La biomasse globale : de larges incertitudes, également sur le cycle du carbone!

par Prof. Dr. Paul Berth

Dans un article récent de juin 2018[1], le biologiste Yinon Bar-On et ses collaborateurs ont estimé la biomasse totale de la biosphère actuelle (Bar-On et al. 2018). Pour cela, ils ont simplement estimé les nombres de bactéries, protozoaires, plantes et animaux dans tous les écosystèmes de la planète. En connaissant le poids moyen de chaque organisme, les auteurs ont ensuite réalisé des sommes. Ils arrivent au chiffre final de 550 gigatonnes (Gt) de carbone. Ce chiffre est-il élevé ? Avec quoi peut-on le comparer? Est-il précis ? Quels sont les organismes les plus importants dans la biosphère ? Quelles sont les conséquences pour le cycle du carbone, et donc pour la concentration de CO2 atmosphérique ? Voici toute une série de questions que l’on doit se poser. Nous allons voir que les résultats de Yinon Bar-On sont assez étonnants et qu’ils induisent des conséquences majeures pour le cycle du carbone dans la biosphère. Continuer la lecture de La biomasse globale : de larges incertitudes, également sur le cycle du carbone!

Marché européen du carbone : stop ou encore

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More
Président du pôle Energie, Climat, Environnement

En cas de citation prière de mentionner Jean-Pierre Schaeken Willemaers « Marché européen du carbone: stop ou encore” »  http://www.science-climat-energie.be/2018/12/07/marche-europeen-du-carbone-stop-ou-encore/

Le système d’échange de quotas d’émission de l’UE, connu sous l’acronyme SEQE-EU ou en anglais  EU ETS, est un instrument utilisé pour réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) ou de CO2 pour faire court.  Il repose sur un principe de plafonnement et d’échange des droits d’émission. Il a été adopté par la Commission Environnement du Parlement européen, le 13 octobre 2003. Continuer la lecture de Marché européen du carbone : stop ou encore

Etendue de la glace arctique : actualisation novembre 2018

Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle  mois par mois de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE met en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution depuis l’update d’octobre 2018 .

L’étendue de la glace arctique novembre 2018 est la plus grande depuis 2008  et aussi plus grande que 2006

Egalement se reporter à Connolly et al. 2017 pour l’évolution à plus long terme (depuis 1900).

‘Température moyenne globale’ pour novembre 2018

Le site SCE publie chaque mois l’ ‘update’ de la ‘température moyenne globale’ établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site de Roy W. Spencer.

Peu de variation en novembre 2018

L’écart de température pour novembre 2018 est de 0,28°C, soit un écart un peu plus élevé que celui d’octobre 2018 (+0,06 °C). L’évolution de la température est de +0,13°C/décade de janvier 1979 à octobre 2018.

 

Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (4/4)

par J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique

En cas de citation prière de mentionner J.C. Maurin  “Evolutions récentes du COatmosphérique (4/4) ” http://www.science-climat-energie.be/2018/12/02/__trashed-4/

Au XVIsiècle, dans une ultime tentative pour sauver le système de Ptolémée, on se résigna enfin à admettre la rotation des planètes autour du Soleil mais on conserva le dogme de la position centrale de la Terre par rapport au Soleil. Le dernier pas vers l’héliocentrisme dut finalement être franchi, à regret. Au XXIesiècle, Le GIEC adapte discrètement son Almageste : on lit dans la version de novembre 2018 du Résumé à l’intention des décideurs dès la première page, 1er encadré de l’introduction → “L’augmentation mondiale de la concentration en dioxyde de carbone est essentiellement due à l’utilisation des combustibles fossiles et aux changements d’affectation des terres”. Fin de cette première page → « La source principale de l’augmentation de la concentration du dioxyde de carbone dans l’atmosphère depuis l’époque préindustrielle provient de l’utilisation des combustibles fossiles ». La certitude absolue, naguère affichée, d’une origine 100% anthropique dans la hausse du CO2 atmosphérique disparaît donc. Un modèle mixte est désormais implicitement admis. A cinq siècles de distance, le dernier pas reste toujours difficile à franchir. Le présent article aide à trouver le chemin de Damas. Continuer la lecture de Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (4/4)

Carottes de glace, CO2 et micro-organismes

par Prof. Dr Paul Berth

Les microbulles de gaz emprisonnées dans les carottes de glace sont fréquemment utilisées pour estimer le taux de CO2 de l’atmosphère du passé. Il s’agit de méthodes de mesure indirectes. Par exemple la carotte de glace EPICA Dome C en Antarctique nous suggère que le CO2 de l’atmosphère a varié entre 180 et 300 ppmv pendant les derniers 650 000 ans (Brook 2005). Cependant, le taux de CO2 observé dans ces carottes de glace représente-il vraiment l’atmosphère du passé? Nous allons montrer ici qu’un paramètre est souvent négligé par les glaciologues, et que ce paramètre pourrait avoir un effet considérable sur le résultat des analyses : il s’agit de la présence de micro-organismes dans la glace et les microbulles. Continuer la lecture de Carottes de glace, CO2 et micro-organismes

Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (3/4)

par J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique

En cas de citation prière de mentionner J.C. Maurin  « Evolutions récentes du COatmosphérique (3/4) » http://www.science-climat-energie.be/2018/11/12/evolutions-recentes-du-co2-atmospherique-3-4/

L’IPCC (GIEC en français) fut créé en 1988 par l’UNEP (United Nations Environment Programme) et le WMO (World Meteorological Organization). Dans les principes régissant les travaux du GIEC (1) on lit : Le GIEC a pour mission d’évaluer … les risques liés au changement climatique d’origine humaine.  Le GIEC respecte son propre principe fondateur : il attribue l’intégralité de la hausse du taux de CO2 depuis 1958 à une cause anthropique. Nous examinerons ici le modèle anthropique du GIEC et nous le confronterons aux mesures contemporaines, puis à un modèle mixte. Cet article fait suite aux deux précédents publiés sur le site SCE au cours des mois de septembre (1/4) et octobre 2018 (2/4). Continuer la lecture de Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (3/4)

Biodiversité, le vrai, le faux et l’incertain

Le 30 octobre 2018 sortait le dernier rapport du WWF[1] concernant l’état de la biodiversité (voir ici). Les données obtenues sont très préoccupantes. De nombreux médias ont bien entendu présenté ce rapport de façon très alarmiste en exagérant certains points. Le but du présent article est de remettre les pendules à l’heure, en démêlant le vrai du faux et en présentant certaines incertitudes. Continuer la lecture de Biodiversité, le vrai, le faux et l’incertain

‘Température moyenne globale’ pour octobre 2018

Le site SCE publie chaque mois l’ ‘update’ de la ‘température moyenne  globale’  établie officiellement à partir des données satellitaires UAH. Les données de base et des informations complémentaires sont accessibles sur le site  de Roy W. Spencer.

Peu de variation en octobre 2018

L’écart de température pour octobre 2018 est de 0,22°C, soit un écart  un peu plus élevé que celui de septembre 2018 (+0,14 °C). L’évolution de  la température  est  de +0,13°C/décade de janvier 1979 à octobre 2018.

 

 

 

Pas d’erreurs pour l’Arctique!

par Prof. Dr. Paul Berth

Comme mentionné dans un article précédent, le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle, mois par mois, de l’étendue de la glace de l’Arctique en millions de km2. Le dernier graphique publié (Fig. 1) nous montre l’étendue de la glace au mois de septembre entre 1979 et 2018 (c’est au mois de septembre que l’étendue de glace arctique est la plus faible, moins de 10 millions de km2). Une droite, dont la pente est négative, est tracée parmi les points : tous les 10 ans, la surface semble diminuer de 11,4%. Si l’on extrapole la droite ont peut calculer qu’il n’y aura plus de glace en Arctique dans 60 ans. Cependant, ne remarquez-vous rien d’étrange sur ce graphique? Continuer la lecture de Pas d’erreurs pour l’Arctique!

Les limites des lois de la physique dans la transition énergétique

par Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles

En cas de citation prière de mentionner  Alain Préat  « Les limites des lois de la physique dans la transition énergétique »  http://www.science-climat-energie.be/2018/10/17/les-limites-des-lois-de-la-physique-dans-la-transition-energetique/

 

1. Introduction
Bertrand Cassoret a récemment publié un excellent ouvrage [1] sur le sujet. Cet auteur est ingénieur et docteur en génie électrique et s’est lancé sans a priori dans le dédale des ‘promesses’ des énergies vertes en tentant de préciser ce qu’il en est à partir d’une quantification rigoureuse des rendements énergétiques réels. Pourquoi ‘réels’ ? Simplement parce qu’il faut débusquer tout ce qui n’est pas mis en avant (principalement pertes énergétiques cachées) et surtout mettre à plat les ordres de grandeurs du monde de l’énergie. Sa conclusion sera sans appel « même si l’efficacité énergétique est utile et même indispensable, elle ne sera pas suffisante… il est nécessaire de modifier l’usage que l’on fait des appareils consommateurs ». Autre conclusion sans appel « mon objectif n’est pas de critiquer les énergies renouvelables, ni les nécessaires mesures d’efficacité, mais plutôt de montrer qu’elles pèsent bien peu face à l’ampleur des problèmes ». Continuer la lecture de Les limites des lois de la physique dans la transition énergétique

Etendue de la glace arctique : actualisation septembre 2018

Le DMI (Danish Meteorological Institute) publie régulièrement l’évolution temporelle  mois par mois de l’étendue de la glace de l’Arctique. Le site SCE va également mettre en ligne les ‘updates’ concernant cette évolution.

Les données du graphique DMI montrent que l’extension de la glace Arctique est la quatrième plus élevée depuis 2006 et la plus importante depuis 2014. Les données du graphique concernent les mois de septembre depuis 1978 (courbe rouge), la droite de pente négative donne la tendance de ce mois depuis 1978. Pour les autres mois, il faut consulter le site DMI et ‘cliquer’ sur le mois souhaité. Si on extrapole la droite dans le temps (vers la droite sur le graphique) on peut prévoir, si la tendance se maintient (on n’ a jamais que 40 ans de recul !), qu’il n’y aura plus de glace en Arctique dans soixante ans environ. Continuer la lecture de Etendue de la glace arctique : actualisation septembre 2018

Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (2/4)

par J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique

En cas de citation prière de mentionner J.C. Maurin  « Evolutions récentes du COatmosphérique (2/3) » http://www.science-climat-energie.be/2018/10/04/evolutions-recentes-du-co2-atmospherique-2-3/

Partie B : Corrélations CO2 versus « température »

Pour tenter de comprendre les évolutions récentes du CO2 on va s’intéresser aux corrélations existantes. Lorsque deux grandeurs A et B sont corrélées, on peut envisager une relation de cause à effet: soit A est la cause de B, soit B est la cause de A (suivant l’antériorité entre A et B). Toutefois il reste aussi possible qu’une autre grandeur C soit la cause à la fois de A et de B.  Pour le CO2 , il existe 3 corrélations, deux sont basées sur les mesures récentes, la troisième utilise des indicateurs indirects = proxies. Continuer la lecture de Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (2/4)

Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (1/4)

par J.C. Maurin, Professeur agrégé de physique

En cas de citation prière de mentionner J.C. Maurin  « Evolutions récentes du COatmosphérique (1/3) »  http://www.science-climat-energie.be/wp-admin/post.php?post=3050&action=edit

Dans les années 80, la découverte dans les archives glaciaires d’une corrélation entre température et taux de CO2 permit de soupçonner une influence anthropique sur le climat: les taux mesurés depuis 1958 étaient supérieurs aux taux des archives glaciaires. Continuer la lecture de Evolutions récentes du CO2 atmosphérique (1/4)

Les coraux blanchissent depuis très longtemps

par Prof. Dr. Paul Berth

Le blanchissement des coraux est un phénomène dont on entend souvent parler dans les médias. Il s’agirait d’un grave problème environnemental, dont la fréquence augmente, et qui pourrait mener à la perte totale des récifs coralliens. Le réchauffement climatique global, qui serait causé par l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 est, bien entendu, pointé du doigt. Cependant, le blanchissement des coraux n’est-il pas un phénomène très ancien? Est-il seulement causé par des variations de température? Quel recul avons-nous à ce sujet? Une récente publication de Nicholas Kamenos et Sebastian Hennige, deux chercheurs anglais des Universités de Glasgow et d’Édimbourg, apporte de nouveaux éléments[1]. Continuer la lecture de Les coraux blanchissent depuis très longtemps

Le gaz, vecteur incontournable du mix énergétique?

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More, Président, Pôle Energie, Climat, Environnement

En cas de citation prière de mentionner la Revue Arguments. com Le gaz, vecteur incontournable du mix énergétique?

Introduction

Le gaz occupe une place de plus en plus importante dans le mix énergétique primaire, tant dans les pays membres de l’OCDE que dans les autres. En effet, il s’agit du combustible fossile le moins polluant, relativement faible émetteur de gaz à effet de serre (GES) et dont les réserves sont abondantes et bien réparties dans le monde. C’est la raison pour laquelle il est également accepté dans les pays qui ont adopté une politique bas carbone. Il convient particulièrement bien, en effet, pour générer l’électricité nécessaire à la compensation de l’intermittence de la production d’électricité renouvelable, pour la production de chaleur et pour le transport routier et maritime.
Les raisons d’utilisation du gaz sont donc multiples et ne relèvent pas, tant s’en faut, seulement des considérations climatiques. Continuer la lecture de Le gaz, vecteur incontournable du mix énergétique?

L’électricité intermittente.
Une réalité et un prix.

par Samuel Furfari,  Professeur de l’Université libre de Bruxelles.

Il ne se passe pas un jour sans que surgisse sur les réseaux sociaux ou dans les médias une discussion sur le prix de l’électricité. Pour les uns, le prix de l’électricité produite par les énergies renouvelables est bas et pour les autres au contraire il est élevé. Qui a raison ? Continuer la lecture de L’électricité intermittente.
Une réalité et un prix.

La filière hydrogène pour la production d’électricité, un mythe?

 par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More, Président, Pôle Energie, Climat, Environnement

Depuis des décennies l’hydrogène revient régulièrement à l’ordre du jour comme moyen de stocker l’énergie pour ensuite la convertir en électricité. Cette filière est particulièrement prisée dans le cadre d’une politique bas carbone vu qu’elle n’émet pas de gaz à effet de serre (GES ) la combustion de l’hydrogène ne produisant que de l’eau. Bien entendu  la production de ce gaz doit elle-même “être  propre”.

Continuer la lecture de La filière hydrogène pour la production d’électricité, un mythe?

Evaluation du coût de blackout dans l’Union Européenne

par Ernest MUND
Directeur de recherches honoraire du FNRS,
Professeur extraordinaire émérite UCL.

La fourniture d’électricité est essentielle au développement économique d’une nation et à son harmonie politique et sociale. Les profondes mutations subies actuellement par le système électrique dans lequel la part des énergies renouvelables intermittentes ne cesse d’augmenter, présentent des risques pour cette fourniture. Il importe d’en assurer la sécurité. Evaluer le coût d’un blackout est donc un élément d’information essentiel, qui devrait être pris en compte dans toute décision future d’investissement en matière de génération de puissance. Continuer la lecture de Evaluation du coût de blackout dans l’Union Européenne

Le CO2 et le climat avec et sans effet de serre

De tous temps les hommes se sont intéressés au climat et ont tenté de prévoir son évolution. Dès l’Antiquité il était connu que des caractéristiques géographiques comme la latitude mais aussi l’altitude ou le voisinage de vastes étendues d’eau avaient une grande influence sur le climat. Sur cette base les climatologues ont été amenés à distinguer différents types de climats tels que tropical, désertique, tempéré, polaire, etc. Ensuite, il est progressivement apparu que le climat est un système extrêmement complexe qui dépend de l’activité solaire ainsi que de  la distance et de l’orientation de la Terre par rapport au Soleil, facteurs qui varient à des échelles de temps très différentes.

Continuer la lecture de Le CO2 et le climat avec et sans effet de serre

Araignées, sols et CO2

par Prof. Dr. Paul Berth

Ce sont les bactéries et les champignons qui dégradent la matière organique de l’ensemble des sols de la planète. Cette dégradation produit du CO2 à partir de la matière organique qui est composée de carbone. Ce CO2  produit rejoindra l’atmosphère et sera in fine absorbé par un végétal qui l’utilisera pour synthétiser un nouveau type de matière organique. Dans les régions froides de la planète la dégradation microbienne de la matière organique des sols est très lente en raison des basses températures. Dans les régions chaudes et tempérées, la dégradation est par contre beaucoup plus rapide. Cette simple observation est la base d’une théorie alarmiste très utilisée : suite au réchauffement global de l’atmosphère, la dégradation de la matière organique des sols des régions froides sera probablement plus rapide. Continuer la lecture de Araignées, sols et CO2

Hommage au Professeur Istvan Marko

par Georges Geuskens et Alain Préat, Professeurs émérites de  l’Université Libre de Bruxelles

 

Cela fait un an, le 31 juillet 2017, que le Professeur Istvan Marko nous quittait prématurément à l’âge de 61 ans.

Ce scientifique, chimiste, était un de ceux qui était le plus écouté à l’échelle nationale et internationale, pour ses avis pertinents sur les problèmes climatiques d’aujourd’hui, aussi bien sous l’angle scientifique que celui de leurs emballements médiatiques. Nous lui avons rendu hommage il y a un an à travers un numéro spécial dédié à sa personne, et poursuivons son action dans l’esprit qui fut toujours le sien , celui de la rigueur scientifique.

Continuer la lecture de Hommage au Professeur Istvan Marko

Que penser du mix électrique post-2025 en Belgique ?

 

 par  Ernest MUND
Directeur de recherches honoraire du FNRS
Professeur extraordinaire émérite de l’UCL 

  1. Introduction

La Belgique est à la recherche d’un mix électrique pour remplacer les 50 pour-cent de sa production actuelle d’électricité qui vont disparaître du fait de la fermeture de ses sept centrales nucléaires en 2025. Dans l’esprit des Autorités le nouveau mix doit avoir pour objectif essentiel l’efficacité énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique. Le choix est d’autant plus délicat que les contraintes politiques, socio-économiques, techniques et environnementales qui le détermineront sont nombreuses, voire parfois opposées. La clé de voûte réside dans la loi de 2003 qui interdit l’utilisation de la fission aux fins de production d’énergie, véritable tabou dont le bien-fondé est pour le moins contestable. Apparaît ici la contradiction la plus frappante avec des principes affichés ailleurs, avec force. Continuer la lecture de Que penser du mix électrique post-2025 en Belgique ?

L’hydrogène, l’éternelle illusion

par Samuel Furfari,  Professeur de l’Université libre de Bruxelles

L’hydrogène est un sujet captivant, mais une terrible illusion si on pense à lui  comme combustible alternatif. Le public et le monde politique semblent fascinés par cette molécule perçue comme une panacée pour la politique énergétique. Est-ce parce qu’ils ont appris à l’école que c’est le premier élément du tableau de Mendeleïev ? Est-ce parce que ça sonne plus “scientifique” que le charbon ou le pétrole ? Est-ce parce qu’il y a tellement longtemps qu’on en parle qu’ils pensent qu’il faudra bien un jour qu’il perce ? Toujours est-il que cette « énergie alternative » suscite un tel engouement que tout le monde en parle et qu’il convient donc de revenir aux fondamentaux. Continuer la lecture de L’hydrogène, l’éternelle illusion

L’hydrogène géologique ou hydrogène naturel : Etat de la question

 

par Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles

En cas de citation prière de mentionner  Alain Préat  « L’hydrogène géologique ou hydrogène naturel : Etat de la question »  http://www.science-climat-energie.be/wp-admin/post.php?post=3050&action=edit

L’hydrogène, un gaz peu abondant…
L’hydrogène n’est présent qu’à concurrence de 1 ppm ( = une ‘partie par million’, soit 0,0001%) dans l’atmosphère : autant dire que c’est presque rien. D’où vient-il ? Peut-on en produire de grandes quantités à partir de ressources naturelles (géologie) ou artificielles (chimie) ? Autant de questions que de plus en plus d’industriels, de scientifiques, de politiques et de citoyens (?) se posent pour faire face à ce qu’il est convenu d’appeler la transition énergétique tant à l’ordre du jour, à raison ou à tort, là n’est pas l’objet de cet article. Comme nous le verrons par la suite, l’exploitation directe de l’hydrogène naturel n’est pas encore rentable et il faudra sans doute le produire à partir d’une autre source d’énergie, car il n’est pas lui-même une source d’énergie, mais au contraire un simple vecteur d’énergie. Continuer la lecture de L’hydrogène géologique ou hydrogène naturel : Etat de la question

Réflexions sur les coraux

par Prof. Dr. Paul Berth

Les coraux sont beaucoup utilisés dans le débat actuel concernant le réchauffement et l’augmentation du CO2 atmosphérique. En gros, il est dit que les coraux sont en danger face au réchauffement climatique rapide qui serait provoqué par l’homme émettant du CO2. Le réchauffement et/ou « l’acidité » de l’eau de mer seraient responsables du blanchiment des coraux, et lorsque les coraux blanchissent ils finissent par mourir. Comment ne pas le croire puisque les médias en parlent sans cesse ainsi que certains articles publiés dans Science[1]. Continuer la lecture de Réflexions sur les coraux

Vent contraire pour l’éolien terrestre

par Jean-Pierre Schaeken Willemaers
Institut Thomas More
Président du pôle Energie, Climat, Environnement

En cas de citation prière de mentionner Jean-Pierre Schaeken Willemaers « Vent contraire pour l’éolien terrestre” »  http://www.science-climat-energie.be/2018/07/02/vent-contraire-pour-leolien-terrestre/

Le gouvernement belge a adopté le 16 juillet 2002 l’arrêté royal relatif à l’établissement des mécanismes visant à la promotion  de l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable. Ces dernières sont dominées, en Belgique par l’éolien et le photovoltaïque (l’éolien étant prédominant) c.à.d. des productions électriques intermittentes. Continuer la lecture de Vent contraire pour l’éolien terrestre

Les métaux sales de l’énergie propre ou la face cachée de la transition énergétique …

 

 par Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles

En cas de citation prière de mentionner  Alain Préat  « Les métaux sales de l’énergie propre ou la face cachée de la transition énergétique…”  http://www.science-climat-energie.be/2018/06/09/les-metaux-sales-de-lenergie-propre-ou-la-face-cachee-de-transition-energetique/Juin 2018

Trois révolutions énergétiques depuis à peine plus d’un siècle. Nous sommes entrés dans la troisième révolution énergétique. La première vit le jour avec la machine à vapeur et participa à l’essor du charbon, avec la seconde le moteur thermique détrôna le charbon au profit des hydrocarbures, et la troisième révolution industrielle, en cours, est technologique et basée sur les énergies ‘vertes’ ou énergies intermittentes et l’informatique ou le numérique. Cette problématique vient d’être abordée dans un excellent ouvrage paru en 2018 [1].

Continuer la lecture de Les métaux sales de l’énergie propre ou la face cachée de la transition énergétique …

Le Précambrien d’Afrique de l’Ouest : que d’événements globaux riches d’enseignements…

par Alain Préat, Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles

Conférence du 31 mai 2018 à l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer, Bruxelles

.pdf de la conférence

Le Précambrien représente 88% de l’histoire de la Terre âgée de 4,567 milliards d’années (Ga).

C’est au cours de cette période peu connue, peu enseignée que se sont déroulés ou mis en place des événements physico-chimiques et biologiques déterminants: différenciation des enveloppes terrestres, tectonique des plaques et premières ‘pangées’ ou supercontinents, champ magnétique, chaînes de montagnes, glaciations, anoxies des bassins, remplacement du CO2-CHpar l’oxygène atmosphérique, formation de gisements (uranium, manganèse, nickel …. et même pétrole), émergence dès 3,8 Ga des procaryotes puis des eucaryotes … Continuer la lecture de Le Précambrien d’Afrique de l’Ouest : que d’événements globaux riches d’enseignements…

Du bon usage de la formule de Stefan-Boltzmann

La formule de Stefan-Boltzmann est l’outil de travail des climatologues qui veulent prédire des variations de température à partir des flux énergétiques intervenant dans le bilan énergétique de la Terre ( voir  ici ). Sous la forme  utilisée, elle lie le flux unidirectionnel  F rayonné (vers la Terre ou vers l’espace) à la température T (en K)  à la puissance  4 (σ = constante de Stefan = 5,67 x 10-8 W m-2 K-4) :

F (W m-2)  = σ T4          (1)

Continuer la lecture de Du bon usage de la formule de Stefan-Boltzmann

Forçage radiatif, sensibilité climatique et rétroactions positives

Le forçage radiatif (radiative forcing) peut être défini comme la différence entre l’énergie radiative reçue du Soleil et l’énergie radiative émise vers l’espace par la Terre. Ce concept a été introduit par les  partisans d’un réchauffement climatique d’origine anthropique pour donner une base quantitative à la théorie de l’effet de serre défini comme « un phénomène radiatif causé par des gaz tels la vapeur d’eau ou le CO2 qui absorbent une fraction du rayonnement infrarouge émis par la Terre et le réémettent ensuite dans toutes les directions et notamment vers la surface terrestre dont la température serait, de ce fait, plus élevée qu’en l’absence de gaz absorbant l’infrarouge».

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Le CO2 dans les basses couches atmosphériques (partie 2)

La présence de CO2 dans les basses couches atmosphériques peut-elle avoir une influence sur le climat en modifiant le bilan énergétique global de la Terre ? Le bilan énergétique doit tenir compte du fait que pour maintenir une température constante la Terre doit dissiper l’énergie reçue du Soleil et que différents mécanismes de dissipation sont possibles. Le modèle le plus complet est celui proposé par la NASA (fig. 1).

Continuer la lecture de Le CO2 dans les basses couches atmosphériques (partie 2)

Le CO2 dans les basses couches atmosphériques (partie 1)

Certains climatologues estiment, sur la base de modèles informatiques, que l’augmentation de la teneur en  CO2  dans l’atmosphère pourrait avoir une influence sur le climat. Avant d’aborder ce problème il est important d’analyser le comportement de ce gaz dans les basses couches atmosphériques.

Continuer la lecture de Le CO2 dans les basses couches atmosphériques (partie 1)

Rapport 2017 de la Global Warming Policy Foundation

Par Prof. Dr. Paul Berth

Un nouveau rapport de la GWPF (Global Warming Policy Foundation), daté du 27 mars 2018, vient de sortir : State of the Climate 2017. Il est écrit par Ole Humlum, Professeur Emérite de l’université d’Oslo et spécialisé en géomorphologie glaciaire. Ce rapport montre clairement que le réchauffement global observé ces quelques dernières années est simplement dû au phénomène naturel El Nino, plutôt qu’à l’effet de l’homme.

Continuer la lecture de Rapport 2017 de la Global Warming Policy Foundation

L’Histoire Naturelle est chaotique, la biodiversité aussi…

Texte de A. Préat (Université libre de Bruxelles).

Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles. Citer comme A. Préat, « L’Histoire Naturelle est chaotique, la biodiversité aussi?» https://www.notre-planete.info/actualites/4510-biodiversite-nature-chaos-vie

 

 

S’il l’on procédait à ‘une remise à zéro totale’ des processus ayant affecté l’évolution de notre planète, il est fort à parier qu’aujourd’hui, c’est-à-dire 4,567 milliards d’années après la formation de la Terre, la Vie serait bien différente avec une chimie (ADN ou autre combinaison chimique) et biologie (autres plans d’anatomie, autres crises, autre biodiversité) que l’on a difficile à imaginer. La Vie aurait influencé différemment la composition de notre atmosphère (c’est par exemple elle qui est à l’origine de notre oxygène) en même temps que l’atmosphère régule la Vie. Pourrait-on le prévoir ? Continuer la lecture de L’Histoire Naturelle est chaotique, la biodiversité aussi…

Les ressources naturelles : sont-elles inépuisables?

 

Texte de A. Préat (Université libre de Bruxelles).

Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles. Citer comme A. Préat, « Les ressources naturelles : sont-elles inépuisables?» http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2608

Les ressources naturelles1 peuvent-elles satisfaire sans fin nos exigences de bien-être ? À long terme sûrement pas, les gisements (métaux – uranium, thorium, or… et pierres précieuses – diamants, saphirs, topazes…), les hydrocarbures (gazeux, liquides, solides) et les géomatériaux (roches, sables, granulats…) ne sont pas renouvelables. Continuer la lecture de Les ressources naturelles : sont-elles inépuisables?

Les réacteurs nucléaires naturels existaient déjà il y a 2 milliards d’années au Gabon

Texte de A. Préat (Université libre de Bruxelles).

Professeur émérite de l’Université Libre de Bruxelles. Citer comme A. Préat, « Les réacteurs nucléaires naturels existaient déjà il y  a 2 milliards d’années au Gabon”  http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2618

Nos premiers réacteurs nucléaires datent des années 1950… et suivent de près de 2 milliards d’années les 17 « réacteurs » naturels qui ont fonctionné de manière stable pendant 100 000 à 500 000 ans sur une période d’environ un million d’années. Ils produisirent de l’énergie avec des rendements modestes (100 kilowatts en moyenne par réacteur, bien inférieurs aux réacteurs actuels produisant 1 à 1,5 gigawatt, soit au moins 1 000 fois plus). Continuer la lecture de Les réacteurs nucléaires naturels existaient déjà il y a 2 milliards d’années au Gabon

Tuvalu

Par Prof. Dr. Paul Berth

L’archipel des Tuvalu est constitué de neuf atolls coralliens localisés dans l’Océan Pacifique. Les atolls sont tous habités et la population totale est d’environ 12 000 habitants. Comme le point le plus élevé des atolls est localisé à 4,5 m d’altitude, il semblerait que si la lente montée du niveau marin se poursuit, ces atolls pourraient être très prochainement rayés de la carte… Continuer la lecture de Tuvalu