Archives de catégorie : Débat

L’Union européenne divisée par les politiques énergétiques 

Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Institut Thomas More ,
Président du pôle Énergie, Climat, Environnement

En adoptant la théorie du GIEC selon laquelle le réchauffement climatique est dû principalement aux émissions   de gaz à effet de serre provenant des activités humaines,  l’Union européenne est censée se priver des productions d’électricité thermiques, malgré les considérables progrès en matière de pollution. Elle considère, en effet, que pour limiter l’augmentation de la température de l’atmosphère à 1,5°C, il faut atteindre la neutralité carbone en 2050.

Même si l’UE ne s’est jamais opposée à l’électronucléaire, elle a souvent eu à son égard une position ambigüe. Finalement, elle a fini par lui accorder le label vert, mais a refusé que lui soient concédés les avantages dont bénéficie le renouvelable intermittent, en particulier, les aides d’États alors que ces dernières sont très (trop) généreusement distribuées au l’éolien  et au photovoltaïque. Pareille  discrimination est incohérente vu que l’électronucléaire est vert, sûr et bon marché, toutes les centrales européennes étant amorties, et que la prolongation de la durée de vie de nombre d’entre d’elles ne posent pas de problème technique.

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La politique électrique belge, incohérente et désordonnée! L’aberration de la sortie de l’électronucléaire

Jean-Pierre Schaeken Willemaers, Institut Thomas More ,
Président du pôle Énergie, Climat, Environnement
publié à Trends-tendances, le 20.12.2021

Ecolo et Groen ont toujours été très réticents à envisager la prolongation de la durée de vie du parc nucléaire belge, voire des quatre unités les plus récentes (très peu émettrices de gaz à effet de serre), alors que la production électrique de ces dernières est meilleur marché par kWh que celle de n’importe quelle autre forme de génération électrique équivalente. En particulier, la mise à niveau des réacteurs nucléaires est bien moins coûteuse que la construction de nouvelles centrales à gaz.

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Un consensus scientifique qui ne veut plus rien dire

par Prof. Dr. Jean N., Faculté des Sciences, Université Européenne.

En ce 5 novembre 2021, dans la foulée de la COP26, la RTBF publie sur son site web un article intitulé : « Cinq mythes sur le changement climatique« . Dans cet article, l’auteur cite quelques phrases tirées du dernier rapport du GIEC (l’AR6, août 2021) afin de fustiger les infidèles qui ne croiraient pas à l’origine anthropique du réchauffement climatique. L’auteur de l’article insiste ensuite lourdement sur le fameux consensus scientifique. Ne pas le suivre serait évidemment insensé. Mais est-ce vraiment le cas?

Ce genre d’article est très fréquent dans les médias d’aujourd’hui, et nous pourrions vous en présenter des dizaines. A chaque fois, c’est la même chose : aucune réflexion, aucune analyse et le journaliste se contente de répéter comme un perroquet les versets du GIEC en insistant sur le consensus scientifique. Le présent article vise à discuter le concept de consensus scientifique. Comme nous allons le voir, le concept de consensus concernant le climat est très mal présenté par les médias et n’a plus rien avoir avec le consensus scientifique des autres domaines de recherche.

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SCE-info : un prix Nobel pour des modèles mathématiques

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Nous venons d’apprendre que le prix Nobel de physique 2021 a été attribué ce mardi 5 octobre à deux experts de la modélisation du changement climatique, l’Américano-Japonais Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann, ainsi qu’au théoricien italien Giorgio Parisi.

Le prix récompense pour moitié Syukuro Manabe, 90 ans, et Klaus Hasselmann, 89 ans, « pour la modélisation physique du climat de la Terre et pour en avoir quantifié la variabilité et prédit de façon fiable le réchauffement climatique« , précise le jury. L’autre moitié revient à Giorgio Parisi, 73 ans, « pour la découverte de l’interaction du désordre et des fluctuations dans les systèmes physiques de l’échelle atomique à planétaire ».

SCE félicite les lauréats et en profite pour rappeler quelques évidences que la plupart des médias se garderont bien de mentionner.

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Le coût de la transition électrique: un sujet à sortir de l’ombre

par Ernest MUND
Directeur de recherches honoraire du FNRS,
Professeur extraordinaire émérite UCL.

Dans un document publié en 2012 et intitulé “Energy Roadmap 2050”, la Commission Européenne examine les conduites à adopter en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’UE, de 80-95% à l’horizon 2050 pour la défense du climat (voir [1]). A cet égard, le secteur énergétique est essentiel ; pour répondre à l’objectif, le secteur électrique qui en est une composante majeure, devrait être quasi dépourvu de ces sources d’émissions. Ceci implique un recours massif aux énergies renouvelables intermittentes (éolienne et panneaux solaires). Plusieurs scénarios sont avancés dont celui intitulé “High RES” qui vise à atteindre les 90-100% de renouvelables à l’horizon 2050. Cette proposition constitue une vraie révolution. Des changements de technologie ont toujours accompagné l’histoire de l’Homme : ils n’ont rien d’exceptionnel. Mais ils se font habituellement à l’échelle du siècle (voir [2]). 

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La transition électrique européenne, une chimère?

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More, Président, Pôle Energie, Climat, Environnement
paru dans Trends tendances (ici)

Commençons par rappeler que la théorie du réchauffement climatique dû, selon le GIEC, aux émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) d’origine anthropique, est  la base même de la politique énergétique européenne et, en particulier, de la transition  électrique.

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Le 20ème siècle a été anormalement chaud mais le 21ème siècle revient à la normale (1/2)

par J. Van Vliet, article d’opinion
Master in Engineering and Master in Sciences
Retired

Introduction

Suite à la prise de conscience à la fin du 20ème siècle d’une hausse inhabituelle des températures terrestres, des chercheurs américains ont développé une théorie du réchauffement global basé sur l’effet de serre dû au CO2 [1], en soulignant la responsabilité possible de l’homme dans le réchauffement observé: la poursuite des émissions de CO2 conduirait à une éventuelle catastrophe planétaire. Ces  chercheurs ont présenté leur théorie au Congrès américain [2] et aux médias. Le monde politique international a réagi rapidement à cet alarmisme [3] en permettant à Assemblée Générale de l’ONU de décembre 1988 d’approuver la mise en place du GIEC [4]. 

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La relance de l’économie européenne est LA priorité, après la maîtrise du COVID 19

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More, Président, Pôle Energie, Climat, Environnement

La crise du Coronavirus a durement affecté l’économie européenne comme, d’ailleurs, celle du monde entier. Le 13 mars 2020, la Commission européenne a déclaré que, à la suite du Covid 19, l’économie de l’UE entrera très probablement en récession et que la reprise dépendra d’une réponse audacieuse de la part des Etats membres [1]. Continuer la lecture de La relance de l’économie européenne est LA priorité, après la maîtrise du COVID 19

Il faut prolonger la durée de vie des centrales nucléaires belges

par Samuel Furfari, Professeur à l’Université libre de Bruxelles
et Ernest  Mund,  Professeur  émérite  Université  Catholique et Louvain, Directeur de recherches  honoraire du FNRS

Les plus chauds partisans de l’énergie nucléaire sont convaincus que la technologie actuelle des réacteurs à eau légère sous pression (PWR) est loin d’être parfaite. Mais elle dispose d’énormes qualités qui rendent son utilisation indispensable. Au nombre de celles-ci, principalement une absence d’émission de CO2 [1] la sécurité d’approvisionnement au sens où la production d’électricité et de chaleur peut satisfaire la demande à tout instant, hormis bien sûr les périodes de maintenance des installations et les pannes éventuelles, et la rentabilité économique au sens où les importants investissements en capitaux peuvent être amortis en des temps beaucoup plus courts que la durée de vie fonctionnelle de ces installations, etc… Dernière qualité, moins évidente pour les non-initiés : la mise en œuvre de la technologie PWR peut revêtir des formes très variées dont certaines (les SMR, petits réacteurs modulaires) renforcent la sûreté déjà très élevée  du nucléaire actuel, considérée néanmoins comme insuffisante par les opposants.

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Réflexion sur la pétition des 11 000 ‘scientifiques’

par Prof. Dr. Paul Berth

La « pétition des 11 000 » a été publiée dans le journal BioScience le 5 novembre 2019. Dans un style ultra-alarmiste, Ripple et ses collaborateurs nous apprennent que le CO2 et les gaz à effet de serre (GES) sont à la base de tous nos problèmes. Rien de nouveau ici : rappelons que le même auteur a publié un article très semblable il y a deux ans, en novembre 2017, et ce dans la même revue (BioScience). Il avait cependant fait mieux il y a deux ans puisqu’il avait récolté 15 000 signatures. Au total, 4 000 scientifiques se sont donc désistés cette année… Avant de lire le présent article, commencez par l’analyse de 2017 (cliquez ici). Comme vous le verrez, les conclusions tirées peuvent être appliquées au nouvel article de 2019.

La solution proposée par Ripple et ses « suiveurs » est simple : il faut arrêter immédiatement d’extraire du pétrole, du gaz et du charbon et laisser tout cela dans le sous-sol. Comme charité bien ordonnée commence par soi-même vous pourrez déjà vérifier, en consultant la liste des pétitionnaires, que les 234 scientifiques belges signataires de la pétition vont travailler le matin à vélo et se chauffent aux éoliennes. Dans le présent article nous allons analyser le nouveau texte publié dans BioScience.

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Petit exercice de dialectique à propos du mot « précaution » et d’un « principe » subrepticement juxtaposé au précédent.

CARTE BLANCHE

Emmanuel SIMON, quelque part dans une UE qui tend à chavirer

Lorsque je ne sais pas ou que la clarté me manque, je raisonne.
Chacun connait bien le sens du principe moral, ceux principes de la thermodynamique, jusqu’à même (à l’observation) celui dit de Peter énoncé depuis les années ’70s.
De la sorte, devant les débats torrides qu’il nous est donné de lire ou d’entendre en application du « principe de précaution », je fus comme d’autres saisi d’un trouble. Pour tenter de lever ce dernier, il me fallait plonger vers quelques sources d’éclaircissement.

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Chère Greta

par Drieu Godefridi
PhD, Sorbonne.

« You have stolen my dreams and my childhood with your empty words.” Greta Thunberg, Nations Unies (ONU), 23 septembre 2019.

Chère Greta, la vérité est que ce monde qui est le nôtre, et que tu exècres, non seulement ne t’a rien “volé”, mais tu lui dois la vie.

Car, si nous sommes aujourd’hui 7.5 milliards d’êtres humains à la surface du globe et que le pourcentage de personnes qui souffrent de la faim n’a jamais été aussi faible, c’est à ce progrès technologique que tu voues aux gémonies, que nous le devons. Continuer la lecture de Chère Greta

Réponse à la pétition « Plus d’ambitions climatiques »

Chers Collègues scientifiques signataires de la pétition (ici),

Vous avez signé une pétition en tant qu’académique scientifique. Tous les signataires le sont-ils ? Avez-vous remarqué des signataires qui n’ont pas existé ou qui sont décédés ? Trofik Lysenkom, inconnu sur Google, par contre Trofim Lysenko a bien existé (1898-1976) et reste de triste mémoire dans le monde scientifique. Outre cet aspect cocasse, il y a plus grave : en tant que signataires vous cautionnez que la science est dite (‘the science is settled’) et si tel est bien le cas alors vous ignorez de très nombreuses publications scientifiques, émanant de scientifiques de ‘haut vol’ qui montrent que le doute est permis, qu’il doit rester la règle en science, et que la climatologie ne se résume pas aux énoncés simplistes de la pétition (qui ne mentionne aucunes références pour argumenter). Bien entendu vous avez peut-être lu des articles et vous vous êtes fait une opinion. Dans ce cas, vous avez exercé votre esprit critique et vous avez tout compris de la climatologie. Il n’y a donc plus de doute pour vous, et du fait de votre signature la science est effectivement dite. L’essentiel des politiques et médias, bien qu’ils n’aient pas une grande connaissance scientifique, pensent comme vous.

Dans cet article, qui se veut une ouverture au débat, nous allons donner notre point de vue aux questions qui ont suscité votre adhésion. Nous ne ferons pas de politique, notre site Science, Climat et Energie (SCE) ayant une vocation scientifique. Nous souhaitons cependant que ceux qui n’ont pas fait l’effort de lire la manière dont les publications sont validées par le GIEC aillent consulter le site du GIEC.

Vous l’aurez compris, la climatologie est une science jeune, fort complexe, et contrairement aux affirmations et ‘matraquages’ quotidiens, elle est loin d’être comprise.

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