André Berger, climatologue pur

Interview par Rob Lemeire

SCE-INFO: Le site SCE a pour objectif de favoriser la réflexion et le débat sur les problèmes concernant le climat et l’énergie. C’est dans cet esprit d’ouverture que nous publions un entretien accordé à monsieur Rob Lemeire par le professeur André Berger dont les opinions sur le climat sont différentes de celles exprimées par d’autres auteurs sur ce même site.

Interview (octobre 2020) menée par Rob Lemeire:

Il faut écouter les climatologues !’ On entend souvent cette phrase dans le débat autour du réchauffement climatique. Ici, le Pr. André Berger, probablement le climatologue belge le plus reconnu, répond à nos questions. Il a participé à la naissance du GIEC et l’a toujours soutenu. Il fait partie de la catégorie des hommes de science pratiquant la ‘science dure’. La thèse de réchauffement de la Terre, il la défend avec des arguments purement scientifiques, sans exagération et tout en respectant les fourchettes d’incertitude des modèles. Ayant examiné les énergies renouvelables, il conclut qu’elles ne vont pas sauver la mise. Par contre le nucléaire peut jouer un rôle pour autant que les politiciens veuillent bien écouter les spécialistes en matière d’énergie.

Avec la formation d’un nouveau gouvernement belge accordant une attention particulière au climat, le temps de l’interview est arrivé : écoutons un climatologue !

  • Quel était votre rôle dans le GIEC ? Dans la climatologie en Belgique ?

Je fus parmi les premiers à demander et à encourager la création du GIEC. J’ai participé au début de leurs travaux, mais vu le travail demandé j’ai préféré continuer à m’investir dans le développement et la consolidation de mon Institut d’Astronomie et de Géophysique Georges Lemaître, qui porte le nom du père de la théorie du Big Bang.

En Belgique, je fus le premier à montrer que la climatologie était une science profondément multidisciplinaire, science que j’ai enseignée pendant plus de 40 ans. Je fus aussi à l’origine des relations privilégiées entre mon institut et l’Observatoire royal de Belgique, l’Institut royal Météorologique, et l’Institut royal d’Aéronomie spatiale.

  • Comme la climatologie est une science assez comlexe et de plus, en pleine évolution, quel était votre rôle dans ce domaine ?

Je me suis consacré à la recherche sur le climat dès ma licence en sciences mathématiques et ma thèse de doctorat dans les années 60s sur la théorie astronomique des paléoclimats. C’est une théorie très multidisciplinaire qui requiert une bonne base en mathématique, physique, astronomie et géophysique. Mes modèles sont encore toujours utilisés par les paléoclimatologues du monde entier pour comprendre l’origine et l’évolution des cycles glaciaires-interglaciaires au cours des derniers millions d’années.

C’est alors que j’ai pris connaissance du climat actuel et de la possibilité d’impacts des activités humaines sur le climat futur. Début des années 70s, j’ai travaillé sur la pollution de l’air qui était le sujet principal de préoccupation avec la pollution des océans. J’ai participé à l’effort belge, européen et de l’OTAN dans ce domaine avant de me consacrer entièrement au climat passé, présent et à venir dans les années 80s. J’ai participé activement à la collaboration européenne. 

  • Parlons maintenant du réchauffement de la Terre. Combien de temps avions-nous pour réagir ? Comment ? 

Impossible de répondre à cette question. Ce qui semble toutefois plausible est qu’une solution d’atténuation du réchauffement global et de ses conséquences aurait été possible sans trop de frais si la Société avait écouté les scientifiques dans les années 70-80s.

Aujourd’hui il n’est pas trop tard, mais le temps perdu ne peut pas être rattrapé et il est urgent d’apprendre à s’adapter aux nouvelles situations climatiques. Arrêtons de construire en zones inondables y compris le long des côtes, n’hésitons pas à recourir à la désalinisation de l’eau de mer pour lutter contre les sécheresses estivales,… Cela est d’autant plus vrai que le temps de réponse du système climatique est long. Les perturbations induites par les actions humaines mettront des décennies, des siècles pour être résorbées, si elles le sont un jour. On admet actuellement que même dans les scénarios les plus optimistes du GIEC, la température future restera au moins 1°C au-dessus de celle du début de la période Industrielle. 

Dans les mêmes conditions, on admet aussi que le niveau des mers continuera d’augmenter pendant des milliers d’années. J’ai aussi montré que l’interglaciaire naturel dans lequel nous sommes entrés il y a une dizaine de milliers d’années sera naturellement long, en cela lié à la configuration particulière de l’orbite de la Terre qui d’elliptique deviendra progressivement circulaire d’ici une vingtaine de milliers d’années. De plus, un super interglaciaire pourrait s’y superposer si, selon notre modèle, la concentration en CO2 venait à dépasser les 700 ppmv. 

Cela n’empêche évidemment pas d’investir sereinement à long terme en luttant contre le gaspillage et la pollution, en produisant une énergie propre et efficace y compris et surtout celle du nucléaire, en intensifiant la recherche et l’éducation, particulièrement dans les pays d’Afrique pour tenter de limiter leur explosion démographique. 

  • Que pensez-vous des énergies renouvelables comme l’énergie solaire et éolienne ?

Un peu de renouvelables est acceptable, mais leur intermittence pose un problème sérieux tant que le stockage de l’électricité n’aura pas été résolu et ce, à un prix raisonnable. Les calculs que j’ai publiés dès le début du 21me siècle sont confirmés par le groupe d’experts sur l’énergie avec qui je travaille. Ils montrent que la suppression des centrales nucléaires et leur remplacement par du renouvelable et des centrales à combustibles fossiles nécessaires pour subvenir à la production d’électricité quand il n’y a pas de vent ou de soleil, et ainsi garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité, à des émissions – de 30 MtCO2/an ce qui représentent 30% des émissions totales annuelles ou encore pratiquement le double des émissions de COliées à la production actuelle d’électricité.

  • Selon notre nouveau premier ministre, l’accord gouvernemental est plus vert que jamais. Est-ce une bonne nouvelle pour le climat ?

J’ai été le premier à soulever le problème des émissions de COen Belgique et parmi les premiers dans le monde. J’ai écrit une lettre ouverte au premier Ministre Verhofstadt en 2003 accusant le gouvernement de la plus grande erreur jamais commise par sa décision de retrait du nucléaire dans la production d’électricité. Le malheur est qu’ils s’entêtent dans leur erreur. Je suis en désaccord total avec la déclaration selon laquelle l’accord gouvernemental est plus vert que jamais. Comment voulez-vous que la fermeture des centrales nucléaires et l’augmentation des énergies intermittentes ne conduisent pas à une augmentation significative du CO2Le remplacement des centrales nucléaires par du renouvelable et combustibles fossiles en Belgique fait passer la moyenne d’émissions de quelque 200 gCO2/kWh à 400 gCO2/kWh, 2 fois plus ! Seules les centrales nucléaires permettent de diminuer le COtout en répondant à la demande d’électricité par la Société. Le maintien de deux centrales nucléaires en lieu et place des centrales au gaz additionnelles nécessaires dans le scénario zéro-nucléaire permettrait de diminuer l’augmentation des émissions de plus de 40%, même si elles resteraient encore 43% supérieures aux émissions actuelles (22,4 Mt CO2 au lieu de 15,6 actuellement). Nos calculs montrent clairement que le seul moyen de produire l’électricité demandée actuellement en Belgique tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement et sans augmenter les émissions de COest de conserver 8GW de centrales nucléaires. Pour atteindre l’objectif de diminution des émissions de COd’un facteur deux tout en maintenant la production actuelle d’électricité, il faut 10 GW d’électricité nucléaire. Tout à fait à l’opposé de ce que l’accord du gouvernement plus vert que jamais prétend être.

  • Pensez-vous que les plans européens pour le climat sont réalistes ? Dans votre lettre ouverte avec Pr. Samuel Furfari, je lis : ‘Il est plus que temps de constater l’échec des politiques en faveur des énergies renouvelables.’ Pourriez-vous élaborer un peu ? 

Je préfère que Samuel réponde à cette question, car comme expert en géopolitique, il connait beaucoup mieux le sujet que moi. Pour autant que je sache, ses informations parlent d’un investissement dans les renouvelables de mille milliards d’Euros en 18 ans, sans pour autant avoir beaucoup diminué les émissions de CO2. En Allemagne, la suppression des centrales nucléaires et un investissement aveugle dans le renouvelable (éolien et photovoltaïque) conduit à un accroissement des émissions de CO2 et de particules fines issues des mines de charbon à ciel ouvert, particules fines qui sont en plus à l‘origine de centaines (voire de milliers) de morts chaque année, sans parler du coût exorbitant d’une telle politique. 

Soyons réalistes : les émissions de la Belgique ne représentent que 0,27% des émissions mondiales. Pour l’UE, ses émissions se montent à 9,8% des émissions mondiales. Les trois pays, Chine, USA et Inde émettent 5 fois plus que UE et 180 fois plus que la Belgique. La décroissance des émissions annuelles en UE (-0,7%) ne représente que 2,2% de la croissance des émissions mondiales. Les émissions belges ne représentent que 1,1 % de l’accroissement des émissions mondiales. Cessons donc de vouloir montrer l’exemple aux autres, car nous n’en avons ni l’autorisation, ni les moyens. Collaborons avec les grandes puissances qui disposent des moyens indispensables pour diminuer progressivement les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Mettons notre savoir-faire au service de la communauté internationale. Investissons dans l’éducation et l’enseignement pour expliquer au citoyen son rôle clef dans l’environnement global.

  • Vous avez dit que vous préférez les climato-sceptiques aux climato-activistes. Que voulez-vous dire par là ? 

Répondre aux climato-sceptiques est relativement aisé. On est en effet dans le domaine de la science et les chiffres, théories et observations parlent d’eux-mêmes. Seules l’incompétence et ou la mauvaise volonté des climato-sceptiques rendent la discussion difficile.

En ce qui concerne les alarmistes, c’est plus compliqué, voire impossible. On est en effet dans le domaine de l’émotion et de l’irrationnel, généralement face à des gens qui n’y connaissent rien et ne se donnent pas la peine de lire correctement le GIEC et de comprendre, convaincus qu’ils sont d’avoir raison ! Ils se bornent à manifester, à faire grève des cours, à se plaindre qu’on les a brimés alors qu’ils sont les premiers à avoir bénéficié de ce dont ils se plaignent actuellement. 

  • Pourtant il y a de nombreux scientifiques de très haut niveaux considérés comme climato-sceptiques, uniquement parce qu’ils émettent des critiques, voire sont en désaccord avec les conclusions du GIEC. Je pense à Lindzen (MIT), des prix Nobel et même des scientifiques PhD qui ont dû quitter le GIEC. Qu’est-ce que vous pensez d’eux ?

J’ai toujours été à l’écoute des scientifiques qui savent de quoi ils parlent (par exemple Lindzen) même si je ne partage pas nécessairement leur point de vue. La communauté des experts climatologues a répondu à Lindzen et à quelques autres scientifiques. Nous avons cessé de répondre à tous les farfelus incompétents parce qu’ils ne sont pas l’écoute, sont biaisés par leur idéologie et nous font perdre un temps considérable. Nous, les experts, sommes des vrais « sceptiques », je dirais plus exactement des auto-critiques. Contrairement aux affirmations ex-cathedra des idéologues soi-disant écologistes et autres incompétents, nos calculs sont toujours accompagnés d’une fourchette d’incertitude, ce qu’on nous reproche d’ailleurs régulièrement!

  • Vous supportez toujours le GIEC, et en même temps vous critiquez les politiciens et activistes qui disent tous de suivre le GIEC et la climatologie. 

Je ne critique pas les rapports du GIEC, mais regrette que la communauté des scientifiques ne réagisse pas de façon claire et véhémente face à l’utilisation de leurs résultats à des fins politiques. Cette utilisation est le cas de ceux et celles qui sont manipulé(e)s par les milliardaires de « l’énergie verte » ou à la solde de la politique antinucléaire et pro-charbon de l’Allemagne.

  • On n’a pas encore parlé des médias, qui jouent un rôle non négligeable dans le débat. Souvent ils disent suivre la science, le GIEC : est-ce correct ?

Les médias jouent parfois un rôle malheureusement néfaste dans l’éducation à la vérité scientifique. Ils aiment inviter des jeunes (malheureusement trop souvent incompétents), ou des soi-disant écologistes dont le seul but est la disparition du nucléaire et NON de sauver le climat. 

Un exemple récent du biais introduit sur les ondes est l’émission radio RTB de ce 2 octobre matin (8h30). La question bien posée était : que faut-il faire pour réduire les émissions de COde 55%. Pourquoi se limiter à interroger ceux qui défendent les énergies renouvelables exclusivement et ne pas inviter des vrais experts de l’électricité comme Samuel Furfari, Ernest Mund, Pierre Kunsch, Christiane Leclercq‐Willain, Jacques Marlot et Georges Van Goethem, pour n’en citer que quelques-uns.

Hier encore, en parlant à une connaissance dont j’ignorais les idées, j’ai été agréablement surpris de voir combien il partageait nos conclusions en matière d’énergie nucléaire. C’est ce que j’avais déjà constaté lors des très nombreuses conférences « grand public » que j’ai faites entre les années 1980s et 2015.

  • Votre position sur le climat me semble assez unique. Qu’en pensent les autres climatologues ?

Les autres vrais climatologistes sont divisés. Certains se réjouissent de voir que d’autres (les activistes) pourraient réussir là où ils ont échoué et peu leur importe que ces activistes connaissent la moindre chose sur le climat. Ils se réjouissent aussi de voir que la Société réagit. On ne peut que se réjouir de cette prise de conscience des citoyens, mais il faut bien admettre qu’elle n’est que partielle. Avant le Corona, il y a eu jusque 70.000 manifestants dans la rue pour réclamer émotionnellement de sauver le climat, mais par contre 300.000 participants qui veulent acheter des voitures lors de l’exposition récente à Bruxelles !!

Beaucoup d’autres collègues n’osent pas s’exprimer publiquement alors qu’ils ne sont pas nécessairement en faveur de ce catastrophisme. Ils craignent d’être mal vus et que cela influence leur carrière (demande de crédits,….). Mais il reste une grande majorité silencieuse qui n’hésite pas à encourager ceux qui comme moi « se révoltent ». Il y a finalement aussi ceux, comme Gérard Petit, qui n’hésitent pas à dénoncer l’Union Européenne et la folie écolo qui nous pousse à la ruine: « l’Europe tente de se relancer en enfourchant le vecteur écologique de manière retentissante et affiche à dessein des objectifs surréalistes -mille milliards d’euros pour alimenter cette machine à verdir les modes de vie -, fruits de surenchères confondantes »

19 réflexions sur « André Berger, climatologue pur »

  1. Geuskens appréciera son « incompétence », comme Lindzen le « farfelu » également rhabillé pour cet hiver. Evidence qui ne mérite visiblement aucun débat ou comment « favoriser la réflexion et le débat », en ne posant pas la question facile qui nous aurait permis de connaitre LA « réponse aisée ». Bravo le non débat avec un climatologue pur… langue de bois.
    « C’est dans cet esprit d’ouverture que nous »… pratiquons désormais l’autocensure pour nous acheter/offrir/ne pas froisser (au choix) un soutien sur la question énergétique, me semble plus réaliste comme entrée en matière.
    Une interview à la Bouleau/Macron! tout est donc devenu faux et mensonger en 2020. quelle époque délétère.

    1. Déclarer que les scientifiques qui ne croient pas à l’origine anthropique du réchauffement -devenu changement puis dérèglement- climatique sont des « farfelus incompétents biaisés par leur idéologie » est un argument facile pour éviter tout débat.

  2. Il y a quand même quelque précision à apporter à cet entretien
    Question à A Berger « « « Parlons maintenant du réchauffement de la Terre. Combien de temps avions-nous pour réagir ? Comment ?
    Réponse de A Berger « « « « « Impossible de répondre à cette question. Ce qui semble toutefois plausible est qu’une solution d’atténuation du réchauffement global et de ses conséquences aurait été possible sans trop de frais si la Société avait écouté les scientifiques dans les années 70-80s. » » » » »
    Dans ces années là on nous annonçait la prochaine glaciation A Berger en tête, voir la courbe ci-dessous et personne ne parlait alors du CO2 ; cela n’a démarré qu’à la fin des années 80 avec la création du GIEC
    En effet, cette courbe (Duplessy 1990 d’après Berger 1984) qui a fait le tour du monde et que l’on retrouve dans un grand nombre d’ouvrages et sur de nombreux sites internet, montre que la période actuelle correspond à un maximum d’insolation pour les régions situées vers 65° de latitude Nord.

    Variation de l’insolation au solstice d’été par 65° de latitude nord (d’après A. Berger 2006),

    A. Berger, toujours cité comme l’auteur de cette courbe, donne dans “L’homme face au climat”(Bard, 2006) la même courbe avec la position de l’époque actuelle se situant cette fois-ci dans le creux succédant à ce pic sur cette même courbe prédictive ; ceci représente un glissement d’une dizaine de milliers d’années sur cette courbe. Renseignements pris auprès de certains auteurs, il s’agirait d’une coquille imputable aux éditeurs! Coquille qui aurait donc été colportée de bouquins en sites internet à travers le monde entier.
    N’empêche que A.Berger écrit lui même dans son livre “climat de la Terre”(1992), “qu’en l’absence de toute autre perturbation naturelle ou anthropique, le refroidissement de la Terre, commencé il y a 6000 ans, se poursuivra encore pendant 5000 ans avant que le climat ne se réchauffe légèrement, pour plonger ensuite vers des conditions glaciaires d’ici à 60000 ans”. Cette citation traduit parfaitement la courbe d’insolation avec la position au jour d’aujourd’hui au milieu de la dégringolade vers le minimum d’insolation.
    Il y a donc trois positions de la situation actuelle de la Terre sur cette courbe d’insolation: d’une position sommitale en 1984 on passe sur le flanc en 1992, pour arriver au creux en 2006.
    Il faudrait donc lever le mystère de cette translation, parce que, en plus de semer le doute quant à la fiabilité des calculs et la pertinence de la théorie de Milankovitch , elle ouvre la voie aux climato sceptiques en proposant une solution astronomique au réchauffement et la fonte des calottes et banquises arctiques
    Ceci dit je suis complètement en accord avesc ses commentaires concernant le GIEC , le CO2 , le futur énergétique de la planète qui forcément passera par le nucléaire
    Je suis climato réaliste

  3. «  » » » » » André Berger dont les opinions sur le climat sont différentes de celles exprimées par d’autres auteurs sur ce même site. » » » » »
    Je pense que André Berger ou du moins Rob Lemeire pourrait donner un commentaire concernant ceux d’auteurs pas tout à fait d’accord avec les opinions (et leurs évolutions) de André Berger

  4. Je me demande si votre site ne pourrait pas trouver quelques spécialistes capables de nous expliquer la situation climatique actuelle et à venir de la terre en se basant sur les 3 paramètres suivants de Milankovitch: excentricité, obliquité et précession des équinoxes. M. Berger y réfère dans son livre, mais ces indicateurs de génies sont balayés par le CO2 anthropique et leur promoteurs pro-GIEC…

    On pourrait également avoir une idée de l’effet combiné des quatre facteurs en cause. Par exemple, si le CO2 vient amplifier le facteur « précession des équinoxes » comme je le pense, ce serait fascinant de le savoir et même de le visualiser.

    Je vous remercie d’y penser. Respectueusement votre,

    Denis Gaumond, Montréal, Québec, Canada.

    1. @Denis Gaumond,

      Effectivement une courte mise au point s’avère nécessaire. Rappelons cependant que de nombreux articles SCE abordent cette question à partir de différents points de vue, et tous concluent que le CO2 anthropique (ou non) n’a qu’un rôle très minime dans les fluctuations de température sur notre planète et que l’hypothèse même de l’effet de serre n’est pas démontrée. La conséquence de cette approche est que le réchauffement actuel est banal, et qu’aucune urgence climatique n’est à envisager, à moins de promulguer envers et contre tout un catastrophisme anxiogène pour la plupart des événements naturels actuels. A nouveau SCE a régulièrement montré combien ce catastrophisme ne reposait sur rien de bien sérieux.

      Pour en revenir précisément à votre question, notons que systémiquement, les variables de Milankovitch affectent la quantité d’énergie solaire reçue par la Terre en affectant la position et l’angle d’incidence de celle-ci par rapport au rayonnement solaire. L’intensité solaire est, par hypothèse, maintenue constante dans les travaux du GIEC. Ce dernier justifie son hypothèse par le fait qu’il travaille sur une échelle de temps beaucoup plus courte (grosso modo les 40 dernières années) que celle des cycles de Milankovitch (plusieurs dizaines de milliers d’années).

      Il y a cependant une multitude de cycles naturels (s’étalant depuis un jour jusqu’aux cycles de Milankovitch et même bien au-delà), de moindre amplitude, qui peuvent affecter le climat (se reporter à Atmosphere, Ocean and Climate Dynamics, J. Marshall & R.A. Plumb, 2008, Fig. 12., p.260
      https://globusgreen.files.wordpress.com/2014/07/atmosphere-ocean-climate-dynamics-marshall-plumb.pdf
      ou ici
      http://www.science-climat-energie.be/wp-content/uploads/2020/11/image.png

      Le système climatique étant fortement non linéaire (et présentant des boucles de rétroaction à retard multiples), ces fluctuations moindres des paramètres orbitaux de la Terre, ou de l’activité solaire, peuvent produire des effets comparables, si pas supérieurs à ceux résultant des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, pour autant bien entendu que celles-ci soient réelles (comme le défend le GIEC).

      Ces cycles sont classiquement traités par « detrending », c’est-à-dire soustraction des composantes périodiques (qui ne le sont pas exactement et c’est là tout le problème !) et par calcul de moyenne mobile (en général sur 11 ans, période correspondant à un cycle d’activité solaire bien connu). Les erreurs d’ajustement (les « résidus ») sont comparables en ordre de grandeur aux « anomalies de température », qui sont attribués par le GIEC aux contributions anthropiques. Ces anomalies se noient donc dans la « fourchette d’incertitude » définie par les croix d’erreur expérimentale.

      En termes moins choisis mais plus imagés, le GIEC, dans sa façon de traiter les données de calibrage de ses modèles, « essaye de châtrer des mouches avec des gants de boxe ».

      Enfin d’un point de vue mathématique, SCE a montré que la présence d’une composante périodique dans la ligne de base de signaux nécessite de disposer d’une fenêtre de mesure dépassant au minimum 6 fois la période de cette composante, afin d’éviter tout effet de bord significatif, de biais et de fausse ligne de tendance. Comme dans le cas des données climatiques, il y a un spectre continu de composantes périodiques, cette condition ne peut être respectée. Toute forme d’analyse linéaire ou harmonique de ce type de signaux est donc à rejeter. Il convient d’analyser ce type de données avec des méthodes d’analyse non linéaire plus sophistiquées, adaptées aux systèmes dits chaotiques (‘dynamical systems’, en anglais). Malheureusement, ce n’est pas ce que fait le GIEC.

      En conclusion le problème semble traité par le GIEC à partir d’hypothèses plus que discutables, ce qui aboutit systématiquement à des modèles qui surchauffent et qui sont en désaccord avec les observations. Les observations historiques (a minima) montrent que le climat fluctue sans cesse aux échelles décennales et pluriséculaires dans des fourchettes de températures de quelques degrés seulement, sans doute de 1 à 2 degrés (hors cycles glaciaires/interglaciaires de type Milankovitch). A l’échelle géologique des variations très rapides de plus de 10 degrés sont régulièrement observées et n’ont jamais constitué de ‘menaces’ pour la planète elle-même (par exemple les fameux évènements de Dansgaard-Oeschger, également discutés par SCE). Notons enfin, qu’à l’échelle géologique, le CO2 atmosphérique n’a jamais été aussi bas qu’aujourd’hui. Pour être bien clair, SCE ne nie pas qu’un réchauffement actuel existe bel et bien, même si la notion de ‘température moyenne globale’ est très discutable, mais ce réchauffement n’est pas imputable au CO2, qui pour rappel suit l’augmentation de température, et non ne la précède.

  5. «  » » » » » » des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, pour autant bien entendu que celles-ci soient réelles (comme le défend le GIEC). » » » » » » »
    Faites vous partie de ces gens qui refusent la responsabilité anthropique dans l’augmentation du CO2 atmosphérique depuis le début de l’ère industrielle ?

    1. SCE estime qu’effectivement la responsabilité anthropique est minime dans l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère. Les taux annuels d’émission anthropique de CO2 sont inférieurs à 5%, comme déjà rapporté à SCE et d’ailleurs reconnus par le GIEC. Si vous avez bien lus les nombreux articles de SCE vous aurez compris que le problème n’est pas là mais bien dans le lien hypothétique non démontré entre cette augmentation de la teneur en CO2 et un éventuel changement climatique.

  6. Si vous estimez que la responsabilité anthropique est minime dans l’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère, dites moi quel est le réservoir de carbone qui a fait doubler la teneur atmosphérique en 60 ans

    1. En réponse à fritz :

      Selon le GIEC (AR5), la matière organique des sols constitue le 3e réservoir de carbone sur la planète avec 1500 à 2400 Gt de C (le premier étant les carbonates de la croûte terrestre avec 100 millions de Gt, le deuxième étant le HCO3– dissout dans les océans avec 38700 Gt). Notez l’énorme incertitude : 1500 à 2400 Gt…

      Toujours selon le GIEC, la première source de C vers l’atmosphère ce sont les terres émergées avec la respiration de la matière organique des sols par les bactéries et les champignons, ainsi que celle des animaux et la photorespiration des plantes). Tout cela monte à 118,7 Gt. Ensuite on a les émissions depuis les océans avec 78,4 Gt. Les émissions humaines n’arrivent même pas à 10 Gt (8,9 Gt ± 0,5 selon le GIEC; on a donc une valeur très inférieure à l’incertitude des émissions pour les sols!!).

      Pour répondre à votre question : il se pourrait donc qu’un réchauffement de la biosphère soit provoqué par un phénomène qu’il reste encore à préciser (circulation thermohaline, diminution de la couverture nuageuse, effet du vent solaire, des rayonnements ionisants, etc…). Ensuite, comme la température augmente, les processus de dégradation microbiens dans les sols sont plus rapides, ce qui émet plus de CO2 dans l’atmosphère. Voilà une hypothèse que l’on ne doit pas sous-estimer étant donné la très grande quantité de carbone et de bactéries dans les sols (pour rappel : 1 milliard dans seulement 1 gramme…).

      La difficulté réside ici de faire un bilan pour la surface entière de la Terre : tous les sols sont différents, les communautés microbiennes très complexes, et le vent qui souffle au-dessus d’un sol peut faire doubler la quantité de CO2 émise. Impossible de mesurer cette vitesse au-dessus de tous les sols de la planète, encore moins de quantifier précisément les efflux de CO2…

  7. Je ne sais pas si vous confondez la matière organique des sols avec le kérogènes des roches sédimentaires , mais pour moi le reservoir principal dans la croute terrestre est bien le carbone des carbonates , suivi par le kérogène puis par les ions bicarbonates des océans ; suivent ensuite les fossiles, la biomasse , le CO2 de l’atmosphère et le CO2 dissout dans l’océan

    Certes l’océan dégaze quand il se réchauffe puisqu’il est le refuge de la vie pendant les périodes glaciaires et que pendant les interglaciaires la vie explose sur les continents surtout dans les hautes latitudes qui étaient occupées par les calottes glaciaires
    Si vous croyez aux données des carottes de glaces , bulles pour les données de CO2 atmosphérique , données isotopiques de la glace pour les reconstitutions de température , on constate que pour des variations de température d’une dizaine de degrés entre glaciaire et interglaciaire le taux de CO2 a varié , pour faire simple de 200 à 300 ppm. Comment alors expliquer qu’un réchauffement de 1 ° depuis un siècle provoquerait une augmentation équivalente , soit 100 ppm, par dégazage de l’océan puisqu’on est passé de 300 à 400 ppm ? De plus les analyses isotopiques du CO2 atmosphérique montrent une baisse du delta C13 ce qui est incompatible avec le dégazage du CO2 dissout qui est équivalent à celui de l’atmosphère ; ce serait encore bien pire si les ions bicarbonates participaient à ce dégazage
    L’évolution isotopique de ce CO2 atmosphérique depuis qu’on mesure à Mauna Loa montre bien une origine biologique , carbone des plantes ou plancton, carbone des sols ou carbone des fossiles (charbon, pétrole , gaz) . Comme la couverture végétale et donc les sols qui sont plus protégés augmentent , le CO2 additionnel vient bien des fossiles ; d’ailleurs la moitié de ce que injecte l’homme via la combustion de ces fossiles disparaît dans les puits que sont la végétation , les sols et l’océan , principalement par l’augmentation des planctons et des algues pour ce dernier

  8. En réponse à Frederic sommer :

    Pour le kérogène vous avez raison : on estime que cela représente 10Exp16 tonnes de C dans le sol profond (soit 10 000 000 Gt). Ce serait donc le 2e stock de C de la croûte terrestre, après les 100 000 000 Gt de C des carbonates). Cependant, le GIEC ne mentionne pas le kérogène dans son rapport AR5 (Fig. 6.1 page 471)… peut-être parce que cet intermédiaire entre matière organique morte de surface et combustibles fossiles (pétrole/charbon/gaz), est difficilement exploitable.

    Quant à la participation anthropique de l’augmentation actuelle du taux de CO2, nous ne la nions pas, mais elle est probablement faible. Sur ce sujet, nous vous renvoyons à nos publications spécifiques :

    Maurin J.C. La croissance du CO2 dans l’atmosphère est-elle exclusivement anthropique ? 06/2019 (Carbone 14 et Effet Suess, 1/3), 07/2019 (Carbone 14 et effet bombe, 2/3) et 07/2019 (Effet bombe et modèles du GIEC, 3/3)

    Maurin J.C. Evolutions récentes du CO2 atmosphérique. 09/2018 (1/4), 10/2018 (2/4), 11/2018 (3/4) et 12/2018 (4/4)

    N. Jean. Covid-19 et émissions de CO2 . 11/2020

    Pour un lien direct, voyez l’onglet « Auteurs ».

  9. Je ne vais pas revoir tout cela ; avec les données ci-dessus vous faites une règle de trois et vous tomber sur le chiffre de 10% pour le dégazage des océans et 90% pour la combustion des fossiles
    Sinon, tous les autres réservoirs , pour le moment , sont des puits : biomasse , sols, océans (pour sa part bicarbonate comme le montre le delta C13 des coraux depuis le début de l’ère industrielle)
    Concernant le réservoir principal qui est de loin le manteau, on espère qu’il ne se réveille pas avec des catastrophes volcaniques qui seraient bien plus graves via les cendres que via le CO2

    1. Pour Frederic sommer :

      Avant de poursuivre cette discussion, merci de nous exposer en détail votre calcul (règle de trois) qui démontre que 10% provient du dégazage et 90% des combustibles fossiles.

  10. Avec les données exposées ci-dessus, on obtient en faisant un petit calcul :
    – Une augmentation de 10°C provoque un dégazage des océans qui se manifestent par une augmentation de 100 ppm de CO2 dans l’atmosphère
    – Une agmentation de 1°C provoque une augmentation de 10 fois moins
    – Une augmentation de X °C provoque une augmentation de X fois plus
    Comme on a augmenté de 1°C depuis le début de l’ère industrielle , on aurait dû gagner 10 ppm alors qu’on en a gagné 100 ; par conséquent l’homme est responsable de 90% de l’augmention constatée
    La régulation du CO2 issu du dégazage des océans est parfaitement controlée par les variations en profondeur de la CCD (carbonate compensation deph) ; si cela vous intéresse , vous pouvez lire Chamley Hervé (qui avait finit sa thèse à Strasbourg quand j’ai commencé la mienne )
    Sédimentologie, Les Milieux de Sédimentation ou
    Bases de sédimentologie – 3ème édition
    de Jean-François Deconinck et Hervé Chamley | 9 février 2011

    1. En réponse à Frédéric sommer :

      Pour que tout le monde puisse bien comprendre voici votre raisonnement :

      – Dans les carottes de glace, on observe une augmentation de 100 ppm de CO2 associée à une augmentation de température de 10°C. Donc, et c’est la fameuse « règle de trois », 1°C correspondent à 10 ppm de CO2, et ce en conditions naturelles (absence d’industries).
      – Dans la période moderne, entre 1900 et 2020, on a observé une augmentation de ± 1°C. Si seulement la nature était responsable on aurait donc dû observer une augmentation de 10 ppm de CO2, comme pour les carottes de glace. Mais on a observé une augmentation dépassant 100 ppm… La nature est donc responsable de 10 ppm et l’homme du reste, soit 90 ppm.

      Attention, votre raisonnement à l’air intéressant mais il pose problème car vous comparez deux échelles temporelles différentes : le très long terme (carottes de glace) et le très court terme (données actuelles). La meilleure résolution obtenue entre deux points successifs d’une carotte de glace est de quelques siècles. On ne sait pas comment a évolué le taux de CO2 entre ces deux points séparés de quelques siècles et on ne le saura jamais (parfois c’est même plus de 1000 ans). De plus les données CO2 des carottes ne sont pas ce qu’il y a de plus fiable (mélange et compaction post-dépôt, etc., cf. abondante littérature, notamment dans SCE).

      Bref, peut-être que le taux de CO2 a fortement augmenté puis est fortement redescendu. Au final, en prenant énormément de recul (c’est à dire en ne regardant que quelques siècles, on a effectivement 1°C=10 ppm). Mais comme on prend beaucoup de recul on ne voit qu’une courbe lissée et on rate les larges oscillations. Prenez par exemple l’Evénement post-Dryas à 8200 BP (de 7000 à 9000BP), les carottes de glace donnent un enregistrement ‘continu’ et monotone du CO2 (autour de 260ppm) alors que l’analyse du CO2 à partir des stomates de feuilles de lacs de l’hémisphère nord montrent de très nombreuses et larges fluctuations (jusqu’à 330 ppm) pour le même intervalle de temps (daté dans les deux séries par le C14). Tout cela sans parler des événements DO ou la température augmente de 8°C (parfois plus) en 50 à 100 ans, avec une faible variation du taux de CO2. Que devient alors la règle de trois?

      En électronique on dirait que l’on a appliqué un « filtre passe-bas » aux données : un filtre passe-bas est un filtre qui laisse passer les basses fréquences et qui atténue les hautes fréquences. Actuellement, avec les méthodes de mesure directes, on a une résolution de quelques secondes entre deux points de mesure. On a donc beaucoup de détails. Pour savoir ce qui se passe vraiment et pouvoir comparer aux données glaciaires il faudra mesurer pendant quelques siècles… Pour l’instant on a des mesures directes et précises de CO2 depuis seulement 1959.

      Ensuite, on sait que les émissions humaines annuelles sont de 4 à 5 ppm. Les émissions naturelles sont de 94,4 ppmv/an (soit 198,2 Gt de C), avec des incertitudes assez grandes car les émissions naturelles sont très mal connues. Les incertitudes sont de l’ordre des émissions humaines! C’est écrit noir sur blanc dans le rapport AR5 du GIEC (mais pas dans le résumé pour décideurs!). Comment voulez-vous alors que cela soit l’homme qui soit responsable de 90% des émissions? Chaque année la nature émet 10x plus que l’homme… Et ce sont des mesures directes qui nous le disent, non des proxies.

      Remarquez qu’il ne faut pas commettre l’erreur de comparer les émissions humaines avec une différence, c’est à dire comparer 4-5 ppm d’émissions humaines avec la différence entre émissions totales dont celles de l’homme (207,1 Gt de C), moins les fixations totales (203 Gt de C); cette différence vaut 4,1 Gt de C (1,95 ppmv de CO2). On a donc l’impression que l’homme émet tout autant que la nature… Cette erreur est communément faite.

      Finalement, remarquez que la solubilité des molécules dans l’eau ne varie pas linéairement avec la température… faire une règle de trois est donc très imprécis. Et concernant la CCD, elle bouge/fluctue à des échelle de temps beaucoup plus grande (minimum des milliers d’années, si pas beaucoup plus), et n’est jamais la même dans tous les océans à un moment donné. La CCD dépend aussi de la productivité biologique (plancton, coraux, etc.).

  11. Alors si l’homme n’est pas responsable , dites moi simplement quelles sont les sources de cette augmentation de CO2 atmosphérique , qu’est ce qui a provoqué un largage plus important de ces sources ou quels sont les puits qui ne fonctionnent plus

    1. En réponse à F. sommer :

      D’abord, il se pourrait qu’un réchauffement de la biosphère soit provoqué par un phénomène qu’il reste encore à préciser (circulation thermohaline, réchauffement solaire accru aux tropiques suite à la diminution de la couverture nuageuse, effet du vent solaire, des rayonnements ionisants, augmentation des surfaces bétonnées suite à l’urbanisation, etc…). Ensuite, comme la température augmente, deux phénomènes peuvent se passer :

      1) L’océan intertropical augmente son dégazage.
      2) Les processus de dégradation microbiens (dans les sols et océans) sont plus rapides, ce qui émet plus de CO2 dans l’atmosphère. Voilà une hypothèse que l’on ne doit pas sous-estimer étant donné la très grande quantité de carbone et de bactéries dans les sols et les sédiments marins (pour rappel : 1 milliard dans seulement 1 gramme…).

      Ces deux phénomènes sont en fait liés, comme l’a proposé J.C. Maurin dans un article sur SCE. En effet, pour les dernières décennies, en lien avec le modèle MPO (mixte/proportionnel/océans) élaboré ici (https://www.science-climat-energie.be/2018/12/02/__trashed-4/) la séquence suivante peut être proposée :

      – L’océan intertropical augmente son dégazage (cycles océaniques de 60 ans?);
      – En conséquence le taux de CO2 atmosphérique croît;
      – Un taux plus élevé de CO2 entraîne une forte croissance végétale (phytoplancton et plantes) ainsi que l’augmentation de l’absorption par l’océan froid des hautes latitudes;
      – Avec un décalage dans le temps, la décomposition végétale augmente à son tour dans les sols/sédiments.

      Le résultat serait un transfert net de CO2 depuis l’océan vers la végétation, en traversant l’atmosphère en ≈5 ans (durée de séjour);
      L’intensification des échanges serait la cause de la hausse du taux de CO2 atmosphérique.

      L’apport anthropique aurait seulement un peu majoré ce transfert et donc participé modestement à la hausse du taux atmosphérique.
      La variation du δ13C serait le résultat des apports nets océan et anthropique (voir modèle mixte1 de J.C. Maurin (https://www.science-climat-energie.be/2018/11/12/evolutions-recentes-du-co2-atmospherique-3-4/).

      Une étude complète et bien documentée, établie par C. Veyres est disponible ici : (https://static.climato-realistes.fr/2017/08/Cycle-du-carbone-5-XII-2016-Camille-Veyres.pdf)

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