :
    1) en DE (merci à Mme Merckel 2011 & ses Grüner Fräulein/Jungen),
    2) avec une BE en mal d’EnRI off-shore (qui opta aveuglément pour une fermeture de ses centrales nucléaires) !
    En voyant là un des effets pervers de nos « règles de la concurrence UE » !?

    OUI, les chinois l’ont effectivement bien compris. Et le charbon indien/chinois reste promis à un bel avenir : Cfr. Le Monde de l’énergie :
    « L’Inde et le charbon : illustration des fantasmes occidentaux » (Publié le 18.01.2024 – Une tribune signée Jean-Jacques Nieuviaert, président de la Société d’Études et de Prospective Énergétique (SEPE)). Dont ici l’introduction et la conclusion sont :

    [[ Fin novembre 2023, un rapport du Global Energy Monitor indiquait qu’au total 21 pays avaient des centrales à charbon en cours de construction, particulièrement en Asie du Sud-Est pour un total de 32 GW de puissance en Inde, 15 GW en Indonésie, 6 GW au Bangladesh et 5 GW au Vietnam.
    Et pourtant, deux semaines plus tard, au grand soulagement des responsables politiques, le compromis final de la COP 28 (« The UAE Consensus »), accepté par 197 Etats, mentionnait un appel à se détourner des énergies fossiles (« calls on… transitioning away »), mais tout en se gardant bien de préciser le moindre calendrier. L’accord appelait aussi à supprimer progressivement les subventions inefficaces aux fossiles, mais seulement « si elles ne permettent pas de lutter contre la pauvreté énergétique ou d’assurer des transitions équitables ».
    Ces formulations ont donc été jugées fort peu ambitieuses par les activistes climatiques, mais aussi par l’UE, qui voulaient en particulier obtenir la mise au ban définitive du charbon en tant que source énergétique.
    (………)
    Il est facile et tentant pour des gouvernements et des populations à haut niveau de revenus, disposant de systèmes énergétiques déjà largement décarbonés, de vouloir donner des leçons de politique climatique à des pays ayant à gérer des populations de dix à vingt fois plus importantes que celles des donneurs de leçon.
    Tant que l’on en restera à ces fantasmes, au lieu de prendre en compte les réalités, le charbon continuera à assurer son rôle majeur dans l’approvisionnement énergétique mondial, avec les conséquences climatiques et de santé publique que l’on peut imaginer. ]]
    Source = https://www.lemondedelenergie.com/inde-charbon-illustration-fantasmes-occidentaux/2024/01/18/

    DONC, en un des multiples paradoxes des XXe et XXIe siècles : en l’espace de 4 à 5 décennies, et en dépit de fantastiques moyens technologiques dont disposent nos chercheurs actuels, il faut constater parmi la sphère desdits experts scientifiques une subordination aux « croyances irrationnelles » et une densité accrue « d’escrologistes » . OK, le politicien (et grand financier) Al Gore s’y est habilement fondu. Mais une fragilité mentale et/ou morale semble bien ravager une fraction pas si négligeable du corps de nos zélateurs déclarés « climatologistes occidentaux ». Chacun en connaît !

    Idéologies et rationalité s’opposeront-elles éternellement ?
    Fasse que le MIX européen futur tende enfin vers cette dernière…

  4. Pouvez-vous, s’il vous plaît, vérifier si votre graphique 1 se trouve sur le site Wikipedia à l’adresse indiquée ? Je ne l’ai pas trouvé sur https://en.wikipedia.org/wiki/Climate_sensitivity. Où avez-vous trouvé cette figure ? Si vous trouvez comme moi que cette figure n’est pas présente sur Wikipedia, ayez la honnêteté d’enlever ce graphique trompeur.

    Si vous aviez vraiment l’intention de donner une information de qualité (j’en doute un peu…), vous pourriez vous référer à une figure de l’article de Knutti et al. dans Nature Climate Change, 2017 : https://static-content.springer.com/esm/art%3A10.1038%2Fngeo3017/MediaObjects/41561_2017_BFngeo3017_MOESM1_ESM.pdf

    1. De ce que je comprends, c’est que le schéma vient de François Gervais et le lien wikipedia n’est là que pour expliquer plus précisément ce qu’est la sensibilité climatique.
      Je ne vois rien de trompeur.

    2. En réponse à Anton
      Tout d’abord, vous devriez savoir que les procès d’intention et les attaques ad hominem n’ont pas leur place ici. Ce sont des stratagèmes éculés qui n’émeuvent plus grand monde depuis qu’elles ont été « démontées par Schopenhauer il y a près de deux siècles (« L’art d’avoir toujours raison, même lorsqu’on a tort »). Cette remarque d’ordre éthique est applicable en particulier lorsque vous êtes confronté à une vérité qui semble vous déranger.

      Ensuite vous devriez apprendre à référencer et à interpréter correctement et objectivement ce que vous lisez. Je suppose que vous parlez de la figure 1 de mon article. Comme indiqué, la source est une présentation de François Gervais à une conférence internationale qui s’est tenue à Porto en 2018, conférence dont toutes les communications ont été « peer reviewed ». La référence à Wikipedia, précédée de la mention « voir aussi » n’est là que pour expliquer ou rappeler au lecteur peu familier avec cette notion, et cela de façon vulgarisée, ce qu’est une sensibilité climatique et en particulier ses deux versions, correspondant à la droite en trait plein et à celle en pointillé sur la figure 1. Par ailleurs, vous devriez savoir que Wikipedia est devenu au fil du temps, de l’aveu même de son créateur, une source oh combien biaisée, d’informations souvent non validées et contestées, une source que je n’utilise jamais dans un autre but que celui que je viens d’évoquer.

      Je vous fais remarquer au passage, que vous trouvez à droite de la figure incriminée, la longue liste de références bibliographiques consultées pour construire cette figure. Au cas où la « source de qualité » (sic) que vous semblez affectionner particulièrement n’y figurerait pas ; ce ne serait qu’un point de plus dans le nuage de points existants, et cela ne modifierait en aucun façon la tendance générale « à la baisse » de la sensibilité climatique au fil du temps, une tendance également reconnue, par ailleurs, dans les rapports successifs du GIEC.

      Enfin, comme indiqué explicitement dans mon texte, ainsi que dans la légende de la figure, vu l’incertitude sur les chiffres du bilan carbone, et sur les estimations de la sensibilité climatique (de 0.5 à 8°C si l’on prend en compte l’ensemble des estimations figurant sur la figure 1), je ne raisonne lucidement qu’en termes d’ordre de grandeur, en reconnaissant que le résultat de la petite règle de trois effectuée plus loin dans l’article, et qui est basée sur une sensibilité énergétique de 1°C (ce qui est une valeur assez représentative des estimations les plus récentes), est entaché d’une erreur potentielle d’un ordre de grandeur, ce qui ne changerait rien à mes conclusions.

      Enfin, pour terminer par un conseil pratique, lorsque vous cherchez la source mère d’une image ou d’un graphique, je vous conseille d’utiliser « Google Images », qui assez souvent permet de remonter à la source originale. Dans le cas présent, outre les « proceedings » de la conférence de Porto déjà citée » et plusieurs références qui y sont faites, avec un peu de persévérance et de perspicacité, vous trouverez comme autre source mère : Gervais, F., Anthropogenic CO2 warming challenged by 60-year cycle. Earth-science Review 155, 129-135 (article « peer reviewed » également).

      Afin de m’éviter d’avoir à répondre à d’autres commentaires désobligeants dans la même veine que ceux que vous avez formulés, j’ajouterai cette référence à la légende de la figure. J’espère apaiser ainsi les esprits chagrins qui trouveraient qu’une référence aux « proceedings » d’une conférence internationale est une source d’information moins digne de foi qu’un article de Wikipedia. »

      Encore une belle illustration de la « Bullshit Law » de Brandolini: « the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than that needed to produce it. »

      1. Encore une fois – montrez-moi où sur Wikipedia il y a une figure qui ressemble même de loin à celle de Gervais. Il n’y en a pas.

        Regardez donc l’étude de Knutti et al. à laquelle j’ai fait référence, plus récente que l’oeuvre magistrale de Gervais : aucune tendance des estimations d’ECS n’est visible. Gervais a fait un choix très particulier des études (dont beaucoup ne sont que du BS, par exemple Harde et al.). C’est via son choix très particulier de ses sources qu’il donnait l’illusion de cette tendance.

        Ensuite, puisque vous aimez l’article de Gervais, je vous invite à prendre sa figure 2 (disponible ici pour ceux qui se trouveraient bloqués derrière le paywall : https://images.app.goo.gl/H4P9TAaT19NsPWCu9), et de l’actualiser jusqu’en 2023… vous voyez bien que son truc du cycle de 60 ans est complètement faux si on prend en compte les années récentes. Il a tenté une prédiction (waouh !!!! Un fit sinusoïdal avec une fréquence de 60 ans, surimposé sur une tendance linéaire ! Bravo le maître !), et il se trouve très clairement que la réalité a invalidé sa prédiction. Article bon pour la poubelle.

        1. « J’ai bien compris votre point de vue et je laisse au lecteur quelque peu attentif à nos échanges, le soin de juger de sa pertinence. J’ai bien compris aussi, qu’en pratiquant le stratagème de l’amalgame (en lançant une critique de l’approche harmonique « simpliste » suivie par Mr Gervais), vous persistez à pratiquer les stratagèmes dénoncés par Schopenhauer pour « avoir raison même lorsqu’on a tort », alors que je viens de vous expliquer que ce sont des techniques éculées qui n’impressionnent plus personne, et qui surtout n’ont pas leur place ici (deuxième avertissement) ».

          1. La question se pose pour SCE : faut-il laisser passer les commentaires des militants pour le climat, alors que leur place n’y est pas, ne serait-ce que du seul point de vue scientifique. Ceci étant, peut-être vaut-il mieux au contraire les laisser s’exprimer, à l’inverse de leurs méthodes totalitaires, ne serait-ce que pour les laisser déblatérer leurs messages absurdes… ?

          2. Votre question est effectivement pertinente, et merci de l’avoir posée. La politique des commentaires de SCE stipule le respect de certaines règles élémentaires
            https://www.science-climat-energie.be/politique-de-commentaires/

            SCE n’est pas un lieu de ‘débat’ de type Facebook, mais promeut les échanges constructifs. Certains ne veulent pas le comprendre, et ‘tentent’ d’aller au-delà du raisonnable, contre vents et marées. Alors faut-il se laisser entraîner ? Certainement pas, SCE a laissé ce ‘professionnel’ des commentaires (et parfois ‘d’autres professionnels du même acabit’) s’exprimer, ensuite comme vous le dites il faut arrêter au risque de déraper et d’être inondé de ‘messages absurdes’. Les lecteurs intéressés peuvent ensuite se faire leur propre opinion.

        2. Ca fait plus de 30 ans que le GIEC et que les réchauffistes se trompent sur les prédictions, mais vous persistez à les croire. Bravo la ScienceTM!
          Les observations et la réalité les ont rattrapés depuis bien longtemps.
          A un moment il faut aussi balayer devant sa porte.

        3. Anton, le cycle de 60 ans est connu depuis longtemps…

          Nicola Scafetta, « Empirical evidence for a celestial origin of the climate oscillations », Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics, vol. 72,‎ 15 mai 2010, p. 951–970 / http://www.fel.duke.edu/~scafetta/pdf/scafetta-JSTP2.pdf

          Ça n’est pas LE truc de Gervais.

          Votre prétention et arrogance dépassent votre niveau de connaissance.

          Ce qui ne vous empêche pas de prendre vos contradicteurs de très haut… Faites attention, plus dure sera la chute.

          Redescendez dans le monde de la réalité physique et factuelle.

          ////////////////////////////////

          Concernant d’autres oscillations, cycles climatiques

          — Oscillation de Madden-Julian >>>>>> « What is the MJO, and why do we care? | NOAA Climate.gov

          — Oscillation quasi biennale >>>>>> M. P. Baldwin, L. J. Gray, T. J. Dunkerton, K. Hamilton, P. H. Haynes, W. J. Randel, J. R. Holton, M. J. Alexander et I. Hirota, « The quasi-biennial oscillation », Reviews of Geophysics, vol. 39, no 2,‎ 2001, p. 179–229

          — Oscillation australe El Niño >>>>>> Chunzai Wang, « A review of ENSO theories », National Science Review, vol. 5, no 6,‎ 2018, p. 813–825

          >>>>>> et John T. Bruun, J. Icarus Allen et Timothy J. Smyth, « Heartbeat of the Southern Oscillation explains ENSO climatic resonances », Journal of Geophysical Research: Oceans, vol. 122, no 8,‎ 2017, p. 6746–6772

          — Oscillation décennale du Pacifique >>>>>> Matthew Newman, Michael A. Alexander, Toby R. Ault, Kim M. Cobb, Clara Deser, Emanuele Di Lorenzo, Nathan J. Mantua, Arthur J. Miller et Shoshiro Minobe, « The Pacific Decadal Oscillation, Revisited », Journal of Climate, vol. 29, no 12,‎ 2016, p. 4399–4427

          — Oscillation multidécennale du Pacifique >>>>>> « Interdecadal Pacific Oscillation», sur NIWA.

          — Oscillation atlantique multidécennale >>>>>> Antoon Kuijpers, Bo Holm Jacobsen, Marit-Solveig Seidenkrantz et Mads Faurschou Knudsen, « Tracking the Atlantic Multidecadal Oscillation through the last 8,000 years », Nature Communications, vol. 2,‎ 2011, p. 178.

          — Cycle de Hale, cycle de Gleissberg, cycle de Suess ou cycle de Vries >>>>>> https://pubs.usgs.gov/fs/fs-0095-00/fs-0095-00.pdf – United States Geological Survey – The Sun and Climate

          — Cycle Hallstadtzeit >>>>>> National Institutes of Health – The sunspot cycle no. 24 in relation to long term solar activity variation.

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