Réflexion sur la pétition des 11 000 ‘scientifiques’

par Prof. Dr. Paul Berth

La “pétition des 11 000” a été publiée dans le journal BioScience le 5 novembre 2019. Dans un style ultra-alarmiste, Ripple et ses collaborateurs nous apprennent que le CO2 et les gaz à effet de serre (GES) sont à la base de tous nos problèmes. Rien de nouveau ici : rappelons que le même auteur a publié un article très semblable il y a deux ans, en novembre 2017, et ce dans la même revue (BioScience). Il avait cependant fait mieux il y a deux ans puisqu’il avait récolté 15 000 signatures. Au total, 4 000 scientifiques se sont donc désistés cette année… Avant de lire le présent article, commencez par l’analyse de 2017 (cliquez ici). Comme vous le verrez, les conclusions tirées peuvent être appliquées au nouvel article de 2019.

La solution proposée par Ripple et ses “suiveurs” est simple : il faut arrêter immédiatement d’extraire du pétrole, du gaz et du charbon et laisser tout cela dans le sous-sol. Comme charité bien ordonnée commence par soi-même vous pourrez déjà vérifier, en consultant la liste des pétitionnaires, que les 234 scientifiques belges signataires de la pétition vont travailler le matin à vélo et se chauffent aux éoliennes. Dans le présent article nous allons analyser le nouveau texte publié dans BioScience.

1. Le journal BioScience

BioScience est une revue scientifique mensuelle à comité de lecture publiée par Oxford University Press, pour le compte de l’American Institute of Biological Sciences (AIBS). Il fut créé en 1964 et était précédé par le Bulletin AIBS (1951-1963).

La revue publie des revues de littérature (des “reviews”) sur des recherches actuelles en biologie, ainsi que des essais et des sections de discussion sur l’éducation, les politiques publiques, l’histoire de la biologie et des questions théoriques.

2. Les auteurs de la pétition

Les auteurs de la pétition des 11 000 sont  au nombre de 5. Ils sont pour la plupart biologistes et proviennent des USA et d’Australie : William J. Ripple (premier auteur), Christopher Wolf, Thomas M. Newsome, Phoebe Barnard et William R. Moomaw.

W.J. Ripple et C. Wolf font partie d’un Département des Ecosystèmes Forestiers (Université d’Etat de l’Oregon, USA). T.M. Newsome d’un Département des Sciences Environnementales (Sydney, Australie). P. Barnard fait partie d’un Institut de Biologie de la Conservation (Oregon, USA). W.R. Moomaw fait également partie d’un Institut étudiant l’Environnement (Massachusetts, USA).

3. Le texte de la pétition

L’article de Ripple et al. est publié dans la partie “Viewpoint” (point de vue) du journal. Cet article ne comporte donc aucune observation nouvelle, aucun raisonnement mathématique, aucune expérience, aucune hypothèse. Il ne fait que résumer le point de vue des 5 auteurs susmentionnés. Sur deux pages, 29 petits graphiques sont présentés et l’on peut voir de nombreuses courbes croissantes (population humaine, nombre de ruminants, consommation d’énergie, transport aérien, émissions de CO2, émissions de GES, etc.) et plusieurs courbes décroissantes (surface des glaces, épaisseur des glaciers, acidité de l’eau de mer, taux de fertilité humain).

L’article, très court (5 pages), adopte un ton ultra-alarmiste et dit simplement que toutes les courbes croissantes et décroissantes sont causées par le CO2 d’origine anthropique et autres GES. Les travaux du GIEC sont ensuite cités.

Après avoir écrit l’article, et comme pour leur pétition de 2017, des scientifiques du monde entier ont été contactés pour leur demander un soutien. Il suffisait de cliquer sur un site web et d’indiquer ses coordonnées, et éventuellement sa spécialité.

Au total, environ 11 000 “scientifiques” ont cliqué. Nous ne savons bien entendu pas s’ils ont lu l’article de la pétition ni s’ils ont lu les volumineux rapports du GIEC.

4. Analyse des signataires

Grâce à la fonction logicielle “Recherche” il est facile de compter certains mots dans la liste des signataires. Parmi les 11 000 signatures nous trouvons environ 3500 biologistes et médecins (repérés grâce aux mots “Biology, Ecology, Plant, Genetics, Entomology, Neuroscience, Immunology, Medicine, Zoology, Microbiology, Veterinary, Biochemistry, Anthropology”). Nous trouvons ensuite 1500 étudiants  en doctorat (PhD students et PhD candidates).

Viennent ensuite : 231 physiciens, 124 chimistes, 87 océanographes, 75 astrophysiciens, 65 mathématiciens, 55 géologues, 32 glaciologues.

Curieusement, il n’y a que 14 climatologues (“Climatology”) et le terme “climate” ne revient que 151 fois.

Nous avons donc environ 6000 scientifiques signataires dont la spécialité est bien identifiée, plus de la moitié étant des biologistes et médecins.

Tout le reste, soit 5000 scientifiques, n’ont pas indiqué leur spécialité. Nous savons juste qu’ils sont Professeur, assistant Professeur, ou autre.

5. Conclusion

L’article publié dans BioScience est  rédigé par 5 personnes. Via internet, 11000 “suiveurs”, essentiellement des biologistes et des étudiants, ont ensuite cliqué sur “I like”, comme pour un célèbre média social. Que savons-nous des connaissances climatiques des 11 000 suiveurs? Si l’on en prenait quelques-uns au hasard pourraient-ils vous donner le taux d’accroissement annuel du CO2 atmosphérique ? Sauraient-ils vous parler de l’optimum climatique médiéval, des données satellitaires, des carottes de glace ou encore des rapports 13C/12C de l’atmosphère? Probablement pas.

Nous pouvons parier que beaucoup de ces scientifiques et étudiants ont simplement suivi le mouvement et signé sur base d’un sentiment négatif face aux nombreuses pollutions affectant les écosystèmes, mais sans rien connaître de précis sur le dossier du CO2. A nouveau l’amalgame climat et pollution a joué pleinement et les médias sont une fois de plus tombés dans le panneau.

Comme mentionné dans la critique de la pétition des 15 000, rappelons ici la fameuse pétition de l’Orégon en 2008, rassemblant 31 000 signatures, dont 9 000 docteurs en sciences (PhD) qui rejetait la théorie du réchauffement anthropique causée par le CO2 et demandait le retrait du protocole de Kyoto. Mentionnons également la récente lettre de 700 scientifiques dont un Prix Nobel, adressée aux Nations Unies en Octobre 2019, et dont le titre était “There is no climate emergency”. Ou encore, la pétition de 90 scientifiques italiens parue en juin 2019. Comme vous pouvez le voir, de nombreux scientifiques, dans le monde entier, rejettent les théories alarmistes véhiculées par le GIEC et les médias. Ce n’est pas parce qu’ils sont actuellement minoritaires qu’ils ont tort, car la science ne fonctionne pas à la majorité ‘absolue’ comme dans une démocratie!

7 réflexions au sujet de « Réflexion sur la pétition des 11 000 ‘scientifiques’ »

  1. En fait, ce sont encore et toujours les thèses alarmistes du GIEC qui sont reproduites. La presse ne répercute que ces théories, jamais, jamais un article contradictoire et jamais non plus un ou des invités sur plateaux TV qui, bien qu’étant climatologues compétents soutiennent une vision différente. Il s’agit vraiment d’un matraquage, hélas efficace auprès du grand public car il devient difficile en société d’avoir un avis dissident sur cette question.

  2. Merci de votre recensement par types de métiers parmi les 11000.
    Le profil moyen affiché là par nos 234 belges dénote par sa quasi absence de VRAIS climatologues, (sinon des spécialités adjacentes ; celles dites affectées par le changement climatique… qualifié d’origine anthropique), aussi par l’absence de quelques météorologues patentés ayant leur propre expérience des phénomènes climatiques ! Si d’aucuns y acceptent une richesse multidisciplinaire, le procédé dont usent ces 5 auteurs de BioScience (par recours aux distrilist et réflexes likes) reste assez douteux, sinon mercantile !

    Cela, tandis que « une étude géo 2050 » non identifiée par la journaliste qui en colporte les dires nous prédit qu’outre l’Asie, la Belgique sera alors inondée sous une montée Noordzee et ses vagues jusqu’à Malines (via le Rupel) ? Ainsi nos camarades d’UGent et UIA risquent eux d’avoir péri via une montée (non explicitement décrite de l’Escaut via Canal de Terneuzen … Tout en gardant Antwerpen à l’abri du fléau ? Je comprends donc l’inquiétude prégnante de ces signataires à vouloir être sauvés du « déluge 2050 » !

    Quelles motivations mènent de si nombreuses gens à adhérer aux prédictions ? Je me risque ici à une analyse toute personnelle … fondée sur l’observation !
    1) l’épuisement prédit de ressources naturelles (donc gardez-les enfouies) = stop aux exploitations de mines, Oil&Gas, océans, …). Haro sur vos besoins, vivez frugaux, etc. !
    2) un intérêt actif pour la “chasse aux projets subsidiés » (voir cette fonction parmi toutes les universités en quête de ressources, hors leurs dotations tant politisées )? Analyser autant la manière d’élaborer les « programmes-cadres » R&D successifs de l’UE (avec du lobbying), assortis de consortiums imposés pour leur réalisation, voulue « transversale et multi-Etats » ?
    3) l’évident activisme idéologique : tout va au vert et à une nature intouchée. Soit un radicalisme peu pragmatique, appuyé sur un vaste rejet du progrès humain (qui dénature ?). Avec son corollaire : soit la culpabilisation moralisante et une spiritualité alternative [1]
    4) la pression publique dominante, plus celle intimidante au sein même du « milieu R&D » ? Une pression diffuse qui rejaillit sur les meilleurs. [2]
    5) Regards sur les médias d’un automne qui avance ? L’accent s’est déporté de la chaleur météo vers les océans qui monteraient (bien au-delà de l’entendement) et des « pollutions toxicologiques » : p.ex. les plastiques, etc. qui y sont maintenant mis à toutes le sauces ! Suivront encore d’autres thèmes, après la COP madrilène.

    [1] https://www.contrepoints.org/2019/11/15/357811-pourquoi-les-ecologistes-naiment-pas-la-prosperite
    [2] Même un conférencier plaisant et compétent (philosophe des sciences et physicien) tel Etienne Klein a dû basculer sur certains propos vers le camps des Jouzel & Co français ! Suivre son blog en rubrique “énergie”. Assez navrant pour un érudit d’envergure…

  3. A tous
    Je ne suis pas spécialiste mais je pense un bon scientifique de base.
    Pour être climatologue il faut rassembler des connaissances pointues en géologie, botanique, vulcanologie, glaciologie, météorologie, astronomie, physique, chimie, mécanique des sols, sismologie, mathématique (pour le calcul des modèles par éléments finis, comme pour les calculs modernes de résistance des matériaux, pour les probabilité comme en mécanique quantique,…) et d’autres. “UN” climatologue n’existe pas!
    Le GIEC ne fait pas de recherche propre. Le GIEC rassemble 195 pays dans le cadre de l’ONU. Les scientifiques du GIEC de tous ces pays rassemblent et compilent les travaux des publications et travaux édités dans le monde. Divisé en 3 groupes, il rédigent des compilations qui sont ensuite soumises à lecture et critique ouverte à qui le veut. Plus de 1500 contributions pour/contre ont été manifestées. Le rapport final est soumis à l’approbation en assemblée générale des 195 pays, un représentant, une voix; USA=Luxembourg. A ce jour l’unanimité a été obtenue pour tous les rapports. Rien que cela mérite un minimum de crédit. Tant de scientifiques de tous les continents avec pour chaque pays des intérêts socio-économiques pas nécessairement convergents, c’est un tour de force de lobbying ou simplement un consensus scientifique.
    Chacun jugera.
    Maintenant, construisez trois diagrammes avec en abscisse une même échelle de temps, de l’an 1000 à l’an 2020. Les données annuelles seront respectivement la teneur en CO2 de l’atmosphère en ppm, le nombre d’habitants de notre planète et le PIB mondial. Vous trouverez tout cela en cherchant dans les bases de données du net sinon regardez le site de JM Jancovici qui vous renverra vers ses sources. Vous veillerez à ce que pour les besoins de la comparaison les ordonnées des graphiques aient la même hauteur physique ( 5 cm p ex). Ensuite; posez les trois diagrammes l’un en dessous de l’autre, alignez les origines et intéressez-vous à l’année 1850, début de l’ère industrielle. Vous observerez une croissance exponentielle de chacune des variables sur les 200 dernières années. Pensez-vous que ce qui était 100% renouvelable en 1850 avec +/- 750 millions d’habitants le serait encore en 2100 avec 10 milliards d’habitants? L’augmentation du CO2 ne serait elle pas “un peu” liée à l’activité humaine? Le PIB/habitant n’est-il pas lié à la disponibilité d’énergie aujourd’hui essentiellement d’origine fossile? Si vous en doutez encore ergardez les isotopes du carbone dans l’atmosphère.
    L’analyse des isotopes du carbone contenu dans le CO2 récolté dans les échantillons de glaces des pôles permet de déterminer sa provenance. Au fil du temps, on mesure que l’atmosphère contient moins de carbone 13 provenant de l’océan et si la proportion de carbone 14 diminue c’est que la proportion de C12, essentiellement de provenance continentale (combustions de matières carbonées) augmente. Ceci implique qu’il provient des combustibles fossiles qui ne contient pas de C14. Tous fous ces scientifiques?
    Le constat de l’augmentation anthropique du CO2 étant posé on peut faire débat sur les conséquences et leurs ampleurs.
    Observons qu’à la fin de la dernière période glacière, juste pour donner une référence de latitude, la France était couverte au 3/4 par de la glace, même observation dans l’hémisphère sud. C’était il y a +/- 15.000 ans. L’augmentation de température que notre planète a connue depuis la fin de l’ère glaciaire jusqu’à la fin du 19ième siècle a été de 5°C seulement. A l’époque le niveau des océans était inférieur de 100 à 120 m par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui. La synthèse d’une vingtaines de modèles de prévisions du climat (pas la météo qui est locale et à court terme) faite par le GIEC prévoit de 3 à 5 °C d’ici 2100, en 200 ans. (NB: le GIEC ne calcule pas, il rapporte les résultats d’une vingtaine d’équipes différentes. Leurs résultats reproduisent précisément les mesures physiques faites depuis la fin du 19ième siècle, recalculent assez bien celles des millénaires anciens et prédisent avec une certaine incertitude le futur. Au cours des années, l’incertitude diminue avec l’amélioration des bases de donnée et la réduction de la taille de la maille du calcul par éléments finis)
    L’augmentation de la température du climat est une valeur moyenne pour la planète, la variation sera plus faible à l’équateur qu’elle ne le sera aux pôles. Plus le gradient de température entre deux corps est grand, plus le transfert de chaleur est grand. A votre avis quel sera l’effet sur la fonte de la glace et le niveau des mers?
    Tous nuls ces scientifiques qui participent aux rapports du GIEC?

    1. @ Cauwe

      Votre long courrier mélange beaucoup de sujets et hélas tout n’est pas clair .
      Je ne vais pas répondre à tout, mais je suis très surpris que vous vous considérez comme un ‘bon scientifique de base’ et que vous accordiez tant d’importance à l’unanimité ou au consensus en matière de science. La science ‘de base’ prône le doute qui évite l’aveuglement ou les fausses pistes. Les ‘bons’ scientifiques (y compris des Nobel !) qui doutaient et qui étaient au GIEC n’ont pas eu d’autre choix que de le quitter. Je vous invite à (re)lire les articles de M. Maurin (isotopes) et Geuskens (hypothèse de l’effet de serre) publiés sur SCE qui montrent combien la ‘science climatologique’ est loin d’être comprise. De même, voyez d’une manière un peu plus critique la notion de ‘température moyenne globale’. A nouveau SCE a publié deux articles sur le sujet (Furfari/Masson et Huot) et la littérature abonde sur ce sujet. Comme dit ci-dessus vous mélangez beaucoup de choses : que viennent faire les 120 m de baisse finale du niveau marin lors du dernier glaciaire dans votre propos ? Le niveau marin a sans cesse varié aux échelles géologiques et historiques, de manière absolue et/ou relative (rebond tectonique ou autre, subsidence naturelle ou anthropique…).

      Vous accordez une confiance aveugle aux GIEC, SCE a montré à travers plusieurs articles, que leurs scientifiques pouvaient réaliser un bon travail, mais celui-ci est ensuite édulcoré lors des rapports aux décideurs. Néanmoins leurs modèles sont plus qu’insatisfaisants car les hypothèses de base sont à revoir (à nouveau bibliographie conséquente sur le sujet). Vous dites ‘ Leurs résultats reproduisent précisément les mesures physiques faites depuis la fin du 19ième siècle, recalculent assez bien celles des millénaires anciens et prédisent avec une certaine incertitude le futur’. Pourriez-vous donner la ou les courbes qui montrent cela ?

      Pour conclure, en tant que bon scientifique exercez votre esprit critique, et si vous avez le temps tentez de vérifier le degré de connaissance scientifique (climatologique) des signataires de la pétition. Vous serez sans doute surpris…

  4. @ Mr Ph Cauwe ?
    = = Linguistic analysis of IPCC summaries for policymakers and associated coverage = =
    http://eprints.whiterose.ac.uk/91167/3/DessaiLingusticanalysisIPCC.pdf (27 p.)

    Abstract : The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) Summary for Policymakers (SPM) is the most widely read section of IPCC reports and the main springboard for the communication of its assessment reports. (…) IPCC SPMs clearly stand out in terms of LOW readability, which has remained relatively constant despite the IPCC’s efforts to consolidate and readjust its communications policy. In contrast, scientific and quality newspaper coverage has become increasingly readable and EMOTIVE. (…)
    …………………………………………………
    Entre scientifiques et en matière de pollution(s) actuelle(s): nous devrions mieux distinguer celles chimiques, celles physiques, et de surcroît celles POLLUTIONS MENTALES. Au quotidien, ces dernières sont pratiquées à grande échelle. La subjectivité et les peurs aident à sauter le rempart de perméabilité chez les récepteurs humains !
    Pollutions, elles enflent la communication circulaire, elles nourrissent la propagande. Une noria de lobbyists en use aussi (des méthodes variant d’utiles “transferts d’idées” à celles pernicieuses de “transfert d’idéologies”).
    Leur efficacité communicative est garantie au long du temps : soit par la répétition (argumentum ad nauseam), par l’accoutumance, voire par lassitude ! Diverses idées floues deviennent ainsi de quasi-vérités (ou temporairement acceptées comme telles). A preuve, il suffit de relire nos manuels d’histoire contemporaine et d’étudier la notion du “désir mimétique” chez l’humain ou l’animal ! Relisez-en la théorie ?

    Les milieux scientifiques échapperaient-il à de telles influences ? A peine mieux que chez d’autres humains ! Rappellerais-je ici le canulard (on dit aussi hoax) de l’affaire Sokal et J.Bricmont 1998 (http://www.histophilo.com_affaire_sokal.php). Mais QUI oserait vraiment le clamer haut et fort, puisque des affirmations empilées deviennent “le concensus prévalent”. Celui-ci est profondément absorbé – via les médias – par l’opinion publique perméable et par ses politiciens (formés eux aux sciences sociales et au droit) …élus qui écoutent attentivement l’opinion et lesdits milieux… non peut-être ?
    Encore le vieux paradoxe de la poule et de l’oeuf… (qu’ont résolu depuis les biologistes).
    Dès 1895, G. Le Bon (médecin et anthropologue) adressa la question par son “La psychologie des foules” ! [1]
    Dans nos temps actuels, des philosophes anticonformistes n’hésitent pas à dénoncer des abus précités (invoquerais-je ici Onfray et quelques d’autres antérieurs)? [2]

    [1] http://www.mehdimoussaid.com/wp-content/uploads/2018/09/Psycho_des_foules_alcan.pdf
    [2] https://www.lepoint.fr/dossiers/hors-series/maitres-penseurs/nietzsche-philosophe-anticonformisme/l-irreductible-05-11-2015-1979393_3021.php

    Bon, lisons en alternative ce que peuvent penser d’autres sources ?

    = = What is Wrong With the ipcc? Proposals for a Radical Reform = =
    Ross McKitrick ISBN: 978-0-9566875-4-8© (49 p., pdf)
    https://www.thegwpf.org/images/stories/gwpf-reports/mckitrick-ipcc_reforms.pdf

    [[p.37 : The main principle to guide reform is that the IPCC review system should operate less like a voluntary public comment process and more like a structured journal peer review process. While journal peer review has flaws of its own, the basic idea herein is that the IPCC should have a review process no weaker than academic journals. This would imply adoption of changes to ensure: Recommendations 1 to 11 (!) (cont’d)]]…

    = = Climate Change Reconsidered II: Biological Impacts = =
    The Nongovernmental International Panel on Climate Change, or NIPCC, as its name suggests, is an international panel of scientists and scholars who came together to understand the causes and consequences of climate change. NIPCC has no formal attachment to or sponsorship from any government or government agency.

    https://www.heartland.org/_template-assets/documents/CCR/CCR-IIb/Summary-for-Policymakers.pdf
    …………………………………………………

  5. Réponse à Philippe Cauwe.

    1) Concernant le GIEC :

    Les rapports scientifiques du GIEC sont biaisés (il manque des pans entiers de science, comme par exemple tout ce qui concerne le vent solaire, son champ magnétique, etc.). De nombreux phénomènes ne sont pas analysés. De plus, sachez que :

    – Les experts et examinateurs écrivant les rapports du GIEC sont choisis et proposés par les gouvernements; les gouvernements ne nomment jamais de scientifiques “sceptiques”.
    – Le secrétariat du GIEC sélectionne ensuite les candidats;
    – Les “experts” retenus ne sont pas toujours des scientifiques;
    – Ensuite, les personnes travaillant dans les trois groupes de travail ne lisent pas toutes les publications scientifiques. Ils les sélectionnent, lisent et résument certaines publications scientifiques qui ont trait au climat et qui vont dans le sens qu’ils désirent;
    – Le rapport écrit par les “experts” est ensuite relu et corrigé par d’autres experts, également choisis par le secrétariat du GIEC;
    – Le rapport final, particulièrement le résumé pour décideurs (SPM) est révisé ligne par ligne par les gouvernements en assemblée plénière.

    Qu’obtenez-vous? Un rapport biaisé qui n’est pas de la science. Le “consensus” scientifique ne vaut alors rien. Aucun scientifique ne fait corriger ses publications par le curé ou par un parti politique avant publication. L’indépendance doit être totale.

    Le physicien français Henri Poincaré (1854–1912) a parfaitement résumé la situation :
    “La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes; parce que, pour elle se soumettre, ce serait cesser d’exister.”

    2) Concernant les diagrammes que vous proposez de construire :

    – Oui, l’homme émet du CO2. Nous ne le nions pas. Oui, l’homme détruit des écosystèmes et provoque des disparitions d’espèces, nous ne le nions pas. Ce que nous réfutons très fortement est simplement l’effet du taux de CO2 sur la température globale de la basse troposphère. Lisez ceci :
    http://www.science-climat-energie.be/2019/02/14/le-rechauffement-climatique-dorigine-anthropique/

    – Non, la corrélation entre taux de CO2 et température est très mauvaise : entre 1880 et 2016 la température globale a présenté deux tendances décroissantes de longue durée (30 ans), par exemple entre 1880 et 1920 (–0.16°C) ainsi qu’entre 1941 et 1980 (–0.07°C). Comment expliquez-vous ceci alors que le taux de CO2 n’ait fait que croître?

    – Ensuite, ce n’est pas parce que deux paramètres semblent corrélés, qu’il y ait un lien entre eux : corrélation ne signifie pas causalité. Voyez ceci :
    http://www.tylervigen.com/spurious-correlations.

    3) L’augmentation du CO2 et les isotopes :

    Oui, l’homme participe à l’augmentation du taux de CO2 atmosphérique, mais il n’est pas le seul responsable comme le pense le GIEC. Les rapports isotopiques du C l’interdisent. Lisez les 3 articles suivant parus sur SCE :

    Maurin J.C. La croissance du CO2 dans l’atmosphère est-elle exclusivement anthropique ? 06/2019 (Carbone 14 et Effet Suess, 1/3), 07/2019 (Carbone 14 et effet bombe, 2/3) et 07/2019 (Effet bombe et modèles du GIEC, 3/3)

    Et puis lisez ceci :
    http://www.science-climat-energie.be/2019/08/08/croissance-du-co2-atmospherique-deux-nouvelles-publications/

    4) Concernant les modèles informatiques :

    Vous pensez croire à leurs prédictions, et vous pensez qu’ils peuvent reconstruire le climat du passé de manière précise. Vous vous trompez. Bien que les modèles informatiques soient utiles (ils font progresser nos connaissances), on ne peut pas dire que ce qu’ils produisent corresponde à la réalité. Ceci est d’ailleurs démontré lorsque les modèles informatiques sont comparés aux observations; voir par exemple le récent article de Santer et al. (2017) publié dans Nature Geosciences, et dont l’un des co-auteurs n’est autre que Michael E. Mann, le père de la courbe en crosse de hockey. Un autre article, publié par Liu et al. (2018) nous montre également que les modèles ne marchent pas bien pour reproduire la température du passé, comme pour l’Holocène (ce phénomène a été appelé “The Holocene Temperature Conundrum”, conundrum voulant dire “casse-tête ou énigme). Tout ceci est également bien résumé dans une récente publication de Nicolas Scafetta (2019).

    Santer BD, et al. (2017) Causes of differences in model and satellite tropospheric warming rates. Nature Geosciences 10:478–485.
    Liu Y et al. (2018) A possible role of dust in resolving the Holocene temperature conundrum. Scientific Reports 8:4434.
    Scafetta N (2019) On the reliability of computer-based climate models. Italian Journal of Engineering Geology and Environment 1:49–70.

    5) Concernant l’incertitude des modèles climatiques :

    Vous écrivez “Au cours des années, l’incertitude diminue avec l’amélioration des bases de donnée et la réduction de la taille de la maille du calcul par éléments finis”.

    Vous semblez bien confiant dans la science…

    – Le GIEC lui-même dans l’AR5 reconnait qu’il est impossible de modéliser l’atmosphère à toutes les échelles et que les processus micro-physiques à la base de la formation des nuages sont encore inconnus. Les phrases en question, extraites du rapport AR5 du GIEC, sont disponibles ici : http://www.science-climat-energie.be/2019/03/02/lart-de-gommer-les-incertitudes/

    – Comme l’atmosphère se comporte de manière chaotique, il est impossible de prévoir son état final dans le futur. Lisez ceci, tout est dit : “La science classique s’arrête où commence le chaos …”
    http://www.science-climat-energie.be/2019/10/22/la-science-classique-sarrete-ou-commence-le-chaos/

    – Lisez également le dernier article de Frank (2019) publié le 6 septembre dans Earth Science Reviews, et vous reviendrez peut-être sur votre jugement concernant les incertitudes :
    “Propagation of Error and the Reliability of Global Air Temperature Projections”
    https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/feart.2019.00223/full

    6) Concernant les scientifiques du GIEC :

    Non, ils ne sont pas nuls. Ils publient dans Science et Nature et font un travail remarquable. Si vous lisiez les rapports scientifiques (chaque fois plus de 1000 pages) vous verriez que ces scientifiques nous montrent qu’il existe encore de nombreuses incertitudes. Cependant, ces incertitudes disparaissent dans le résumé pour décideurs (SPM), qui est relu et corrigé ligne-par-ligne par des politiciens avant publication. La preuve? Lisez ceci :
    http://www.science-climat-energie.be/2019/03/02/lart-de-gommer-les-incertitudes/

    A lire également :
    https://wattsupwiththat.com/2019/11/15/an-analysis-of-the-11000-micky-mouse-climate-scientists/

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