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Nouvel article dans la rubrique ‘Opinions’

La Chine, l’Iran et la Russie : quelles menaces pour l’Union européenne ? Quel lien avec l’énergie?

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers

Les trois pays figurant dans le titre de la présente analyse ont pour objectif la déstabilisation de l’Union européenne se fondant, entre autres, voire principalement sur : la géostratégie pour le premier cité, le terrorisme pour le second et l’expansion territoriale pour le dernier. Ils ont en commun de détenir l’arme nucléaire ou, pour ce qui concerne l’Iran, d’être sur le point d’y arriver, de disposer d’importantes forces militaires, des sources d’énergie abondantes et d’être gouvernés par des régimes autoritaires.

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Quelles sources d’énergies du futur pour la production d’électricité

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More – Président du pôle Énergie, Climat, Environnement
publié dans trends.levif le 27 décembre 2023

Les sources d’énergie pour la production d’électricité sont multiples et différemment appréciées dans le monde. Quelques-unes font l’objet d’anathèmes par les uns alors que d’autres les considèrent comme une aubaine.

Les prédilections pour l’une ou l’autre  sont  généralement fonction, dans le monde, de considérations économiques telles que leur disponibilité locale,  leur coût ou  la pollution qu’elles produisent.

D’autre part, des préoccupations de nature plus conjecturale que scientifique ont conduit, surtout en Europe, à vilipender certaines d’entre elles pour ensuite les interdire.

Il est nécessaire d’analyser les propriétés de ces différentes sources et de les comparer afin de pouvoir  identifier celles qui contribueront  le mieux à la production électrique du futur.

Commençons par comparer le nucléaire, source d’énergie qui fait régulièrement la une des médias, aux énergies éolienne et photovoltaïque de loin les plus utilisées parmi les renouvelables.

Le clivage entre les pays en Europe et dans le monde suscité par la production d’électricité à partir de combustible nucléaire a tendance à s’estomper. En effet au deuxième jour de la COP 28 organisé par le Qatar en décembre 2023,  un appel d’une vingtaine de pays à tripler les capacités de l’énergie nucléaire dans le monde d’ici 2050 par rapport à 2020, illustre le regain général d’intérêt pour l’atome. 

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Les véhicules électriques ne changeront rien à l’évolution de la température globale

par Prof. Dr. Paul Berth, Faculté des Sciences, Université Européenne

Les lecteurs assidus de SCE savent que, contrairement au GIEC, nous réfutons tout lien entre le taux de CO2 atmosphérique et la « température globale » (voir par exemple ici et ici). Si vous pensez comme nous il devient alors évident que l’utilisation massive des véhicules électriques ne changera rien aux climats terrestres.

Mais admettons que vous ne soyez pas convaincu et que vous acceptiez les conclusions du GIEC. Comme lui vous pensez donc que chaque fois que 1000 Gt de CO2 sont émis dans l’atmosphère la température de la basse troposphère augmentera de 0,45°C (comme écrit au point D.1.1 du Résumé pour Décideurs dans le dernier rapport du GIEC, l’AR6, à la page 28). En prenant les chiffres du GIEC nous pouvons alors faire un petit calcul qui montre que, si l’on considère les émissions de CO2 de toutes les voitures thermiques utilisées dans le monde, et roulant au moins 100 000 km, l’augmentation de la température sera tellement faible qu’elle ne sera même pas mesurable! Ce petit calcul vaut le détour et a également été fait par le physicien François Gervais dans son dernier livre « Le déraisonnement climatique« .

Voici le calcul, étape par étape :

• Selon le GIEC, lorsque 1000 Gt de CO2 sont émis dans l’atmosphère (1012 t de CO2) la température augmente de 0,45°C.

• Si l’on considère qu’une voiture thermique roulant 1 km émet 100 g de CO2, et que 44% de ce CO2 restent indéfiniment dans l’atmosphère (comme le pense le GIEC), nous avons donc 44 g (soit 0,000044 tonnes) de CO2 qui restent dans l’atmosphère lorsque la voiture parcourt 1 km.

• Puisque 0,000044 tonnes de CO2 ont été émis par la voiture, la température terrestre a donc augmenté de 2.10–17 degrés Celsius (0,000044 t * 0,45°C / 1012 t).

• Si la voiture thermique parcourt 100 000 km comme le font beaucoup de véhicules, la température terrestre augmentera de 2.10–12 °C (105 * 2.10–17).

• Si nous considérons l’ensemble des voitures de la planète, soit 1,4 milliards de voitures, nous pouvons alors calculer que leur utilisation sur 100 000 km fera augmenter la température de 0,0028°C, c’est-à-dire environ 2 millièmes de degrés! (1,4.109 * 2.10–12).

Pensez-vous que 2 millièmes de degrés en plus puisse affecter la biosphère terrestre ? Ces deux millièmes de degrés ne sont même pas mesurables, les meilleurs thermomètres n’ayant qu’une précision d’un centième de degré!

Quant à la Belgique, avec ses 6 millions de voitures, autant dire qu’elle ne fait pas le poids et ne pourra pas faire grimper le thermomètre bien haut… Nous vous laissons faire le calcul.

Par contre, la suppression de tous les véhicules thermiques dans le monde avec leur remplacement par des véhicules électriques aura des répercussions écologiques et économiques énormes. En effet, avez-vous calculé combien de tonnes de lithium et de métaux (particulièrement le cuivre) sont nécessaires pour fabriquer les batteries de tous les véhicules électriques? Avez-vous calculé le nombre de tonnes de CO2 émises pour la fabrication de ces voitures électriques? Avez-vous envisagé l’origine de ces métaux et les conséquences géopolitiques? Avez-vous envisagé l’efficacité de ces véhicules pour vous transporter sur de longues distances, particulièrement en hiver, avec de longs temps de recharge pourvu qu’une borne soit disponible? Avez-vous calculé la quantité énorme d’énergie nécessaire pour recharger tous les véhicules? Avez-vous pensé au fait que cette énergie de recharge proviendra essentiellement du nucléaire et des combustibles fossiles car l’énergie dite renouvelable ne pourra pas suivre? Et une fois utilisées avez-vous une solution pour recycler tous les métaux des batteries électriques? Tout cela pour 2 millièmes de degrés?

Bref, comme le dit François Gervais, bienvenue en Absurdie!

SCE a cinq ans et une nouvelle rubrique (SCE.pdf)

Cela fait 5 ans que SCE s’est lancé dans l’aventure du climat et de ses à-côtés, dont les politiques de l’énergie. Face à l’emballement médiatique concernant le climat, un ensemble de scientifiques, principalement des professeurs d’université, a décidé en 2018 que non seulement la science n’est pas dite comme beaucoup le prétendaient, mais surtout qu’il y avait, et qu’il y a toujours, une grande part de manipulations des données avec des interprétations ou extrapolations qui n’ont pas lieu d’être. Ce triste constat n’a fait que s’amplifier au point que la jeunesse en est devenue éco-anxieuse à un point inimaginable il y a 5 ans. SCE s’inscrit en faux devant cette dérive ou hystérie climatique et tente d’apporter une réflexion critique argumentée sur ce que de nombreux acteurs scientifiques, médiatiques et politiques rapportent. Pour SCE la climatologie reste une science particulièrement complexe, jeune, mal comprise avec de trop nombreuses incertitudes, et les porte-parole de la science officielle sont peu crédibles, ayant mis la charrue avant les bœufs, en décrétant notamment l’absence de rôle des phénomènes naturels dans le réchauffement actuel. Pas besoin de faire un dessin, il suffit d’ouvrir n’importe quel média pour entendre parler  du ‘bouton anthropique’ du CO2 qui règle tout et est la source de tous nos maux.

SCE n’ a jamais nié le faible réchauffement actuel, mais bien son origine et ses articles n’ont eu cesse d’apporter des preuves mettant en avant le rôle primordial des phénomènes naturels. Bien entendu le ‘fin mot’ de cette histoire n’est pas connu, mais n’est-ce pas l’apanage des scientifiques que d’explorer toutes les pistes. C’en est même un devoir à partir du constat que le CO2 ‘anthropique’ n’a pas grand-chose à voir avec le réchauffement actuel, ni même le CO2 naturel dans les temps passés, historiques et géologiques. Tout cela se trouve dans les 250 à 300 articles publiés par SCE depuis 5 ans.

Pour marquer cet anniversaire nous avons décidé de créer des documents (pdf) reprenant les différents thèmes abordés par SCE au cours des 5 années passées. Ils seront progressivement mis sur le site et nous avons créé une nouvelle rubrique, intitulée SCE.pdf, sur notre page d’accueil. Nous plaçons déjà quatre de ces documents thématiques (Le cycle du carbone, Le concept de Température Globale, Ce que nous apprend le passé, Catastrophes naturelles et événements extrêmes). Cela permettra à tout un chacun d’avoir sous la main tous les articles sur un sujet, plutôt que d’aller les chercher sur le site où ils sont éparpillés suivant leur date de publication. Nous espérons qu’ils seront utiles à tous et bien diffusés.

Merci à tous les auteurs et lecteurs qui ont contribué à défendre par leurs contributions une analyse critique et argumentée sur un sujet très complexe.

SCE ne détient aucune vérité, sauf celle que le consensus n’a pas lieu d’être en science, et que seuls les faits sont à considérer.

Impossible de dire si la toundra arctique sera un puits ou une source de carbone

par Prof. Dr. Jean N., Faculté des Sciences, Université Européenne.

Le Credo des alarmistes concernant le dégel du permafrost (ou pergélisol) est désormais bien connu, car relayé sans cesse par les médias : le permafrost va fondre sous l’effet du réchauffement climatique, du carbone va ensuite s’en libérer sous forme de CO2 et/ou de CH4, ce qui provoquera un emballement de l’effet de serre. Voici un exemple, publié par la RTBF en janvier 2022. Tout le monde peut comprendre ce raisonnement.

Cependant, c’est aller un peu vite car ce raisonnement est beaucoup trop simpliste. Il n’y a pas qu’une libération de CO2 ou de CH4 qui pourrait être observée, mais également une fixation accrue de carbone. Tout cela est discuté dans un article récent publié par le groupe Nature en janvier 2022 (Magnani et al. 2022, Scientific Reports). Cet article nous démontre qu’il est en fait impossible de dire ce qu’il va se passer pour le permafrost de la Toundra Arctique dans les années à venir. Tout simplement parce que les paramètres environnementaux sont tellement nombreux (type de plantes, humidité, température, quantité de lumière, hétérogénéité du sol, importance des nuages, etc.) qu’il est hasardeux de faire des prédictions. Les auteurs de l’article nous le démontrent en réalisant toute une série de mesures sur le terrain et en employant des appareillages mesurant les flux de CO2 du sol vers l’atmosphère. Les auteurs résument ensuite leurs recherches de la manière suivante :

« It is still unclear whether High-Arctic ecosystems will become a carbon source or sink in the next few decades. In turn, such knowledge gaps on the drivers and the processes controlling CO2 fluxes and storage make future projections of the Arctic carbon budget a challenging goal.« 

Pour savoir ce qu’en pense le GIEC, lisez la suite. Vous allez être surpris!

Que dit le dernier rapport du GIEC concernant la Toundra arctique?

Le GIEC, dans sont dernier rapport (AR6) ne dit pas le contraire et va dans le même sens que l’article de Magnani et al. 2022 dont nous venons de parler. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le chapitre 5 de l’AR6, à la page 1216 (Box 5.1 : « Permafrost Carbon and Feedbacks to Climate »). Citons 5 phrases intéressantes tirées de ce chapitre de l’AR6 :

– « Despite accumulating evidence of increased carbon losses, it is difficult to scale up site- and ecosystem-level measurements to assess the net carbon balance over the entire permafrost region, due to the high spatial heterogeneity, the strong seasonal cycles and the difficulty in monitoring these regions consistently across the year. »

– « However, the length of these wintertime observational records is too short to unequivocally determine whether winter carbon losses are higher now than they used to be. »

– « … the relative roles of local sources versus influence from mid-latitudes makes it difficult to infer changes to Arctic ecosystems from these observations. »

– « In addition to CO2, CH4 emissions from the northern permafrost region contribute to the global methane budget, but evidence as to whether these emissions have increased from thawing permafrost is mixed. »

– Atmospheric measurements and inversions performed at the global and regional scales do not show any detectable trends in annual mean CH4 emissions from the permafrost region over the past 30 years (Jackson et al., 2020; Saunois et al., 2020; Bruhwiler et al., 2021), consistent with atmospheric measurements in Alaska that showed no significant annual trends despite significant increase in air temperature (Sweeney et al., 2016). Atmospheric inversions and biospheric models do not show any clear trends in CH4 emission for wetland regions of the high latitudes during the period 2000–2016 (Patra et al., 2016; Poulter et al., 2017; Jackson et al., 2020; Saunois et al., 2020). Large uncertainties on wetland extent and limited data constraints place low confidence in these modeling approaches. »

Pourquoi alors certains médias relayent-ils la théorie alarmiste du permafrost? Tout simplement parce qu’ils ne citent que quelques études alors qu’il faut prendre du recul et les citer toutes, mais aussi parce que les journalistes alarmistes ont des idées préconçues et veulent seulement rallier les lecteurs à leurs idées. C’est bien connu, il n’y a aucune obligation de neutralité ou d’impartialité imposée par la loi aux médias. De plus, certains journalistes n’ont lu que le résumé pour décideurs du GIEC (SPM) dans lequel les incertitudes concernant le permafrost ont été complètement gommées. Oui, elles ont été gommées, comme nous vous le montrions pour l’effet des nuages dans l’AR5. Pour vous en convaincre, il suffit de lire vous-même les 41 pages du SPM de l’AR6. Le dernier rapport du GIEC fait 3949 pages. Il est évident qu’il est impossible de tout dire en 41 pages d’un résumé. Le GIEC a donc choisi de gommer les incertitudes…

Conclusions

– Dans un article récent publié sur SCE le 11 février 2022, nous vous démontrions que les incertitudes du cycle du carbone rendaient sa modélisation hasardeuse (JC Maurin, ici). Dans un même ordre d’idées, l’article de Magnani et al. (2022) nous montre clairement que le cycle du carbone est incertain pour la Toundra arctique et son permafrost. Il ne sera probablement jamais possible de savoir ce qu’il s’y passe réellement lors d’un dégel partiel (plus de fixation de carbone? plus d’émissions de carbone?) et toute modélisation mathématique du permafrost sera hasardeuse.

– Le GIEC est d’accord avec tout ce qui vient d’être dit, du moins dans la partie scientifique du rapport. C’est écrit noir sur blanc dans l’AR6 page 1216. Seuls les médias alarmistes et les politiciens peu scrupuleux utilisent la peur de la fonte du permafrost dans l’unique but de justifier leurs politiques.

The present and future green hydrogen production cost

by Alessandro Clerici* and Samuele Furfari**

*Alessandro Clerici (Honorary Chair of WEC Italy and of the Federation of Italian Scientific & Technical Associations)
**Samuel Furfari (Professor of energy geopolitics at the Free University of Brussels and President of the European Society of engineers and industrialists
)

Disclaimer: The views and opinions expressed in this article are those of the authors and do not necessarily reflect the official position of the associations they represent.

1.  Introduction

The European Green Deal triggered a great surging interest on hydrogen uses as an energy carrier particularly the so-called green hydrogen i.e. produced by renewable energy. This increasing interest for hydrogen (H₂), particularly ‘green’ hydrogen, is not limited to the EU. Huge electrolysis plants powered by renewable energy sources (RES) are announced in Australia, Chile, China, the Middle East, and North America, even if a giga project in Australia (the Pilbara one) has not got very recently the authorisation to proceed from the central government due to the strong impacts on the environment.

nb: VERSION FRANCAISE ICI

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‘Température moyenne globale’ et Etendue de la glace arctique: actualisation décembre 2020

Le site SCE met chaque mois la mise au point ou ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.

L’écart de température pour le mois de décembre 2020 est de -0,26°C par rapport au mois de novembre 2020. L’évolution de la température est de +0,14°C/décade depuis janvier 1979, soit 0,01°C/an.

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La péninsule Antarctique se porte bien

par Prof. Dr. Paul Berth

Selon un récent article du Guardian, des scientifiques ont mesuré pour la première fois la température de 20,75°C le 9 février 2020 sur l’île Seymour, une île située au large de la péninsule Antarctique. Cette île comporte la station de mesure Marambio où les relevés ont été réalisés. Bien entendu, cette nouvelle a été reprise par les médias, Greta Thunberg en tête. Cependant, en analysant objectivement la situation vous pourrez constater qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer.

1. Localisation de l’île Seymour et température moyenne annuelle

L’île Seymour est située au large de la péninsule Antarctique (Figure 1), la région la plus au nord du continent Antarctique et, quasiment, la seule partie d’Antarctique s’étendant au-delà du cercle polaire.

Figure 1. La péninsule Antarctique et l’île Seymour.

L’article du Guardian nous donne le graphique de températures suivant pour le début du mois de février 2020 (Figure 2) :

Figure 2. Température de l’atmosphère au niveau du sol pour la station Antarctique Marambio entre le 1er et le 12 février 2020. Le pic à 20,75°C est indiqué. Source : Guardian (2020).

Nous pouvons voir en consultant l’axe des abscisses de la Figure 2 qu’il s’agit de températures journalières, relevées toutes les heures, avec des pics chaque jour aux heures les plus chaudes. Bien entendu il peut s’agir d’un record de température positive. Mais il ne faut jamais se fier à la température d’un seul jour. Une seule mesure ne veut rien dire, car il existe peut-être dans l’année des records de températures négatives au même endroit dont les médias ne parlent pas (les médias ne parlent jamais des records de basses températures, comme par exemple les –65°C en janvier 2020 au Groenland, voir ici). En moyenne, il se pourrait donc que la température ne varie pas.

Pour savoir ce qu’il en est, analysons les données officielles (Figure 3) de la station Marambio (données GHCNv4 fournies par la NOAA, ici) et regardons les températures moyennes annuelles. Les données ont été homogénéisées par la NOAA (c’est-à-dire nettoyées et corrigées des effets non climatiques).

Figure 3. Températures moyennes annuelles pour la station Marambio (bleu). La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). La ligne rouge en tirets est la tendance polynomiale de degré 2 (équation rouge). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

Nous constatons les choses suivantes :

            – Depuis 1971, les valeurs de température moyenne annuelle de la station Marambio sont négatives, inférieures à –5°C. Les températures annuelles moyennes les plus récentes (2019) sont de –8°C. Ceci démontre que la zone reste assez froide.

            – Il existe de grandes variations d’une année à l’autre, atteignant parfois + ou – 4,5°C en un an : par exemple de –6,60°C en 2006 on passe à –11,11°C en 2007.

            – Si l’on trace une droite de régression, une très légère tendance positive est observée avec l’ensemble des données entre 1971 et 2019. La droite obtenue possède une faible pente de +0,027 (le coefficient de détermination R2 valant 0,09). Mais peut-on raisonnablement tracer une telle droite?

            – Si au lieu de considérer une droite de régression on fait passer une polynomiale de degré 2 parmi les données on obtient un meilleur coefficient de détermination (R2 = 0,12). On constate alors (Figure 3) une légère augmentation de température entre 1970 et 1995, puis une température stable jusqu’en 2020. Depuis 1995, la température moyenne annuelle oscille autour de –8°C. Notons que dans la nature, les phénomènes sont rarement linéaires.

Concluons déjà pour la station Marambio : non, il n’y a pas d’augmentation folle de la température, particulièrement au cours des 25 dernières années.

2. Les autres stations de la péninsule Antarctique

Une seule station de mesure, comme celle de Marambio, ne suffit évidemment pas pour tirer des conclusions fiables. Voyons donc ce qu’il en est des stations proches (Figure 4).

Figure 4. Localisation de quelques stations météo sur la péninsule Antarctique. Source : NOAA (ici).

– Pour la station Bernardo O’Higgins, très proche de Marambio, les températures moyennes annuelles sont négatives avec une tendance stable depuis 1980 (Figure 5).

Figure 5. Températures moyennes annuelles pour la station Bernardo O’Higgins (bleu). La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

– Pour la station Arturo Prat (Figure 6) les températures moyennes annuelles sont également négatives. Encore une fois, on constate de grandes variations d’une année à l’autre, une légère pente de +0,02 si l’on trace une droite de régression avec l’ensemble des données (R2 = 0,20), mais une stabilisation de la température depuis 2000 si l’on trace une polynomiale (R2 = 0,22).

Figure 6. Températures moyennes annuelles pour la station Arturo Prat (bleu). La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). La ligne rouge en tirets est la tendance polynomiale de degré 2 (équation rouge). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

– Pour la station Vernadsky (Figure 7) nous constatons une tendance nettement décroissante en ne considérant les données que depuis l’année 2000 (pente de –0,021; droite verte sur Fig.7). Avec l’ensemble des données nous obtenons une droite de régression dont la pente est positive (valant +0,04; R2 = 0,3904). La polynomiale de degré 2 avec toutes les données donne encore une fois un R2 supérieur (0,3988). Ceci montre que si l’on considère toutes les données la température moyenne est en cours de stabilisation.

Figure 7. Températures moyennes annuelles pour la station Vernadsky. (bleu). La ligne noire en pointillés est la tendance linéaireavec l’ensemble des données (équation noire). La ligne rouge en tirets est la tendance polynomiale de degré 2 avec l’ensemble des données (équation rouge). La ligne verte est la tendance linéaire depuis l’année 2000 (équation verte). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

– Pour la station Univ Wi Id 8926 Larsen Ice (Figure 8), on constate aucune tendance à l’accroissement mais une diminution depuis 1995.

Figure 8. Températures moyennes annuelles pour la station Univ Wi Id 8926 Larsen Ice  (bleu). La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

– Concernant la station Orcadas au large de la péninsule Antarctique (Figure 9) une décroissance est observée depuis 2000 avec cette fois-ci une polynomiale de degré 3 (R2 = 0,33). Comme à chaque fois, une droite avec l’ensemble des données depuis 1902 montre une légère tendance positive (pente de +0,01) mais le R2 est plus petit (0,30). Il vaut donc mieux considérer la courbe polynomiale.

Figure 9. Températures moyennes annuelles pour la station Orcadas. La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). La ligne rouge en tirets est la tendance polynomiale de degré 3 (équation rouge). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

– Pour la station King Sejong (Figure 10) nous pouvons voir une diminution de la température moyenne annuelle depuis 1990, mais de nombreuses mesures sont manquantes.

Figure 10. Températures moyennes annuelles pour la station King Sejong. La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). Source : NOAA (ici).

Finalement, pour la station Univ Wi Id 8902 Butler Isla (Figure 11) nous pouvons voir une diminution depuis 1997. Remarquons qu’en moyenne annuelle la température est ici inférieure à –14°C.

Figure 11. Températures moyennes annuelles pour la station Univ Wi Id 8902 Butler Isla. La ligne noire en pointillés est la tendance linéaire (équation noire). Données GHCN V4 adjusted-homogenized. Source : NOAA (ici).

3. Conclusions

– Pour comprendre ce qu’il se passe dans un jeu de données de température il ne faut pas considérer une seule mesure comme le fait l’article du Guardian; il ne faut pas non plus considérer une seule station de mesure.

– Si l’on désire faire passer des droites parmi les données de température, les plus longues séries disponibles sont celles de la station Orcadas (depuis 1902), qui est quand même assez éloignée de la péninsule Antarctique. On constate alors un réchauffement d’environ + 2°C en 110 ans (la courbe de tendance coupe –5°C en 1900 et –3°C en 2010). Cependant, en considérant des courbes polynomiales dont le coefficient de détermination est meilleur on constate que les températures moyennes chutent depuis les années 2000, comme dans toutes les stations de la péninsule Antarctique présentées dans cet article.

– Les phénomènes naturels suivent rarement des droites. Ils sont généralement cycliques, avec des périodes et amplitudes très variables. Il est donc permis de conclure que la péninsule Antarctique ne se réchauffe pas depuis 25 ans. Ceci est confirmé par d’autres analyses (voir ici et ici) et il est dommage qu’une fois de plus les médias ne fassent pas plus preuve de rigueur et se permettent des raccourcis donnant une information inexacte à 100%. En sont-ils seulement conscients ?

Réflexion sur la pétition des 11 000 ‘scientifiques’

par Prof. Dr. Paul Berth

La “pétition des 11 000” a été publiée dans le journal BioScience le 5 novembre 2019. Dans un style ultra-alarmiste, Ripple et ses collaborateurs nous apprennent que le CO2 et les gaz à effet de serre (GES) sont à la base de tous nos problèmes. Rien de nouveau ici : rappelons que le même auteur a publié un article très semblable il y a deux ans, en novembre 2017, et ce dans la même revue (BioScience). Il avait cependant fait mieux il y a deux ans puisqu’il avait récolté 15 000 signatures. Au total, 4 000 scientifiques se sont donc désistés cette année… Avant de lire le présent article, commencez par l’analyse de 2017 (cliquez ici). Comme vous le verrez, les conclusions tirées peuvent être appliquées au nouvel article de 2019.

La solution proposée par Ripple et ses “suiveurs” est simple : il faut arrêter immédiatement d’extraire du pétrole, du gaz et du charbon et laisser tout cela dans le sous-sol.Comme charité bien ordonnée commence par soi-même vous pourrez déjà vérifier, en consultant la liste des pétitionnaires, que les 234 scientifiques belges signataires de la pétition vont travailler le matin à vélo et se chauffent aux éoliennes. Dans le présent article nous allons analyser le nouveau texte publié dans BioScience.

1. Le journal BioScience

BioScience est une revue scientifique mensuelle à comité de lecture publiée par Oxford University Press, pour le compte de l’American Institute of Biological Sciences (AIBS). Il fut créé en 1964 et était précédé par le Bulletin AIBS (1951-1963).

La revue publie des revues de littérature (des “reviews”) sur des recherches actuelles en biologie, ainsi que des essais et des sections de discussion sur l’éducation, les politiques publiques, l’histoire de la biologie et des questions théoriques.

2. Les auteurs de la pétition

Les auteurs de la pétition des 11 000 sont  au nombre de 5. Ils sont pour la plupart biologistes et proviennent des USA et d’Australie : William J. Ripple (premier auteur), Christopher Wolf, Thomas M. Newsome, Phoebe Barnard et William R. Moomaw.

W.J. Ripple et C. Wolf font partie d’un Département des Ecosystèmes Forestiers (Université d’Etat de l’Oregon, USA). T.M. Newsome d’un Département des Sciences Environnementales (Sydney, Australie). P. Barnard fait partie d’un Institut de Biologie de la Conservation (Oregon, USA). W.R. Moomaw fait également partie d’un Institut étudiant l’Environnement (Massachusetts, USA).

3. Le texte de la pétition

L’article de Ripple et al. est publié dans la partie “Viewpoint” (point de vue) du journal. Cet article ne comporte donc aucune observation nouvelle, aucun raisonnement mathématique, aucune expérience, aucune hypothèse. Il ne fait que résumer le point de vue des 5 auteurs susmentionnés. Sur deux pages, 29 petits graphiques sont présentés et l’on peut voir de nombreuses courbes croissantes (population humaine, nombre de ruminants, consommation d’énergie, transport aérien, émissions de CO2, émissions de GES, etc.) et plusieurs courbes décroissantes (surface des glaces, épaisseur des glaciers, acidité de l’eau de mer, taux de fertilité humain).

L’article, très court (5 pages), adopte un ton ultra-alarmiste et dit simplement que toutes les courbes croissantes et décroissantes sont causées par le CO2 d’origine anthropique et autres GES. Les travaux du GIEC sont ensuite cités.

Après avoir écrit l’article, et comme pour leur pétition de 2017, des scientifiques du monde entier ont été contactés pour leur demander un soutien. Il suffisait de cliquer sur un site web et d’indiquer ses coordonnées, et éventuellement sa spécialité.

Au total, environ 11 000 “scientifiques” ont cliqué. Nous ne savons bien entendu pas s’ils ont lu l’article de la pétition ni s’ils ont lu les volumineux rapports du GIEC.

4. Analyse des signataires

Grâce à la fonction logicielle “Recherche” il est facile de compter certains mots dans la liste des signataires. Parmi les 11 000 signatures nous trouvons environ 3500 biologistes et médecins (repérés grâce aux mots “Biology, Ecology, Plant, Genetics, Entomology, Neuroscience, Immunology, Medicine, Zoology, Microbiology, Veterinary, Biochemistry, Anthropology”). Nous trouvons ensuite 1500 étudiants  en doctorat (PhD students et PhD candidates).

Viennent ensuite : 231 physiciens, 124 chimistes, 87 océanographes, 75 astrophysiciens, 65 mathématiciens, 55 géologues, 32 glaciologues.

Curieusement, il n’y a que 14 climatologues (“Climatology”) et le terme “climate” ne revient que 151 fois.

Nous avons donc environ 6000 scientifiques signataires dont la spécialité est bien identifiée, plus de la moitié étant des biologistes et médecins.

Tout le reste, soit 5000 scientifiques, n’ont pas indiqué leur spécialité. Nous savons juste qu’ils sont Professeur, assistant Professeur, ou autre.

5. Conclusion

L’article publié dans BioScience est  rédigé par 5 personnes. Via internet, 11000 “suiveurs”, essentiellement des biologistes et des étudiants, ont ensuite cliqué sur “I like”, comme pour un célèbre média social. Que savons-nous des connaissances climatiques des 11 000 suiveurs? Si l’on en prenait quelques-uns au hasard pourraient-ils vous donner le taux d’accroissement annuel du CO2 atmosphérique ? Sauraient-ils vous parler de l’optimum climatique médiéval, des données satellitaires, des carottes de glace ou encore des rapports 13C/12C de l’atmosphère? Probablement pas.

Nous pouvons parier que beaucoup de ces scientifiques et étudiants ont simplement suivi le mouvement et signé sur base d’un sentiment négatif face aux nombreuses pollutions affectant les écosystèmes, mais sans rien connaître de précis sur le dossier du CO2. A nouveau l’amalgame climat et pollution a joué pleinement et les médias sont une fois de plus tombés dans le panneau.

Comme mentionné dans la critique de la pétition des 15 000, rappelons ici la fameuse pétition de l’Orégon en 2008, rassemblant 31 000 signatures, dont 9 000 docteurs en sciences (PhD) qui rejetait la théorie du réchauffement anthropique causée par le CO2 et demandait le retrait du protocole de Kyoto. Mentionnons également la récente lettre de 700 scientifiques dont un Prix Nobel, adressée aux Nations Unies en Octobre 2019, et dont le titre était “There is no climate emergency”. Ou encore, la pétition de 90 scientifiques italiens parue en juin 2019. Comme vous pouvez le voir, de nombreux scientifiques, dans le monde entier, rejettent les théories alarmistes véhiculées par le GIEC et les médias. Ce n’est pas parce qu’ils sont actuellement minoritaires qu’ils ont tort, car la science ne fonctionne pas à la majorité ‘absolue’ comme dans une démocratie!

La biomasse globale : de larges incertitudes, également sur le cycle du carbone!

par Prof. Dr. Paul Berth

Dans un article récent de juin 2018[1], le biologiste Yinon Bar-On et ses collaborateurs ont estimé la biomasse totale de la biosphère actuelle (Bar-On et al. 2018). Pour cela, ils ont simplement estimé les nombres de bactéries, protozoaires, plantes et animaux dans tous les écosystèmes de la planète. En connaissant le poids moyen de chaque organisme, les auteurs ont ensuite réalisé des sommes. Ils arrivent au chiffre final de 550 gigatonnes (Gt) de carbone. Ce chiffre est-il élevé ? Avec quoi peut-on le comparer? Est-il précis ? Quels sont les organismes les plus importants dans la biosphère ? Quelles sont les conséquences pour le cycle du carbone, et donc pour la concentration de CO2 atmosphérique ? Voici toute une série de questions que l’on doit se poser. Nous allons voir que les résultats de Yinon Bar-On sont assez étonnants et qu’ils induisent des conséquences majeures pour le cycle du carbone dans la biosphère.

1. Des résultats étonnants

Rappelons d’abord qu’il ne faut pas confondre biodiversité et biomasse. La biodiversité est le nombre d’espèces, la biomasse est le poids de ces espèces dans les écosystèmes. Des articles précédents traitent déjà de la biodiversité (ici et ici). Nous allons nous pencher ici sur la biomasse et les résultats obtenus par Yinon Bar-On (Figure 1). Nous voyons que les organismes qui dominent la biosphère en terme de biomasse sont (1) les plantes (450 Gt), (2) les bactéries (70 Gt) et (3) les champignons (Fungi, 12 Gt). Une gigatonne (Gt) correspond à un milliard de tonnes (109 t). Ensemble, ces trois groupes représentent donc 532 Gt, c’est-à-dire plus de 96,7% de la biomasse vivante totale (Figure 1).

Figure 1. Biomasse totale de la biosphère, en gigatonnes (Gt). Bar-On et al. (2018).

Pour mettre en avant l’importance de ce chiffre de 550 Gt nous devons le comparer aux autres réservoirs de carbone connus de la planète. Nous sommes par exemple dans le même ordre de grandeur lorsque l’on considère l’atmosphère et ses 829 Gt de carbone (chiffre du GIEC, rapport AR5). Par contre les océans contiennent 38 700 Gt de carbone (chiffre du GIEC, rapport AR5), essentiellement sous forme de HCO3–, une valeur 70 fois plus élevée que la biomasse vivante totale. Quant aux sols, ils contiendraient de 1 500 à  2400 Gt de carbone.

Les animaux ne représentent donc qu’environ 2 Gt de carbone (0,3% du total). Le chiffre exact obtenu par les auteurs de l’étude est 2,589 Gt de carbone. La distribution des animaux au sein de ces 2 Gt de carbone est détaillée à la Figure 2. Les animaux qui représentent la plus grande biomasse sont : les arthropodes marins (i.e., crabes, crevettes, copépodes, etc.; 1 Gt), les poissons (0,7 Gt), les arthropodes terrestres (i.e., insectes, araignées, etc.; 0,2 Gt), les annélides (i.e., vers de terre, polychètes, etc.; 0,2 Gt) et les mollusques (0,2 Gt).

Figure 2. Détail de la biomasse animale (Bar-On et al. 2018).

En regardant bien la Figure 2 nous voyons que les humains (environ 7 milliards d’individus) ne représentent que 0,06 Gt de carbone de la biosphère. Les humains ne représentent donc quasi rien en biomasse à l’échelle de la planète. Cependant, les animaux d’élevage, utilisés comme nourriture pour ces humains, représentent 0,1 Gt de carbone. Sur la planète, la biomasse du bétail est donc presque deux fois supérieure à celle des êtres humains.

Mais le plus étonnant est ceci : la Figure 2 nous dit que la biomasse du bétail (0,1 Gt) est plus de 14 fois supérieure à la biomasse des mammifères sauvages (0,007 Gt). Les animaux les plus nombreux de la planète ne sont donc pas les animaux sauvages, mais ce sont les vaches, les buffles, les porcs, les moutons, les chèvres, les chevaux, les ânes, les mulets et les chameaux. Au total 0,1 Gt. Le calcul complet de Bar-On est disponible ici.

2. Une hypothèse déroutante

Puisque les 1,7 millions d’espèces animales (incluant les humains) ne représentent que 0,3% du carbone de la biosphère, nous pourrions imaginer un cataclysme les éliminant entièrement. Il resterait alors 99,7% de la biomasse, avec des plantes, des bactéries, des champignons des archées et des protozoaires. Que deviendrait la planète? Nous pouvons penser qu’elle se porterait à merveille ! En effet, tous les métabolismes seraient encore représentés (autotrophie, hétérotrophie) et les niches écologiques laissées vacantes par la disparition de l’homme et des animaux seraient colonisées par les organismes restants, c’est-à-dire essentiellement des végétaux, des bactéries, des champignons et des protozoaires qui se comporteront comme des opportunistes. La vie sur Terre se poursuivrait, et peut être même que de nouveaux animaux pluricellulaires apparaîtraient progressivement. Les plantes qui avaient besoin des insectes pour la pollinisation seront très probablement remplacées par des plantes qui n’en ont pas besoin. La vie sur Terre continuerait car les animaux ne sont qu’au sommet de la pyramide qui représente les niveaux trophiques (Figure 3). Le cas inverse, où l’on éliminerait les plantes et les bactéries de la surface de la planète est complètement différent. Dans ce cas, la vie entière disparaîtrait car on élimine la base de la pyramide (Figure 3).

Figure 3. Les divers niveaux trophiques de la biosphère : les producteurs primaires et les décomposeurs sont en bas de la pyramide (plantes et bactéries). Leur biomasse est élevée. Les consommateurs primaires (animaux herbivores), secondaires et tertiaires (animaux carnivores) sont en haut de la pyramide et leur biomasse est faible.

Bien qu’un tel cataclysme soit improbable, cet exemple extrême nous enseigne ce point crucial : la disparition d’une seule espèce animale est une chose bien triste, mais c’est seulement triste pour l’être humain. Au niveau écologique, la disparition d’une seule espèce animale n’affecte pas la vie sur Terre, ni même le cycle du carbone. La niche écologique laissée vacante est rapidement colonisée par d’autres organismes et de nouvelles espèces peuvent même apparaître par sélection naturelle. Il existe un équilibre permanent entre biotope (le milieu) et biocénose (les organismes). Après un déséquilibre, la biocénose s’adapte toujours au nouveau biotope. Voici quelques preuves : la vie sur Terre ne s’est pas arrêtée avec la disparition des dinosaures, du dodo de l’île Maurice ou du tigre de Tasmanie. Et les conséquences sur le cycle du carbone ont été quasi nulles, puisque qu’au total les animaux ne représentent que 0,3% du carbone de la biosphère.

3. Les incertitudes

Déterminer la biomasse totale de la biosphère n’est pas une science exacte et les auteurs de l’étude nous donnent une marge d’erreur pour chaque groupe (Figure 4). Cette marge d’erreur nous est donnée sous forme d’un facteur multiplicatif pouvant être appliqué aux moyennes. On obtient ainsi une gamme de valeurs correspondant à un intervalle de confiance à 95%. Cette façon de procéder n’est pas habituelle, car généralement les moyennes sont données avec un écart-type (moyenne ± écart-type). Cependant, l’article est publié et nous ne pouvons plus rien y changer!

Figure 4. Biomasse moyenne et incertitudes selon Bar-On et al. (2018).

En analysant les résultats présentés à la Figure 4, nous voyons que la plus grande incertitude concerne les virus. Ils ne constituent qu’en moyenne 0,2 Gt de carbone, mais ce chiffre pourrait donc être multiplié par 20. On arriverait alors à 4 Gt de carbone viral, chiffre encore faible si l’on se réfère au total de 550 Gt.

Mais les conséquences de ces multiplications ne sont pas les mêmes pour les bactéries et les archées. Ces deux groupes sont caractérisés par de très grandes incertitudes sur les moyennes de biomasse : les facteurs multiplicatifs sont ici de 10 et de 13 (Figure 4). En d’autres mots, les auteurs nous proposent une moyenne de 70 Gt de bactéries pour la planète, mais peut-être que le chiffre réel est 10 fois plus élevé, et que l’on serait plutôt du côté de 700 Gt de carbone bactérien, soit beaucoup plus de carbone que les plantes et beaucoup plus de carbone que dans toute l’atmosphère!  Il en est de même pour les archées. En multipliant par 13 les 7 Gt d’archées estimés  (cf. facteur multiplicatif, Figue 3), on arrive à 91 Gt de carbone, un cinquième environ du carbone des plantes. Notons qu’une étude précédente (Whitman et al. 1998) [2] avait estimé que la biomasse des bactéries serait comprise  entre 350 et 550 Gt de carbone. Le chiffre de 70 Gt de carbone pour les bactéries est donc probablement bien en dessous de la réalité.

Dans la Figure 4 on voit que c’est pour les plantes pour qu’on estime le mieux la biomasse dans la biosphère. Le facteur d’incertitude est ici le plus petit (1,2). On est donc relativement certain du chiffre de 450 Gt.

4. Pourquoi de telles incertitudes?

Les raisons de ces incertitudes sont liées à la taille des organismes. Les bactéries sont petites (de l’ordre de 1 micromètre) et estimer leur nombre dans 1 cm3 d’eau est relativement difficile, car les bactéries ont tendance à coller les unes aux autres. Même avec les meilleurs microscopes ou cytomètres en flux, on n’arrive pas à une bonne précision lorsque l’on compte les micro-organismes. Dans la terre c’est encore plus difficile car les bactéries se ‘cachent’ à l’intérieur ou entre des particules et y forment des biofilms. Et nous trouvons des bactéries vivantes jusqu’à 4 km de profondeur, dans une zone appelée la  subsurface (Figure 5). Les incertitudes sont ici énormes car la subsurface est très difficile à étudier. Pour les végétaux terrestres, estimer la biomasse est par contre beaucoup plus facile : les organismes sont seulement présents en surface, ils sont grands, visibles à l’oeil nu, et des réseaux de satellites peuvent être utilisés pour estimer la couverture végétale. Un verdissement récent de la planète a même été constaté (voir ici).

Figure 5. La subsurface est la zone de la planète qui comporte le plus de bactéries. Ces bactéries vivent dans les pores (surtout micropores) et les fractures des roches, et ce jusque 4 km de profondeur. A ce niveau, la température est telle (± 150°C) que la vie n’est plus possible.

5. Les conséquences des incertitudes

Les conséquences des incertitudes citées ci-dessus sont énormes. Nous savons estimer avec beaucoup de précision la biomasse des plantes, et nous pouvons donc estimer leur effet sur le cycle du carbone. Ces plantes pompent du CO2 atmosphérique et constituent donc une sortie pour le réservoir de carbone que représente l’atmosphère (voir l’article de JC Maurin en 4 parties : 1/4, 2/4, 3/4 et 4/4).

Mais comme nous ne savons pas estimer la biomasse des bactéries et des archées avec beaucoup de précision (70 Gt ? 500 Gt ? 700 Gt ?), et que ces bactéries et archées peuvent être autotrophes (fixer du CO2) ou hétérotrophes (consommer du CO2), nous n’avons aucune idée de leur effet sur le cycle du carbone global ! Les bactéries pourraient dominer en biomasse toutes les plantes de la planète et émettre ou fixer beaucoup de CO2. La fixation bactérienne du CO2 peut également se dérouler dans le noir absolu (bactéries chimio-autotrophes) comme c’était presque toujours la règle au Précambrien (Archéen et Protérozoïque inférieur). Nous le voyons, les conséquences sont potentiellement énormes. Tous les calculs concernant le cycle du carbone réalisés jusqu’à présent par le GIEC et d’autres auteurs sont très approximatifs car nous sommes incapables d’estimer la biomasse bactérienne avec suffisamment de précision, et ceci pour tous les écosystèmes de la planète.

6. Conclusions

  • La biomasse vivante représente 550 Gt de carbone, un chiffre comparable au carbone présent dans l’atmosphère (829 Gt de carbone selon le GIEC).
  • Ce sont les plantes qui dominent en biomasse (450 Gt de carbone).
  • Les animaux et l’homme ne représentent que 0,3% du carbone de la biomasse. Leur élimination complète n’éliminerait pas la vie sur Terre et n’influencerait pas grandement le cycle du carbone, tout comme la disparition de quelques espèces animales [3].
  • La biomasse du bétail (0,1 Gt) est plus de 14 fois supérieure à la biomasse des mammifères sauvages (0,007 Gt). Ceci est la conséquence de notre régime alimentaire : les humains sont essentiellement des carnivores !
  • Les incertitudes concernant la biomasse des bactéries et des archées est énorme. Les procaryotes (bactéries + archées) sont probablement les organismes dominants en termes de biomasse. Comme il est difficile d’estimer leur nombre, de grandes incertitudes planeront toujours sur les entrées et les sorties de carbone du stock que constitue l’atmosphère (cf. articles de JC Maurin ici). Quantifier avec précision la biomasse des procaryotes sur la planète est illusoire avec les technologies actuelles.

Références

[1] Bar-On YM, Phillips R, Milo R. The biomass distribution on Earth. Proc Natl Acad Sci U S A. 2018 Jun Influence du cycle du carbone 19;115(25):6506-6511. doi: 10.1073/pnas.1711842115. Epub 2018 May 21.

[2] Whitman WB, Coleman DC, Wiebe WJ (1998) Prokaryotes: the unseen majority. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, Vol. 95, pp. 6578–6583.

[3] Les espèces animales sont cependant importantes pour l’homme et il est nécessaire de les préserver. Effectivement, elles lui fournissent de nombreux services : par exemple, les animaux constituent un pool de gènes dont l’étude nous apporte de nombreux renseignements sur le fonctionnement des cellules, sur l’apparition de la vie, et sur la théorie de l’évolution. De nombreux progrès sont faits en médecine grâce à l’étude de certaines espèces animales. Les animaux sont également utilisés par l’homme pour le transport, la chasse, la pêche et le divertissement (zoo, safaris, etc.). Mais au niveau écologique, la perte d’espèces animales n’est pas un phénomène relativement grave : les niches écologiques vacantes sont rapidement colonisées par d’autres espèces. Ceci est confirmé par les archives géologiques relatant les nombreux cataclysmes du passés.

Une Pensée Unique pour Jacques Duran

Prof. Dr. Paul Berth

Le physicien Jacques Duran, fondateur du célèbre site Pensée Unique et pionnier du climato-réalisme en France, est décédé ce vendredi 26 octobre 2018.

Son site internet n’est plus online mais vous pouvez le retrouver en utilisant les archives d’internet (utilisez le Wayback Machine, faites une recherche avec www.pensee-unique.fr et sélectionnez ensuite octobre 2018 pour avoir la dernière version du site de Jacques Duran). Si vous ne le connaissez pas, allez vite le voir (attention, actuellement (2023) l’adresse www.pensee-unique.fr a été reprise par quelqu’un d’autre qui y publie autre-chose). Copiez le site de Jacques Duran et diffusez le. Il est vraiment Unique! Il est abondamment documenté et illustré, et représente une véritable mine de connaissances sur le climat. Son site, créé en 2006 sous le pseudonyme de Jean Martin, est dédié à tous ceux qui ont conservé un esprit critique et qui se refusent à absorber sans réfléchir une grande partie des nouvelles de toutes sortes qui nous parviennent chaque jour.

Jacques Duran n’était pas n’importe quel blogeur… Ce physicien était DR1, Directeur de Recherche de première classe du CNRS en retraite depuis 2004, ancien Directeur des Etudes (1996-2003, puis Honoraire) de l’Ecole Supérieure de Physique et Chimie de Paris (ESPCI), auprès de Pierre-Gilles de Gennes (prix Nobel de physique de 1991). Il était aussi ancien Vice-Président, Chargé de la Recherche, de l’Université Pierre et Marie Curie (1986-1992).

Il a été successivement Directeur de deux laboratoires associés au CNRS (de 1981 à 1994) : l’URA 800 (Laboratoire d’Optique de la Matière Condensée) puis de l’UMR 800 (Laboratoire d’Acoustique et d’Optique de la Matière Condensée qui résultait de la fusion de l’OMC avec l’ancien Laboratoire d’ultrasons URA 799), à Jussieu. Il a enseigné, pendant plusieurs années, au sein du DEA de Physique des Liquides (Paris VI, ENS, Polytechnique, ESPCI) les fondements de la physique des poudres et des matériaux granulaires. Il a été referee officiel d’une douzaine de revues internationales dont (surtout) Physical Review Letters, Physical Review B, ainsi que du New Journal of Physics (IOP), Journal de Physique (Fr), ainsi qu’expert à la NASA. Il fut interviewé de nombreuses fois à la radio (France Inter (Denis Cheissoux : « CO2 mon amour » !), France Culture (Stéphane Deligeorges), France Info (Marie-Odile Monchicourt), RFI, Europe 1, Radio Canada (Chantal Srivastava), etc., et à la télévision (Arte, FR3, Archimède, chaîne météo…).

Il y a une chose que Jacques Duran ne supportait pas : c’est que la Science soit détournée à des fins partisanes, ni même qu’elle soit détournée tout court. Et surtout que l’on cache un débat en instaurant la Pensée Unique… Voici un petit extrait de son site, par lequel il incitait le lecteur à la discussion :

« Alors, cher(e) lecteur(trice), devenez un spectateur critique des informations dont vous êtes submergé. Aiguisez votre sens contestataire à l’égard de toute “Pensée Unique”. A la grande différence des médias et des politiques, ce site est fait pour vous faire réagir. Vous disposez des liens nécessaires pour m’écrire (poliment, SVP). Car c’est bien là, le mérite d’Internet et des blogs, par rapport aux autres médias : On n’avale plus rien sans discuter. Même pas le contenu de ce site. »

C’est suivant cette ligne libre-exaministe que notre site SCE, récemment créé (juin 2018) veut inscrire sa démarche. Comme pour Jacques Duran,  nous estimons que le consensus n’a pas de place en Science …

Pas d’erreurs pour l’Arctique!

par Prof. Dr. Paul Berth

Comme mentionné dans un article précédent, le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique en millions de km2. Le dernier graphique publié (Fig. 1) nous montre l’étendue de la glace au mois de septembre entre 1979 et 2018 (c’est au mois de septembre que l’étendue de glace arctique est la plus faible, moins de 10 millions de km2). Une droite, dont la pente est négative, est tracée parmi les points : tous les 10 ans, la surface semble diminuer de 11,4%. Si l’on extrapole la droite ont peut calculer qu’il n’y aura plus de glace en Arctique dans 60 ans. Cependant, ne remarquez-vous rien d’étrange sur ce graphique?

Et bien oui, il y a quelque-chose d’étrange : il n’y a pas de barres d’erreur pour chacun des points! Consultons maintenant le rapport du GIEC sur la cryosphère [1]. Ce rapport nous donne à la page 326 un graphique comportant des barres d’erreur (Figure 2).

Nous voyons par exemple que sur la figure du GIEC (Figure 2a), la mesure de 7,5 106 km2 de septembre 1989 est accompagnée d’une barre d’erreur valant ± 1 million de km2. Sur le graphique ci-dessous (Figure 3), des barres d’erreur de 1 million de km2 ont donc été rajoutées sur le graphique du DMI, et ce pour les 10 dernières années. Bien entendu ceci est approximatif, mais comme les vraies barres d’erreur ne sont pas disponibles il faut bien en placer soi-même pour se faire une idée de ce qu’il se passe.

Nous pouvons ainsi voir sur la Figure 3, qu’à part une valeur qui semble significativement plus basse en 2013, la surface de la glace atteinte en septembre ces 10 dernières années est relativement stable. Il est clair que la surface des glaces était plus grande en 1980, mais concernant les 10 dernières années il n’y a probablement aucune différence significative entre les valeurs observées pour la période 2008–2018 (excepté 2013). Il faudrait bien entendu placer les véritables barres d’erreur sur le graphique et réaliser une étude statistique rigoureuse… Les puristes pourront toujours réclamer auprès du DMI.

Pourquoi la mesure est-elle si peu précise? 1 million de kilomètres carrés c’est quand-même grand… Par exemple, c’est plus ou moins la surface de l’Egypte (Figure 4), le chiffre exact étant 1 001 450 km2. La France, ne fait que 643 801 km2, quant à la Belgique n’en parlons pas, elle fait à peine 30 528 km2. Pour la surface d’autres pays voir ici.

Pourquoi une si grande erreur? Pour le savoir, consultons les documents fournis par l’organisme chargé de collecter et de diffuser les données satellitaires (Eumetsat OSI SAF). Pas besoin d’être un spécialiste, ces documents sont très clairs :

« Known limitations of the reprocessed sea ice concentration products are listed in this section. All the aspects listed apply in large extent to the other existing Sea Ice Concentration datasets based on Passive Microwave Radiometer (PMR) measurements. Users of the OSI SAF and other similar data sets, should be fully aware of these so that not to bias their conclusions.[2]« 

Voici les principaux biais selon Eumetsat :

  • De la vraie glace peut être invisible pour les satellites, particulièrement dans les zones ou la concentration de la glace est faible. Ceci provient du traitement appliqué aux données pour enlever le bruit de fond dû aux nuages.
  • En été, la glace fond légèrement en surface (sur quelques cm) et le satellite détecte de l’eau, alors qu’il y a de la glace sous les quelques cm d’eau.
  • Lorsque la glace est trop fine (<30 cm) le satellite n’est pas performant et ne voit pas la glace.
  • De nombreuses données sont manquantes, dans l’espace et dans le temps. De l’interpolation spatiale et temporelle est donc réalisée afin de combler les lacunes.
  • La résolution spatiale est faible. En effet, selon le canal utilisé par le satellite (la fréquence micro-onde détectée par le radiomètre embarqué), la zone analysée et considérée comme un point peut être aussi grande que 148 km x 95 km (c’est la cas par exemple pour le détecteur micro-ondes de type SMMR sur NIMBUS-7). Ceci vient du fait que pour obtenir suffisamment de micro-ondes au détecteur il faut considérer une très grande surface, car la Terre émet très peu de micro-ondes. Vraiment très peu… Pour s’en rendre compte il suffit de visualiser la courbe de Planck pour 300 K avec SpectraCalc.com (en plaçant « upper limit » à 1000 microns, la ou commence le domaine micro-ondes).
  • Des problèmes de détection sont constatés à l’interface entre les côtes et la glace de mer. Dans ces zones, le satellite ne sait pas s’il s’agit de terres, de mer ou de glace. Et donc des erreurs sont commises.

Conclusions

– Sans barres d’erreurs, un graphique ne veut rien dire. Impossible de dire si la tendance observée est significative.

– Il est indéniable que la surface des glaces arctiques en septembre 1980 (± 8 millions de km2) était plus élevée qu’actuellement (± 6 millions de km2) et que c’est significatif. En effet, pas besoin de test statistique pour voir que 8 ± 1 est significativement plus grand que 6 ± 1.

– Les satellites ne sont pas très précis lorsqu’ils mesurent la surface des glaces. L’erreur sur la mesure vaut environ 1 million de km2, c’est-à-dire la surface de l’Egypte.

– Pour les 10 dernières années (2008–2018), étant donné l’erreur sur la mesure, les valeurs ne semblent pas significativement différentes les unes des autres, si ce n’est la valeur plus basse de 2013. Les réalistes y verront une stagnation alors que les optimistes y verront bien entendu une augmentation!

Références

[1] Vaughan, D.G., J.C. Comiso, I. Allison, J. Carrasco, G. Kaser, R. Kwok, P. Mote, T. Murray, F. Paul, J. Ren, E. Rignot, O. Solomina, K. Steffen and T. Zhang, 2013: Observations: Cryosphere. In: Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Stocker, T.F., D. Qin, G.-K. Plattner, M. Tignor, S.K. Allen, J. Boschung, A. Nauels, Y. Xia, V. Bex and P.M. Midgley (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA.

[2] Sørensen et al. 2017. Global Sea Ice Concentration Climate Data Record. Product User Manual. Product OSI-450. Document version: 1.0. Data set version: 2.0. DOI: 10.15770/EUM_SAF_OSI_0008. March 2017.

Hommage au Professeur Istvan Marko

par Georges Geuskens et Alain Préat, Professeurs émérites de  l’Université Libre de Bruxelles

 

Cela fait un an, le 31 juillet 2017, que le Professeur Istvan Marko nous quittait prématurément à l’âge de 61 ans.

Ce scientifique, chimiste, était un de ceux qui était le plus écouté à l’échelle nationale et internationale, pour ses avis pertinents sur les problèmes climatiques d’aujourd’hui, aussi bien sous l’angle scientifique que celui de leurs emballements médiatiques. Nous lui avons rendu hommage il y a un an à travers un numéro spécial dédié à sa personne, et poursuivons son action dans l’esprit qui fut toujours le sien , celui de la rigueur scientifique.

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Réflexions sur les coraux

par Prof. Dr. Paul Berth

Les coraux sont beaucoup utilisés dans le débat actuel concernant le réchauffement et l’augmentation du CO2 atmosphérique. En gros, il est dit que les coraux sont en danger face au réchauffement climatique rapide qui serait provoqué par l’homme émettant du CO2. Le réchauffement et/ou « l’acidité » de l’eau de mer seraient responsables du blanchiment des coraux, et lorsque les coraux blanchissent ils finissent par mourir. Comment ne pas le croire puisque les médias en parlent sans cesse ainsi que certains articles publiés dans Science[1].

Notons d’abord que les coraux durs (ou Scléractiniaires) élaborent un squelette de carbonate de calcium et sont apparus au Trias moyen il y a 240 millions d’années[2]. Les premiers récifs coralliens semblables à ceux d’aujourd’hui sont apparus 25 millions d’années plus tard, au Trias supérieur, probablement suite à la formation d’une symbiose avec des algues symbiotiques[3]. Nous trouvons bien entendu des coraux durs bâtisseurs de récifs coralliens aujourd’hui. Cela ne voudrait-il pas dire que ces organismes sont particulièrement résistants aux changements globaux? En effet, le groupe n’a pas été éliminé par les nombreuses périodes de l’histoire ou il faisait plus chaud ou plus froid qu’aujourd’hui, et où la concentration en CO2 de l’atmosphère était plus grande ou plus petite qu’aujourd’hui. De nombreux organismes ont été rayés de la surface de la Terre (comme les dinosaures), mais pas les coraux durs! Le groupe a même survécu à la collision d’un astéroïde de près de 10 kilomètres de diamètre à la fin du Crétacé, astéroïde ayant éliminé 75% des espèces[4].

Penchons-nous maintenant sur le phénomène du blanchiment des coraux durs. Les coraux peuvent en effet devenir blancs et mourir s’ils expulsent leurs algues symbiotiques. Ces algues symbiotiques sont des organismes unicellulaires appelés zooxanthelles. Les zooxanthelles réalisent la photosynthèse en utilisant la lumière solaire et le CO2 dissous dans l’eau de mer. Ce sont donc les zooxanthelles qui nourrissent les coraux durs. Tout ce dont ces coraux ont besoin c’est d’un peu de CO2 dissous, de lumière, et bien entendu de zooxanthelles. Pas étonnant qu’ils meurent si les zooxanthelles sont expulsées… du moins, c’est l’image qui est véhiculée. Ce que les médias ne disent jamais c’est qu’une ancienne théorie scientifique à propos du blanchiment des coraux vient d’être confirmée. Cette théorie explique que le blanchiment des coraux est un phénomène d’adaptation aux conditions environnementales fluctuantes. C’est la théorie du « blanchiment adaptatif », proposée dès 1993 par Buddemeier et Fautin[5]. La théorie est très simple : lors d’un stress (température inadaptée, lumière trop intense, attaque virale, attaque bactérienne, etc.), les coraux expulsent leurs zooxanthelles pour en acquérir de nouvelles, mieux adaptées au nouvel environnement. La plupart des polypes du corail meurent, mais certains survivent car ils sont capables d’acquérir de nouveaux symbiotes plus résistants. Quelques mois, voire quelques années après le blanchiment, le corail a complètement récupéré. La théorie du blanchiment adaptatif a été très récemment confirmée par une étude génétique réalisée en 2016 (voir ci-dessous). Ces études n’ont été possibles que par les progrès récents des techniques de séquençage massif de l’ADN. Les coraux durs ne peuvent donc plus être vus comme des organismes qui s’adaptent lentement par le simple processus de mutation génétique. Ils peuvent s’adapter beaucoup plus rapidement en changeant de type de zooxanthelle et s’adapter à toutes sortes de conditions environnementales.

L’étude récente qui confirme la théorie du blanchiment adaptatif est celle de Boulotte et al. 2016[6]. Cette étude démontre que certains coraux adultes s’adaptent aux températures plus élevées de l’eau de mer en expulsant leurs zooxanthelles (donc en blanchissant) et en sélectionnant de nouvelles zooxanthelles dans l’eau environnante. Il existe en effet 9 types de zooxanthelles (clades A à I) qui diffèrent par leurs caractéristiques de résistance aux conditions environnementales. Les zooxanthelles des clades C et D sont les plus résistantes à la chaleur, et ce sont ces clades qui sont sélectionnées par les coraux lorsque la température de l’eau de mer est plus élevée. Après un épisode de blanchiment, une colonie de polypes plus résistante aux températures plus élevées se formera au même endroit en quelques années, et parfois beaucoup plus rapidement. Ainsi, suite à l’épisode de blanchiment observé en 2016 et 2017 sur la Grande Barrière de Corail en Australie, blanchiment ayant affecté plus de 50% des coraux dans certaines zones, nous constatons que les coraux reviennent déjà (fin 2017) et nous y trouvons même des signes de reproduction car des oeufs sont trouvés dans le plancton[7]. Des observations très convaincantes, allant dans le sens de la théorie du blanchiment adaptatif, avaient également été publiées en 2001 par l’équipe de Robert Kinzie[8].

Après avoir présenté la théorie du blanchiment adaptatif il faut finalement savoir que le blanchiment est une cause mineure de mortalité chez les coraux. En effet, il a été montré que les coraux durs sont bien plus affectés par les tempêtes et les attaques d’Acanthaster planci, une étoile de mer se nourrissant de coraux[9]. Une étude récente montre aussi que l’acidification de l’eau de mer n’est pas un danger pour les coraux[10]. Notons à ce sujet que le pH de l’eau de mer des récifs coralliens n’est pas stable et peut fluctuer naturellement de plus de 0.2 unités entre le matin et le soir[11]. Décidément, les alarmistes vont avoir bien du mal pour réfuter toutes ces observations.

Pour conclure, soulignons que si l’augmentation de la température ainsi que les légères variations du pH de l’eau de mer ne constituent pas des dangers pour les coraux, il n’en est pas de même de la pollution des zones côtières (par les substances chimiques mais aussi les virus et les bactéries issues des égouts), de la surpêche et des dommages engendrés par les ancres des navires, sans compter les coups de palmes des plongeurs… Et tous ces dangers peuvent bien entendu se cumuler. Pour protéger les coraux cela ne sert donc à rien d’émettre moins de CO2. Dire l’inverse est une contrevérité. Par contre, oui, luttons contre la surpêche et la pollution!

Article originellement publié dans « Les contre-vérités biologiques », Arguments — Revue européenne de science, vol. 3, n°1, hiver 2018.

Références

[1] Hoegh-Guldberg O, Mumby PJ, Hooten AJ, Steneck RS, Greenfield P, Gomez E et al. (2007). Coral reefs under rapid climate change and ocean acidification. Science 318: 1737–1742. Pandolfi et al. (2003) Global trajectories of the long-term decline of coral reef ecosystems. Science 301:955–958.

[2] Stanley, G.D (2003) The evolution of modern corals and their early history. Earth-Science Rev. 60, 195–225.

[3] Stanley, G.D (1981) Early history of scleractinian corals and its geological consequences. Geology 9:507.

[4] Bottke WF, Vokrouhlicky D, Nesvorny D (2007) An asteroid breakup 160 Myr ago as the probable source of the K/T impactor. Nature 449:23–25.

[5] Buddemeier RW, Fautin DG (1993) Coral Bleaching as an adaptive mechanism: a testable hypothesis. BioScience 43:320–326.

[6] Boulotte NM, Dalton SJ, Carroll AG, Harrison PL, Putnam HM, Peplow LM, van Oppen MJH (2016) Exploring the Symbiodinium rare biosphere provides evidence for symbiont switching in reef-building corals. ISME J 10:2693–2701.

[7] http://www.abc.net.au/news/2017-09-29/coral-regeneration-raises-hopes-for-great-barrier-reef-recovery/9001518.

[8] Kinzie, R. A., Takayama, M., Santos, S. R. & Coffroth, M. A. (2001) The adaptive bleaching hypothesis: experimental tests of critical assumptions. Biol Bull Mar Biol Lab Woods Hole 200:51–58.

[9] Osborne K, Dolman AM, Burgess SC, Johns KA (2011) Disturbance and the Dynamics of Coral Cover on the Great Barrier Reef (1995–2009). PLoS One 6(3): e17516.

[10] McCulloch MT, D’Olivo JP, Falter J, Holcomb M, Trotter JA (2017) Coral calcification in a changing World and the interactive dynamics of pH and DIC upregulation. Nature Communications 8:15686.

[11] Hofmann GE, Smith JE, Johnson KS, Send U, Levin LA, et al. (2011) High-Frequency Dynamics of Ocean pH: A Multi-Ecosystem Comparison. PLoS ONE 6(12): e28983. doi:10.1371/journal.pone.0028983.

Réflexions sur les ours polaires

par Prof. Dr. Paul Berth

Les ours polaires (Ursus maritimus) sont souvent utilisés dans le débat concernant le réchauffement climatique qui serait provoqué par l’homme. Selon les écologistes et les partisans du GIEC ils sont en grand danger. Mais n’est-ce pas aller un peu vite?

Il y a bel et bien un léger réchauffement des basses couches de l’atmosphère de la planète (entre 0.5 et 1.0°C en 100 ans [1]), cependant :

– On estime que la population mondiale actuelle d’ours blancs compterait de 20 000 à 25 000 individus aujourd’hui [2]. L’ours blanc ne consiste pas en une seule petite population sauvage, son aire de répartition n’est pas restreinte et aucun déclin marqué de la population n’a été observé. Par comparaison, il n’y avait plus que 5000 individus en 1945 en raison de la chasse, près de 4 à 5 fois moins qu’aujourd’hui. L’ours blanc n’est donc pas en voie d’extinction, comme l’a notamment confirmé une étude récente (2016) menée par l’équipe d’un spécialiste canadien des ours polaires (Mitchell Taylor) qui a montré que sur les 13 populations canadiennes d’ours blanc, seule une seule est en déclin [3].

– Les plus anciens fossiles d’ours polaire datent du début de la période glaciaire Würm [4] (il y a 110 000-130 000 ans). L’espèce n’a donc pas été éliminée lors de l’Optimum Climatique de l’Holocène (OCH), période au cours de laquelle le pôle Nord était presque dépourvu de glace en été. En effet, les ours polaires se réfugient sur les terres lorsqu’il n’y a plus de glace! En analysant l’ADN il semblerait même que l’ours polaire soit bien plus ancien, vieux d’au moins 1.2 millions d’années (Ma) ou 2 à 3 Ma, et même 4 à 5 Ma (Cronin & Cronin 2015). Les ours polaires auraient donc (sur)vécu à de nombreuses périodes interglaciaires dont celle de l’Eemien, avec des températures moyennes annuelles des latitudes nordiques de 4°C plus chaudes par rapport à l’interglaciaire actuel (Holocène) [5]. A cette époque, certaines zones nordiques atteignaient même des températures bien plus élevées de 7.5°C par rapport à la température moyenne du dernier millier d’années, et ce pour la même zone [6]. Ceci nous montre que les ours polaires s’adaptent parfaitement au manque de glace, voire à son absence totale. Pour s’en convaincre il suffit d’observer les ours polaires dans les parcs zoologiques en Europe, parcs ne comportant pas de glace (par exemple le zoo de La Flèche dans le département de la Sarthe, en France), mais surtout les populations actuelles de l’archipel arctique canadien, où s’observe la majorité des ours polaires du Canada [7] : sur les 13 populations d’ours de cette zone, 5 vivent dans des endroits complètement dépourvus de glace à la fin de l’été [8]. N’est-ce pas une preuve ultime de la résistance des ours au manque de glace?

– Les écologistes disent souvent que s’il n’y a plus assez de glace et que les ours polaires ne pourront plus se nourrir. En effet, deux espèces de phoques constituent l’essentiel du régime de l’ours blanc: Phoca hispida (le phoque annelé ou phoque marbré), d’un poids moyen de 68 kg, l’espèce la plus nombreuse en Arctique et formant sa proie principale, et Erignathus barbatus (le phoque barbu), pouvant dépasser 400 kg. Aucune de ces deux espèces de phoque ne peut se développer en l’absence de banquise, ce qui semble donc limiter l’aire de chasse de l’ours blanc. Mais l’ours blanc est opportuniste et possède de nombreuses autres proies! Et ceci, on ne vous le dit jamais… Ainsi, d’autre proies communes de l’ours blanc sont le morse (Odobenus rosmarus), le béluga (Delphinapterus leucas) et les poissons. La femelle ourse peut jeûner près de huit mois avant de mettre bas ses petits, habituellement deux oursons pesant moins de 0.9 kg [9]. Elle retourne ensuite rapidement sur la banquise pour chasser le phoque, sa nourriture favorite, ou attraper du poisson. Pour déterminer le régime alimentaire d’un ours on peut l’endormir et prélever un échantillon de graisse au niveau de sa croupe. Chacune de ses proies possède une combinaison très spécifique d’acides gras. En les analysant il est facile de déterminer ce que l’ours a consommé. C’est en utilisant cette méthode que l’on a établi que le phoque annelé représente 70% de la diète des ours blancs dans la Baie Hudson [10]. Le reste de la diète sont des phoques barbus, des phoques communs (Phoca vitulina) qui évitent la glace, des phoques à selle (Pagophilus groenlandicus) ainsi que des bélugas qui migrent dans la baie lorsqu’il n’y a plus de glace. Ailleurs, les ours blancs du détroit de Lancaster consomment autant de bélugas que de phoques annelés. En automne, les bélugas se font fréquemment prendre au piège lorsque la glace se reforme rapidement; en été, de nombreux bélugas chassant le poisson dans des zones peu profondes s’échouent lorsque la marée descend et l’ours blanc peut donc facilement les attraper. Dans le Sud de la Mer de Beaufort, les phoques annelés représentent 15 à 70% de la nourriture des ours blancs, alors que la baleine boréale (Balaena mysticetus) contribue pour 2 à 52% et les bélugas de 1 à 33%, avec des pourcentages variant grandement entre les individus [11]. Le nombre de proies de l’ours blanc est tellement varié qu’il n’est pas étonnant que l’ours blanc ait survécu tout au long de l’Holocène (approximativement les derniers 10 000 ans), période ayant comporté de nombreux moments pendant lesquels la glace avait quasi disparu comme durant l’Optimum Climatique de l’Holocène cité au début de cet article [12]. Il est donc faux de dire que l’ours blanc disparaîtra s’il n’y a plus de glace au pôle Nord.

– Malgré toutes les évidences concernant la résistance des ours polaires au manque de glace, le GIEC, les médias, les écologistes et certains scientifiques continuent leur désinformation. Un article récent publié fin novembre 2017 par des chercheurs hollandais associés à deux spécialistes des ours polaires (Steven C. Amstrup et Ian Stirling) ainsi que Michael Mann (alarmiste et père de la tristement célèbre « courbe en crosse de hockey ») semble même confirmer la vision alarmiste du GIEC  [13]. Cependant, en lisant attentivement l’article, on se rend assez vite compte qu’il ne s’agit que de propagande. En effet, l’article ne présente aucune donnée de terrain et ne fait que dénombrer – des blogs parlant des ours polaires sur internet…

– La dramatisation par l’image est une technique bien connue des propagandistes. De nombreuses photos d’ours polaires isolés sur des glaçons flottants circulent. Le magazine « Science » a ainsi été pris la main dans le sac après avoir diffusé la photo d’un ours polaire isolé sur un morceau de glace à la dérive, faisant ainsi croire à l’urgence climatique [14] (voir figures ci-dessous). Il s’agissait d’un montage réalisé avec Photoshop. Le magazine l’a reconnu et s’est même excusé [15].

Article originellement publié dans « Les contre-vérités biologiques », Arguments — Revue européenne de science, vol. 3, n°1, hiver 2018.

Références

[1] Seneviratne et al. 2018. Nature 558:41–49.

[2] Environnement Canada : https://www.ec.gc.ca

[3] York Y, Dowsley M, Cornwell A, Kuc M, Taylor M (2016) Demographic and traditional knowledge perspectives on the current status of Canadian polar bear subpopulations. Ecology and Evolution 6:2897–2924.

[4] Cronin TM, Cronin MA (2015) Biological response to climate change in the Arctic ocean: the view from the past. Arktos 1:4  doi 10.1007/s41063-015-0019-3.

[5] Müller, UC (2009) Eemian (Sangamonian) Interglacial. Pp. 302–307. Encyclopedia of Paleoclimatology and Ancient Environments. Springer, Netherlands.

[6] Dahl-Jensen, D., M. R. Albert, A. Aldahan, N. Azuma, D. Balslev-Clausen, M. Baumgartner, et al. (2013) Eemian interglacial reconstructed from a Greenland folded ice core. Nature 493:489–494.

[7] Obbard, M. E., G. W. Thiemann, E. Peacock, and T. D. DeBruyn. (2010) Polar Bears: Proceedings of the 15th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 29 June-3 July 2009, Copenhagen, Denmark, vii +235 pp.

[8] Lunn, N. J., S. Schliebe, and E. W. Born. (2002) Proceedings of the 13th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 23–28 June 2001, Nuuk, Greenland, vii +155 pp.; Aars, J., N. J. Lunn, and A. E. Derocher (2006) Polar Bears: Proceedings of the 14th Working Meeting of the IUCN/SSC Polar Bear Specialist Group, 20–24 June 2005, Seattle, Washington, USA, v + 191 pp.; Obbard et al. 2010 (op cit).

[9] Rosing, Norbert (1996). The World of the Polar Bear. Willowdale, ON: Firefly Books Ltd.

[10] Steele J (2013) Landscapes & Cycles. 331 pp.

[11] Thiemann et al. (2011) Oikos 120: 1469–1478; Thiemann et al. (2008) Ecol Monogr 78:591–613; Cherry et al. (2011) J Appl Ecol 48:373–381; Bentzen et al. (2007) Can J Zool 85:596–608.

[12] Ovsyanikov & Menyushina (2008) Marine Mammals of the Holarctic. Odessa, pp. 407–412.

[13] Harvey JA et al. (2017) Internet Blogs, Polar Bears, and Climate-Change Denial by Proxy. BioScience, bix133, https://doi.org/10.1093/biosci/bix133.

[14] Marko I et al. (2013) Climat: 15 vérités qui dérangent. Texquis, Bruxelles, Belgique. 270 pp.

[15] http://science.sciencemag.org/content/suppl/2010/05/09/328.5979.689.DC2