par SCE et le Prof. Dr. Ian Clark
Nous publions aujourd’hui un extrait du livre « Canari dans un monde climatique : Réalisme climatique contre le mythe du net-zéro », un ouvrage récemment paru en anglais (Mai 2026) et qui rassemble 38 « Canaris du climat », c’est-à-dire essentiellement des professeurs et des spécialistes issus de divers horizons : sciences, climatologie, géologie, ingénierie, économie, médecine, droit, journalisme, politiques publiques et recherche indépendante. L’analogie avec les canaris vient de l’époque ou ces oiseaux étaient utilisés dans les mines car ils étaient les seuls à percevoir un futur désastre.
L’extrait ci-dessous est signé par le Dr. Ian Clark, Professeur émérite en sciences de la Terre à l’Université d’Ottawa, spécialisé en hydrogéologie et en géochimie isotopique. Ses travaux portent sur les systèmes d’eaux souterraines, notamment leur origine, leur mouvement et leur âge, ainsi que sur l’utilisation des méthodes isotopiques pour comprendre les processus terrestres et les changements environnementaux. Il a publié de nombreux articles dans ce domaine et est co-auteur de l’ouvrage de référence international *Groundwater Geochemistry and Isotopes*.
A côté du texte du Professeur Ian Clark de nombreuses autres contributions stimulantes examinent la climatologie, la politique énergétique, le net-zéro et le débat climatique au sens large. Riche en essais passionnants, discussions scientifiques, analyses approfondies et perspectives stimulantes, l’ouvrage « Canari dans un monde climatique » est disponible sur Amazon (ici).
N.B. Science, Climat, Energie a ajouté quelques références au texte de Ian Clark afin d’apporter une information complémentaire.

Je vais vous faire une confession. Lorsque j’ai débuté ma carrière il y a plus de 30 ans, j’étais complètement convaincu [du changement climatique prétendument provoqué par l’homme]. J’avais suivi une formation en paléoclimatologie et en géologie du Quaternaire, et lorsque j’ai commencé à enseigner, j’ai même renommé mon cours « Géologie du Quaternaire et changement climatique » car c’était le discours dominant. Le CO₂ augmentait et on nous disait qu’il était le thermostat du système climatique, responsable du réchauffement, de la fonte du Groenland, de la déstabilisation de l’Antarctique et de la menace qui pesait sur les écosystèmes. Ce message était véhiculé par les institutions, les revues scientifiques, les médias traditionnels et les rapports gouvernementaux auxquels on nous avait appris à faire confiance. Comme beaucoup d’autres, je l’ai accepté. Je l’ai enseigné.
Puis, une dizaine d’années plus tard, j’ai eu une conversation qui a tout changé. C’était avec Ján Veizer, le plus éminent géochimiste du Canada, qui avait passé des années à étudier le climat sur des échelles de temps géologiques – des centaines de millions d’années, et non pas seulement des décennies. Il m’a fait remarquer que lorsqu’on examine les données à long terme, la relation entre le CO2 et la température ne se vérifie pas comme on nous l’a toujours dit.
Cela m’a complètement déstabilisé.
Voilà quelqu’un travaillant au plus haut niveau, examinant l’ensemble des données géologiques, et affirmant que le CO₂ n’était pas le principal facteur du climat. Cela m’a contraint à réexaminer les preuves de manière critique.
Et ce que j’ai découvert était profondément inquiétant. Le discours sur le CO₂, tel qu’il est généralement présenté, ne correspond pas aux données géologiques. Il ignore des processus majeurs, surestime une variable et réduit un système très complexe à quelque chose de bien plus simple qu’il ne l’est en réalité. Plus j’approfondissais la question, plus il devenait évident que le discours sur le climat ne reposait pas sur des bases scientifiques solides. C’était un discours fondé sur l’idée fictive que notre climat devrait être prévisible et immuable.
À partir de ce moment, j’ai réévalué ma propre compréhension. Et chaque fois que je me replonge dans les données, chaque fois que j’examine de nouveaux travaux, cela me ramène à la même conclusion. Le CO₂ ne contrôle pas le climat comme on nous le prétend. Pourtant, ce discours conduit les économies occidentales vers l’apocalypse avec nos efforts pour ramener nos émissions de CO2 à zéro net d’ici 2050, et vers un cataclysme environnemental si nous n’y parvenons pas.
Posons-nous donc quatre questions simples : Le climat change-t-il ? Les événements extrêmes sont-ils de plus en plus fréquents ? Le CO2 est-il responsable du réchauffement climatique ? Et la neutralité carbone est-elle réaliste ?
1. Le climat change-t-il ?
Bien sûr que oui. Le changement climatique n’est pas un phénomène nouveau. C’est l’état normal du système terrestre.
En tant que géologues, nous travaillons avec des preuves physiques. En Alberta (Canada), le « Big Rock d’Okotoks » en est un exemple frappant. Cet énorme bloc erratique glaciaire a été transporté des montagnes Rocheuses il y a environ 20 000 ans par une rivière de glace durant une période glaciaire qui a depuis évolué vers notre climat actuel. Il ne s’agit pas d’un changement mineur, mais d’un système climatique complètement différent.
Si l’on considère l’Holocène, les 12 000 dernières années, on observe une variabilité continue. Il y a eu le Maximum thermique de l’Holocène, lorsque les températures étaient plus chaudes qu’aujourd’hui et avec des régions arctiques beaucoup moins englacées. Il y a ensuite eu l’Optimum climatique médiéval, attesté par de nombreuses données indirectes dans plusieurs régions. Puis est venu le Petit Âge glaciaire, entraînant des conditions plus froides, l’avancée des glaciers, l’échec de l’agriculture et de réelles difficultés.
Au Canada, nous pouvons le constater directement. Les glaciers ont avancé durant le Petit Âge glaciaire, laissant des moraines encore bien visibles. Il ne s’agit pas de reconstitutions théoriques, mais de témoignages physiques d’un climat changeant.
Plus récemment, les températures mondiales ont augmenté d’environ un degré depuis le début du XXe siècle. Mais cette évolution n’est pas linéaire. Il y a eu des périodes chaudes dans les années 1930 et 1940, suivies d’un refroidissement, puis d’un nouveau réchauffement. Le système fluctue. Il ne réagit pas simplement à une seule variable.
Et les océans sont au cœur de tout cela. Ils contiennent la grande majorité de la chaleur terrestre. La circulation océanique entraîne une distribution complexe de cette chaleur dans le système climatique, en particulier aux hautes latitudes. Et les océans se réchauffent. Cependant, ce réchauffement est dû à la lumière directe du soleil, et non au CO2.
2. Les événements extrêmes sont-ils en augmentation ?
On nous répète sans cesse que les phénomènes météorologiques extrêmes s’aggravent à cause du changement climatique. Chaque ouragan, chaque incendie de forêt, chaque inondation est présenté comme une preuve supplémentaire.
Mais lorsqu’on examine les données, cette affirmation ne tient pas.
Les statistiques sur les ouragans montrent une variabilité, mais aucune tendance à la hausse constante de leur fréquence ou de leur intensité. En fait, les recherches montrent une tendance à la baisse du nombre total d’ouragans touchant terre depuis un pic dans les années 1950, et la tendance concernant les ouragans majeurs est stable. Les statistiques sur la sécheresse ne montrent aucune augmentation globale claire. Dans certains cas, on observe même une diminution des sécheresses les plus sévères. De plus, les données à long terme montrent qu’il existe généralement une cyclicité des précipitations pour des régions données.
Les feux de forêt sont souvent utilisés comme le symbole le plus visible du changement climatique, pourtant, les données à long terme ne montrent pas d’augmentation constante de leur fréquence. La superficie brûlée varie considérablement d’une année à l’autre. La saison des feux de forêt extrêmes de 2023 a été alarmante et a été attribuée au changement climatique. Mais un examen plus approfondi révèle qu’il s’agissait d’une malheureuse conjonction d’un dôme de chaleur, et de faibles chutes de neige hivernales, sur fond de lutte contre les incendies à long terme, d’expansion urbaine dans la forêt boréale et d’activités post-Covid.
Des événements extrêmes se sont toujours produits. Le système terrestre est dynamique. Mais l’affirmation selon laquelle ils s’aggravent systématiquement à cause du CO2 n’est tout simplement pas étayée par les observations.
3. Le CO2 est-il le principal facteur du climat ?
C’est la question centrale.
Si le CO2 était le principal facteur du climat, alors, sur les échelles de temps géologiques, on devrait observer une relation constante entre les niveaux de CO2 et la température. Sur des centaines, voire des dizaines de millions d’années, il existe de longues périodes où le CO2 est élevé et les températures basses, et d’autres où le CO2 est faible et les températures élevées. La relation supposée n’existe tout simplement pas dans les archives géologiques à long terme (Figure 1).

Figure 1. Température globale et CO₂ au cours du Cénozoïque, reconstituées à partir des données isotopiques marines de la température et de divers indicateurs du CO₂. Les augmentations à court terme du CO₂ suivent les augmentations de température. D’après Vinós 2022, Climate of the Past, Present and Future. Critical Science Press, Madrid.
Sur des périodes plus courtes, on observe effectivement une relation constante entre le CO2 et la température. Les données de l’Antarctique couvrent près d’un million d’années et montrent effectivement une forte corrélation positive entre le CO2 et la température, avec des pics de concentration de CO2 pendant les périodes interglaciaires, lorsque les températures mondiales sont les plus élevées, puis suivant les fluctuations de température à mesure que le climat se détériore jusqu’à une nouvelle période glaciaire. Mais lorsqu’on examine la chronologie, la séquence est claire : la température change en premier, et le CO2 suit, généralement avec un décalage de plusieurs centaines d’années.
Les variations de température, bien plus faibles, observées au cours des 11 000 ans de l’Holocène, période d’émergence des civilisations, sont encore plus nettes.
Les températures ont atteint des niveaux maximaux au début de l’Holocène, lorsque l’ensoleillement était maximal, puis ont diminué jusqu’au Petit Âge glaciaire et au réchauffement actuel, après les périodes chaudes romaine et médiévale.
Cependant, ni le CO₂ ni le CH₄ ne présentent de corrélation avec la température, et rien n’indique qu’ils en soient un facteur déterminant pour aucune de ces périodes chaudes. Ils réagissent plutôt aux changements majeurs du paysage survenus durant l’Holocène. Ceci est significatif : le CO₂ n’influence pas la température, il y réagit.

Figure 2 : Température et CO₂ au cours de l’Holocène. La courbe supérieure (noire) représente l’anomalie de température, celle en dessous aux approximations issues des modèles, et les deux courbes inférieures représentent la concentration en CO₂ et en méthane (CH₄). Source : *Climate of the Past, Present and Future*, Critical Science Press, Madrid.
On observe la même relation dans les données modernes, même à l’échelle décennale et annuelle. Les variations de température précèdent celles du CO₂. C’est ainsi que fonctionne le cycle du carbone. Tous les processus qui émettent du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, du réchauffement des océans aux émissions du sol, sont déterminés par la température. On n’observe jamais d’augmentation du CO₂ atmosphérique suivie d’une augmentation de température. Bien que nos émissions du siècle dernier contribuent sans aucun doute à la tendance à la hausse bien documentée du CO2 atmosphérique, la tendance actuelle au réchauffement climatique a débuté à la fin du dernier petit âge glaciaire au XIXe siècle, suivant une cyclicité documentée sur des milliers d’années. Les rapports scientifiques du GIEC sont tous conclus que la majeure partie du réchauffement observé au XXe siècle est naturelle. Pourtant, vous ne trouverez aucun article à ce sujet dans les médias.
Le cycle du carbone est rapide. Chaque année, d’énormes quantités de carbone sont échangées entre l’atmosphère, les océans et la biosphère. À tel point que la totalité du CO2 atmosphérique est renouvelée par la biosphère terrestre et les océans tous les 4 ans. Cela signifie que nos émissions contribuent à un stock de carbone bien plus important que celui de l’atmosphère. Cela signifie également que les efforts visant à réduire le CO2 atmosphérique par capture directe dans l’air ou par altération accrue des roches réactives sont vains et irresponsables sur le plan environnemental.
Si nous prenons au sérieux la climatologie, nous devons parler de la vapeur d’eau. La vapeur d’eau est le principal gaz à effet de serre. Ni le CO2. Ni le méthane. La vapeur d’eau. Elle est présente en concentrations bien plus élevées et absorbe l’énergie sur un spectre de longueurs d’onde beaucoup plus large. Elle est responsable de la majeure partie de l’effet de serre.
Et elle est en mouvement constant. La vapeur d’eau fait partie d’un système dynamique, alimenté par le rayonnement solaire, d’évaporation, de condensation, de formation de nuages et de précipitations. Elle change continuellement dans l’espace et le temps. Ce système chaotique est insaisissable pour les modèles climatiques. Ces derniers reposent plutôt sur une hypothèse : que le CO₂ provoque un réchauffement, que ce réchauffement accroît l’évaporation et que cette vapeur d’eau supplémentaire amplifie le réchauffement. Cette hypothèse – cette rétroaction – est au cœur de toutes les projections alarmantes du réchauffement climatique. Sans elle, le réchauffement projeté ne serait pas significatif. Mais aucune observation ne prouve que le CO₂ contrôle la vapeur d’eau de cette manière à l’échelle mondiale. L’idée qu’une augmentation relativement faible du CO₂ régisse ce vaste cycle de l’eau dynamique reste à prouver.
Grâce à la vapeur d’eau, les nuages sont une variable clé de notre système climatique. Ils réfléchissent le rayonnement solaire incident, refroidissant la Terre, ou retiennent la chaleur sortante, la réchauffant. L’équilibre est complexe et mal compris, et encore moins prévisible. La Terre est couverte de nuages à environ 68 % chaque jour. Les observations satellitaires montrent que ce taux a diminué au cours des deux dernières décennies. Si les mécanismes à l’origine de cette diminution restent encore mal compris, son impact est indéniable. La réduction de la couverture nuageuse accroît l’absorption d’énergie solaire et réchauffe le système climatique. Les climatologues reconnaissent désormais que c’est le principal facteur de la hausse des températures observée durant cette période. Et non le CO2.

Figure 3 : Diminution de la nébulosité au cours des deux dernières décennies et augmentation du rayonnement sortant à ondes longues en réponse à l’accroissement du rayonnement entrant à ondes courtes et au réchauffement. D’après Dübal et Vahrenholt, 2021, *Radiative Energy Flux Variation from 2001 to 2020*, Atmosphere 12:1297.
Si le CO2 n’est pas le principal facteur du changement climatique, alors quel est-il ? La variabilité solaire joue un rôle, comme le montrent les relevés d’activité solaire sur des décennies, voire des siècles, qui suivent étroitement la température. Le Petit Âge glaciaire, d’environ 1400 à 1800 après J.-C., a été caractérisé par un minimum solaire, observé grâce aux taches solaires et aux relevés d’isotopes cosmogéniques. Cependant, si les variations du rayonnement solaire ne peuvent à elles seules expliquer les variations de température, un mécanisme associé le peut. Des recherches récentes sur la formation des nuages montrent qu’ils sont nucléés par les rayons cosmiques qui bombardent continuellement notre atmosphère. De plus, des recherches montrent que les rayons cosmiques sont modulés par l’héliomagnétosphère. Cette aura magnétique du Soleil qui enveloppe notre planète croît et décroît avec l’activité solaire et il est bien établi que ses variations s’étalent sur des échelles de temps allant de quelques décennies à plusieurs milliers d’années. Par son impact sur la nébulosité, cette connexion cosmique-solaire-nuages est désormais reconnue comme un facteur climatique majeur.
Les océans constituent de loin le plus grand réservoir de chaleur climatique et leur circulation joue donc un rôle dans la distribution de cette chaleur dans l’atmosphère. L’oscillation australe El Niño (ENSO) et l’oscillation décennale du Pacifique (PDO) sont des variations des courants océaniques d’une durée allant de sub-décennale à pluri décennale, ayant des impacts naturels profonds sur le climat.
Il est donc clair que notre stratégie visant à atténuer le changement climatique en baissant le thermostat du CO2 n’a aucun fondement scientifique. Le CO2 n’est tout simplement pas le facteur déterminant. Au contraire, le CO2 est essentiel à la vie sur Terre. Au cours des dernières ères géologiques, sa concentration atmosphérique a diminué en dessous de 200 ppm, atteignant des niveaux dangereusement bas pour la vie végétale. Avec la récente augmentation due aux émissions humaines, de 280 à environ 420 ppm, la Terre est devenue environ 25 % plus verte. On peut affirmer que nos émissions inversent une tendance qui était dangereuse pour la vie sur Terre.
4. La neutralité carbone est-elle atteignable ?
Malgré des preuves accablantes du contraire, l’alarmisme climatique exige que l’humanité réduise ses émissions de CO2 à zéro émission nette, un point où la forte réduction de nos émissions dans l’atmosphère est compensée par des mesures de captage du CO2 atmosphérique. On nous dit que la neutralité carbone doit être atteinte d’ici 2050. Mais lorsqu’on examine concrètement ce que cela implique, l’impossibilité devient évidente.
La société moderne fonctionne à l’énergie. Pas seulement à l’électricité, mais aussi à l’énergie nécessaire aux transports, au chauffage, à l’industrie et à l’agriculture. Pour atteindre la neutralité carbone, il faudrait remplacer la majeure partie du système énergétique actuel par ce qu’on appelle l’énergie verte. Et cela ne concerne pas seulement les économies occidentales riches qui peuvent absorber les coûts des parcs éoliens, de la production d’éthanol et des batteries au lithium. Cela concerne également les économies de l’Est et du Sud qui peinent déjà à fournir de l’énergie aux deux tiers de la population mondiale.
Cela signifie augmenter considérablement la production d’électricité, probablement trois fois plus qu’aujourd’hui, voire davantage. Cela implique la construction d’infrastructures massives : lignes de transport, systèmes de stockage et capacités de production. Et, attention, divulgation ! Des études montrent que l’énergie verte ne peut pas produire l’infrastructure nécessaire à l’énergie verte… l’énergie du pétrole et du gaz est essentielle pour extraire les métaux critiques, produire le béton, l’acier, l’aluminium et les plaquettes de silicium pour tous ces parcs éoliens, barrages hydroélectriques et centrales solaires.
L’énergie éolienne et solaire sont intermittentes et diffuses. Elles nécessitent de vastes superficies et d’importantes ressources matérielles. Elles ne peuvent fonctionner de manière autonome, sans systèmes de secours. L’expérience allemande en la matière a été une leçon pour nous tous. Bien qu’elle puisse produire jusqu’à 80 % de son électricité grâce à l’énergie éolienne et solaire par beau temps, elle a dû construire de nouvelles centrales à charbon pour soutenir son réseau et importer de l’électricité.
Les plans « zéro émission nette » prévoient un doublement de la production hydroélectrique [au Canada]. C’est absurde, étant donné que la plupart des projets réalisables ont été construits il y a des décennies et que de nouveaux projets sont probablement impossibles compte tenu des droits fonciers autochtones récemment reconnus, des objections environnementales et du coût.
L’énergie nucléaire, en revanche, offre une production d’électricité de base fiable et à haute densité énergétique, avec le meilleur bilan de sécurité (figure 4) et le plus faible impact environnemental (figure 5). D’un point de vue technique, c’est la seule technologie sans CO2 capable de répondre à une demande à grande échelle. De fait, les gouvernements occidentaux encouragent désormais d’importants programmes nucléaires. Cependant, il s’agit de projets de longue durée et coûteux. Pour contribuer de manière réaliste à la neutralité carbone, un pays comme le Canada aurait besoin d’environ 50 nouvelles centrales nucléaires. Nous en avons quatre. Elles contribueront sans aucun doute grandement à la demande croissante d’électricité nécessaire à la croissance économique au cours des prochaines décennies, mais elles ne fourniront certainement pas la capacité nécessaire pour atteindre la neutralité carbone.

Figure 4 : Comparaison des bilans de sécurité (nombre de morts par TWh) des différentes formes d’énergie verte. ExternE, Externalités de l’énergie, Mise en œuvre nationale, Commission européenne, Direction générale XII ; 1999.

Figure 5 : Comparaison des matériaux nécessaires à la production d’énergie verte.
La stratégie la plus absurde pour atteindre la neutralité carbone est peut-être l’effort de Sisyphe pour extraire directement le CO2 de l’air. Pendant des années, l’industrie climatique s’est concentrée sur le « captage et le stockage du carbone », qui consiste à capter le CO2 des gaz d’échappement des centrales électriques au gaz et au charbon et à le pomper profondément sous terre. La capture directe du CO2 dans l’air (CDA), où l’air extérieur est aspiré par de grands ventilateurs à travers des réacteurs chimiques pour en extraire le CO2, puis pompé profondément sous terre, est beaucoup moins réalisable. Il s’agit d’un énorme défi technologique, sachant que la concentration de CO2 dans l’atmosphère est de 0,042 %, soit une seule molécule pour plus de 2 000 molécules d’air. À titre d’exemple, une entreprise albertaine, Deep Sky, a des investisseurs qui misent près de 4 milliards de dollars sur un projet visant à extraire quelque 3 mégatonnes de CO2 (poids en carbone), nécessitant environ 3 gigawatts d’électricité. L’atmosphère contient environ 875 gigatonnes de carbone sous forme de CO2. L’élimination de ces 3 millions de tonnes réduit les émissions de CO2 atmosphériques de 0,0003 %. Étendre le programme à l’échelle mondiale à un objectif de zéro émission nette est manifestement irréalisable.
L’idée de la capture directe du CO2 dans l’air devient de plus en plus absurde pour quiconque connaît le cycle du carbone, et il est inconcevable que des personnes intelligentes dépensant des milliards pour lutter contre le changement climatique l’ignorent. Comme indiqué précédemment, l’ atmosphère échange ses 875 gigatonnes de CO2 avec la biosphère et les océans tous les quatre ans. Cet échange est déterminé par la température, et il dilue nos émissions de combustibles fossiles dans un réservoir de carbone bien plus important que la seule atmosphère. Ainsi, chaque année, environ 25 %, soit 190 gigatonnes, de CO2 atmosphérique ont déjà été absorbés et rejetés par la vie, par Gaïa, notre Terre Mère vivante et respirante. Par conséquent, le réservoir de carbone que Deep Sky et les nombreux autres projets de capture directe du CO2 tentent de réduire n’est pas de 875 gigatonnes actuellement dans l’atmosphère, mais de 3 500 gigatonnes dans le cycle actif du carbone. Aussi vite que la capture directe du CO2 dans l’air le retire, Gaïa le réémet aussitôt.
Conclusion
Le changement climatique est une réalité. Il l’a toujours été. Mais les preuves ne confirment pas l’affirmation selon laquelle le CO2 serait le principal moteur du climat. Le CO2 est influencé par la température ; il ne la contrôle pas. Une perspective à plus long terme nous montre que nos émissions de combustibles fossiles rééquilibrent en réalité un cycle du carbone qui, au fil de millions d’années de tectonique des plaques et de cycles cosmiques, réduisait lentement le CO2 atmosphérique jusqu’à la limite inférieure nécessaire à la vie photosynthétique. Nos modestes contributions au cycle du carbone contribuent désormais à verdir la planète (d’environ 25 %). De concert avec son partenaire bien plus important, le cycle de l’eau, le cycle du CO2 assure la survie de notre Terre.
La transition vers la neutralité carbone exige une transformation des systèmes énergétiques d’une ampleur impossible à atteindre. Ce faisant, nous accélérons la dégradation de l’environnement avec une exploitation minière accrue, une production de béton plus importante, des champs de culture de carburant, des champs couverts de panneaux solaires et la mort d’oiseaux causée par les éoliennes non recyclables qui s’étendent à perte de vue. Poursuivre sur cette voie, convient cependant au 1 % occidental privilégié qui vote vert et achète des crédits carbone pour ses vacances à l’étranger. Et cela continuera d’enrichir l’élite des investisseurs en énergies vertes, des négociants en carbone, des experts en politiques publiques et des « spécialistes » subventionnés par l’État, intégrés à cette industrie multimilliardaire de l’alarmisme climatique. La considération la plus importante concerne les classes populaires dans toutes les économies, qui doivent payer plus cher leur électricité et leurs impôts pour couvrir les subventions et les infrastructures inutiles du Net Zero. Et tout cela pour quoi ? Le dioxyde de carbone n’est pas un polluant ; il est essentiel à la vie. Et il ne contrôle pas le climat. Le climat continuera d’évoluer, comme il l’a toujours fait.
Ian Clark