par Samuel Furfari, Professeur de l’Université libre de Bruxelles.
1/ Introduction
La Commission européenne a publié dès le début de l’année 2019 son rapport sur l’évolution des prix et coûts de l’énergie en Europe. On peut y lire que l’étude de ces coûts devrait conduire à « veiller à̀ ce que les entreprises ne soient pas désavantagées ni écartées » et que « les prix de détail (réels) dans l’Union sont plus élevés qu’aux États-Unis, au Canada, en Russie, en Chine et en Turquie, mais inférieurs à̀ ceux observés au Japon et au Brésil. » Le graphique suivant (Figure 1) illustre bien le fait que les industries européennes sont pénalisées par rapport aux entreprises d’autres pays qui sont des concurrents directs sur les marchés internationaux, y compris pour nos importations. Le rapport ajoute pudiquement, sans y insister que « l’évolution des prix de l’électricité est dominée par les taxes et prélèvements ».
par Jean-Pierre Schaeken Willemaers Institut Thomas More, Président, Pôle Energie, Climat, Environnement
Dans un contexte de remise en question des voitures à moteur thermique et de lobbying pour en interdire la vente, à brève échéance, on serait bien avisé avant de se précipiter dans un tel changement radical et brutal de paradigme, de s’interroger sur la pertinence de son urgence et, partant, sur une approche plus pragmatique tenant compte des réalités socio-économiques. Continuer la lecture de De l’avenir de la voiture à moteur thermique→
Le site SCE met chaque mois la mise au point ou ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.
L’écart de température pour avril 2019 est de + 0,10 °C par rapport au mois de mars 2019. L’évolution de la température reste de +0,13°C/décade de janvier 1979 à février 2019, soit 0,01°C/an.
Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE met en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution depuis l’update d’octobre 2018 .
L’étendue de la glace arctique d’avril 2019 est la plus faible des mois d’avril depuis 1979 et suit la tendance de très légère baisse amorcée depuis avril 2012.
Egalement se reporter à Connolly et al. 2017 pour l’évolution à plus long terme (depuis 1900).
Dans une récente publication[1] de 2019, l’équipe russe de G.A. Zherebtsov présente un mécanisme permettant d’expliquer le réchauffement global. Ce mécanisme, basé sur une série d’observations, ne fait pas intervenir le taux de CO2 atmosphérique mais les rayons cosmiques solaires ainsi que le champ électromagnétique terrestre. Les chercheurs qui ont pensé à ce mécanisme (inconnu du GIEC) font tous partie de l’institut de Physique Terrestre et Solaire de la Branche Sibérienne de l’Académie Russe des Sciences (Irkutsk, Russie). Si le mécanisme de l’équipe de Zherebtsov est correct, on pourrait alors se passer de l’hypothèse de l’effet de serre radiatif qui, comme vous le savez peut-être, pose certains problèmes (voir ici, ici et ici). Le but du présent article est simplement de présenter ce mécanisme et de montrer par la même occasion que la science du climat est loin d’être dite.
Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles Albert Jacobs, retired geologist, Calgary, Canada
En cas de citation prière de mentionner A. Préat et A. Jacobs « Evénements hyperthermiques du Tertiaire : précurseurs de la situation actuelle? » http://www.science-climat-energie.be/wp-admin/post.php?post=4127&action=edit
Le but de cet article est de montrer combien la climatologie (actuelle et celle du passé) est complexe et que’ la science est loin d’être dite’. Pour ce qui est de la climatologie actuelle de très nombreux articles existent, dont une partie sur SCE. Pour la climatologie du passé les exemples géologiques ne manquent pas (également quelques articles généraux sur SCE, ici). Le propos de cet article est basé sur une analyse détaillée des événements hyperthermiques de la limite Paléocène/Eocène il y a 56 Ma et de l’Eocène inférieur (pour l’intervalle 54-52 Ma, Figure 1). Cet exemple montrera que la Terre a connu à de nombreuses reprises des températures bien plus élevées que celles d’aujourd’hui, avec des océans plus chauds, parfois plus acides et une atmosphère beaucoup plus riche en CO2 (ou en CH4) que l’actuelle. Continuer la lecture de Evénements hyperthermiques du Tertiaire : précurseurs de la situation actuelle?→
Cet article s’inscrit dans le cadre de l’activité actuelle médiatique tout azimut en Belgique, notamment relayée par les marches hebdomadaires des étudiants pour le climat. Comme vous le savez peut-être si vous êtes un lecteur fidèle de SCE, nous avons démontré dans plusieurs articles que l’hypothèse de l’effet de serre radiatif ne tient pas la route (ici, ici et ici) et n’explique pas le léger réchauffement actuel de la basse atmosphère. Les fins connaisseurs savent également qu’il existe de nombreuses publications scientifiques remettant en cause l’hypothèse de l’effet de serre radiatif (plus de 500 publications rien que pour 2018), toutes écrites par des physiciens, des chimistes, des géologues ou des climatologues. Si cette somme d’évidences vous a convaincu, le GIEC aurait alors tort sur toute la ligne et le CO2 d’origine anthropique n’aurait aucun rôle majeur déterminant la température de la basse troposphère. Cependant, admettons un instant que vous ne soyez pas convaincu et admettons donc que le GIEC ait raison. Tout ce qui est écrit dans son dernier rapport spécial devrait alors être vrai… Quelle serait alors la part de la Belgique dans le réchauffement? Asseyez-vous pour ne pas tomber, vous allez être surpris.
SCE fête son premier anniversaire avec 70 articles, près de 300 commentaires publiés (questions et réponses) et plus de 260 000 visiteurs.
Ce succès, il le doit à ses lecteurs car nous pensons qu’ils y trouvent une analyse critique des thèmes qui ne cessent d’occuper le devant de la scène médiatique nous montrant une dérive climatique tous azimuts symboliquement illustrée par la marche des lycéens, cautionnée par le monde politique et hélas aussi scientifique.
Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE met en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution depuis l’update d’octobre 2018 .
L’étendue de la glace arctique de mars 2019 est plus grande que celles des mois 2005-2006-2007, 2009, 2011 et la plus étendue depuis 2015.
Egalement se reporter à Connolly et al. 2017 pour l’évolution à plus long terme (depuis 1900).
Le site SCE met chaque mois la mise au point ou ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.
L’écart de température pour mars 2019 est de -0,02°C par rapport au mois de février 2019. L’évolution de la température reste de +0,13°C/décade de janvier 1979 à janvier 2019, soit 0,01°C/an.
par Ch. Leclercq-Willain, Professeur honoraire Physique Nucléaire Théorique et Mathématique, Université Libre Bruxelles
1. Introduction
Depuis plusieurs années un des combats mené par les écologistes dans différents pays européens (Allemagne, France, Belgique, ..) fut et reste celui du nucléaire mené actuellement en parallèle avec celui de la réduction des gaz à effet de serre (GES). Les « verts » allemands ont obtenu la fermeture de presque toutes les centrales nucléaires et l’Allemagne a toujours une exploitation importante de centrales gaz-charbon. L’Allemagne est ainsi le plus grand émetteur de CO2 en Europe. Il en est de même des pays de l’Est et de la Russie qui exploitent essentiellement des centrales gaz-charbon. En Belgique, la fermeture définitive des centrales nucléaires est prévue pour 2025. Continuer la lecture de ‘L’impossible équation des écologistes’→
La transition énergétique est abondamment traitée dans les médias, souvent de manière univoque (ce que d’aucuns appellent le débat confisqué) en ignorant les conséquences socio-économiques. Dans ce papier, nous nous limiterons à sa composante électrique. Rappelons tout d’abord que la finalité première d’un système électrique est d’assurer l’adéquation entre la production et la consommation d’électricité.
Selon le dernier rapport de l’IEA, la consommation d’énergie mondiale a augmenté de 2,3% en 2018 ce qui représente la plus forte augmentation des dix dernières années. Le gaz naturel fut le plus consommé et représente 45% de l’augmentation de la consommation totale d’énergie.
Suite à cette augmentation de consommation d’énergie les émissions de CO2 se sont accrues de 1,7% pour atteindre 33,1 Gt en 2018. Près d’un tiers de ces émissions provient des centrales de charbon, surtout celles de la Chine.
Il faut noter que les émissions de CO2 en Chine ont augmenté de 2,5%, ou 230 Mt, pour atteindre 9,5 Gt. Un bond de plus de 5% de la production d’électricité à partir de centrales au charbon a ainsi entraîné une augmentation des émissions, ce qui a plus que compensé l’impact de la baisse de l’utilisation du charbon en dehors du secteur de l’énergie.
Pour comparer… la Belgique a émis entre 87 et 103 Mt de CO2 par an entre 2010 et 2015 (millions de tonnes; chiffres de l’OECD).
DONC…l’augmentation des émissions en Chine dues au charbon en 2018 représente plus du double de toutes les émissions de CO2 de la Belgique pour la même année.
Contrairement à ce que les médias tentent de vous faire croire, le changement climatique global n’est pas une cause majeure de disparition d’espèces. Une récente étude publiée en mars 2019 dans le journal Frontiers in Ecology and the Environment vous le démontre : la cause majeure d’extinction est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes (EEE) dans les écosystèmes. Ce phénomène, bien connu des biologistes et confirmé par l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), est malheureusement peu connu du grand public.
1. Introduction
En se déplaçant d’un continent à l’autre, l’être humain a toujours emmené avec lui toute une série de plantes et d’animaux qui se retrouvaient ainsi en dehors de leurs limites biogéographiques habituelles. Avec le développement du commerce international ce phénomène ne fait que s’amplifier. Par exemple, à l’intérieur de l’Union Européenne, le nombre d’EEE aurait augmenté de 76% entre 1970 et 2007. Bien que l’impact écologique de la plupart des espèces introduites est inconnu ou semble négligeable, il est démontré que certaines introductions d’espèces ont provoqué des changements substantiels dans des écosystèmes[1]. Ces changements incluent souvent la disparition d’espèces locales[2]. On a d’abord pensé que ces phénomènes d’extinction étaient exagérés et que des espèces locales pouvaient également être à la base d’extinctions[3], et certains auteurs pensent même que les efforts déployés pour contrôler ou éradiquer les espèces étrangères introduites ne seraient pas nécessaires[4]. Cependant, personne n’a jamais vraiment testé si les espèces introduites provoquaient plus ou moins d’extinctions par rapport aux espèces locales ou aux autres causes d’extinctions. Cette question a donc été étudiée par l’équipe de Tim Blackburn (University College London, UK) dans une récente publication de mars 2019[5]. Ils ont pour cela utilisé la base de données des extinctions globales fournie par l’IUCN.
2. Méthodes employées par l’équipe de Blackburn
Les chercheurs ont utilisé les données 2017 de la liste rouge de l’IUCN (IUCN Red List database). Cette liste énumère les espèces éteintes depuis 1500. Il s’agit de 782 espèces d’animaux et de 153 espèces de plantes (donc, 935 au total). Pour chaque espèce éteinte, la liste de l’IUCN fournit le ou les phénomènes ayant provoqué l’extinction. Au total, il y a 12 phénomènes pouvant provoquer des extinctions (Threats Classification Scheme – version 3.2) :
Le développement résidentiel et commercial ;
L’agriculture et l’aquaculture ;
La production d’énergie et l’exploitation minière ;
Les transports et les corridors de service ;
L’utilisation des ressources biologiques (chasse, pêche, coupe de forêts) ;
Les perturbations et intrusions humaines (activités récréatives, guerres, etc.) ;
Modifications des écosystèmes (feux, barrages, etc.) ;
Espèces invasives et autres espèces problématiques, introduction de gènes et de pathogènes ;
La pollution ;
Les évènements géologiques (activité volcanique, tsunamis, avalanches, etc.) ;
Changements climatiques et météo extrême (sécheresses, tempêtes, etc.) ;
Autres.
Les chercheurs ont retenu ces 12 critères et ont simplement subdivisé le critère 8 en deux catégories : (1) « Espèces invasives » (c-à-d les EEE) et (2) « Autres espèces problématiques » (c-à-d espèces locales). Un total de 13 causes d’extinctions sont donc envisagées. Pour chaque espèce disparue une ou plusieurs cause d’extinction sont renseignées. Ensuite des test statistiques sont effectués par les auteurs afin de déterminer quelles étaient les causes principales d’extinctions.
3. Résultats
Pour 782 extinctions animales, 261 extinctions (33,4%) avaient pour cause l’introduction d’une EEE dans l’environnement (Figure 1). D’autres causes sont parfois associées comme par exemple la pollution. Pour les plantes disparues, 39 extinctions sur 153 (25,5%) avaient pour cause l’introduction d’une EEE. Les EEE représentent en fait la toute première cause d’extinction pour les animaux, bien devant la 2e catégorie (chasse et pêche) qui concerne 18.8% des extinctions. Les EEE sont également la cause majeure d’extinction pour les plantes, la 2e cause étant ici l’emploi des ressources biologiques (23,5% des extinctions) et la 3e cause l’agriculture (19,6% des extinctions).
Parfois, les EEE n’étaient pas la cause unique de disparition. Le plus souvent, une 2e cause était associée et agissait probablement en synergie : par exemple, environ 1/3 des extinctions dans lesquelles les EEE intervenaient (29%) comportaient aussi l’utilisation des ressources biologiques (cause n°5) comme 2e facteur de disparition. De même, environ 1/5 des extinctions dans lesquelles les EEE intervenaient (21,7%) comportaient l’agriculture (cause n°2) comme 2e facteur de disparition. De plus amples détails sont donnés dans la publication de Blackburn.
Figure 1. Nombre d’extinctions animales récentes (catégories IUCN “extinct” [EX] et “extinct in the wild” [EW]) pour différents groupes d’animaux (chiffres issus de la Table 3a de l’IUCN). Les couleurs renseignent sur les causes des extinctions (« Driver »); par exemple le mauve foncé est employé pour les EEE (« Alien »), les extinctions causées par des espèces locales (« Native ») sont en mauve clair. La catégorie « Neither » comporte les autres causes d’extinction ou alors des causes inconnues (source, Blackburn et al. 2019).
Les groupes d’animaux pour lesquels les EEE sont impliqués dans la majorité des extinctions (Figure 1) sont les araignées (Arachnida, 100% des disparitions causées par les EEE), les mille-pattes (Diplopoda, 100% des disparitions causées par les EEE), les oiseaux (Aves, 68.9% des disparitions causées par les EEE), et les vers annélides (Clitellata, 50% des disparitions causées par les EEE). Pour les reptiles, les EEE sont responsables de 42% des extinctions et le chiffre monte à 47% pour les mammifères.
Aucune des 935 extinctions n’a pour cause principale le changement climatique. Ceci est aussi confirmé par d’autres études concernant la perte de biodiversité, comme celle publiée récemment par le WWF.
4. Conclusions
La cause majeure de disparition des espèces n’est pas le changement climatique global ni le CO2. Les espèces disparaissent en premier lieu à cause de l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. Méfions-nous donc des déclarations alarmistes véhiculées par les médias ;
L’absence de lien avec la température globale n’est pas étonnant : si l’on prend l’exemple des zones tempérées, en une seule journée la température peut varier de 20°C entre le matin et le soir (par exemple au mois d’août). Toutes les espèces sont habituées à ces écarts. Alors que dire de +0.8°C en 138 ans… ou des 2°C de plus prévus par les modèles informatiques pour l’an 2100… Ne pensez-vous pas que les espèces animales et végétales résisteront ?
L’homme est cependant responsable de l’essentiel des disparitions animales, non pas par modification du climat ou l’émission de CO2, mais simplement parce qu’il modifie l’aire de répartition de certaines espèces (introduction d’EEE) mais aussi parce qu’il pêche, chasse, pollue, coupe des forêts et construit des routes. Ceci est également confirmé par une récente étude du WWF traitant de la biodiversité.
En conclusion finale, ne mettons pas (toujours) le climat à toutes les sauces, ici manifestement il n’a rien à voir avec le problème.
[1]Gandhi KJK and Herms DA. 2010. Direct and indirect effects of alien insect herbivores on ecological processes and interactions in forests of eastern North America. Biol Invasions 12: 389–405. Simberloff D, Martin J-L, Genovesi P, et al. 2013. Impacts of biological invasions: what’s what and the way forward. Trends Ecol Evol 28: 58–66.
[2]Clavero M and García-Berthou E. 2005. Invasive species are a leading cause of animal extinction. Trends Ecol Evol 29: 110. Bellard C, Cassey P, and Blackburn TM. 2016. Alien species as a driver of recent extinctions. Biol Lett-UK 12: 20150623. Doherty TS, Glen AS, Nimmo DG, et al. 2016. Invasive predators and global biodiversity loss. P Natl Acad Sci USA 113: 11261–65. Downey PO and Richardson DM. 2016. Alien plant invasions and native plant extinctions. AoB Plants 8: plw047.
[3] Sagoff M. 2005. Do non-native species threaten the natural environment? J Agr Environ Ethic 18: 215–36. Davis MA, Chew MK, Hobbs RJ, et al. 2011. Don’t judge species on their origins. Nature 474: 153–54. Pearce F. 2015. The new wild: why invasive species will be nature’s salvation. Boston, MA: Beacon Press.
[4] Marris E. 2011. Rambunctious garden: saving nature in a post-wild world. London, UK: Bloomsbury.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ou lise dans les médias que le climat est “déréglé” et qu’il y a de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes. Et de nombreux scientifiques semblent penser la même chose. Par exemple, une pétition publiée fin janvier 2019 et signée par 3400 scientifiques belges, déclare au point 3 : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations.” Aucune référence n’est malheureusement donnée par les signataires de la pétition… Ces phénomènes climatiques sont-ils exagérés? Consultons donc le dernier rapport du GIEC, l’AR5 publié en 2013, et particulièrement le chapitre 2 qui traite des évènements climatiques extrêmes (depuis 2013, le GIEC n’a plus rien publié d’aussi complet sur le sujet). Préparez-vous à être surpris!
1. Le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC
Les évènements climatiques extrêmes sont traités dans le chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC[1]. Ce chapitre fait 94 pages et a été dirigé par Dennis Hartmann (USA), Albert M.G. Klein Tank (Pays-Bas), et Matilde Rusticucci (Argentine). Notons que le rapport AR5 comporte au total 1535 pages. Selon le GIEC, il y existe 9 phénomènes climatiques qui peuvent devenir extrêmes :
– 1. Les températures – 2. Les précipitations – 3. Les inondations – 4. Les sécheresses – 5. Les évènements météorologiques locaux sévères (grêle, orages) – 6. Les tempêtes tropicales – 7. Les tempêtes extratropicales – 8. Les vents – 9. Les marées
Chacun de ces 9 éléments est traité séparément par le GIEC dans le chapitre 2 (et le chapitre 3 pour les marées). Le chapitre 2 se termine par 18 pages de références citant plus d’un millier d’articles scientifiques, contrairement à la pétition belge susmentionnée qui ne cite aucune référence.
Analysons maintenant les phénomènes climatiques extrêmes point-par-point en relevant les phrases les plus importantes du chapitre 2 du rapport scientifique du GIEC. Comme ce rapport n’existe pas en français, nous vous proposerons ci-dessous une “traduction maison” de ces phrases.
2. Les températures extrêmes (AR5, p 212)
Le rapport AR5 du GIEC nous dit : ” (…) depuis 1950 il est presque certain (very likely) que le nombre de jours et de nuits considérés comme froids a diminué et que le nombre de jours et de nuits considérés comme chauds a augmenté globalement, pour les régions terrestres qui présentent suffisamment de données. Il est probable (likely) que de tels changements se soient produits en Amérique du Nord, Europe, Asie et Australie. Mais ceci est moins certain (low to medium confidence) pour l’Afrique et l’Amérique du Sud car il n’y a pas assez de données. Il existe une confiance modérée que la longueur et la fréquence d’épisodes chauds, incluant les vagues de chaleur, ait augmenté depuis 1950 et il est probable (likely) que la fréquence des vagues de chaleur ait augmenté durant cette période dans de larges parties d’Europe, Asie et Australie.”
3. Les précipitations extrêmes (AR5, p 213)
“Il est probable (likely) que depuis 1951 il y ait eu une augmentation significative dans le nombre d’évènements de précipitations extrêmes pour plus de régions que l’inverse (diminution significative), mais il y a de fortes variations régionales et sous-régionales dans les tendances. En particulier, de nombreuses régions présentent des tendances non significatives ou négatives, et, lorsque les variations saisonnières ont été prises en compte, il y a aussi des variations entre saisons (c.à.d., plus de tendances affirmées en hiver qu’en été pour l’Europe). Les tendances les plus nettes vers des évènements de précipitation plus intenses concernent l’Amérique du Nord centrale (augmentation presque certaine, very likely). Pour l’Europe il est probable (likely) qu’il y ait plus d’augmentations que de diminutions pour de nombreuses régions.”
4. Les inondations (AR5, p 214)
“A l’échelle globale il n’y a pas plus ni moins d’inondations et la magnitude n’a pas varié significativement.”
5. Sécheresse (AR5, p 215)
“Il n’y a pas suffisamment d’évidences pour suggérer une tendance globale depuis 1950.Il est probable que la fréquence et l’intensité des sécheresses ait augmenté en région Méditerranéenne et Afrique de l’Ouest depuis 1950, et diminué en Amérique du Nord centrale et Australie du Nord-Ouest.”
6. Les évènements météorologiques locaux sévères (AR5, p 216)
Il s’agit par exemple de grêle et d’orages à petite échelle. “Les tendances observées ont un faible niveau de confiance, à cause d’inhomogénéités dans les données et de problèmes dans les systèmes de monitoring.”
7. Les tempêtes tropicales (AR5, p 216)
Concernant ce point, nous vous proposerons ici une traduction intégrale des 4 paragraphes traitant des tempêtes tropicales. Les références données dans le texte pourront être trouvées dans le rapport du GIEC.
“L’AR4 concluait qu’il était probable (likely) qu’il y ait eu une tendance à l’augmentation dans l’activité des cyclones tropicaux intenses depuis 1970 de certaines régions mais qu’il n’y avait pas de tendance claire dans le nombre annuel de cyclones tropicaux. Depuis, d’autres analyses et d’autres publications indiquent qu’il est difficile de tirer des conclusions définitives concernant le niveau de confiance associé avec les tendances observées avant l’ère satellitaire ainsi que dans les bassins océaniques en dehors de l’Atlantique Nord.”
“La Section 14.6.1 (du rapport AR5 du GIEC) discute en détail des changements dans les tempêtes tropicales. Les données actuelles n’indiquent aucune tendance significative pour la fréquence des cyclones tropicaux au niveau global pour le siècle passé et il reste incertain si les augmentations à long terme rapportées soient robustes, après avoir pris en compte les variations des méthodes d’observation (Knutson et al. 2010). Des tendances régionales de la fréquence des cyclones tropicaux et des cyclones tropicaux très intenses ont été identifiées dans l’Atlantique Nord. Ces tendances semblent robustes depuis 1970 (Kossin et al. 2007). Cependant, la cause de cette augmentation de fréquence est débattue et sur de plus grandes échelles de temps la fidélité de ces tendances est également débattue (Landsea et al., 2006; Holland and Webster, 2007; Landsea, 2007; Mann et al., 2007b) en raison de l’existence de différences de méthodologie pour les enregistrements anciens (Chang and Guo, 2007; Mann et al., 2007a; Kunkel et al., 2008; Vecchi and Knutson, 2008, 2011). Aucune tendance robuste dans les nombres annuels de tempêtes tropicales, ouragans et ouragans majeurs n’a été identifiée pour les 100 dernières années dans le bassin de l’Atlantique Nord. Les mesures concernant la fréquence des cyclones tropicaux arrivant sur terre sont généralement considérées comme plus fiables que les relevés de toutes les tempêtes qui tendent à être fortement influencées par celles qui sont les plus faibles ou qui ont une courte durée de vie. Callaghan et Power (2011) ont trouvé rapporté une diminution significative des cyclones tropicaux touchant l’Australie de l’Est depuis la fin du 19e siècle, mais en incluant les années 2010/2011 cette tendance devient non significative. Des tendances significatives ne sont pas observées dans d’autres océans sur de plus courtes échelles de temps (Chan and Xu, 2009; Kubota and Chan, 2009; Mohapatra et al., 2011; Weinkle et al., 2012), bien que Grinsted et al. (2012) ait noté une tendance positive pour l’Est des USA à partir des données de marégraphes (de 1923 à 2008) uilisées comme proxies pour évaluer les tempêtes associées aux ouragans arrivant sur les terres. Les différences entre les études concernant les cyclones tropicaux sont telles qu’il est très difficile d’établir des tendances à long terme.”
“Sans aucun doute, la fréquence des tempêtes est d’une utilité limitée si on ne l’associe pas avec l’intensité et la durée des mesures. Les mesures d’intensité dans les enregistrements historiques sont très sensibles aux changements d’instrumentation et de méthodologie. Cependant, depuis l’avènement des satellites, les augmentations de l’intensité des plus fortes tempêtes dans l’Atlantique semblent certaines (Kossin et al., 2007; Elsner et al., 2008) mais cette évidence est limitée pour les autres régions du globe. Les séries temporelles des indices cycloniques, comme la dissipation de la puissance, un composé agrégé de la fréquence des cyclones tropicaux, la durée et l’intensité qui mesurent l’énergie éolienne totale des cyclones tropicaux, montrent des tendances positives pour l’Atlantique Nord, et plus faibles pour le Pacifique Nord-Ouest depuis la fin des années 1970 (Emanuel 2007), mais l’interprétation de tendances à plus long terme est à nouveau contrainte par la faible qualité des données (Landsea et al. 2011).”
“En résumé, le présent rapport ne modifie pas les conclusions du rapport SREX : l’activité des cyclones tropicaux n’a pas augmenté sur le long terme, après avoir tenu compte des variations dans les méthodes d’observation. Les publications les plus récentes indiquent qu’il est peu probable que le nombre annuel de tempêtes tropicales, d’ouragans et d’ouragans majeurs ait augmenté au cours des derniers 100 ans dans le bassin Atlantique Nord. Cependant, il est virtuellement certain qu’il y ait une augmentation de la fréquence et de l’intensité des cyclones tropicaux les plus forts depuis les années 1970 pour cette région.”
8. Les tempêtes extratropicales (AR5, p 217)
“En résumé, les changements à large échelle d’intensité pour les cyclones extratropicaux depuis 1900 sont incertains (“confidence is low”). Il n’y a pas de tendance claire en ce qui concerne les proxies de tempêtes pour le siècle dernier à cause d’inconsistances entre études ou un manque de données à long terme dans certaines parties du monde. Les tendances concernant les vents extrêmes sont incertaines, car les données analysées sont inconsistantes ou de faible qualité.”
9. La vitesse du vent en surface (AR5, p 226)
“En résumé, la vitesse du vent de surface au-dessus des terres et des océans n’a pas changé de manière significative et il reste de nombreuses incertitudes dans les bases de données et les méthodes utilisées.”
10. Les marées extrêmes (AR5, p 290)
Ce point est traité au chapitre 3 du rapport AR5. Voici quelques phrases importantes : “Les analyses globales des changements concernant les niveaux marins extrêmes (les grandes marées) sont limitées, et la plupart des rapports sont basés sur l’analyse de données régionales (voir Lowe et al. 2010 pour une review). Les estimations de variations dans les extrêmes sont basées soit sur l’analyse de données issues de marégraphes locaux, soit sur des prévisions multidécadales “à postériori” en employant un modèle dynamique (WASA-Group, 1998). La plupart des analyses se sont focalisées sur des régions spécifiques et montrent que les valeurs extrêmes ont augmenté depuis 1950, en employant diverses mesures statistiques comme la hauteur maximale annuelle, la hauteur maximale annuelle à marée haute, le niveau moyen de marée haute mensuel, la variation du nombre de maximas obtenus lors de tempêtes, ou les changements dans les évènements dépassant le 99e percentile (e.g., Church et al., 2006; D’Onofrio et al., 2008; Marcos et al., 2009; Haigh et al., 2010; Letetrel et al., 2010; Tsimplis and Shaw, 2010; Vilibic and Sepic, 2010; Grinsted et al., 2012). Une analyse globale basée sur les marégraphes a été réalisée pour des données à partir de 1970 uniquement avec des données robustes, et a montré que la magnitude des marées extrêmes a augmenté dans toutes les régions étudiées (Woodworth and Blackman,2004; Menéndez and Woodworth, 2010; Woodworth et al., 2011).”
11.Analyse du résumé pour décideurs (SPM)
Le résumé pour décideurs ne fait que 30 pages et ce pour tout le rapport scientifique qui fait 1535 pages. Il doit donc être bref. Concernant les évènements climatiques extrêmes les conclusions sont essentiellement présentées dans une table, la Table SPM.1. La partie la plus importante de la table est reproduite ci-dessous (Figure 1).
Figure 1. Extrait de la Table SPM.1 concernant les évènements climatiques extrêmes dans le résumé pour décideurs du rapport AR5 du GIEC. Sur 9 phénomènes climatiques extrêmes seulement 5 sont présentés dans la table par le GIEC. Le texte noir sont des conclusions tirées par l’AR5. Les textes en rouge et en bleu sont des conclusions plus anciennes (AR4 et rapport SREX). A droite, “OK Ch.2” indique que le résumé est correct par rapport au texte; le triangle rouge “attention”, indique que des informations importantes sont manquantes et peuvent induire en erreur.
– Nous voyons tout de suite que la Table SPM.1 ne donne des informations que pour 5 des 9 évènements climatiques extrêmes… Le décideur qui lit la table ne sait pas que la fréquence des inondations (phénomène 3) n’a pas varié, tout comme les 3400 scientifiques belges signataires de la pétition. Le décideur ne sait pas non plus que les évènements météorologiques locaux sévères (phénomène 5 : grêle, orages) n’ont pas varié, ainsi que les tempêtes extratropicales (phénomène 7) ou les vents extrêmes (phénomène 8).
– La Table SPM.1 comporte trois lignes pour la température (phénomène 1). On donne donc plus d’importance à ce phénomène par rapport aux autres. Serait-ce parce que ce phénomène est le seul qui ait clairement varié significativement et ce au niveau global?
– La ligne n°3 de la Table SPM.1 concerne les vagues de chaleur. Le décideur peut y lire “Medium confidence on a global scale“, et ce pour l’Europe, l’Asie et l’Australie. La table ne dit pas que c’est à partir de 1950. Et on ne sait rien pour l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale, l’Amérique du Sud, la Russie, l’Antarctique ou l’Arctique. Voilà peut-être pourquoi il est écrit “Medium confidence on a global scale“… Au niveau global, il n’y a peut-être pas d’augmentation des vagues de chaleur.
– La Table SPM.1 donne les conclusions de l’AR4 en rouge alors que celles de l’AR5 sont en noir… On est donc induit en erreur car la couleur rouge attire plus l’attention… par exemple pour le phénomènes n°4 c’est le rapport AR5 qui est moins alarmiste mais c’est écrit en noir.
– Les phénomènes n°1, 4 et 6 sont correctement résumés dans la Table SPM.1. Mais ce n’est pas le cas pour les phénomènes n°2 et 9 (un signe rouge “attention” a été placé dans la Figure 1). Par exemple, pour le phénomène n°2 (précipitations) la table n’indique pas qu’il y ait de fortes variations régionales ni que de nombreuses régions présentent des tendances non significatives ou négatives. Pour le phénomène n°9 (marées extrêmes) la table n’indique pas que cela ne concerne que le niveau régional et que les analyses sont basées sur des marégraphes et non sur des mesures satellitaires.
12. Conclusions
Sur les 9 types d’évènements climatiques extrêmes, seul trois ont probablement augmenté selon le GIEC : (1) depuis 1950, la longueur et la fréquence d’épisodes chauds, incluant les vagues de chaleur. Mais seulement au niveau local car on ne sait rien pour de très nombreuses régions… (2) la fréquence et l’intensité des cyclones tropicaux les plus forts depuis les années 1970 pour l’Atlantique Nord, mais l’évidence est limitée pour les autres régions du globe… Les augmentations ne sont donc que locales (Atlantique Nord), et non globales. Et finalement (3), les marées extrêmes, mais encore une fois, ceci n’est vrai qu’au niveau local…
Pour les 6 autres évènements climatiques extrêmes (précipitations, inondations, sécheresses, évènements météorologiques locaux sévères, tempêtes extratropicales, vents) le rapport du GIEC est beaucoup plus mitigé, et dit même clairement qu’il n’y a pas plus d’inondations ou de sécheresses. Les scientifiques belges qui pensent qu’il y a une “augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations” se trompent donc en grande partie : c’est vrai pour les canicules, mais c’est faux pour les sécheresses et les inondations. Et c’est également faux pour la grêle, les orages, les vents excessifs, les tempêtes tropicales au niveau global et les tempêtes extratropicales. Nous pouvons parier que ces 3400 scientifiques belges n’ont tout simplement pas lu le rapport scientifique du GIEC. Méfiez-vous des scientifiques qui signent des pétitions!
Comme d’habitude, le résumé pour décideurs (SPM) exagère et passe sous silence toute une série d’incertitudes.
Finalement, en dehors du GIEC, d’autres rapports analysent les évènements climatiques extrêmes. Par exemple la publication de Kelly (2016) qui nous montre que le climat était plus extrême dans la première moitié du 20e Siècle. Les rapports annuels des compagnies d’assurances qui doivent dédommager les sinistrés vous le démontrent également. Par exemple, la compagnie AON, dans son “Annual Global Climate and Catastrophe Report” nous suggère qu’il n’y a pas plus de cyclones tropicaux, toutes catégories confondues. Voir ici. Finalement, vous pouvez également consulter la “International Disaster Database” qui nous montre que le nombre de morts causés par le climat (inondations, sécheresses, tempêtes, feux, températures extrêmes) ne fait que chuter depuis 1920 (voir ici).
[1] Hartmann, D.L., A.M.G. Klein Tank, M. Rusticucci, L.V. Alexander, S. Brönnimann, Y. Charabi, F.J. Dentener, E.J. Dlugokencky, D.R. Easterling, A. Kaplan, B.J. Soden, P.W. Thorne, M. Wild and P.M. Zhai, 2013: Observations: Atmosphere and Surface. In: Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [Stocker, T.F., D. Qin, G.-K. Plattner, M. Tignor, S.K. Allen, J. Boschung, A. Nauels, Y. Xia, V. Bex and P.M. Midgley (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on entende ou lise dans les médias que le climat est « déréglé » et qu’il y a de plus en plus d’évènements climatiques extrêmes. Et de nombreux scientifiques semblent penser la même chose. Par exemple, une pétition publiée fin janvier 2019 et signée par 3400 scientifiques belges, déclare au point 3 : “Le seul réchauffement actuel de 1°C entraîne déjà une augmentation de l’occurrence et de l’intensité des extrêmes climatiques tels que les canicules, les sécheresses ou encore les inondations. » Aucune référence n’est malheureusement donnée par les signataires de la pétition… Ces phénomènes climatiques sont-ils exagérés? Consultons donc le dernier rapport du GIEC, l’AR5 publié en 2013, et particulièrement le chapitre 2 qui traite des évènements climatiques extrêmes (depuis 2013, le GIEC n’a plus rien publié d’aussi complet sur le sujet). Préparez-vous à être surpris! Continuer la lecture de Exagérations climatiques extrêmes→
Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE met en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution depuis l’update d’octobre 2018 .
L’étendue de la glace arctique de février 2019 est plus grande que celles des mois 2005-2006-2007 et la plus étendue depuis 2013.
Egalement se reporter à Connolly et al. 2017 pour l’évolution à plus long terme (depuis 1900).
Le site SCE met chaque mois la mise au point ou ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.
L’écart de température pour février 2019 est de -0,01°C par rapport au mois de janvier 2019. L’évolution de la température reste de +0,13°C/décade de janvier 1979 à janvier 2019, soit 0,01°C/an.
Comme déjà mentionné dans un article précédent publié sur SCE, la variation de la couverture nuageuse a probablement un effet majeur sur la température moyenne globale de la basse atmosphère. Si l’on veut prédire le climat du futur comme le prétend le GIEC il faut savoir modéliser la formation des nuages. Que nous dit le dernier rapport scientifique (AR5) du GIEC à ce sujet? Le but du présent article est simplement de vous présenter quelques phrases tirées de ce rapport. La science est-elle dite? Continuer la lecture de L’art de gommer les incertitudes→
Afin d’élaborer les indicateurs de température, on utilise des radiomètres MSU, AMSU ou ATMS embarqués sur des satellites, puis on construit l’indicateur à partir des mesures et de diverses corrections. On obtient ainsi un indicateur qui concerne la quasi-totalité du globe, contrairement aux indicateurs terrestres basés essentiellement (avant 1980) sur quelques milliers de stations américaines et européennes. Au sujet des mesures par satellites, et sans être spécialiste dans ce domaine, un physicien peut néanmoins donner quelques éléments d’appréciation qu’ignore parfois un lecteur intéressé par la climatologie. Le but de la seconde partie de l’article sera atteint si ce lecteur a appris des éléments nouveaux, il pourra ensuite approfondir la question par lui-même.
Le climat peut changer, comme il l’a toujours fait et continuera à le faire sous l’action de variables naturelles. Les activités humaines peuvent-elles avoir une influence comme le prétend la théorie du réchauffement climatique d’origine anthropique ? Cette théorie est basée sur l’existence d’un hypothétique effet de serre défini comme un phénomène radiatif causé par des gaz tels la vapeur d’eau ou le CO2 qui absorbent une fraction du rayonnement infrarouge émis par la Terre et le réémettent ensuite dans toutes les directions et notamment vers la surface terrestre dont la température serait, de ce fait, plus élevée qu’en l’absence de gaz absorbant l’infrarouge. L’effet de serre résulterait donc essentiellement de l’émission par les molécules de CO2 d’un rayonnement de fluorescence dans le domaine infrarouge [1]. Cette définition est claire et scientifiquement valable car conforme au principe de réfutabilité défini par Karl Popper. Nous l’examinerons à la lumière de théories physiques bien établies et de faits expérimentaux connus.
A partir des notions intuitives de chaleur et température, les physiciens (Carnot, Thomson, Clausius, Maxwell, Boltzmann) arrivèrent progressivement à la notion scientifique de température thermodynamique. La Conférence Générale des Poids et Mesures adopta en 1927 l’échelle thermodynamique proposée en 1911, puis l’unité kelvin en 1954. La notion de température thermodynamique nécessite que l’équilibre thermique soit atteint, ce qui n’est pas le cas dans l’atmosphère de la Terre. Il n’existe pas une « température thermodynamique de l’atmosphère ». A défaut, on utilise une « moyenne des températures » mesurées en divers points de l’atmosphère. Mais la température thermodynamique étant une grandeur intensive, une moyenne, quelle que soit son élaboration, ne peut jouer qu’un rôle d’indicateur. L’usage est néanmoins d’utiliser le kelvin pour les indicateurs. On exprimera de préférence les variations des indicateurs sous forme relative. L’indicateur va être dépendant de l’échantillonnage (spatial et temporel) des mesures et surtout de son mode d’élaboration.
Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE met en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution depuis l’update d’octobre 2018 .
L’étendue de la glace arctique de janvier 2019 est plus grande que les mois de janvier 2010 à 2018.
Egalement se reporter à Connolly et al. 2017 pour l’évolution à plus long terme (depuis 1900).
Le site SCE met chaque mois la mise au point ou ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.
L’écart de température pour janvier 2019 est de +0,12°C par rapport au mois de décembre 2018. L’évolution de la température reste de +0,13°C/décade de janvier 1979 à décembre 2018, soit 0,01°C/an.
Chers Collègues scientifiques signataires de la pétition (ici),
Vous avez signé une pétition en tant qu’académique scientifique. Tous les signataires le sont-ils ? Avez-vous remarqué des signataires qui n’ont pas existé ou qui sont décédés ? Trofik Lysenkom, inconnu sur Google, par contre Trofim Lysenko a bien existé (1898-1976) et reste de triste mémoire dans le monde scientifique. Outre cet aspect cocasse, il y a plus grave : en tant que signataires vous cautionnez que la science est dite (‘the science is settled’) et si tel est bien le cas alors vous ignorez de très nombreuses publications scientifiques, émanant de scientifiques de ‘haut vol’ qui montrent que le doute est permis, qu’il doit rester la règle en science, et que la climatologie ne se résume pas aux énoncés simplistes de la pétition (qui ne mentionne aucunes références pour argumenter). Bien entendu vous avez peut-être lu des articles et vous vous êtes fait une opinion. Dans ce cas, vous avez exercé votre esprit critique et vous avez tout compris de la climatologie. Il n’y a donc plus de doute pour vous, et du fait de votre signature la science est effectivement dite. L’essentiel des politiques et médias, bien qu’ils n’aient pas une grande connaissance scientifique, pensent comme vous.
Dans cet article, qui se veut une ouverture au débat, nous allons donner notre point de vue aux questions qui ont suscité votre adhésion. Nous ne ferons pas de politique, notre site Science, Climat et Energie (SCE) ayant une vocation scientifique. Nous souhaitons cependant que ceux qui n’ont pas fait l’effort de lire la manière dont les publications sont validées par le GIEC aillent consulter le site du GIEC.
Vous l’aurez compris, la climatologie est une science jeune, fort complexe, et contrairement aux affirmations et ‘matraquages’ quotidiens, elle est loin d’être comprise.