La géologie, la température et le CO2

par Henri Masson, Professeur (émérite) à l’Université d’Antwerpen
et Alain Préat Professeur (émérite) à l’Université Libre de Bruxelles

1. Introduction

S’il est un problème récurrent et délicat en géologie ‘climatique’, c’est bien la relation température et teneur atmosphérique en CO2, il y règne un flou artistique effarant, tout et son contraire sont légion. A bien y regarder cela n’est pas si anormal tant les imprécisions sont la règle : imprécisions sur les âges géologiques des périodes ou intervalles étudiés, imprécisions sur la quantification de la ou des températures (globales et/ou régionales), du taux de CO2, et de leurs enchaînements dans la suite des processus naturels. Est-ce à dire qu’on est complètement démunis ? Heureusement non, comme le montrent par exemple les événements hyperthermiques (ici) et les Optimas Climatiques (ici et ici). Néanmoins on reste sur sa faim car une vision globale à l’échelle géologique manque. C’est la qualité première de l’article de J.W. Davis (2017) d’établir une vision complète des relations T/ CO2/∆RFCO2 (forcing CO2), depuis le début des temps phanérozoïques (soit 541 Ma suivant l‘échelle des temps géologiques, ici) jusqu’à aujourd’hui.

Annonçons d’emblée le résultat ou plutôt les deux résultats majeurs de cette étude :

1° premier résultat plutôt pressenti : il n’ y a aucune corrélation entre la température (estimée à partir de nombreux ‘proxies ‘ou indicateurs) et la concentration atmosphérique du CO2  au cours du Phanérozoïque, la concentration atmosphérique du COne pilote donc pas la température des climats anciens ;

2° deuxième résultat plutôt inattendu : limiter les émissions anthropiques de COn’est d’aucune utilité pour limiter le réchauffement actuel, mais serait essentiel pour préserver la biodiversité.

Il n’est pas possible de reprendre ici l’ensemble de l’article de Davis (35 pages) qui est fort documenté et très technique avec des données géologiques accompagnées de traitements statistiques complets et détaillés. La discussion porte sur de nombreux points y compris ceux concernant une extrapolation des données. Nous nous sommes donc limités à développer le premier point du résultat mentionné ci-dessus (à partir de l’article de Davis) et ensuite de le discuter en prenant d’autres articles. Le second point ou résultat (voir ci-dessus), n’est donc pas repris dans notre article, il sera à peine abordé dans la dernière partie.

Avant de présenter l’étude de Davis (2017), insistons sur le fait que le premier résultat mérite effectivement une discussion tant il va à l’encontre de ce qui est souvent rapporté dans la littérature géologique. En effet, dès qu’une augmentation ou ‘bouffée’ de COapparaît dans une série géologique, elle est présentée comme l’explication unique  de  tous les processus : température, acidification océanique, extinction d’organismes, etc. Ces pics de CO suivent portant le plus souvent une augmentation de la température, ce qui est généralement passé sous silence ou passe  tout simplement inaperçu, faute de résolution temporelle suffisante. L’événement hyperthermique PETM (ici) en est un  bon exemple : ce sont probablement les paramètres de forçage astronomique (les cycles  d’excentricité de Milankovitch) qui sont à l’origine de la forte augmentation de la température à la limite Paléocène/Eocène. L’augmentation de la concentration atmosphérique en CO vient après  (environ 3000 ans, Sluijs et al. 2007) sans que cela soit signalé. L’exacte cause de cet évènement reste encore à déterminer (ici). De même (pour ne citer qu’un deuxième exemple), il y a 240000 ans au Pléistocène, le CO2 suit l’augmentation de température avec un temps de retard de 800 ± 200 ans (Caillon et al., 2003).

Notons encore que presque toutes les études concernant la ou les températures au cours des temps géologiques (et pour une grande part aussi celles d’aujourd’hui) considèrent que ces températures sont des ‘températures globales moyennes’.  Or cette notion de ‘température globale moyenne’ est très critiquable, comme notamment montré ici, ici et ici.

2. Les ‘proxies’ ou indicateurs  

L’étude de Davis (2017) est basée sur de nombreux proxies  (Prokoph et al., 2008) dont surtout pour l’estimation de la température, les isotopes de l’oxygène (exprimés sous forme de  δ18O (Grossman 2012), à partir de 6680 analyses réparties dans les latitudes tropicales, tempérées et arctique selon des rapports respectifs ~20:6:1 et couvrant la période 522 à 0 Ma (millions d’années) bp (Veizer et al., 1999 ; Prokoph et al., 2008 ;  Gérard et Veizer, 2019). L’évolution des concentrations en CO est couverte par 831 analyses portant sur la période de 425 à 0 My(bp). Ces analyses sont  reprises indépendamment parmi plusieurs centaines d’auteurs (voir Royer, 2014,  pour les données et les proxies, à savoir principalement les valeurs du  δ13C de paléosols, de foraminifères planctoniques et de plantes non vasculaires, également les indices stomatiques, le bore et les (hydro)carbonates de sodium marins). Le forçage radiatif du CO2  (cf. l’auteur de l’article) qui varie avec la latitude et la couverture nuageuse est ‘modélisé’ à partir du logiciel MODTRAN, la référence usuelle pour estimer cet indicateur (ndt  ou ‘note des traducteurs’ : le concept de forçage radiatif n’est pas accepté par tous les scientifiques ; il postule l’existence d’un effet de serre atmosphérique, qui n’est rien d’autre qu’une pétition de principe, car dans l’état actuel des connaissances, l’effet de serre atmosphérique n’a pas encore pu être décelé expérimentalement, voir par exemple SCE).

Inutile de dire que l’auteur dispose ainsi d’une base de données impressionnante, fort complète, qui doit permettre de préciser la relation température et CO2 pour les climats anciens. Davis a basé son analyse sur le calcul des coefficients de corrélation, du spectre de puissance des fonctions d’autocorrélation et de corrélation croisée. L’utilisation de ces méthodes requiert de satisfaire de nombreuses hypothèses sous-jacentes, parmi lesquelles il convient de citer : l’existence d’une relation linéaire, indépendance des résidus de l’ajustement par rapport au temps, l’isoscédasticité des résidus, (écart-type constant en fonction du temps), une distribution normale et non auto-corrélée des résidus, la normalité asymptotique des estimateurs des coefficients de corrélation et des coefficients des droites de régression, et absence de points aberrants dans les données. 

Afin de s’affranchir de ces hypothèses, Davis a effectué des comparaisons avec une partie de ses données répondant plus strictement à ces hypothèses en utilisant en complément du coefficient de corrélation de Pearson (rapport de la covariance sur les écarts-types des deux distributions marginales, à savoir celles des indicateurs considérés)  celui de Spearman, qui lui est non-paramétrique, et donc indépendant des hypothèses mentionnées ci-dessus. Les résultats sont quasi équivalents, justifiant que l’auteur n’ait pas recouru à toute la série de tests nécessaires, et qu’il se soit affranchi de certaines hypothèses comme celle requérant une distribution uniforme des points le long de l’axe temporel, une condition que très clairement  ses données ne remplissent pas, les mesures très anciennes étant beaucoup plus rares et donc plus « essaimées » que les plus récentes. 

Pour tester la condition isoscédasticité sur l’ensemble des données de température et de CO2, les valeurs de coefficient de variation (écart type divisé par la moyenne) ont été moyennées sur un pas d’environ 2,5 Ma,( ndt : l’auteur utilise, en lieu et place de la variance, ou de sa racine carrée l’écart-type, le coefficient de variation parce qu’il fusionne des proxies de nature différente et ayant donc également des moyennes et des écarts-types qui peuvent varier dans l’absolu d’un échantillon à l’autre, selon les procédures de calibrage utilisées. L’emploi du coefficient de variation, qui est un rapport, pallie à cet inconvénient et permet donc des comparaisons de dispersion de résultats provenant d’échantillons différents.  Il s’agit d’une pratique courante en paléoclimatologie).

La droite de régression en fonction du temps a été tracée (Prokoph et al., 2008).  Le coefficient de corrélation de Pearson entre âge et coefficient de variation a été calculé. Ce coefficient de corrélation est très faible et non significatif statistiquement, démontrant que la dispersion des mesures n’a pas changé en fonction du temps. Il est ainsi montré  que les valeurs de δ18O des séries géologiques anciennes n’ont pas été affectées, ou très faiblement, par rapport aux séries récentes, par la diagenèse (altération post-sédimentaire du signal, isotopique ici) ou tout autre processus d’enfouissement (Pearson et Palmer 2000 ; Pearson et al. 2001). Les âges stratigraphiques sont connus à moins de 5%, et une erreur expérimentale  égale à 0,5% de l’âge moyen est appliqué à tous les échantillons. Pour le CO2  la résolution est moindre pour les séries anciennes, suite à un moins grand nombre de données. D’une manière générale la résolution est inférieure à 200 ppmv, mais parfois elle est moins bonne, sans que cela n’altère les résultats de l’étude. 

Finalement les proxies de température sont moyennés sur différents intervalles temporels  de 0,5 à 4 Ma. Les séries les mieux documentées permettent une résolution sur un intervalle de 59 Ka (Ka = milliers d’années). Les valeurs de δ18O sont aussi analysées sur base des moyennes mobiles, avec différentes fenêtres de 6 à 50 Ma et incréments de 3 à 10 Ma  (plus de détails dans Veizer et al. 1999). Le traitement des données de température a été effectué sur des données brutes et sur des données dont la composante linéaire a été soustraite (« linearly detrended »).  Ce detrending est souhaitable pour calculer les fonctions d’auto-corrélation, de corrélation croisée et du spectre de puissance, afin d’éviter des effets parasites (ndt : cette opération de « detrending »  revient à décomposer le signal brut en tendance linéaire, cycle non périodique et composantes périodiques + un résidu ; il s’agit d’une démarche courante en analyse de séries temporelles. La partie de l’étude de Davis effectuée sur les données filtrées linéairement concerne donc la somme des composantes cycliques (tendances non linéaires et non périodiques) et périodiques. Les données  de température filtrées sont plus fiables pour l’analyse de corrélation  car elles ne sont pas affectées par l’important refroidissement continu (8-9° C, Figure 1a)) du globe au cours du phanérozoïque, ce qui pourrait en principe dominer ou au moins influencer les coefficients de corrélation calculés.

Compte tenu de ces pas d’échantillonnage pour les indices de concentration de CO2 atmosphérique, les déductions tirées de l’analyse de corrélation entre la concentration de CO2 et de la température sont les plus fortes pour la partie la plus récente du Phanérozoïque (85 à 0 Ma), modérées pour la partie centrale de l’enregistrement (173 à 86 Ma), et faibles ou nulles pour le Phanérozoïque ancien (425 à 174 Ma), tout en restant non significatives statistiquement pour chacune des fenêtres temporelles considérées.

Le forçage radiatif  (FR) du CO2 (et d’autres gaz atmosphériques en traces) a été modélisé à partir du logiciel « freeware » MODTRAN (on trouvera également de nombreuses références dans l’article de Davis, 2017).

Pour évaluer la robustesse des résultats et des conclusions, plus d’une dizaine d’analyses exploratoires de données de corrélation entre la concentration de CO2 atmosphérique et la température au cours du Phanérozoïque ont été réalisées. Ces études pilotes ont utilisé les bases de données de proxies originaux de la température  (Veizer et al., 1999 ) et de la concentration de CO2 atmosphérique (Royer et  al., 2004). Elles comprenaient également des températures ajustées en fonction du pH de l’eau de mer par rapport à la concentration de CO2 atmosphérique au cours du Phanérozoïque, des températures projetées à l’aide du modèle de cycle du carbone GEOCARB-III par rapport à la concentration de CO2 (Royer et  al. 2004), et des enregistrements de températures brutes ou filtrées linéairement et calculées à partir des δ18O des anciennes bases de données (Royer et  al., 2004 ; Veizer et al., 2000 ;  Veizer et al., 1999) ;  une base de données actualisée, mais incluant les mesures plus anciennes,  (Royer 2014) des données relatives à  la concentration de CO2 atmosphérique a également été examinée.

Au terme des travaux exploratoires de Davis, une base de données plus complète de 58532 estimations de températures phanérozoïques, couvrant les  512 derniers Ma, provenant de coquilles marines calcitiques à faible teneur en Mg (Veizer et Prokoph, 2015) a également été intégrée.

Cette base de données incorpore la compilation précédente (Prokoph et al., 2008) mais est deux à trois fois plus large. Cet échantillonnage élargi n’a cependant pas modifié de façon visible la série chronologique des températures au cours du Phanérozoïque (cf. Figure 1 de Prokoph et al., 2008) , à comparer avec la Figure 3 de l’article de Davis). Notons que cette nouvelle base de données n’inclut aucune données de substitutions supplémentaires pour la concentration de CO2 atmosphérique. 

3. Les résultats 

3aLes proxies de température montrent une diminution de 8-9°C au cours du Phanérozoïque (du moins à partir de 522 Ma) suivant différents cycles (Figure 1a) . Cette diminution est mise en évidence autant à partir des données brutes qu’à partir des données  filtrées linéairement. L’étude originelle de Veizer et al., 1999 avait déjà établi une périodicité de 135-150 Ma avec une amplitude de 4°C (Figure 1b, courbe violette en bas), confirmée par Prokoph et al., 2008  (Figure 1b, courbe rouge en bas).

Figure 1 : Températures (proxies) au cours du  Phanérozoïque. (a) Données brutes de température (points de données rouges) et courbe noire ajustée (moyenne mobile 3-6 Ma). Les données originales proviennent de Prokoph et al., 2008(b) Moyenne des données de températures (proxies) brutes (courbes supérieures) et après élimination de la  tendance linéaire (courbes inférieures). Les courbes des moyennes mobiles sont codées par couleur en suivant la clé en Ma. En (b) et courbes inférieures : données plus anciennes filtrées linéairement  de Veizer et al., 1999, courbe violette. Les données plus récentes et plus complètes de Prokoph et al. 2008 sont comparées, courbe rouge

La courbe des paléotempératures du Phanérozoïque (ici) a récemment été revue (Scotese et al., 2021)  en intégrant de nombreuses données géologiques, par exemple les charbons, tillites, évaporites, calcrètes, bauxites, latérites, mangroves, récifs…  et  de nombreux minéraux typiques de processus d’altération (= ‘courbe géologique des températures’)  et géochimiques  (isotopes de l’oxygène, du strontium, = ‘courbe isotopique des températures’). La température moyenne globale ou ‘GAT’  (‘Global Average Temperature’) ou ‘courbe géologique’ (ou encore ‘lithologique)’ de Scotese et al. (2021), basée sur 8500  proxies géologiques, est figurée en trait noir plein dans la Figure 2 et reprend les courbes de différents auteurs (compilation) :

Figure 2 : Estimation de la température moyenne globale (‘GAT’), d’après Wing et Huber (2019), Valdes et al,. (2018), Mills et al., 2019, Scotese et al., 2021. Liens web donnés dans Scotese et al., (2021). La courbe en tiretés noirs (‘This Study’) donne l’évolution de la GAT sur le long terme, suivant un pas de 5 Ma, et les pics de fluctuations  suivant le court terme (pas d’environ 1 Ma). A comparer avec la Figure 3.

La courbe de Scotese et al. (2021) est en bon accord avec celles de Davis (2017) et de la plupart des autres auteurs, excepté pour le Paléozoïque inférieur avec des valeurs de ‘GAT ‘ plus faibles que celles généralement déduites des isotopes de l’oxygène (Figure 3 et bibliographie). Les pics maximas de température (‘GAT’, Figure 2) s’observent à 245 et 90 Ma. Les températures durant la période glaciaire permo-carbonifère (de 390 à 290 Ma) ont une valeur moyenne d’environ 14°C et fluctuent de 6°C suivant des périodes de 10 Ma. Notons la très forte diminution de la température dans toutes les courbes, lors de la période glaciaire hirnantienne (Silurien, 445 Ma). Finalement Scotese et al. (2021) reconnaissent 24 paires d’intervalles ou ‘binômes’  de température chaud/froid regroupés en 8 modes climatiques distincts (cf. leurs figures 19, 20 et 21).

Figure 3 : Valeurs brutes et lissées des isotopes de l’oxygène à partir de fossiles phosphatés et carbonatés permettant d’établir  les températures de surface des mers tropicales au cours des 500 derniers millions d’années (modifié d’après  Song et al., 2019). L’échelle de δ18OPhos est utilisée pour les fossiles phosphatés (brachiopodes, conodontes et poissons). L’échelle de δ18OCarb est utilisée pour les fossiles carbonatés (bélemnites, bivalves, brachiopodes, foraminifères planctoniques et autres). La courbe magenta représente les valeurs moyennes des températures de surface de la mer (regroupées  par Ma). La zone ombrée représente les intervalles de confiance à 95 %. La courbe est établie à partir de 22000 analyses isotopiques avec une résolution d’environ 1 Ma (pour la partie 500-60 Ma) et d’environ 100000 ans pour la partie récente commençant il y  60 Ma.

Les courbes des températures ‘géologique’ (Figure 2) et ‘isotopique (Figure 3)  sont donc assez semblables. La courbe dérivée des deux précédentes (Figure 4)  montre cependant quelques différences par rapport à la courbe des données isotopiques (Fig. 3) : (i) le Paléogène est plus froid d’environ 1,5°C avec les données isotopiques ; (ii) la période cénomanienne-turonienne (base du Crétacé supérieur) est légèrement plus chaude (courbe isotopique) ; (iii) les périodes fini-carbonifère /triasique, fini-jurassique/début du Crétacé sont plus chaudes de 1,5°C (courbe isotopique), (iv) la période Ordovicien moyen à Dévonien est significativement plus  chaude de 6 à 8°C (courbe isotopique), et (v) le Cambrien et Silurien inférieur présentent des températures deux fois plus élevées (env. 50°C vs env. 25°C) dans la courbe isotopique par rapport à la courbe géologique. 

Bien que les tendances générales d’évolution de la température soient les mêmes au cours du Phanérozoïque, les divergences notées ci-dessus montrent la difficulté de l’exercice de reconstruction des températures basé sur l’utilisation de différents proxies.  Il n’y a rien d’étonnant ici, au contraire on peut se réjouir de l’avancée des connaissances (comparer avec une des premières synthèses et modélisation récentes datant de 2006 (ici).

Notons enfin que des calottes glaciaires sont présentes pour des températures moyennes globales inférieures à 18°C (Figure 4). Rappelons au passage que la température moyenne globale actuelle est de 14.5°C, bien en deçà du seuil de 18°C, ce qui laisse peu de doute sur leur persistance dans le court terme (à l’échelle géologique des temps), ce qui, à son tour, va à l’encontre de messages alarmistes inondant les médias depuis quelques années.

Figure 4 : Température moyenne globale du Phanérozoïque, ligne noire = température moyenne globale, ligne pointillée = changement de température à long terme dérivé des changements du gradient de température pôle-équateur calculé à partir de l’évolution de la superficie des ceintures climatiques de Köppen. Lorsque la température moyenne globale est inférieure à 18 ̊C, de grandes calottes polaires peuvent se former. Lorsque la température moyenne globale est supérieure à 18 ̊C, il est peu probable que de grandes calottes polaires se forment.

3bLa concentration atmosphérique du CO2 au cours du  Phanérozoïque montre un léger déclin, centré sur une ligne de base de 1000 ppmv avec des fluctuations assez faibles excepté de larges pics de 6000 ppmv vers 200 Ma (Figure 5).

Figure 5 : Concentration atmosphérique du CO2 au cours du Phanérozoïque.
Les données brutes originales (points de données verts, n = 831) proviennent de la base de données compilée par Royer, 2014 . La courbe rouge ajustée représente la moyenne mobile 3-6 Ma.

Notons que de nombreuses  courbes du COsont présentes dans la littérature géologique. Elles diffèrent souvent dans le détail, suite aux résolutions temporelles et aux types de proxies utilisés. Elles s’accordent cependant presque toutes sur l’allure générale de la composition atmosphérique du COau cours du Phanérozoïque avec des concentrations atmosphériques atteignant plusieurs milliers de ppmv  (jusqu’à 7000) au Cambrien,  et 2000 à 3000 ppm au cours du Mésozoïque (cf. modèle GEOCARB III).

Pour revenir à l’article de Scotese et al. (2021) repris ci-dessus pour les paléotempératures,  il faut noter que cet article ne traite pas particulièrement de la relation entre température et composition atmosphérique du COau cours du Phanérozoïque. Il se contente de renvoyer à d’autres articles et estime que les ‘Long-term changes in temperature (>50 million years) are due to global changes in the rates of volcanic CO2 degassing associated with seafloor spreading and subduction, as well as long-term changes in the weathering of continents’. De même pour les évolutions de la température à moyen terme (10-20 Ma), ici les auteurs concluent que ‘the causes of medium-term fluctuations in temperature are many and complex’ et donnent toute une série d’événements tectoniques, géologiques, biologiques (notamment les plantes) à prendre en considération. Pour les fluctuations à court terme (quelques Ma), les auteurs montrent que les intervalles chauds sont liés à l’apparition de grandes provinces magmatiques (avec notamment dégazage de CO2), et les intervalles froids correspondant à de grands impacts extraterrestres (‘bolides’ et aérosols sulfatés).  Il ressort de l’étude des Scotese et al. (2021) que les mécanismes prépondérants de fluctuations de la température au cours du Phanérozoïque sont principalement liés à la tectonique des plaques à travers  la formation et fragmentation de supercontinents (le Gondwanaland ou ‘Pannotia’ à la fin du Précambrien et ensuite la Pangée permo-triasique, voir ici).

3c. Les courbes température et CO2 reportées à la même échelle temporelle  montrent une apparente dissociation, et même une relation anti-phasique (évolution opposée) (Figure 6). On observe par exemple un pic de CO2 vers 415 Ma et une diminution de la température dans l’intervalle correspondant.  La concentration en  CO2 atmosphérique s’est ensuite élevée  avec une succession de pics vers 285 Ma associés à une diminution de la température dans le même intervalle (transition permo-carbonifère marquée ‘2’ dans la Figure 6). Mêmes constats pour les périodes plus récentes avec une meilleure résolution, le CO2 est élevé vers 200 Ma pendant un refroidissement climatique, tout comme à 37 Ma avec aussi une diminution de la température.  Les périodes plus courtes de refroidissement (notées 1 à 10, Figure 6) ne montrent pas, au moins qualitativement, de relation avec des fluctuations de CO2Les variations de 1000 à 2000 ppmv de la concentration atmosphérique du CO2 au cours du Phanérozoïque sont communes et oscillent suivant des cycles relativement réguliers de plusieurs centaines de ppmv d’amplitude suivant des périodes de 10-20 Ma et 60-70 Ma. Des périodes de plus grandes fluctuations du CO2 sont aussi présentes, (ndt : ces modulations d’amplitude et de fréquence constituent une signature légèrement chaotique du système climatique, une caractéristique qui complique singulièrement l’extrapolation des mesures).

Figure 6 : Mesures de température et de concentration de CO2 dans l’atmosphère au cours du Phanérozoïque. Les séries temporelles de la température globale (proxy δ18O*(-1), courbe rouge, n = 6680 de Prokoph et al. (2008)  et les proxies de de CO2 atmosphérique (courbe verte, n = 831) proviennent de Royer (2014). La courbe rouge représente les moyennes mobiles de températures brutes, moyennées dans des fenêtres de 50 Ma incrémentées par pas de 10 Ma (la moyenne mobile 10-50 Ma de la courbe verte, Figure 1b). La courbe verte montre les valeurs moyennes de CO2 dans des fenêtres  de 1 Ma,  moyennées sur des parties à haute résolution pour le Phanérozoïque le plus récent, et interpolées linéairement sur des portions à basse résolution pour le Phanérozoïque le plus ancien. Les glaciations basées sur des preuves sédimentaires indépendantes sont représentées par des zones hachurées verticales bleues, tandis que les périodes froides supposées sont représentées par des barres verticales bleues. Les principaux cycles de refroidissement et de réchauffement sont indiqués par les barres colorées au sommet, les intervalles géologiques  et principaux événements évolutionnaires sont repris en bas du graphique. Abréviations :  Silu = Silurien, Néo = Néogène, Quatern = Quaternaire.  Pour les périodes glaciaires (en bleu). 1 Dévonien final/début du Carbonifère, 2. Permo-Carbonifère, 3. Fin du Cénozoïque. Pour les périodes de refroidissement : 1. Pliensbachien supérieur, 2. Bathonien, 3. Callovien supérieur  à Oxfordien moyen, 4. Tithonique à Berriasien inférieur, 5. Aptien, 6. Cénomanien moyen, 7. Turonien moyen, 8. Limite Campanien-Maastrichtien, 9. Maastrichtien moyen et 10. Maastrichtien supérieur. Nb : pour l’échelle des temps géologiques, se reporter ici.

La régression linéaire des proxies de températures, après filtrage linéaire confrontée à la concentration de CO2 (Figure 1b, courbe rouge du bas) plaide en faveur d’une faible corrélation négative entre température et CO2 (Figure 7).

Figure 7  Proxies  de température, après filtrage linéaire et  moyennés dans des intervalles de 1Ma, de 425 à 0 Ma (Figure 1b), en fonction de la concentration de dioxyde de carbone atmosphérique. Le coefficient de corrélation négatif (R = -0,19, n = 206) est discernablement différent de zéro (p = 0,006) mais faible et statistiquement non significatif (R2 = 0,036). La ligne de tendance a été ajustée par la méthode des moindres carrés (ndt : on remarquera l’hétérogénéité de la distribution des points le long de l’axe des temps. Par ailleurs, les 5 points les plus anciens prennent un poids considérable dans la détermination de la droite de régression, alors que leur petit nombre rend leur représentativité des conditions prévalant aux temps les plus anciens, questionnable. Il en va de même, par conséquent, pour la pente de la droite de régression). 

 3d. Les coefficients  de corrélation entre concentration atmosphérique de CO2 et température ont ensuite été calculés pour 15 intervalles temporels plus courts  du Phanérozoïque (intervalles 424-285Ma, 285-135 ……. 80-40, 34-0 in Tableaux 1  et 2, Davis, 2017), comprenant les trois principales périodes glaciaires, les dix périodes de refroidissement globaux (identifiées sur base stratigraphique) et les périodes de transitions réchauffement/refroidissement (Figure 6). La résolution temporelle est de 1 Ma, parfois 59 Ka dans le cas des périodes plus récentes, mieux contraintes stratigraphiquement. Les données brutes et filtrées linéairement ont été analysées par coefficients de corrélation de Kendall et Fisher (non paramétrique ; pour évaluer la légitimité de s’affranchir des hypothèses sous-jacentes au calcul des coefficients de corrélation de Kendall). Des analyses globales et sur des fenêtres temporelles réduites et plus homogènes ont été effectuées. Le résultat est repris sous forme de deux tableaux (Tableaux 1 and 2 de l’auteur, non figurés ici).

Il en résulte que l’ensemble des données montre que la concentration atmosphérique en CO2 et la température sont largement découplées dans la majorité des climats phanérozoïques. 

3e. Analyse harmonique

Lorsqu’une relation de cause à effet (linéaire) existe entre deux variables, on doit s’attendre à ce que leur spectre de puissance fasse apparaître les mêmes fréquences dominantes. L’analyse spectrale, représentée sous forme de périodogramme (l’axe horizontal étant la période des composantes périodiques et pas leur fréquence) donne des résultats différents pour le CO2 et la température avec des pics à 2,6 ; 3,7 ; 5,3, 6,5 et 9,4 Ma pour le CO2, et pour la température des pics  de plus faible amplitude et de périodes correspondant à  2,6 ; 3,9 et 5,2  Ma, assez proches de certains pics de CO2, mais pas de tous,  et d’autres pics ayant des périodes plus longues  (6,0 ; 6,8 ; 7,8 ; 11,3 et 14,6 Ma) et qui ne correspondent à aucun pic de CO2Le fait que les périodogrammes entre proxies CO2 et proxies température présentent des fréquences différentes au cours du Phanérozoïque montre que la plupart des cycles respectifs sont dissociés (Figure 8). Pour trois des pics, le doute est permis.

Figure 8 : Périodogrammes de puissance spectrale du CO2 atmosphérique et de la température au cours du Phanérozoïque. Les courbes verte et rouge donnent les profils de densité spectrale du CO2 et de la température, respectivement. Le périodogramme de température est établi à l’aide de données de  proxies de température filtrées linéairement  (ndt  :l’’allure du périodogramme de CO2 révèle la non stationnarité de ces données).  Le test de Fisher permet de juger si les pics observés sont significativement différents du corrélogramme obtenu avec un bruit blanc. Le test est basé sur l’estimation d’un coefficient kappa, mesurant le rapport du plus grand pic sur l’amplitude moyenne du signal.  Un seuil de signification statistique est associé à kappa. Les résultats des tests montrent que pour la période 85 Ma à 0 Ma :  kappa = 12.57 et la probabilité que les données soient indiscernables d’un bruit blanc est de 1.96 10-5.  Pour la période s’étendant de 522 à 0 Ma, les valeurs respectives sont de 28.98 et 2.0 10-13

Les relevés de température et de CO2 présentent donc une signature et des fluctuations d’amplitude discernables d’un bruit blanc.

3f.  L’absence de corrélation entre la concentration du CO2 atmosphérique et la température durant le Phanérozoïque va à l’encontre du rôle généralement admis du CO2 sur la température, par l’intermédiaire du forcing radiatif. Les résultats précédents mettent ainsi en doute qu’un forcing radiatif ait pu jouer sur la température, contrairement à ce que la littérature affirme notamment pour les cycles glaciaires s’étendant durant une  partie du Pléistocène de 800 à 400 Ka (Petit et al., 1999 Jouzel et al., 2007). Cet apparent paradoxe peut-être appréhendé en évaluant une mesure fonctionnelle plus directe de l’effet de réchauffement de la concentration de CO2 atmosphérique sur la température, par le truchement d’un forçage radiatif (RF), quantifié à l’aide de la relation logarithmique bien connue entre le RF induit par le COatmosphérique (RFCO2) et sa concentration atmosphérique (Arrhénius, 1896). La courbe logarithmique RFCO2, établie il y a plus d’un siècle implique qu’un effet de saturation, ou de rendements décroissants, affecte le pouvoir marginal de forçage du CO2 atmosphériquequi diminue à mesure que la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente.

 L’auteur émet l’hypothèse que la baisse consécutive du forçage absolu et marginal à des concentrations élevées de CO2 atmosphérique au cours du climat phanérozoïque pourrait expliquer l’absence de corrélation discernable entre la concentration atmosphérique de CO2 et  la température, car de grandes fluctuations de la concentration atmosphérique de CO2 auraient alors peu d’effet sur le forçage marginal. Pour évaluer cette possibilité, la courbe de forçage RFCO2 a d’abord été établie en utilisant le code d’absorption/transmittance atmosphérique MODTRAN (Figure 8a in Davis 2017).  Si ∆RFCO2 est un indicateur plus direct de l’impact du CO2 sur la température que la concentration atmosphérique, comme le suppose l’hypothèse, alors on pourrait s’attendre à ce que la corrélation entre ∆RFCO2 et la température au cours du phanérozoïque soit positive et statistiquement validée (Figure 9 in Davis 2017), (ndt : sans que cela permette de juger d’un lien de causalité, la corrélation étant une condition nécessaire mais pas suffisante de causalité. Des tests de causalité linéaire existent, comme les tests de Granger, mais n’ont pas été utilisés par Davis). Cette analyse a consisté à calculer la moyenne de la concentration atmosphérique de CO2 dans des intervalles de 1 Ma portant sur le Phanérozoïque récent et à calculer la moyenne ou à interpoler les valeurs de CO2 au Phanérozoïque plus ancien. En raison de la taille relativement importante de l’échantillon, le coefficient de corrélation de Pearson est statistiquement positivement discernable  mais faible  (R = 0,16, n = 199), avec pour conséquence que seule une petite fraction (2,56 %) de la variance de la température peut être expliquée par celle de ∆RFCO2(Figure 9 in Davis, 2017). Statistiquement au niveau de confiance 95%, l’effet de ∆RFCO2 sur la température est non significatif. Le coefficient de corrélation peut  donc être considéré comme négligeable ( l’intervalle de confiance à 95% est statistiquement « significatif » ; à 99% il est « très significatif », par convention dans le jargon des statisticiens).

3g. L’approche classique pour détecter des composantes cycliques périodiques  dans les séries temporelles est l’analyse spectrale comme présentée et illustrée ci-dessus (Figure 8). Alternativement, une analyse qualitative des séries chronologiques basée sur  le calcul des fonctions d’autocorrélation et de corrélation croisée peut être utilisée pour identifier  des périodicités significatives (non aléatoires) et de plus, d’identifier les relations de phase entre variables cycliques, relations qui sont plus difficiles à mettre en évidence à partir de l’analyse spectrale.

 Un  contrôle qualitatif des séries temporelles de δ18O*(−1), de la concentration atmosphérique en CO2 et de ΔRFCO2, en particulier pendant la période à haute résolution et relativement ‘horizontale’ de 175 à 80 Ma (Figure 9) montre une oscillation apparente non aléatoire des trois variables climatiques au fil du temps. Le proxy de fluctuation de T (δ18O*(−1), courbe rouge sur les Figures 1 et 9   est étroitement couplé avec des pics de fluctuation du rapport isotopique du strontium 87Sr/86Sr (flèches violettes sur la Figure 9) tel que rapporté par Prokoph et al., 2008 et estimé ici visuellement. Les rapports isotopiques du strontium sont généralement interprétés comme un bon indicateur de l’afflux fluvial dans l’océan, lié à l’érosion continentale, donc au changement climatique (Parrish, 1998)  et finalement à la température (Figure 9). 

Figure 9 :Séries temporelles d’indicateurs de température, de concentration de CO2 atmosphérique et de ∆RFCO2 pour le Phanérozoïque. Les flèches violettes correspondent aux pics du rapport isotopique du strontium déterminés indépendamment à partir de l’analyse visuelle des séries temporelles (Prokoph et al., 2008). Les proxies de température (courbe rouge) proviennent de Prokoph et al. (2008) et celles de CO2 (courbe verte) de Royer (2014) sont présentées suivant un pas de 3 à 6 Ma.  Les flèches jaunes à double tête mettent en évidence la relation anti-phasique attendue entre la concentration de CO2 atmosphérique et le forçage marginal calculés pour les latitudes tropicales par ciel clair. L’échelle de proxies de température est modifiée, pour des raisons de lisibilité,  par un décalage vertical constant l’échelle verticale étant autrement conservée (se reporter à la Figure 6 pour l’échelle correcte des proxies de température). Dans ce graphique les variables climatiques sont codées par couleur : le rouge représente le l’indicateur de température, δ18O*(−1), le ‘-1’ indiquant une inversion de signe du proxy pour que les variations correspondent à celles de la température ; le vert les proxies de concentration de CO2 atmosphérique, convertis en proxies de température, δ18O*(−1) ; le vert représente les proxies de concentration de CO2 atmosphérique (ppmv) et l’orange le forçage marginal calculé pour chaque ppmv de CO2 atmosphérique en chaque point de données de concentration de CO2 à partir de l’équation exponentielle  la mieux ajustée  pour les régions tropicales par temps clair (cf. Figure 8b in Davis, 2017,. (ndt : afin d’uniformiser la variance des données en fonction du temps, on a classiquement recours à une transformée lambda : soit une transformation logarithmique, soit une relation exponentielle, le choix étant optimisé en minimisant les résidus de l’ajustement, par une méthode dérivée des moindres carrés, ou par recherche du maximum de vraisemblance [AIC, AICc, BIC]). Nb Les références de la légende sont reprises sous forme de liens dans le texte.

L’autocorrélation sur la période de 174 à 0 Ma met en évidence une périodicité non aléatoire pour les trois principales variables évaluées ici (Figure 9) comme suggéré à partir de la série temporelle correspondante (Figure  10).  Le profil de corrélation suivant l’ordre croissant de décalage pour δ O*(-1) (Figure  10a) est qualitativement (Figure  10b) différent du profil de la concentration de CO2 atmosphérique (Figure 10b) et de ΔRFCO2 (Figure 10c). Les profils de la concentration de COatmosphérique et de ΔRFCO2 sont similaires, en accord avec la  dérivation (transformation logarithmique)  du second à partir du premier. Dans les profils de concentration de CO2 atmosphérique et de ΔRFCO2, les cycles courts et longs peuvent être détectés qualitativement par la modulation des coefficients de corrélation correspondants, délimités par des flèches à double tête  (Figures 12-16 in Davis, 2017). 

Pour l’autocorrélation sur une plus longue période de temps, les cycles courts et longs de la concentration de CO2 atmosphérique sont en moyenne de 16,9 Ma et 66,8 Ma respectivement, semblables à ceux des ΔRFCO2(17,2 et 66,2 Ma). La variation cyclique des coefficients d’autocorrélation de valeurs négatives à positives, à mesure que le pas de décalage s’accroît, révèle une périodicité non aléatoire pour chacune de ces trois variables. Les cycles dominants du forçage et de la température sont de périodes d’environ 15 Ma, une périodicité déjà identifiée dans les périodogrammes (Figure 8). 

Cette première analyse des fonctions d’autocorrélation conforte les résultats obtenus par l’analyse harmonique : il n’y a pas de lien de causalité évident entre température (après filtrage linéaire), CO2 ou le logarithme du CO2 (indicateur de forcing).  Et par ailleurs, de façon évidente, de par l’existence de la relation semi-empirique entre le CO2 atmosphérique et le forçage radiatif, les deux fonctions d’autocorrélation correspondantes présentent une grande similitude tant dans la distribution des amplitudes que dans leur décalage (les pics et les creux sont synchrones dans l’un et l’autre autocorrélogramme).

Figure 10 :  Coefficient d’autocorrélation R des variables climatiques des séries temporelles du Phanérozoïque s’étendant de 174 Ma à aujourd’hui. Les profils d’autocorrélation révèlent une périodicité non aléatoire de chacune des variables ; (a) δ18O*(−1). Moyenne de la durée d’un cycle, soit 22,4 Ma ; (b) Concentration atmosphérique de CO2, soit  16,9 Ma pour le cycle court et 66,8 Ma pour le cycle long ; (c) ΔRFCO2 (17,2 et 66,2 Ma pour les cycles court et long). Les doubles flèches horizontales donnent les durées approximatives des cycles et sous-cycles identifiés visuellement.

Une analyse similaire d’autocorrélation sur des périodes de meilleure résolution temporelle (exemple de 174 à 87 Ma, Figure 13 in Davis, 2017), conduit aux mêmes conclusions : les trois variables climatiques présentent une cyclicité non aléatoire, les fluctuations de température ne correspondent pas à celles du CO2 ni du forçage radiatif, les cyclicités de la concentration atmosphérique de COet de ΔRFCO2 sont qualitativement semblables. Les cyclicités, pour cet intervalle à haute résolution, sont ainsi respectivement de 16,8  Ma(δ18O*(−1)), 18,0 Ma (concentration atmosphérique de CO2) et 19,0 Ma (ΔRFCO2).Les trois fonctions de corrélation croisée entre proxies de température, CO2, et forcing radiatif sont représentées aux figures 14, 15 et 16 de Davis 2017, [ndt : malheureusement sans les intervalles de confiance correspondant à un bruit blanc gaussien, ni utilisation du test statistique ‘porte-manteau’ correspondant de Ljung-Box. Ce qui empêche de se prononcer sur la signification des pics observés. Il aurait également été utile d’avoir la partie symétrique des fonctions de corrélation croisée, en particulier pour les fonctions de corrélation croisée impliquant la température ; en effet si le CO2 ou le forcing étaient une cause (même partielle) du changement de température, la fonction de corrélation croisée devrait présenter un pic du côté négatif, la cause devant toujours précéder l’effet, ou à tout le moins être synchrone, une situation que l’on attend du 3ème corrélogramme,  la transformation logarithmique étant instantanée et ne produisant donc aucun délai). Enfin les pics observés pour les décalages les plus importants pourraient être imputables à un effet de bord. La bonne pratique réclamant que la période la plus longue qui soit détectable  sans « effet de bord » ne doive pas dépasser un sixième de la longueur de la fenêtre de mesure.)]

4. Discussion

4a. Les principales conclusions de cette étude sont que ni la concentration atmosphérique de CO2 ni le ΔRFCO2  ne sont corrélés avec la température durant la majeure partie du Phanérozoïque. Un ensemble de 136  coefficients de corrélation ont été calculés entre la température et la concentration atmosphérique de CO2, et entre  la température et ΔRFCO2  lors des transitions majeures du climat phanérozoïque. Les corrélations ne sont pas significatives pour près de moitié, et négatives pour l’autre moitié.  La corrélation (linéaire) est une condition nécessaire mais pas suffisante de causalité (linéaire). Elle n’implique pas forcément la causalité, mais son absence implique l’absence de causalité (Tufte, 2006). La constatation que la concentration en COatmosphérique et ΔRFCO2 ne sont généralement pas corrélés avec la température, implique donc soit que ni l’une ni l’autre des variables n’a exercé d’influence causale significative sur la température au cours du Phanérozoïque, soit que les proxies utilisés ne reflètent pas assez précisément les variables évaluées et que leur valeur ne peut se distinguer d’un bruit blanc.

Ces résultats appuient une conclusion publiée antérieurement, et basée sur l’étude du climat paléozoïque à savoir que « le climat global peut être indépendant des variations de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone » (Came et al., 2007). La présente étude montre cependant en outre que la concentration de CO2 atmosphérique passée oscille sur un cycle de 15-20 Ma avec une amplitude de quelques centaines à plusieurs centaines de ppmv. Un second cycle plus long oscille de  60-70 Ma. Comme discuté plus loin dans l’article de Davis, mais non repris ici, les pics des cycles d’environ 15 Ma s’alignent étroitement avec les périodes d’extinctions massives identifiées au cours du phanérozoïque, invitant à des recherches plus approfondies sur la relation entre la concentration atmosphérique de CO2 et l’impact de l’activité humaine sur la biodiversité. Nous renvoyons au récent article de Hannisdal et Peters (2021) qui montrent que la biodiversité phanérozoïque est fortement liée aux variations des conditions rédox (par exemple à la fin du Dévonien, Cao et al., 2021) de l’océan et aux fluctuations à long terme du niveau marin, impliquant les cycles du soufre et du carbone, et finalement à la tectonique des plaques sensu lato (Cermeno et al., 2017, Roberts et Mannion, 2019).

4b. Six coefficients de corrélation entre la température et ΔRFCO2 ont été calculés dans l’intervalle 34 à 0 Ma caractérisés par les meilleures résolutions temporelles possibles (Phanérozoïque le plus récent). Les coefficients de corrélation entre la température et ΔRFCO2 sont positifs (modérés à moyens de 0,26 à 0,63) alors que ceux entre la température et la concentration de CO2 atmosphérique pour ce même intervalle sont négatifs (modérés à élevés de -0,26 à -0,73). La température et la concentration de CO2 atmosphérique étant plus faibles au cours du Phanérozoïque récent suggèrent un plus important forçage par le  COqui exerce ainsi une influence plus forte sur la température et le climat. Cette influence de CO2 sur la température est donc possible lorsque la lorsque la concentration de CO2 atmosphérique est faible.

Dans ce contexte il semble que les cycles glaciaires récents (41 Ka) fonctionnent comme ceux du Phanérozoïque récent.

Cette conclusion ne peut être validée actuellement pour des séries plus anciennes faute de résolution  temporelle suffisante (cycles en moyenne de ± 83 Ka pour l’ensemble du Phanérozoïque, à comparer aux cycles de ± 50 Ka du Phanérozoïque récent) bien que l’analyse d’une dizaine de cycles de plus grande étendue (59-199 ka) semblent aller dans ce sens (Davis, 2017).

4c. Trois récentes études  (in Davis, 2017) portant sur le Phanérozoïque récent, à savoir le Cénozoïque (pour la période de  50  à 34 Ma, soit < 3% du Phanérozoïque) ont conclu que la concentration de CO2atmosphérique pilotait la température. D’après Davis (2017) ces études sont à écarter car elles ne s’appuient que sur un seul proxy (isotopes du bore) obtenu à partir d’une seule source (foraminifères planctoniques) et d’un seul endroit (sud de la Tanzanie). Ce résultat n’est pas confirmé par l’analyse à partir de la data base de Davis (2017) pour la même période (50  à 34 Ma),  et donne un coefficient de corrélation négatif (R = -0,32) entre les deux grandeurs. Ceci montre à quel point une étude locale ou régionale ne peut suffire pour traiter des relations à l’échelle globale.

4d. Finalement les faibles ou absences de corrélations entre la température, la concentration de CO2atmosphérique et ΔRFCO2  suggèrent que d’autres variables ou processus non identifiés sont à l’origine de l’essentiel (> 95%) de la fluctuation de la température au cours du Phanérozoïque. Les cycles de la concentration de CO2 atmosphérique étant indépendants de ceux de la température, les processus à leur origine doivent être différents. Dans ce contexte des émissions périodiques de CO2 peuvent être liées à l’activité volcanique et à l’ouverture des dorsales océaniques à partir du manteau terrestre (Vérard et al., 2015). Les données présentées par Davis (2017) rejettent ces hypothèses pour le contrôle de la température, car les quantités de CO2 émises dans l’atmosphère par ces processus devraient être beaucoup plus faibles pour permettre un forçage significatif  de la température par ΔRFCO2. L’auteur encourage la recherche d’autres mécanismes pouvant rendre compte de fluctuations de la température d’environ 4°C sur une période de 135-150 Ma. Au niveau des facteurs pouvant jouer le rôle de facteur causal, la littérature « alternative au GIEC » cite des fluctuations  d’activité solaire, résultant partiellement  de la position du soleil par rapport au centre de masse du système solaire (et donc des positions respectives des planètes, en particulier des plus massives), ce qui influe son moment angulaire et son champ magnétique contrôlant le flux de rayons cosmiques incidents sur Terre (et qui seraient à l’origine de la nucléation des nuages), la couverture nuageuse jouant à la fois un rôle de persienne le jour et de couverture la nuit, la présence d’aérosols résultant d’éruptions volcaniques ou de chutes occasionnelles de météorites, etc.. Notons que les fluctuations du CO2 peuvent effectivement être liées à l’activité volcanique et à l’ouverture des dorsales océaniques, mais cela n’a aucun impact sur la température  globale.

4e. La diminution graduelle de la concentration de CO2 atmosphérique et de la température au cours du Phanérozoïque peut en principe s’expliquer par l’augmentation de la solubilité du CO2 dans une eau de mer plus froide (Weiss, 1974, également (cf. loi de Henry et vant’Hoff). Notons cependant que l’effet de la solubilité du CO2 sur la concentration de CO2 atmosphérique au cours des âges glaciaires récents est faible (variations de 30 ppmv) par rapport à ce qu’elle est au Phanérozoïque (variations de quelques centaines de ppmv) malgré des changements comparables de température. D’autres processus (altération des silicates, soulèvement tectonique, ralentissement de la tectonique des plaques…) peuvent aussi participer à cette baisse de CO2 atmosphérique dans les périodes récentes, mais il n’en reste pas moins vrai que la concentration de CO2 atmosphérique est au plus bas pour les temps récents (voir notamment GEOCARB III mentionné précédemment). Selon Davis (2017), aux concentrations  atmosphériques élevées de CO2 du Phanérozoïque plus ancien le forçage marginal du CO2 devient négligeable (Figure 8b de l’auteur) et de fortes variations du CO2 n’ont que peu d’effet sur la température. Il en résulte un découplage entre la concentration atmosphérique de CO2 et  la température, également mis en évidence par Caldeira et Kasting (1993). A nouveau ceci explique que les fortes variations de température globale des cycles glaciaires sont associées à de faibles fluctuations de la solubilité du CO2 atmosphérique, estimées à 30 ppmv  (Sigman et al., 2010). Le CO2 et la température sont donc découplés au cours du Phanérozoïque. Lors des maximas glaciaires, avec une concentration (naturelle)  atmosphérique de CO2 très basse de 180 ppmv (Petit et al., 1999 Jouzel et al., 2007), le forçage marginal de la température par le CO2 était de 94% de son maximum (modélisation MODTRAN), et diminua drastiquement  avec l’augmentation de la teneur de CO2 avec 54,5% de son maximum pour une teneur de 300 ppmv lors de l’interstade post-glaciaire. La température durant les différents interstades qui se sont succédés  était nettement plus élevée  que celle d’aujourd’hui, qui présente  pourtant un taux de CO2 atmosphérique bien plus élevé (> 415 ppmv). Ainsi selon Marsh (2014) ‘Carbon dioxide appears to play a very limited role in setting interglacial temperature’.

4f. Sans entrer dans le détails (cf. premier point,  pp.29-30 de Davis, 217), une des conséquences de cette diminution exponentielle du forçage marginal de la température par le CO2 atmosphérique est que l’augmentation des émissions actuelles de CO2 anthropiques auront un faible impact sur la température  globale.  Ce point fait l’objet de nombreuses discussions aujourd’hui car il est d’importance pour ceux qui tentent de prévoir l’évolution future de la température sur la Terre. Selon Witteman  (in  Le Pair, 2021) un doublement de la concentration de CO2  (TCR)  provoquera une augmentation de presque 0,2°C ou même moins (ici). D’autres auteurs estiment cette augmentation à 4°C. Cette sensibilité climatique transitoire (TCR)  est cependant estimée inférieure à 1°C par la plupart des auteurs (ici). Dans cette optique si le réchauffement se poursuit et que le CO2 ait un rôle, à raison d’une augmentation d’environ 2 ppmv par an, la teneur actuelle (417 ppmv en 2021) sera doublée en 2190 et accompagnée d’une augmentation d’environ 0,8°C.

Si le CO2 n’a aucun rôle important ou aucun rôle du tout (par exemple ici), comme le suggère  la géologie, les fluctuations de températures sont à rechercher dans les processus naturels. Une abondante littérature en fait état et ne peut être développée ici au risque de s’écarter du sujet de départ (se reporter par exemple ici et ici, et aussi les nombreux articles de SCE,  voir  ici).

4g. Comme indiqué d’entrée de jeu dans cet article avec la présentation des deux principaux résultats, nous ne discuterons pas du deuxième résultat concernant la biodiversité (=deuxième résultat plutôt inattendu : ‘limiter les émissions anthropiques de CO n’est d’aucune utilité pour limiter le réchauffement actuel, mais serait essentiel pour préserver la biodiversité’). Notons simplement que selon l’auteur (p.30) mentionne de  Possible links between past mass extinction and the carbon cycle therefore an urgent future research direction (is suggested)’. Autrement dit, rien n’est établi, et effectivement cela demande une recherche qui prendra sans doute du temps, même si des pistes sérieuses existent déjà (Courtillot et Renne, 2003). Quelques références pertinentes sont données ci-dessus dans la section 4a. N’allons pas trop vite pour conclure, comme ce fut le cas avec le CO2 (ici).

5. Conclusion

Cette étude montre que les données issues de la géologie sont extrêmement précieuses pour comprendre le fonctionnement de notre planète et particulièrement son évolution climatique. Les données géologiques sont multiples, leur analyse fait appel à de nombreuses disciplines (chimie, physique, géographie, biologie, statistique, traitement de données …) et les moyens mis en œuvre sont de plus en plus sophistiqués (géochimie isotopique, susceptibilité magnétique biomarqueurs, télédétection, statistique,  etc). Cette géologie ‘multidisciplinaire’ a fait de très grands progrès lors des dernières décennies et nous offre une ébauche de plus en plus détaillée et convaincante de l’histoire de notre planète. En ce qui concerne le thème développé dans le présent article on peut d’ores et déjà affirmer que le climat a sans cesse fluctué engendrant des ‘paysages’ (déserts, glaciers etc.) se superposant à ceux résultant de la tectonique des plaques.

La situation actuelle n’est donc qu’une configuration particulière parmi tant d’autres et n’a donc rien d’exceptionnel. Les températures actuelles n’ont rien de ‘dramatique’ par rapport à d’autres, beaucoup plus élevées ou plus basses qui eurent cours lors de l’histoire géologique, de même  pour  la concentration atmosphérique du COqui a été le plus souvent bien  plus élevée qu’actuellement. Dans le fameux débat climatique actuel, on passe trop souvent sous silence que le CO2 suit les variations de température, et que le réchauffement actuel se mesure en dixièmes de degré par décennies, alors qu’en un point donné, la température peut varier de plus de 20 degrés entre le jour et la nuit, et que que la planète a souvent connu des variations de température  10 à 20 fois plus élevées pour un intervalle de temps équivalent, comme durant le Pléistocène (Rousseau et al., 2021 et  ici), sans que la concentration atmosphérique du CO2 ne présente un lien avec la variation de température. L’analyse de Davis (2017) montre que cela n’est pas étonnant et est même attendu.

La recherche ne s’arrêtant jamais, d’autres proxies viendront compléter ce tableau qui ne modifieront en rien le fait que nous vivons un réchauffement banal et très modéré. La limite fondamentale de l’analyse – et donc de l’interprétation – géologique restera toujours le niveau de résolution temporelle des séries et événements partiellement ou totalement enregistrés (ou également effacés). Dans l’espace géographique des affleurements (et forages) des séries géologiques, ce problème clé de la résolution stratigraphique ou temporelle se résume surtout à celui des corrélations temporelles. Le choix de proxies est donc important et l’outil statistique doit valider leur pertinence et la précision de leur calibrage. Un choix erroné de proxies, de même qu’une mauvaise utilisation de l’outil statistique, peuvent conduire à des interprétations tout à fait discutables de la température et de son évolution, comme par exemple, tout près de nous la fameuse courbe en hockey de Mann et al. (1998) pour le dernier millénaire. Cette courbe  fait encore couler beaucoup d’encre (iciici et figure 8 in SCE) malgré sa réfutation (notamment ici et ici).

21 réflexions sur « La géologie, la température et le CO2 »

  1. Une discipline scientifique exposée avec rigueur sur S-C-E (et sur bien d’autres sites) se heurte inévitablement aux ravages idéologiques maintenant incrustés jusqu’à dans l’inconscient d’esprits parfois féconds, sinon via des slogans/intérêts opportunistes et/ou d’une médiocrité soutenue par voies médiatiques.

    La « complexité naturelle » [1] est-elle enfin acceptée ? Alors se propagent une anxiété et la peur parmi la société des gens ignorant sa nature et ses dimensions. Aux yeux de maints dirigeants, puisque l’anxiété (c-à-d un facteur de survie…) est perçue comme inconfortable, il n’y aurait donc qu’à l’éradiquer ..ou à l’utiliser.. en changeant le monde. Apparaît vite un train de leurs leitmotive ambiants : il faut changer de paradigme, changer les comportements, transformer la société, etc. Y-A-KA.
    Au besoin, il suffira d’instaurer plusieurs diktats réglementaires (et nos « élites », politiques ou même celles des institutions) s’y entendent pour fixer là de nouvelles « normes de conformité » pour le futur !

    Ainsi le veulent les protagonistes mondialistes des COPxx (dont celle COP21 de Paris-2015). Une « vérité immanente » y fut décrétée.
    L’UE et ses diverses idiocraties mènent désormais le jeu… à coups de centaines de milliards d’euros (et d’une dette publique enflée). Est-ce vraiment pour un mieux-être sociétal ou pour son contraire, différé ?

    Partout où on navigue sur des sites adverses de réflexion/débat et sur ceux de « vulgarisation commerciale », il ressort que la « contraction d’une hausse du taux CO2 », cette théorie officielles dite de la «« décarbonisation sociétale »» sera le must afin de garantir la survie des espèces (humaine / animale / biodiversité / puis évidemment celles de parasites terrestres de toute nature) !
    C’est ici le triste « postulat » [2] auquel se rattachent nombre de citoyens ordinaires et – pire – des « académiques & chercheurs », ces derniers peut-être muselés par l’autorité d’orientation ou par pressions de leurs pairs !

    Profitant du temps d’accalmie qu’offre l’entre-deux fêtes, il m’arriva de scruter p.ex. ‘Thinkerview’ [3] un site français dit de « remise en cause des concepts de la société ». Son animateur « SKY » (de qui s’agit-il donc ??) et ses invités (des gens érudits et surtout d’opinion forte) s’appuient quasi tous sur le postulat précédent : y admettre que le CO2 fait figure d’une molécule porteuse de malheurs.
    Certain(e)s y parlent même d’Apocalypse (médiatisée) !
    Une science galvaudée pour notre futur ?

    //////////////////////////////////////////////////////////
    [1] http://agora.qc.ca/dossiers/complexite
    [2] Qu’est-ce qu’un postulat (ou axiome) en mathématiques, en philosophie ?
    Consulter : [ https://www.cnrtl.fr/definition/postulat ] ou encore
    [ https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/postulat/62959 ]

    *Proposition que l’on demande d’admettre avant un raisonnement, que l’on ne peut démontrer et qui ne saurait être mise en doute , *Principe de base, qui ne peut être mis en discussion : Les postulats politiques … *Temps qui précède le noviciat, dans une communauté religieuse.

    [3] Thinkerview est une émission-débat française, lancée en janvier 2013 sur YouTube. Son format consiste en de longs entretiens entre « Sky » et ses invités, sans montage. https://fr.wikipedia.org/wiki/Thinkerview
    https://www.thinkerview.com/section/sciences/ présente des opinions variées … parmi lesquelles j’ai apprécié un Philippe Bihouix, homme de nuances malgré ses opinions (là, sous un intitulé = Prophète de l’apocalypse ?)

  2. Mon dernier commentaire n’est pas paru ; je pensais juste lancer une discussion sur ce site où les commentaires sont en général pas nombreux
    je remets donc mon une idée un peu plus développée ici; vous avez écrit
    «  » »1° premier résultat plutôt pressenti : il n’ y a aucune corrélation entre la température (estimée à partir de nombreux ‘proxies ‘ou indicateurs) et la concentration atmosphérique du CO2 au cours du Phanérozoïque, la concentration atmosphérique du CO2 ne pilote donc pas la température des climats anciens ;

    2° deuxième résultat plutôt inattendu : limiter les émissions anthropiques de CO2 n’est d’aucune utilité pour limiter le réchauffement actuel, mais serait essentiel pour préserver la biodiversité.

    la phrase «  » » , la concentration atmosphérique du CO2 ne pilote donc pas la température des climats anciens ; » » » » »aurait dû aller dans le numéro 2, parce que des corrélations températures CO2 il y en a notamment lorsqu’on dispose de mesures sérieuses comme au quaternaire ; mais c’est vrai qu’il ne faut pas confondre cause et conséquence puisque dans ce cas c’est la température qui gère
    Et là , il faut faire un classement dans les responsabilités : cycles de Schwab solaires , cycles de Milankovitch, cycles tectoniques et configuration des océans et terres sur Terre et en fin de compte assimilation du CO2 originel dans la croute terrestre
    Mais je ne trouve pas très honnête de se rabattre sur la géologie pour dénigrer l’effet de serre ; laissons cela aux physiciens de l’atmosphère qui n’arriveront jamais à un résultat sérieux pour des variations dans les ordres de grandeurs actuelles

    1. Cette fois, le commentaire est mieux développé. Cependant, à sa lecture je ne comprends pas trop où vous voulez en venir. D’abord qu’entendez-vous par ‘des mesures sérieuses’ ?
      Ensuite en ce qui concerne le Quaternaire que vous mentionnez, lorsque l’on a un bon calibrage temporel, le CO2 est en retard par rapport à la température. C’est par exemple le cas du Pléistocène moyen : https://www.drroyspencer.com/2009/06/, ou celui rapporté par Caillon et al.(2003), ici : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12637743/
      Le CO2 semble même n’avoir aucun rôle dans les fortes élévations de température (8°C, jusqu’à 16°) en quelques décennies seulement, enregistrées plus d’une vingtaine de fois dans les événements Dansgaard/Oeschger (Pléistocène supérieur). SCE a discuté de ce point ici : https://www.science-climat-energie.be/2020/01/24/des-rechauffements-repetitifs-sans-co2/#more-7311

      Concernant le deuxième point (biodiversité), je pense que le problème est encore plus ardu. Nous ne l’avons pas abordé dans l’article, nous avons ajouté quelques références pour ceux qui veulent aller plus loin car l’auteur (Davis) n’est pas très explicite sur ce résultat. La biodiversité actuelle n’est pas aussi bien connue qu’on ne le dit, il y a de grands écarts (parmi les chercheurs) dans le nombre d’espèces reconnues aujourd’hui et de bien plus grands pour la ‘paléo’diversité (phanérozoïque). Pour ne prendre qu’un exemple la taxinomie se heurte sans cesse à des problèmes difficiles : un même spécimen est décrit plusieurs fois sous différentes espèces, de nombreuses espèces décrites n’existent pas (artefact), la fossilisation est absente ou partielle (particulièrement les espèces terrestres par rapport aux marines) et de nombreuses espèces n’ont pas encore été découvertes. On découvre chaque semaine une nouvelle espèce de dinosaure ! (Steve Brussate, Université d’Edimbourg). Comme rappelé dans notre article n’allons pas trop vite dans l’analyse de la biodiversité et paléodiversité.

      Enfin pour terminer et reprenant votre conclusion : ‘ Mais je ne trouve pas très honnête de se rabattre sur la géologie pour dénigrer l’effet de serre ‘, Cette remarque m’étonne très fort…. mais bon passons. La géologie n’est effectivement pas là pour dénigrer l’effet de serre, non la géologie apporte son information à partir de données ou observations. Elle est basée avant tout sur des faits, à chacun ensuite de les interpréter de la manière la plus cohérente, c’est-à-dire de manière scientifique sans plus et surtout sans a priori. La géologie n’est pas une science du dénigrement, ses données permettent simplement de remettre des ‘pendules à l’heure’ : les continents et océans se déplacent (avant ils étaient immuables, fixistes), la géologie fournit des arguments sur l’évolution de la vie à travers ses archives paléontologiques, etc. Aucune science (digne de ce nom) n’est là pour ‘dénigrer’!

  3. Merci pour votre réponse Monsieur Préat; mais je vais juste m’en tenir à votre première affirmation
    «  » »il n’ y a aucune corrélation entre la température (estimée à partir de nombreux ‘proxies ‘ou indicateurs) et la concentration atmosphérique du CO2 au cours du Phanérozoïque, » » » » »
    Et vous avez raison ; si on remonte au Précambrien c’est pire ; le CO2 dépassait les 10 000 ppm (il était peut être voisin de celui de Vénus actuellement) et il y avait des glaciations ; la snow ball earth date de plus de 2 milliards d’années ; mais il ne faut pas oublier que le soleil à l’époque était bien moins radiatif que actuellement
    Pour en revenir à ma conclusion qui vous étonne , moi ce qui m’étonne c’est qu’on fasse des statistiques pour réfuter la relation entre température et teneur en CO2 sur des millions d’années de l’histoire de la terre ou tout a changé continuellement depuis sa naissance , et comparer cela à ce qui est parfaitement compris pour le passé récent , pour lequel je pense que personne sauf quelques climato négationistes ( ou réchauffistes) refusent le fait que c’est le soleil ( et la température) et ses divers cycles d’activité et les cycles astronomiques qui gèrent les teneurs en CO2 de l’atmosphère via les activités de la biosphère
    Vouloir faire croire aux gens que l’effet d’atmosphère des gaz dit à effet de serre n’existe pas est simplement de la non science , mais il est nécessaire de comprendre et quantifier les choses
    Vous me parliez de l’effet du CO2 et des événements DO ; bien sûr que celui-ci ne joue aucun rôle là dedans ; vous oubliez sans doute que ces événements se sont passés quand on traversait la Manche à pied , que toute la Mer du Nord était couverte par la banquise , que l’Arctique n’était plus visité par la circulation thermohaline , mais que le gradient géothermique continuait à réchauffer ses eaux jusqu’à provoquer les débâcles de Heinrich
    Mais pour en revenir à votre première affirmation je vais en parler à Jouzel

    1. Finalement vous en revenez à la première partie des résultats. Apparemment ce qui vous étonne est que l’on puisse tirer des conclusions à partir d’une Terre changeante constamment au fil du temps géologique. La géologie, est non seulement capable de suivre ‘pas à pas’ cette évolution, à la fois aux échelles globale (ci-dessous quelques exemples ‘SCE’):

      https://www.science-climat-energie.be/combien-de-supercontinents-de-type-pangees-depuis-la-formation-de-la-terre/

      https://www.science-climat-energie.be/2019/09/20/le-precambrien-les-bacteries-la-tectonique-des-plaques-et-loxygene-1-2/

      et locale
      https://www.science-climat-energie.be/2018/03/24/les-reacteurs-nucleaires-naturels-existaient-deja-il-y-a-2-milliards-dannees-au-gabon/

      mais elle est armée, outre de ses analyses spécifiques (minéralogie, paléontologie, géophysique …), d’une foule de disciplines liées à la physique, la chimie, la biologie , etc. qui lui permet de reconstituer avec précision la plupart des événements qui ont affecté la Terre. Il est par exemple facile de reconstituer les variations du niveau marin aux échelles locales (niveau marin relatif) et globale (niveau marin absolu) dans des séries aussi anciennes que celles du Précambrien. Les potentiels redox de nombreuses séries sont également assez faciles à reconstituer, etc. Il n’y a donc rien d’étonnant à reconstituer les évolutions de la température ou du CO2 (ou autres) dans des séries. Pour terminer je pense que le terme de ‘négationnistes’ que vous avez utilisé pour les ‘réchauffistes’ ‘ (en général c’est plutôt pour les ‘climato-sceptiques/réalistes qu’il est utilisé !) ne doit pas avoir lieu dans le contexte de la climatologie. Cela ne me semble pas digne d’une attitude scientifique. La géologie est une science assez récente et fonctionne ‘rationnellement’ comme les autres sciences.

      1. @Guillermo
        désolé d’avoir utilisé ce terme ; mais qu’on attribue le réchauffement actuel au seul CO2, ou qu’on refuse une action même minime du CO2 ( et ne parlons pas de la vapeur d’eau) dans ce réchauffement me laisse pantois ; si vous vous placez d’un côté ou de l’autre de ces extrémistes vous perdez ma considération
        frederic sommer

        1. @fritz 4 janvier 2022 19h19 :
          En matière «« d’extrémité »», sans aucune remise en cause intellectuelle de la contribution (ou pas) du CO2 tant incriminé, il suffit d’observer les orientations unilatérales adoptées par la quasi totalité de nos « organismes R&D » au travers du monde, particulièrement ici en UE !
          Organismes qui relèvent pour tout contrat de la subsidiation publique (ou d’un simple opportunisme de marchés futurs) !

          Il me fait ainsi sourire de lire dans l’une de ces innombrables publications [[ Institut Polytechnique de Paris – Newsletter #26 – 07/01/22 ]] au leitmotiv flatteur : « How to reduce the carbon footprint of the construction industry », entre autres l’article de Mohend Chaouche CNRS research director at ENS Paris Saclay ( https://www.polytechnique-insights.com/en/braincamps/industry/how-to-reduce-the-carbon-footprint-of-the-construction-industry/we-can-reduce-co2-emissions-from-cement-by-a-factor-of-10/ )

          [[ Key takeaways
          Cement, which is the main component of concrete, is responsible for approximately 7% of global CO2 emissions.
          The goal of the new Matériaux cimentaires éco-efficaces (MC²E) laboratory, a collaboration between the CNRS, l’ENS Paris Saclay et Ecocem, is to develop alternative low-carbon-impact cements.
          Researchers at the MC²E have managed to reduce the amount of cement in concrete by a factor of five.
          They have also developed a new (patented) cement based on waste residues from the steel industry that has an 80% smaller carbon impact than conventional cement. The new cement is already on the market.
          It might thus be possible to achieve carbon neutrality quite quickly in this area without having to resort to so-called disruptive techniques.
          … Le dérèglement climatique, lié notamment aux 43 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) émises par les activités humaines par an rend urgent l’accélération des activités de recherche dans tous les domaines vers des solutions à faible impact carbone… ]] 

          Et de relever là, comme souvent ailleurs, les promesses de l’I.A. quant à des formulations optimales à adopter dans le secteur. Et aux slogans purement politiciens UE de « carbon neutrality ».
          Il est vrai qu’il y a pas mal de fric à tirer de ces axes appuyés par l’UE.

          Nos amis indiens ou chinois devraient sérieusement y penser, eux qui restent à la traîne (sic) en pas mal de domaines industriels (humour !)

    2. @frederic sommer

      Vous écrivez dans votre commentaire que « Vouloir faire croire aux gens que l’effet d’atmosphère des gaz dit à effet de serre n’existe pas est simplement de la non science ». Il faut rappeler que l’effet de serre est la clé de voûte de l’édifice intellectuel climatique construit depuis 1979 (rapport Charney) et officialisé en 1988 par l’ONU, et au nom duquel la même ONU veut aujourd’hui contraindre l’humanité. Remettre cet effet en question, ce n’est pas de la non science, c’est notre prise de responsabilité la plus élémentaire vis-à-vis de nos descendants, au contraire du béni oui-oui des bien -pensants et autres moutons intellectuels.

      En effet, la question de l’effet de serre du CO2 dans la troposphère n’a rien de trivial: le transfert de chaleur dans la troposphère est convectif et non radiatif, l’absorption infrarouge excite les molécules de CO2 et écarte donc l’atmosphère de l’équilibre thermodynamique, la fréquence des chocs moléculaires est trop élevée pour permettre la désexcitation radiative, l’applicabilité de la loi de Kirchoff n’est pas acquise …

      Ces questions de physique montrent que l’édifice intellectuel du CO2 est branlant, ce qui peut expliquer pourquoi ces sujets sont systématiquement ignorés des rapports du GIEC. La Chine, la Russie et l’Inde l’ont fort bien compris tout comme les Etats-Unis sous le président Trump. Le futur climatique de la planète n’est pas sombre, le réchauffement actuel est banal et très modéré comme le confirme l’analyse des Professeurs Préat et Masson.

      1. Bonjour Professeur Van Vliet,

        Vous qui êtes sûrement au faîte des discussions sur la physique de climat parmi les vrais spécialistes, est-ce que vous pourriez nous informer sur la riposte de la communauté scientifique au Prix Nobel de Physique décerné à Syukuro Manabe pour ses travaux sur l’effet de serre ?

        Officiellement, le Prix Nobel a été attribué à ce modélisateur du climat pour avoir « prédit de façon fiable le réchauffement climatique dû à l’Homme » déjà dans les années 60/70. Or, vous dites si bien que les bases physiques de l’effet de serre sont compliquées, pour ne pas dire plus.

        Je m’attendais à ce qu’une grande partie des physiciens de haut niveau réagisse à ce Prix en dénonçant un scandale – mais je ne vois rien venir. Sûrement il y a une riposte à grande échelle qui s’organise, via les diverses sociétés savantes, genre la European Physical Society ou la American Physical Society ? Vous êtes bien introduit dans ces cercles, il me semble ? Merci !

        1. @ arsene

          Si on excepte la réaction du site suédois de Claes Johnson
          http://claesjohnson.blogspot.com/2021/10/nobel-prize-in-physics-to-climate.html
          on Mathematics and Science: Nobel Prize in Physics to Climate Models which Do Not Model Climate, je n’ai pas connaissance de riposte de la communauté scientifique au Prix Nobel de Physique décerné à Monsieur Manabe pour ses travaux sur l’effet de serre. Mais je partage votre opinion sur cette décision aberrante. Il faut constater que le Comité Nobel a fait de la politique et non de la Science et que la communauté scientifique du 21ème siècle est constituée d’une majorité écrasante de suiveurs bien-pensants plutôt que de chercheurs critiques.

          Pour réinsuffler une COP26 moribonde, comme le prix n’est pas attribué à titre posthume, le Comité Nobel aura probablement recherché parmi les plus anciens partisans du réchauffement anthropique ceux qui pouvaient encore faire illusion. C’est ainsi que MM. Manabe et Hasselmann ont été repêchés: ils sont cités en référence dans les Assessment Reports du GIEC. A mon avis, le seul vrai Prix Nobel de Physique aurait dû être décerné à Monsieur Parisi qui est ainsi victime de la politicaillerie climatique.

          Au niveau des sociétés savantes, je renvoie à la dernière prise de position très militante (novembre 2021) de l’American Physical Society
          https://www.aps.org/newsroom/pressreleases/climate.cfm

          1. Merci beaucoup de votre réponse ! En effet, la position de l’American Physical Society est parfaitement alignée avec le GIEC et le Comité Nobel, c’est impressionnant …

  4. Je n’ai pas compris comment cette étude pouvait sortir ce second résultat… Elle constate juste une corrélation entre les pics de CO2 et les extinctions et renvoie à une étude sur l’acidification de l’océan. Tout cela tient en 2 phrases !
    De même dans une étude de 2020 d’un des auteurs sur « Antarctic Winds », il est ajouté une petite phrase « correcte » sur la lutte contre le CO2 !
    Cela donne l’impression d’une excuse pour pouvoir publier une critique sur la théorie de l’effet de serre anthropique.

    Ôtez moi d’un doute, le carbone, cela rentre bien dans la composition d’un tas d’êtres vivants, non ?

    1. @amike

      Comme mentionné dans notre article consacré essentiellement au premier résultat de l’étude de Davis, son second résultat n’est pas discuté, ni par nous, ni par l’auteur. Nous avons mentionné quelques articles en fin de la section 4a pour ceux qui souhaitent aller plus loin. L’auteur ne se prononce pas clairement sur le sujet et cite principalement un article assez ancien (1984) mettant en, évidence le CO2 et les extinctions de masse des organismes, et deux autres articles concernant l’acidification. La recherche sur les extinctions est aujourd’hui très active et presque toutes sont liées à des causes multi-factorielles, elles-mêmes liées à une ‘cascade’ d’événements à la fois sur le court-terme (‘instantannée’ géologiquement parlant) et le moyen terme. Un bon exemple concernant l’extinction de la fin du Dévonien (limite Frasnien/Famennien), illustrant bien cet aspect multi-causal est donné ici :

      https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0920544605800020

      La littérature sur la biodiversité (actuelle, voir les biologistes) et phanérozoïque (voir les géologues et les biologistes) est immense et en pleine discussion, par exemple:

      https://www.pnas.org/content/118/41/e2101900118

      Retenons, pour la géologie, que de nombreuses extinctions ‘dites de masse’ apparaissent beaucoup moins brutales, soudaines que ce que l’on croyait.
      Nb je ne comprends pas votre avant-dernière phrase ?, et pour la dernière, le carbone est un des constituants majeurs des êtres vivants (avec l’hydrogène, l’oxygène et l’azote).

  5. Bonjour, Juste une rectification : MODTRAN n’est pas un freeware. C’est une application propriétaire et payante ( http://modtran.spectral.com/modtran_order ). Il est développé et maintenu par Spectral Science Inc. ( https://www.spectral.com/ ) et le Air Force Research Laboratory. C’est une application validée, reposant sur des bases physiques solides, utilisée, depuis des années, par une large communauté d’experts à travers le monde, dans des domaines aussi variés que les nanosciences, l’imagerie et la télédétection par satellite, les sciences de l’environnement, la dynamique des gaz… Merci par avance de corriger votre article. Cordialement.

  6. Je lis sur Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9chauffement_climatique) :
    « Il existe un très large consensus scientifique sur le fait que les températures à la surface du globe ont augmenté au cours des dernières décennies et que cette tendance est principalement causée par les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, 90 à 100 % (selon la question exacte, le moment et la méthode d’échantillonnage) des climatologues publiés étant d’accord337,338. Le consensus est passé à 100 % parmi les chercheurs scientifiques sur le réchauffement climatique anthropique en 2019. »

    Il y a même un article dédié au consensus scientifique sur le réchauffement climatique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Consensus_scientifique_sur_le_r%C3%A9chauffement_climatique) dans lequel on lit :
    « Le consensus scientifique sur le réchauffement climatique est reflété par les rapports de synthèse, les déclarations d’organisations scientifiques d’importance nationale et internationale, ainsi que les sondages d’opinion auprès des climatologues. Actuellement, la communauté scientifique dans son ensemble endosse la position du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de janvier 2001, statuant qu’un nombre grandissant d’observations démontrent la réalité du réchauffement planétaire, et que le réchauffement observé depuis les 50 dernières années est en grande partie attribuable à l’activité humaine. »

    Il faut donc croire vous êtes un courageux outsiders ! Soit, c’est tout à votre honneur. Trois remarques cependant :

    Affirmer que la concentration de CO2 atmosphérique et la température du globe sont peu corrélés à l’échelle des temps géologiques, pourquoi pas, et c’est d’ailleurs intéressant, mais c’est tout de même passer sous silence les sorties de périodes glacière ‘boules de neige’ comme la glaciation huronienne il y a 2,4 milliards d’années ou la glaciation sturtienne (il y a 720 millions d’années), qui ont été possibles grâce aux émissions de CO2 volcanique. (https://lejournal.cnrs.fr/articles/quand-la-terre-etait-une-boule-de-neige)

    Affirmer que le forçage radiatif marginal du CO2 diminue lorsque la concentration augmente et donc que les efforts de réduction des émissions de CO2 sont quasiment vains, là aussi, c’est une information intéressante et plausible à laquelle je reste ouvert. Mais alors les modèles du GIEC seraient entièrement faux ? Tous ces scientifiques passionnés, grands experts mondiaux en modélisation et en climatologie seraient donc dans l’erreur depuis des décennies ? C’est possible, mais personnellement, j’ai du mal à y croire.

    Par contre, à l’heure qu’il est, dire que le réchauffement climatique observé ces 100 dernières années est entièrement « naturel » et n’a aucun lien avec les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique (CO2 / CH4 ou autre) (ce que Davis ne semble d’ailleurs pas soutenir), là désolé mais c’est une ânerie du même acabit qu’affirmer que la Terre est plate.

    1. Tout comme vous je m’informe régulièrement sur Wikipedia. Depuis quelques années déjà, la « culture woke » et la « cancel culture » y sévissent à l’encontre de tout ce qui n’est pas la doxa bien-pensante, en particulier en matière de vaccination anti-Covid et de changement climatique. Quant à nous, chez SCE, nous sommes des Libre-Exaministes convaincus, et sommes intimement persuadés que « du Choc des Idées jaillit la Lumière» (Poincaré).
      Je vous conseille de consulter Google scholar, Researchgate, Scholarpedia, Semantic scholar, Sci-hub.do, ou Academia pour avoir une vue quelque peu plus nuancée sur ces problèmes. Une vraie recherche bibliographique peut se faire en consultant des banques de données académiques (certaines sont gratuites et accessibles à tout un chacun), comme par exemple : https://www.sciencedirect.com/, https://www.scopus.com/, ou encore https://www.webofknowledge.com/

      Cela dit, le consensus est un concept qui n’a pas sa place en sciences exactes, une catégorie à laquelle la climatologie prétend appartenir. Un seul fait expérimental inexpliqué suffit à faire rejeter une hypothèse scientifique. Des hypothèses scientifiques qui par la suite se sont avérées fausses ont parfois la vie dure (système planétaire centré sur la Terre, dérive des continents, l’éther atmosphérique, auquel croyait Arrhenius, le père de la théorie de l’effet de serre, pour n’en citer que quelques-unes).
      Ajoutons que l’affirmation relative au consensus faite dans l’article Wikipedia est mensongère. Il n’y a pas consensus. Pa r exemple le site « No trick zone » (https://notrickszone.com ) a recensé plusieurs centaines d’articles ‘peer reviewed’ allant à l’encontre des thèses défendues par le GIEC »: ces articles confirment tous que c’est l’activité solaire et pas la concentration atmosphérique en CO2 qui définit le climat ».

      En ce qui concerne la théorie de l’effet de serre atmosphérique, nous vous renvoyons à l’exposé du professeur Georges Geuskens, spécialiste en spectroscopie, sur ce site (https://www.science-climat-energie.be/2020/12/11/leffet-de-serre-et-le-bilan-energetique-de-la-terre/#more-14552). Il y est expliqué que l’effet de serre ne peut être que très faible dans les basses couches de l’atmosphère, du fait de la concurrence avec les échanges convectifs entre molécules actives et inertes, et les courants macroscopiques échangeant les masses d’air intertropicales avec les polaires (cycles de Hadley, cycles polaires) ainsi que par les échanges avec l’Océan et les courants qui y circulent (notamment le « conveyor belt », répartissant la chaleur accumulée tout autour du Globe). Remarquez au passage qu’il n’est pas le seul à penser ainsi : Einstein était arrivé aux mêmes conclusions il y a déjà plus d’un siècle.

      Pour ce qui est du dérèglement climatique, le climat a toujours varié aussi significativement qu’aujourd’hui, de façon strictement naturelle, et il en sera ainsi à l’avenir, dans un sens et dans l’autre, quoi que l’on fasse. Car tout simplement, les émissions anthropiques de CO2 ne font que 5% des émissions totales de CO2, que le Principe d’indiscernabilité dit qu’une molécule de CO2 se comporte comme toute autre molécule de CO2, quelle que soit son origine. Que par ailleurs, le climat en un point donné dépend, outre de la concentration en CO2 dans l’atmosphère (qui résulte de la distribution des temps de séjours des émissions de CO2), d’un certain nombre de facteurs naturels parfaitement incontrôlables : activité solaire, rayonnement cosmiques (intervenant dans la nucléation des nuages) et bouclier électromagnétique de la Terre et du soleil, conjonction des Planètes et de la Lune, position du Soleil par rapport au centre de masse du système solaire ; ces derniers effets induisant des contraintes mécaniques dans la croûte terrestre, en particulier aux jonctions des plaques tectoniques ou autres « hot spots » où se produisent alors des éruptions volcaniques etc. Et que l’exercice auquel nous nous sommes livrés montre que ces derniers sont des facteurs significativement plus importants que la concentration en CO2 atmosphérique. Il ne s’agit pas d’un modèle, basé sur l’une ou l’autre théorie et ses hypothèses sous-jacentes plus ou moins occultes. Il s’agit d’une analyse des composantes de séries temporelles et d’une analyse par intelligence artificielle (text mining & contextual analysis) d’articles scientifiques ayant conduit au schéma conceptuel ci-joint (https://www.science-climat-energie.be/2019/10/22/la-science-classique-sarrete-ou-commence-le-chaos/).

      Pour se focaliser sur les modèles cités par le GIEC, quatre remarques s’imposent:

      1- Tout modèle informatique ne fait que traduire les codes que l’on y introduit. Si l’on indique au programme que lorsque le CO2 atmosphérique augmente, la température augmente, les résultats du modèle iront dans ce sens , mais cela ne constitue pas une preuve. John von Neumann, un des pères de l’informatique résumait cette vérité par une formule choc : « Donnez-moi 4 paramètres et je vous dessine un éléphant avec mon ordinateur; avec un cinquième paramètre, il balancera la queue ».

      2- Tout modèle informatique comprend des paramètres qu’il faut ajuster sur les données du passé les plus anciennes (phase calibrage) et puis vérifier sur les données les plus récentes (phase test ou validation), avant de procéder à des projections (vers le futur). Les modèles du GIEC ne passent pas la phase test : ils surchauffent.

      3- Plus techniquement, les modèles du GIEC sont basés sur un certain nombre d’hypothèses irréalistes
      i. Un « climat global » n’existe pas physiquement, tous les géographes vous le diront (voir également plusieurs articles parus sur SCE).
      ii. Ces modèles supposent l’équilibre local dans des cellules élémentaires (100km*100km au niveau du sol) connectées et échangeant entre-elles. Le climat n’a jamais été, n’est pas, et ne sera jamais à l’équilibre, sinon il n’y aurait aucun flux de matière ou d’énergie entre les divers « compartiments » qui le constituent. Considérer que la seule perturbation possible par rapport à cet équilibre résulte des émissions de CO2 anthropique est une erreur conceptuelle de base.
      iii. Calculer une anomalie globale de température est un non-sens physique (la température étant une grandeur intensive donc par essence locale). Voir également plusieurs articles parus sur SCE
      iv. Calculer une anomalie globale de température induit des biais algorithmiques résultant du calcul des moyennes temporelles et spatiales, et de la longueur comparée de la fenêtre de mesure et des (pseudo-)périodicités des séries temporelles locales ; ce qui induit des « effets de bord et de longueur de la fenêtre de mesure». Voir https://www.science-climat-energie.be/2019/07/24/climate-about-which-temperature-are-we-talking-about/
      v. Par ailleurs, en mélangeant des données moyennées sur de longues périodes (par lissage ou manque de résolution temporelle) avec des données à plus grande résolution temporelle (comme les mesures récentes), vous accordez automatiquement une plus grande importance aux fluctuations récentes (c’est une des erreurs méthodologiques de M. Mann) et vous ne respectez plus les conditions d’isoscédasticité des résidus de vos ajustements, ce qui rend tout calcul de l’intervalle de confiance de vos « projections » impossible (problème de non estimation de la propagation des erreurs). Il convient en fait d’appliquer aux résultats récents un calcul de moyennes mobiles de même ordre que l’intervalle de temps entre deux mesures anciennes, pour éviter cet écueil
      vi. La cause principale du réchauffement climatique serait l’effet de serre atmosphérique induit par l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2. L’existence même d’un effet de serre atmosphérique est contestable, ne fut-ce que parce qu’un gaz n’est pas un corps noir et qu’on peut même se demander quelle est sa surface (https://www.researchgate.net/publication/252053166_Falsification_Of_The_Atmospheric_CO2_Greenhouse_Effects_Within_The_Frame_Of_Physics)
      vii. D’autres facteurs viennent amplifier ou désamplifier l’effet du CO2, sous forme de forcings.
      viii. Le concept de forcing est mathématiquement comparable à une boucle de rétroaction
      ix. Le forcing global est la somme de plusieurs rétroactions agissant en parallèle, chacune étant
      a. Linéaire
      b. Indépendante des autres
      c. Instantanée
      x. Certaines rétroactions sont positives d’autre négatives et seule leur somme est prise en compte par le GIEC; ce qui veut dire que si un terme négatif est mal connu et disons surestimé (comprenez l’effet des nuages par exemple), automatiquement l’effet positif du CO2 sera surestimé, et les modèles « surchauffent ». C’est exactement ce qui se passe et après de longues années, le GIEC a fini par l’admettre.

      4. Enfin, ces modèles intègrent les équations de Navier-Stokes, régissant les échanges entre cellules élémentaires, par un algorithme de Runge-Kutta d’ordre 5, et malheureusement pour eux, ce système d’équations est mathématiquement chaotique, c’est-à-dire extrêmement sensible aux conditions initiales et à la valeur des paramètres, et donc quasiment non reproductible et encore moins extrapolable. Illustration in (https://www.science-climat-energie.be/2019/10/22/la-science-classique-sarrete-ou-commence-le-chaos/).

      En termes laconique, nous affirmons que « les résultats des modèles numériques cités par le GIEC, c’est du pipeau ». Malheureusement les décideurs politiques y croient.

  7. Merci pour votre réponse. Bon j’ai passé mon dimanche à m’informer sur la question car je dois bien avouer que les thèses climato sceptiques m’ont mis le doute, et je suis généralement ouvert aux positions qui se détachent de l’opinion publique et qui font généralement face à la puissance médiatique de certains lobbys comme typiquement pour la vaccination. Je suis de formation scientifique et j’aime aller au fond des choses, alors j’ai mené ma propre enquête. Eh bien mon cher, ni vous, ni tous les liens et conférences climatosceptiques que j’ai parcourus ne m’ont convaincu. Faute de temps, je ne répondrai pas à vos arguments mais je vais laisser quelques liens qui j’espère permettront aux internautes un peu perdus comme moi de se faire une idée solide et définitive sur les thèses climatosceptiques :
    Les excellentes analyses du réveilleur :
    Analyse conférence Courtillot : https://www.youtube.com/watch?v=WZb-y_N4ZwY&amp;
    Analyse conférence Gervais : https://www.youtube.com/watch?v=XGq4WRTLfvc
    Et un lien essentiel qui démonte soigneusement un à un tous les arguments des climatosceptiques (et il y en a beaucoup !) : https://skepticalscience.com/argument.php

    J’ajouterais que l’argument classique de la ‘politisation’ du problème est complètement creux et ne tient pas debout une seconde. En supposant que les émissions de CO2 d’origine anthropique aient un effet négligeable sur le climat, d’un point de vue purement économique, aucun pays n’a intérêt à réduire ses émissions, bien au contraire. En revanche, la réduction des émissions de CO2 va à l’encontre d’intérêts vitaux de puissants lobbys. Voilà pourquoi les rapports soi-disant ‘sérieux’ mais bourrés de malhonnêteté et de mauvaise foi scientifique (comme votre article et vos réponses qui grouillent de plus de termes compliqués pour tenter d’impressionner et de perdre vos lecteurs) sur lesquels s’appuient la plupart des climatosceptiques sont financés par de grands pétrolier comme ExxonMobil. Donc dans cette affaire, on a bien de puissants lobbys face à la science et non le contraire. Le cas est en fait assez similaire au tabagisme, à la consommation de produits laitier ou de viande rouge. Ici, bonjour la désinformation, la manipulation et la mauvaise foi.

    Cela m’a mené à me poser une question : pourquoi y a-t-il des climato-sceptiques ? Je vois deux grandes raisons :
    – 1) Raison économique : nous l’avons vu plus haut, toutes les instances dont les intérêts sont menacés par la réduction des émissions de CO2. Typiquement l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon.
    – 2) Raison morale : ce sont les gens dont vous faites sans doute partie, et qui se nourrissent des rapports financés du fait de la raison No. 1. La majorité sont vraisemblablement des ‘vieux’, qui ont envie de vivre leurs dernières années et de partir de ce monde en se disant que finalement tout va bien, qui ne supportent pas la culpabilité liée au fait de faire partie d’une génération qui a bousillé la planète et le climat, compromettant sérieusement l’avenir de l’humanité à quelques décennies. C’est sans doute pour cette raison que dans la minorité des personnes se disant scientifiques et tenant des positions climato sceptiques, on trouve tant de professeurs ‘émérites’, ce qui est juste un terme un peu classe pour dire professeur à la retraite. Qui plus est, la plupart d’entre eux (voir la totalité je n’ai pas vérifié) ne sont pas climatologue, mais physiciens, géologues ou d’une autre branche de la science ayant un rapport plus ou moins lointain avec le climat. Force est de constater que ces retraités n’ont rien trouvé de mieux à faire de leur temps que d’alimenter des contre-vérités sur le net au sujet du réchauffement climatique contemporain.

    Ce qui est triste dans cette affaire, c’est qu’il est très difficile de faire changer d’avis de telles personnes, prises au piège dans leur propre monde de fausses vérités, de paranoïa, de contradictions logiques et de mauvaise foi, qu’eux et leurs amis climato sceptiques continuent d’alimenter malgré l’évidence aveuglante des faits et des connaissances scientifiques actuelles, en tombant lamentablement dans le piège du biais de confirmation. Heureusement, il y a tout de même des beaux exemples de climato sceptique qui ont fini par changer d’avis (là encore face à l’évidence des faits), et il n’est pas trop tard pour vous non plus mon cher monsieur :
    http://www.slate.fr/story/39069/climatosceptiques-evolution
    https://www.maxisciences.com/climato-sceptique/rechauffement-climatique-richard-muller-change-d-avis_art25985.html

    Néanmoins, un argument ‘climato sceptique’ a retenu mon attention et je le pense valide à certains égards. C’est en fait l’argument de Davis, qui au passage fait tout un tas d’analyses complexes sur des mesures expérimentales pour tomber sur un résultat trivial et simplement expliqué par la physique, qui est la relation logarithmique entre la concentration de CO2 et le forçage radiatif. Davis conclut que puisque la relation entre la concentration de CO2 et le forçage radiatif est logarithmique, maintenant qu’on a balancé beaucoup de CO2 dans l’atmosphère, les efforts de réduction d’émissions ont de moins en moins de sens. C’est vrai. Autrement dit, étant donné que la catastrophe est déjà plus ou moins écrite, cela vaut-il le coup de mettre à plat nos économies pour un pouillème de changement ? à mon sens (et au sens de beaucoup d’autres je pense), il parait raisonnable de penser que moins on en balance, mieux c’est pour l’avenir de l’humanité, même en considérant l’aspect chaotique du changement climatique qui se produit actuellement, et ce fameux phénomène de ‘tipping point’.

    Je finirai comme suit. Les personnes qui défendent des thèses controversées, voire très controversées utilisent souvent les deux arguments suivants :
    1) Les lobbys, la politique, les puissants de ce monde nous cachent la vérité (ce qui peut tout à fait arriver) => nous en avons déjà parlé, dans le cas du changement climatique anthropique, cela ne tient pas debout. De plus, le GIEC, c’est du solide. Il s’agit d’un organisme intergouvernemental créé justement de manière à être le plus indépendant et objectif possible. Il est fondé sur le principe de consensus et s’appuie majoritairement sur des publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.

    2) L’argument ‘Galilée’ : ils sont les malheureux incompris de la communauté scientifique, les grands génies mis de côté, qui ont raison face à cette majorité écrasante d’experts idiots n’ayant pas vu tant de faits aussi évidents et qui ont faux sur toute la ligne, la minorité dans le vrai comme l’était Galilée avec l’héliocentrisme ou Einstein avec l’éther luminifère. Bon déjà Galilée, c’était il y a 500 ans, dans un monde où la science en était encore à ses balbutiements et surtout où la religion avait un énorme pouvoir pour empêcher des vérités scientifiques ‘dérangeantes’ d’émerger. Mais aujourd’hui, en ce qui concerne le changement climatique, l’effet lobby est dans l’autre sens ! à l’heure qu’il est, la science du climat est mature, et encore une fois, dire à un climatologue que le forçage radiatif du CO2 ou du méthane n’ont pas ou très peu d’impact sur le climat de ces dernières décennies est une aberration, une énormité à peu près du même ordre que de dire à un physicien que la gravitation n’existe pas. Pour ce qui est d’Einstein et de son éther, ce fut certes un changement de paradigme fort, mais qui a rapidement très bien été accepté par la communauté scientifique. Enfin, l’argument ‘Galilée’ oublie de mentionner le nombre infiniment plus grand de scientifiques et d’imposteurs qui sont (ou étaient) effectivement dans le faux face à la majorité.
    En somme, je pense qu’il devient de plus en plus honteux (et difficile !) de tenir des propos climato sceptiques, et je vous souhaite bien de changer d’avis mon cher monsieur. Le changement climatique actuel est quelque chose de grave, et si vous n’en n’êtes pas convaincu allez échanger quelques mots avec des agriculteurs, vous m’en direz des nouvelles.
    Bien à vous.
    PS. Je ne formulerai plus de réponse.

    1. Dont acte. Quand on n’est pas capable d’argumenter sur le fond, il vous reste les attaques personnelles. Un stratagème bien connu depuis Schopenhauer (« comment avoir raison même quand on a tord »). Egalement de Jean Cocteau ‘Il ne faut pas confondre la vérité avec l’opinion de la majorité’.

  8. Bonjour à tout le monde !
    Pour prolonger ce débat fort intéressant, je propose de quitter notre vision obnubilée par le problème du CO2 et l’élargir à d’autres facteurs qui eux-aussi pourraient jouer un rôle non négligeable dans les changements climatiques qui nous préoccupent tant ces jours.

    Au cours de ma carrière, j’ai appris  qu’avant de trouver des solutions à un problème, il est nécessaire d’en  faire le diagnostic le plus précis possible en recherchant toutes les causes du problème, les trier par ordre d’importance apparent tout en distinguant bien ce qui est cause et ce qui est effet.  

    Je propose, pour un instant, de se focaliser sur ce qui a le plus changé, entre 1860 et nos jours et qui pourrait avoir une influence sur les changements climatiques. Il y a :

    – La concentration du CO2 dans  l’atmosphère. Elle  a passé de 280 ppm en 1860 à environ 417 de nos jours, soit une croissance moyenne annuelle d’environ 1,0024. Ce qui fait qu’en 162 ans, le taux de CO2 dans l’atmosphère a augmenté au total d’un facteur d’environ 1,5  correspondant à un changement de la composition chimique de l’air d’un facteur de l’ordre 1,0001

    –  La température moyenne à la surface de la Terre (pour autant que cette valeur ait un sens physique). Cette dernière  a  augmenté d’un facteur de l’ordre            
    de 1,08 quand latempérature est exprimée en °C,            
     de 1,03 quand la températureest exprimée en °F             
    de 1,004 quand la température est exprimée en valeur absolue, soit en °K

    – La population humaine mondiale. Elle a augmenté d’un facteur proche de 7

    – Les activités humaines annuelles soutenues par n’importe quel type d’énergie autres que celles du cerveau et des muscles humains. Ces activités annuelles sont de nos jours plusieurs centaines de fois, voire1000 fois, supérieures à ce qu’elles étaient en 1860. (Explications dans l’Annexe A du livre « Civilisation, biosphère et climat », 2022 Ed. : Publishroom Factory) 

    Quasiment toutes les activités humaines perturbent la biosphère d’une manière ou d’une autre. Nous devons alors considérer que c’est le cumul des activités humaines passées et présentes qui modifient notoirement l’état de la biosphère. Ce cumul est gigantesque. Mais, puisque tout est lié dans la Nature, biosphère et climat le sont également. Si donc l’Homme modifie la biosphère par l’ensemble de ses activités, il modifie aussi le climat.
    Si on accepte ce postulat, alors remplacer les énergies fossiles par d’autres  types d’énergies, comme le suggère le GIEC, risque d’être inefficace tant sur le climat que sur la biodiversité.

    Alors que faire ? Décroitre le total des activités humaines ? C’est une vue de l’esprit totalement incompatible avec le fonctionnement de notre civilisation mondialisée. La probabilité qu’une organisation humaine se mette d’accord suffisamment tôt pour établir un programme de décroissance des activités humaines est proche de zéro.

    Et si c’était la Nature, que l’Homme civilisé a prétendu vouloir contrôler,qui aura le dernier mot ? L’étude de la biosphère montre que cette dernière à une faculté immense de maintenir un équilibre, certes instable, mais un équilibre tout de même de l’ensemble de son fonctionnement. Il est alors possible que la biosphère « voit » notre civilisation comme un superprédateur mettant en danger de nombreuses espèces et le bon fonctionnement de la chaîne alimentaire. Ce n’est pas  la première fois que cela lui arrive. Elle a montré jusqu’ici que, passé un niveau de déséquilibre, elle était capable de mettre en place un certain nombre d’actions multiples et variées dont le but est de ramener l’importance du super prédateur à sa valeur congrue. En clair, et en ce qui nous concerne, ce qui est à risque n’est pas tant la biosphère et encore moins la planète, mais bien l’organisation de notre civilisation maintenant mondialisée.
    Si cette vision de la situation devait être reconnue comme valable alors toutes les stratégies dites écologiques du moment devraient être reconsidérées. 

    Au cas où cette vision des choses vous intéresse, vous trouverez plus d’informations dans le petit livre  Civilisation,biosphère et climat, publié en mai 2022 par Publisroom Factory, voir ici (https://www.durabilitedudeveloppementdurable.com/).

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