Les Contradictions de la Politique Climatique du Québec

Contribution de Michelle Stirling, Communication Manager, Friends of Science Society, Summarizing a Report by Robert Lyman,
Ottawa energy policy consultant.

La situation actuelle (résumé)


Si le Québec était un pays, il aurait la septième plus faible production d’émission d’équivalent dioxyde de carbone (CO2e) de l’OCDE. Il produit 10,0 tonnes de CO2e par an, comparable au Danemark et à la Norvège, et légèrement en dessous de l’Ontario (12,4 tonnes de CO2e) mais seulement la moitié des États-Unis (21 tonnes de CO2e). L’une des principales raisons à cela est que le Québec dispose d’un approvisionnement abondant en hydroélectricité relativement bon marché, provenant du Québec et du Labrador.

En 2017, elle disposait de plus de 45 036 MW de capacité de production hydroélectrique installée, qui fournissait environ 96% de son électricité. Par conséquent, une part disproportionnée de l’approvisionnement en énergie primaire de la province provient de sources qui, au stade de la production, émettent très peu ou pas d’émissions de GES. Pourtant, le Québec a adopté des objectifs de réduction des émissions très exigeants. Ses émissions en 2017 étaient de 78,0 mégatonnes (Mt) de CO2e, selon les données publiées par Environnement et Changement climatique Canada (ECCC). Les objectifs de la province sont de réduire les émissions d’ici 2030 à 54 Mt et de réduire les émissions en 2050 à quelque part entre 4,3 Mt et 17 Mt, près de la décarbonisation complète. 

The spillway of the Robert-Bourassa dam (formerly La Grande-2) By P199 -Own work, CC BY 2.5

La situation future ?

L’économie québécoise génère donc de très faibles émissions de gaz à effet de serre (GES) comparées à celles de d’autres territoires. Le Québec a par contre adopté les mesures les plus contraignantes de toutes les provinces afin de réduire les émissions futures. 

Les Québécois et leur gouvernement ont exprimé beaucoup d’hostilité pour les carburants fossiles, et cela malgré que leur activité économique dépende largement du pétrole et du gaz naturel. 

Comme les émissions de GES québécoises sont relativement faibles, très peu d’options s’offrent aux Québécois afin de réduire leurs émissions futures. Les domaines où les coupures d’émissions devront être effectuées, sont cependant ceux où les réductions seront les plus difficiles et coûteuses. 

Le Québec a privilégié le système de plafonnement et d’échange (cap and trade) comme façon de négocier ses émissions de carbone. Mais ce faisant, il en a considérablement atténué l’efficacité en accordant des exemptions aux industries aux émissions les plus intenses. 

Le Québec a opté pour le plafonnement et l’échange en croyant choisir ainsi pour son industrie une option meilleur marché que le système fédéral de la taxe de carbone. Si cela a été parfois vrai depuis 2007, le Québec doit satisfaire maintenant à des exigences fédérales qui font que le plafonnement et l’échange pour lequel il a opté, donne le même résultat que les taxes de carbone fédérales. 

Le gouvernement québécois aime bien se présenter comme étant socialement « progressiste ». Par contre, de toutes les provinces, le Québec est certainement celle qui adopté l’attitude la plus régressive dans la redistribution des revenus du marché du carbone, et – aucun rabais pour les consommateurs.  

La réduction des émissions dans le transport routier des passagers est devenue cruciale si le Québec veut atteindre ses cibles de réduction d’ici 2030. La meilleure combinaison de mesures provinciales et fédérales à date que l’on puisse mettre en œuvre, ne produira cependant qu’une réduction de 5 Mt, bien en dessous de celle nécessaire pour atteindre les cibles. 

Les prévisions gouvernementales fédérales d’émissions industrielles de GES montrent une augmentation et non une décroissance pour 2030. Bien qu’au Québec les mesures provinciales mènent à des réductions d’émissions grâce à une meilleure efficacité, elles ne seront pas suffisantes pour atteindre les cibles. Des réductions industrielles plus importantes nécessiteraient des choix politiques que le Québec s’est montré à date très réticent à faire. 

Si la tendance se maintient, il est très peu probable que le Québec réduise suffisamment ses émissions pour atteindre ses cibles de 2030. Malgré cela, ses cibles pour 2050 sont encore plus illusoires.

Pour aller plus loin…

Le rapport en français

https://blog.friendsofscience.org/wp-content/uploads/2020/05/LES-CONTRADICTIONS-QU%C3%89BEC-Final-May-19-2020-.pdf

The English report:

https://blog.friendsofscience.org/wp-content/uploads/2020/04/CONTRADICTIONS-IN-QUEBEC-CLIMATE-POLICY-Final-1.pdf

La vidéo (version française):

The English video:

The Contradictions in Quebec Climate Policy 

Une réflexion au sujet de « Les Contradictions de la Politique Climatique du Québec »

  1. C’est un peu comme en France où la production d’électricité est très dé-carbonée et où l’on se dirige à marche forcée vers les énergies dites “renouvelables” qui nécessitent des centrales au gaz pour assurer la régulation et le remplacement (quand pas de vent ou de soleil) augmentant de ce fait les émissions (une centrale gaz émettant 40 fois plus qu’une centrale nucléaire)

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